"La maraîchine" race sauvée de l'extinction
Par Gilles Héluin le samedi 14 novembre 2009, 08:11 - Animaux - Lien permanent
Comme c'était le cas pour moi, vous ne connaissez probablement pas la
maraîchine.
A moins que vous ne soyez éleveur bovin.
Vous êtes sur la voie ?

Les maraîchines de la Massone quitteront ce samedi matin les marais pour
Sablonceaux. (photo dr)
La maraîchine est une vache polyvalente. C'est une vache laitière, de
boucherie et de traction. Une qualité qui a longtemps été un défaut à l'époque
où la productivité - donc la spécialisation - a pris le pas sur l'agriculture
extensive.
En 1988, quand on a commencé à s'intéresser à elle, il n'en restait plus que
33. Excellente laitière, elle était pourtant à l'origine du beurre AOC
Charentes-Poitou. Mais elle avait été boudée et remplacée petit à petit par la
noire - et - blanche qui n'avait plus aucun lien avec le terrain.
Par chance, ces 33 vaches étaient de très bons sujets, sans consanguinité structurelle élevée. Nous avons donc pu refaire partir la race dans de bonnes conditions. Et, l'an dernier, nous avons fêté la millième maraîchine », se réjouit l'agriculteur bio de Sablonceaux, Benoît Biteau, lauréat des Trophées 2009 de l'agriculture durable, éleveur et responsable de l'Association pour la valorisation de la race bovine maraîchine et des prairies humides, .
Actuellement, les maraîchines ont reconquis le Marais breton, le Marais poitevin et une partie du Marais de Rochefort. Benoît Biteau, écologiste convaincu, a trouvé en Jean-Michel et Roselyne Benier, propriétaires du domaine de la Massone et créateurs de la réserve naturelle régionale, deux alliés de choix. C'est sur leurs terres que ses vaches passent l'été. Elles y restent jusqu'à ce que les prairies s'appauvrissent.
« Avec les pluies qui sont tombées ces derniers jours, l'herbe n'est que de l'eau. Les vaches ont déjà fondu un peu. Il est temps de les retirer », poursuit Benoît Biteau en caressant la croupe d'une génisse.
À pied, sans bétaillère
« En fait, on est toujours un peu en retard sur la transhumance. Au
printemps comme à l'automne », sourit Pierre Truau. Il parle en connaissance de
cause. La transhumance à l'ancienne, sans bétaillère, il l'a connue dans son
enfance. C'était une marche en famille le long des chemins creux et des
départementales. Une tradition qui perdura longtemps entre le bocage des
Deux-Sèvres et le Marais poitevin.
Source : Thomas Brosset - Sud Ouest.com


