Greenpeace remet la pétition contre le riz OGM à la Commission Européenne
Par Gilles Héluin le samedi 24 octobre 2009, 07:04 - OGM - Lien permanent
Greenpeace avait lancé une pétition (voir mon billet) , qui a recueilli 180 000 signatures à travers l’Europe. Le 15 octobre, l'association a remis ce texte à la Commissaire européenne à la Santé, Androulla Vassiliou. Avec tous les signataires, Greenpeace demande à la Commission européenne de renoncer à faire autoriser ce riz transgénique en Europe.
Greenpeace a organisé ce 15 octobre la venue d’agriculteurs espagnols, suédois et thaïlandais à Bruxelles. Ils sont venus expliquer à Mme Vassiliou et aux membres du Parlement européen les dangers des OGM. L’agriculture traditionnelle et la filière bio sont menacées par les plantes transgéniques. Greenpeace a prouvé que la coexistence entre les plantes OGM et les plantes non-OGM était impossible.
Greenpeace s'oppose donc très fermement au projet de l’industriel Bayer de créer un riz OGM. Le riz est le premier aliment de base au niveau mondial. Nous ne pouvons accepter qu’il soit menacé au nom d’intérêts commerciaux.
Actuellement, il n'existe aucune culture commerciale de riz
génétiquement modifié dans le monde.
Il existe par contre un projet de l'industriel Bayer de commercialiser un riz
génétiquement modifié. Ce riz a pour nom le « LL62 ». Il a été
génétiquement modifié pour résister à un herbicide, le glufosinate, qui est
répandu sur les rizières pour éliminer les mauvaises herbes.
Pour Bayer, c'est un enjeu colossal, puisque le riz représente l'aliment de
base de la moitié de la population mondiale. Bayer serait d'autant plus gagnant
qu'il commercialise dans le même temps le glufosinate : le riz et
l'herbicide !
Pour l'instant, ce riz n'en est qu'au stade expérimental. Bayer cherche à en
faire autoriser la production au Brésil et en Asie. Il fait pression sur
l'Europe pour qu'elle en accepte l'importation.
Greenpeace s'élève vigoureusement contre ce projet. Pourquoi
?
D'abord, pour toutes les raisons qui font que Greenpeace est contre la
dissémination des OGM. Ensuite, parce que le riz LL62 n'a pas les mêmes
qualités nutritionnelles que le riz conventionnel (notamment pour les vitamines
B5 et E, le fer et le calcium). Enfin, parce que le glufosinate est un produit
extrêmement dangereux.
Les dangers du glufosinate
Il est prouvé que cet herbicide représente un risque considérable pour les
agriculteurs, qu'il est nuisible pour les insectes et les plantes sauvages et
qu'il est potentiellement dangereux pour les consommateurs qui ingèrent des
aliments contenant des résidus de cet herbicide. Le glufosinate est tellement
nocif qu'il sera interdit dans l'Union Européenne en 2017.
Or, l’utilisation du riz LL62 de Bayer va inévitablement entraîner une
augmentation de l'utilisation du glufosinate. Le LL62 est fait pour ça !
De graves conséquences pour la santé humaine (des agriculteurs comme des
consommateurs) sont donc tout à fait probables. En outre, l'usage massif de
glufosinate par les riziculteurs pourrait rendre celui-ci inefficace : les
mauvaises herbes pourraient développer des résistances qui les rendraient
incontrôlables. Le glufosinate ne sera plus suffisant et les mauvaises herbes
vont proliférer, notamment une : le « riz sauvage ».
Le « riz sauvage » est l'une des mauvaises herbes les plus
répandues dans les rizières. Or, il est possible qu'il acquiert le gène de
résistance au glufosinate présent dans le LL62. Le riz sauvage ne pourrait donc
plus être éradiqué et deviendrait un véritable fléau dans les rizicultures.
Pire! Comme ce riz peut facilement s’hybrider avec du riz conventionnel, il
pourrait transmettre à celui-ci le gène résistant au glufosinate.
Ce scénario n'est absolument pas une vue de l'esprit. Des processus
similaires ont déjà été observés avec des sojas OGM.
Greenpeace exige donc que Bayer abandonne la demande de
commercialisation de son riz OGM partout dans le monde et demande aux
gouvernements et à tous les acteurs du marché de dire « non » au riz
OGM.
Le riz conventionnel et le riz « bio », l'environnement, les agriculteurs
et les consommateurs ont droit à cette protection.



