Nouvel incident à la centrale du Tricastin : Toujours pas de problème nucléaire ?
Par Gilles Héluin le vendredi 6 novembre 2009, 18:21 - Nucléaire - Lien permanent
Un nouvel incident à la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) vient d’être signalé. Il est intervenu lors du déchargement d'une partie des barres d'uranium, a annoncé EDF vendredi dans un communiqué. C’est le 4è évènement de ce type en France en très peu de temps. FNE attire l’attention des citoyens sur la nécessité de demander un audit de sécurité sur le parc nucléaire français.
«Un des 157 assemblages combustible» (barres d'uranium) est «resté accroché» à l'intérieur de la piscine du réacteur nucléaire «lors des opérations de déchargement du combustible», indique EDF.
Pour Marc Sénant, Chargé de mission du pôle IPS : « Toujours les mêmes accidents, toujours la même banalisation des évènements, toujours la même absence de réaction des autorités… Circulez, y a rien à voir ! Comme nous l’a dit le premier Ministre il y a quelques jours : il n’y aurait pas de problème avec le nucléaire. Entre les alertes des agences sur l’EPR, le scandale des déchets nucléaires envoyés en Sibérie, la menace représentée par les résidus d’extraction français, la récurrence de ce type d’incident : objectivement, permettez-nous d’en douter ! »
Faut-il rappeler qu’il y a un an lors du même incident survenu au Tricastin, dans une note du 2 octobre 2008 , l'ASN a écrit : "une éventuelle chute (d'assemblage) pourrait avoir deux conséquences : un risque de criticité, à savoir le déclenchement d'une réaction en chaîne incontrôlée, et un risque de relâchement à l'intérieur et à l'extérieur de la centrale de produits de fission gazeux". Un évènement banal ?
Faut-il rappeler le récent incident de la centrale de Gravelines du dimanche 2 Août?
Faut-il rappeler que c’est le 3è incident de ce type en un an, et que cette fréquence laisse supposer qu’il y ait un possible défaut générique sur ces installations ?
Pour Arnaud Gossement, porte parole de FNE : « nous l’avons dit hier et nous le redisons aujourd’hui, et nous continuerons tant que la situation n’évoluera pas : le gouvernement ne doit pas choisir la politique de l'autruche sur ces sujets de sécurité qui concernent non seulement les français, mais certainement aussi nos voisins étrangers ! »
FNE demande à ce que le politique se réapproprie ce sujet de la sécurité nucléaire et en finisse avec cette posture de spectateur, de commentateur.
Il y a un problème avec le nucléaire, avec AREVA, et maintenant EDF. FNE demande que les 58 réacteurs français fassent l’objet d’un audit de sécurité sur ce point précis, et qu’il soit mené par un organisme international indépendant dans les meilleurs délais afin que l’on sache effectivement ce qui se passe au niveau de la sécurité nucléaire en France.
Source :
FNE

La centrale du Tricastin (Drôme) refait parler d'elle. Jeudi soir, un incident, de niveau 1 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (Ines), est survenu sur le réacteur n°2 entraînant l'arrêt des opérations de maintenance en cours. "Les intervenants ont constaté, dans le cadre de leur procédure de surveillance, qu'un des 157 assemblages combustibles était resté accroché au système de maintien", précise EDF dans un communiqué. Le bâtiment réacteur a été fermé de manière préventive et une surveillance continue a été mise en place. En septembre dernier, un incident similaire sur le même réacteur avait mis plus de deux mois à être résolu.
Une situation "périlleuse"
Craignant pour la sécurité du personnel, un agent de la centrale a déclaré qu'il "fallait croiser les doigts pour que l'assemblage ne tombe pas. S'il tombe et que la gaine du combustible se perce, il y aura une bulle qui va se former et on estime que les gens sur place peuvent absorber la dose annuelle (radioactive) autorisée en trois minutes". Face à ce constat inquiétant, les associations anti-nucléaires dénoncent une situation "périlleuse".
Dans un communiqué où sont évoqués les deux incidents du Tricastin et celui survenu à la centrale de Gravelines (Nord) en août, le réseau Sortir du Nucléaire juge "stupéfiant de constater que cette situation aussi rarissime que dangereuse vient de se produire à trois reprises en quelques mois" et ajoute que cela "illustre la rapide dégradation du parc nucléaire français". A l'heure actuelle, un tiers des réacteurs de l'Hexagone (18 sur 58) sont à l'arrêt pour des raisons diverses.
Sur place, au Tricastin, les équipes d'experts de la centrale travaillent avec celles d'ingénierie d'EDF et d'Areva afin de stabiliser la position d'assemblage, de procéder au décrochage et au transfert de la barre d'uranium qui menace de se décrocher. A la mi-journée, le directeur de la centrale, Laurent Delabroy, a indiqué sur France Info que la cause de l'incident restait pour le moment inconnue. Les inquiétudes de l'EPR
Ce nouvel incident intervient alors que la sureté des nouveaux EPR a été mise en cause ces derniers jours. Dans une déclaration commune, les autorités de sûreté nucléaire française (ASN), britannique (HSE) et finlandaise (STUK) avaient émis des doutes lundi sur le système de sécurité de l'EPR, le réacteur de quatrième génération, et demandé à Areva "d'améliorer sa conception initiale". La construction du réacteur n'est pas pour autant remise en question et aucun retard ne devrait être envisagé à partir du moment où certaines garanties sont apportées. "La technique de l'EPR n'est pas en cause" a déclaré le Premier ministre, François Fillon, dans une interview au Monde de vendredi, ajoutant que les "problèmes posés par l'Autorité de sureté (ASN) vont être résolus et que les réacteurs français vont figurer parmi les meilleurs et les plus sûrs du monde".
Pour le réseau Sortir du nucléaire, il est "stupéfiant" qu'une situation "aussi rarissime que dangereuse" puisse se reproduire. Cela illustre "la rapide dégradation du parc nucléaire français".
Source : Sortir du nucléaire



