L’AIE accusée de dissimuler la réalité du pic pétrolier
Par Gilles Héluin le mardi 10 novembre 2009, 23:21 - Energie - Lien permanent
Plusieurs fonctionnaires de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) ont
affirmé au Guardian que l’agence minimisait sciemment l’imminence de la pénurie
de pétrole. L’une de ces sources accuse les USA d’avoir joué de leur influence
pour modifier les publications afin de laisser croire que les réserves sont
plus importantes qu’elles ne le sont en réalité. La dernière édition du World
Energy Outlook prévoyait une production de 105 millions de barils/jours, alors
que des voix à l’intérieur de l’agence s’interrogent et redoutent que la
fourchette 90-95 mb/j ne soit intenable.

Légende : la production des champs « non encore découverts »
(rose) et « non encore développés » (bleu ciel) prévue par
l’AIE.
Par Terry Macalister, Guardian, 9 novembre 2009
Le monde est beaucoup plus proche de manquer de pétrole que les estimations officielles ne l’admettent, selon un informateur de l’Agence Internationale de l’Energie qui affirme qu’elle a délibérément minimisé une pénurie imminente de peur de déclencher des achats paniques.
Ce haut fonctionnaire affirme que les États-Unis ont joué un rôle déterminant pour encourager l’agence à minimiser le déclin des champs pétroliers existants, tout exagérant les possibilités de découvertes de nouvelles réserves.
Ces allégations soulèvent de sérieuses questions sur l’exactitude du dernier World Energy Outlook, évaluant la demande et l’offre de pétrole, qui sera publié demain par l’Agence. Ce document est utilisé par de nombreux gouvernements, dont le britannique, pour définir leurs orientations en matière de politique énergétique et concernant le changement climatique.
En particulier, elles mettent en doute la prévision du dernier World Economic Outlook, qui sera on le pense reconduite cette année, qui estimait que la production pétrolière pourra passer d’un niveau actuel de 83 millions de barils par jour à 105 millions de barils. Des critiques extérieurs à l’agence ont souvent fait valoir que cette affirmation ne pouvait être étayée par des preuves concrètes et ils affirment que le pic de production pétrolière a déjà été dépassé.
Désormais, la théorie du « pic pétrolier » trouve des partisans au
cœur même du secteur de l’énergie. « L’AIE prévoyait en 2005 que la
production de pétrole pourraient s’élever à 120 millions de barils par jour en
2030, mais elle a été contrainte de réduire progressivement ce chiffre à 116
mb/j puis 105 l’an dernier », déclare notre source à l’AIE, qui n’a pas
souhaité dévoiler son identité par crainte de représailles en provenance de
l’industrie pétrolière. « Le chiffre de 120 mb/j a toujours été un
non-sens, mais même celui qui est utilisé aujourd’hui est beaucoup plus élevé
que ce qui peut être justifié, et l’AIE le sait. »
Pour plus d’information
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Guardian parContre
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