Les lignes électriques tuent des millions d'oiseaux
Par Gilles Héluin le dimanche 15 novembre 2009, 06:49 - Oiseaux - Lien permanent
Chaque année des millions d'oiseaux meurent, le crâne fracassé
contre des lignes aériennes électriques ou foudroyés, mais sous la
pression des associations de protection de la faune, les opérateurs du réseau
prennent désormais le problème au sérieux.
Parmi les victimes on compte plusieurs espèces de rapaces menacées, aigle de
Bonelli, vautour percnoptère, balbuzard pêcheur, cigogne blanche ou noire,
gypaète barbu ....

Depuis plusieurs décennies, la LPO lutte pour limiter l’impact des lignes électriques aériennes, cause d’électrocution et de percussion pour de nombreux oiseaux, et en particulier pour les rapaces. Travailler avec EDF et RTE permet d’envisager des actions concrètes à mettre en place pour les protéger de cette menace.
La LPO s’est positionnée en 2001 pour la mise en place d’un réseau
d’échanges entre elle, EDF, RTE et FNE. La mise en place du Comité national
avifaune (CNA) valide en 2002 cette volonté et une convention-cadre entre EDF,
RTE, LPO et FNE, signée en février 2004, définit les orientations de travail
suivantes :
- Matérialiser le travail du CNA par un plan d'action pluriannuel.
- Actualiser la cartographie des zones sensibles du point de vue de
l’avifaune.
- Actualiser et tenir à jour l'état des lieux des pratiques et équipements
disponibles en France et à l’étranger.
- Favoriser les relations de travail au quotidien.
Depuis huit ans, des progrès ont été faits même s'ils sont difficilement
quantifiables, reconnaît Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO mais "on
reste dans l'urgence".
"Un gypaète barbu foudroyé, ce n'est pas acceptable", s'est-il indigné, faisant
allusion à un accident récent survenu dans les Pyrénées concernant ce rapace
nécrophage, une espèce rare et particulièrement menacée en France et en
Europe.
"Il faut accélérer la démarche", a-t-il lancé, en se réjouissant que "les
méchants d'hier puissent devenir les gentils de demain".
Quelles sont les mesures possible ?
Pour le réseau à haute tension, "le risque de collision est le plus fréquent",
a souligné le président du directoire de RTE, Dominique Maillard.
Des dispositifs ont été mis en place pour rendre les lignes plus visibles - des
balises orange ou blanc en forme de spirales en tire-bouchon
ou des silhouettes de rapaces faisant également office d'épouvantail pour
d'autres espèces. Des gaines colorées peuvent également être
installées.
Mais ce n'est pas infaillible, la nuit, ou par temps de brouillard, les
balises sont inefficaces, et les oiseaux finissent pas s'habituer aux
silhouettes.
Sur les lignes à basse ou moyenne tension, certains oiseaux de grande envergure
peuvent s'électrocuter en touchant simultanément de leurs ailes un conducteur
(la ligne) et une masse (le poteau).
Des capuchons isolants peuvent être posés sur les têtes de ligne dans les
régions où l'avifaune est la plus riche.
Une solution plus radicale est l'enfouissement des lignes,
mais elle serait trop coûteuse pour être étendue à l'ensemble du territoire
français.
Le réseau français de basse et moyenne tension s'étend en France sur 1,2
million de kilomètres, dont 400.000 kilomètres en aérien.
Aujourd'hui, ERDF enfouit la quasi totalité des réseaux neufs. Dans certains
cas, les lignes existantes peuvent être enterrées, comme en Camargue, en 2007,
pour protéger le Flamand rose, ou dans le cirque de Navacelle dans les Pyrénées
en 2008, lieu d'habitat de l'aigle royal.

Attention, danger !
Mon avis
Les lignes électriques constituent un danger bien plus important que les
éoliennes pour lesquelles les associations ont adopté une position favorable.
RTE fait la promotion de ses lignes en disant que les naturalistes considèrent
qu'elles peuvent constituer des corridors de biodiversité. Et le s'engouffrer
dans la perspective de la « trame verte et bleue » qui est très à la
mode depuis le Grenelle de l'Environnement.
Je considère personnellement qu'il y a là une imposture. Non, ces alignements
de poteaux et des centaines de milliers de kilomètres de câbles ne sont pas
favorables au milieu naturel.
Il est bien et nécessaire d'agir pour en réduire les effets négatifs pour la
faune, mais de là à en vanter des vertus supposées !



