Chaque année des millions d'oiseaux meurent, le crâne fracassé contre des lignes aériennes électriques ou foudroyés, mais sous la pression des associations de protection de la faune, les opérateurs du réseau prennent désormais le problème au sérieux.

Parmi les victimes on compte plusieurs espèces de rapaces menacées, aigle de Bonelli, vautour percnoptère, balbuzard pêcheur, cigogne blanche ou noire, gypaète barbu ....


Depuis plusieurs décennies, la LPO lutte pour limiter l’impact des lignes électriques aériennes, cause d’électrocution et de percussion pour de nombreux oiseaux, et en particulier pour les rapaces. Travailler avec EDF et RTE permet d’envisager des actions concrètes à mettre en place pour les protéger de cette menace.

La LPO s’est positionnée en 2001 pour la mise en place d’un réseau d’échanges entre elle, EDF, RTE et FNE. La mise en place du Comité national avifaune (CNA) valide en 2002 cette volonté et une convention-cadre entre EDF, RTE, LPO et FNE, signée en février 2004, définit les orientations de travail suivantes :
- Matérialiser le travail du CNA par un plan d'action pluriannuel.
- Actualiser la cartographie des zones sensibles du point de vue de l’avifaune.
- Actualiser et tenir à jour l'état des lieux des pratiques et équipements disponibles en France et à l’étranger.
- Favoriser les relations de travail au quotidien.

Depuis huit ans, des progrès ont été faits même s'ils sont difficilement quantifiables, reconnaît Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO mais "on reste dans l'urgence".
"Un gypaète barbu foudroyé, ce n'est pas acceptable", s'est-il indigné, faisant allusion à un accident récent survenu dans les Pyrénées concernant ce rapace nécrophage, une espèce rare et particulièrement menacée en France et en Europe.
"Il faut accélérer la démarche", a-t-il lancé, en se réjouissant que "les méchants d'hier puissent devenir les gentils de demain".

Quelles sont les mesures possible ?
Pour le réseau à haute tension, "le risque de collision est le plus fréquent", a souligné le président du directoire de RTE, Dominique Maillard.
Des dispositifs ont été mis en place pour rendre les lignes plus visibles - des balises orange ou blanc en forme de spirales en tire-bouchon ou des silhouettes de rapaces faisant également office d'épouvantail pour d'autres espèces. Des gaines colorées peuvent également être installées.

Mais ce n'est pas infaillible, la nuit, ou par temps de brouillard, les balises sont inefficaces, et les oiseaux finissent pas s'habituer aux silhouettes.
Sur les lignes à basse ou moyenne tension, certains oiseaux de grande envergure peuvent s'électrocuter en touchant simultanément de leurs ailes un conducteur (la ligne) et une masse (le poteau).

Des capuchons isolants peuvent être posés sur les têtes de ligne dans les régions où l'avifaune est la plus riche.

Une solution plus radicale est l'enfouissement des lignes, mais elle serait trop coûteuse pour être étendue à l'ensemble du territoire français.
Le réseau français de basse et moyenne tension s'étend en France sur 1,2 million de kilomètres, dont 400.000 kilomètres en aérien.
Aujourd'hui, ERDF enfouit la quasi totalité des réseaux neufs. Dans certains cas, les lignes existantes peuvent être enterrées, comme en Camargue, en 2007, pour protéger le Flamand rose, ou dans le cirque de Navacelle dans les Pyrénées en 2008, lieu d'habitat de l'aigle royal.


Attention, danger !

Mon avis

Les lignes électriques constituent un danger bien plus important que les éoliennes pour lesquelles les associations ont adopté une position favorable. RTE fait la promotion de ses lignes en disant que les naturalistes considèrent qu'elles peuvent constituer des corridors de biodiversité. Et le s'engouffrer dans la perspective de la « trame verte et bleue » qui est très à la mode depuis le Grenelle de l'Environnement.
Je considère personnellement qu'il y a là une imposture. Non, ces alignements de poteaux et des centaines de milliers de kilomètres de câbles ne sont pas favorables au milieu naturel.
Il est bien et nécessaire d'agir pour en réduire les effets négatifs pour la faune, mais de là à en vanter des vertus supposées !