Riz et Riziculture, par Entre deux Eaux
Par Gilles Héluin le lundi 26 octobre 2009, 06:36 - Entre Deux Eaux - Lien permanent
Nos amis de l'association Entre deux Eaux se sont penches sur le Riz,
aliment fondamental pour nombre d'humains...
Je leur laisse la parole...
Ayant parcouru les rizières de Sapa (Nord du Vietnam) pendant plusieurs
jours, il nous a semblé impératif d’écrire un article sur le riz. Pour qui
s’est rendu dans cette région aux milles terrasses, le lien sera évident. Pas
un pan de montagne n’arbore le panel de couleurs complet que peut prendre le
chaume lorsque vient le temps de la récolte. Entre les verts, les jaunes et les
dorés, les paysans armés de leurs faucilles et vêtus de leurs tenues
traditionnelles ethniques, coupent, battent, trient, sèche, brûle,
transportent. C’est toute une armée qui se met en marche pour récolter la
production du 2eme exportateur mondial. Un manège inoubliable…
Introduction botanique
Comme avant d’écrire chaque article, j’ouvre donc mon ordinateur de poche et
tapote sur le clavier. J’ai bien réussi à identifier les différentes étapes de
la récolte, facilement identifiables, pendant notre randonnée, mais d’autres
informations me manquent. Wikipédia et la FAO complètent les trous. On y
apprend notamment que les riz appartiennent au genre Oryza L. qui comprend plus
d’une vingtaine d’espèces, dont deux seulement sont cultivées, Oryza sativa L.,
originaire de l’Asie, et Oryza glaberrima Steud., ou riz de Casamance,
originaire d’Afrique centrale. Ces plusieurs milliers de variétés ont été
classées historiquement en trois groupes :
• japonica à épillet court,
• indica à épillet très long,
• un groupe intermédiaire anciennement nommé javanica.
J’espère que les botanistes ne m’en voudront pas si j’ai arrêté là ma recherche scientifique pour me concentrer sur des aspects un peu plus socio-économiques (que nous le voulions ou non, les chats ne font pas des chiens…).
Lorsque l’histoire s’en mêle
Ce sont donc les chinois qui ont les premiers découverts les vertus
nutritives de cette céréale et ont commencé à la cultiver il y a de cela près
de 10 000 ans lors de la révolution néolithique. Ce savoir-faire se développa
rapidement dans le reste du monde jusqu’à devenir aujourd’hui un des aliments
de base de la population mondiale, surtout sur les continents africains et
asiatiques. Car le riz a l’énorme souplesse de pouvoir être consommé sous
toutes les coutures : si en France nous ne le connaissons que dans très
peu de robes, les populations de ces deux continents ont de nombreuses recettes
à nous fournir (voir recette en fin d’article): en grains, en pâte, en soupe,
ou en dessert, il n’y a pas de limites !
L’Asie a de quoi se targuer : près de 90 % de la production mondiale
est fournie par les cultures asiatiques de moussons. À elles seules, les
productions totales additionnées de la Chine et de l’Inde dépassent la moitié
de la production mondiale. L’Asie du Sud-Est, elle aussi, avait fait le pari
–tenu- il y a quelques années de devenir autosuffisante en termes de
riziculture. Si le Laos reste un pays importateur dû en majeure partie à sa
topographie, la Thaïlande et le Vietnam sont respectivement premier et second
exportateurs mondiaux.
Outre le fait de nourrir les foules, le riz leur fournit également un
emploi. Près d’1 milliard de personnes travaillent directement ou indirectement
pour sa culture. Celle-ci est réalisée majoritairement (près des 4/5 du riz
mondial) par de petits agriculteurs dans des pays en développement à faible
revenu.
Typologie
Lorsque l’on marche sur les parapets de terre qui séparent les terrasses, la riziculture devient un sujet passionnant. On remarque rapidement d’ailleurs que toutes les terrasses ne sont pas identiques et que les systèmes d’irrigation diffèrent d’un endroit à un autre. Cela est dû au type de riziculture employé, qui lui-même dépend en grande partie du terrain. Il existe trois grands types de rizicultures :
- La riziculture pluviale est pratiquée sans inondation du
champ. Le pied est donc au sec. Ce type de culture à l’avantage de consommer
moins d’eau et on le rencontre donc dans les zones tropicales d’Afrique de
l’Ouest. Cependant, ces cultures extensives ou sèches offrent un rendement
relativement faible.
- La riziculture inondée, comme son nom l’indique, est
pratiquée dans des zones naturellement inondées et le niveau d’eau n’est donc
pas (culture à forte profondeur) ou peu (culture à faible profondeur)
contrôlé.
- La riziculture irriguée est la plus sophistiquée. Elle
implique le contrôle à la fois de la présence d’eau et de son niveau par le
cultivateur, et donc l’installation de systèmes d’irrigation, le nivellement
des terrains et l’entretien des rizières. C’est le cas des cultures en
terrasses par exemple. Les plantules de riz doivent être préalablement germées
sous pépinière avant d’être plantées (voir ci-dessous). Comme la parcellisation
est grande, la récolte doit obligatoirement être faite à la faucille, ce qui
implique une main d’œuvre importante. Cependant, c’est la culture rizicole la
plus intensive car ayant les meilleurs rendements et permettant plusieurs
récoltes par an (jusqu’à trois dans le delta du Mékong).
Au niveau de la céréale en elle-même, il existe plus de 2000 variétés de riz
cultivées, telle le riz blanc (Chine, Inde, France), riz cargo (Chine), jaune
(Iran), violet (Laos), ou riz gluant (Chine, Indonésie, Laos). Il existe
plusieurs systèmes de classification de ces variétés. L’une d’entre elles
correspond à différentes étapes de traitement des grains :
• le paddy à l’état brut, correspond au fruit du riz, le
caryopse, encore enveloppé dans deux glumelles grandes, coriaces et
adhérentes
• Une fois que les deux glumelles ont été ôtées, on obtient le
cargo ou riz complet, de couleur beige et
dont le grain est entier.
• Enfin, la cosse, le son et le germe sont retirés afin d’éviter la dégradation du riz et prolonger ainsi sa durée de conservation. Ce riz blanc est ensuite poli lui donnant une apparence blanche et brillante mais retirant en contrepartie une grande partie de ses qualités nutritionnelles.
Un autre système de classification souvent utilisé distingue les variétés en
fonction du système de culture et des catégories d’eau : riz aquatique à
variété pluvial, riz de submersion profonde, riz des zones humides à marée, riz
pluvial et riz irrigué.
Pour en savoir plus
Les principaux producteurs de riz; les étapes de la culture du riz; les
dilemmes de la riziculture; proverbes de riz vietnamiens; recette : le
Banh Chung vietnamien...
Lisez le passionnant article d'Emeline
et Benjamin sur le site d'Entre deux
Eaux.
Texte et photos par Entre deux
Eaux.










Commentaires
je trouve ses photo asser belle mais ces domage qu'il est des gens dessus!!!!!!!!!!!!!!