Projet BioTFuel : ni bio ni beautiful
Par Gilles Héluin le vendredi 9 octobre 2009, 06:57 - Agrocarburants - Lien permanent
L’ADEME lance le projet « BioTFuel ». Un projet destiné à tester la production industrielle d’agrocarburants de deuxième génération.
Total, a annoncé dans un communiqué son souhait d'accélérer "l'avènement des biocarburants de deuxième génération" pour en améliorer "le bilan écologique" mais aussi afin "d'éviter de mobiliser une matière première alimentaire".
Réaction de France Nature Environnement :
La France s’est lancée dans la production industrielle d’agrocarburants de première génération (à partir de graines) sans que leur intérêt énergétique ou environnemental n’ait été démontré. Il faut tirer les leçons de cette expérience ! L’expertise tant attendue de l’ADEME sur le bilan énergétique des agrocarburants de première génération n’étant toujours pas parue, FNE considère inacceptable de développer des projets de grande envergure pour les agrocarburants de deuxième génération (à partir de la plante entière).
Pour Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE : « Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs ! Avant tout développement industriel des agrocaburants – qui, au passage, n’ont rien de « bio » - une expertise sur leur bilan énergétique, climatique, environnemental (eau, sol, biodiversité) et sanitaire des agrocarburants est indispensable. »
Manger ou conduire… impossible de choisir !
Qu’il s’agisse de valoriser des « déchets » agricoles (pailles) ou d’implanter des cultures spécifiques (taillis à courte rotation), FNE rappelle sa plus grande vigilance concernant la production de carburant à partir de biomasse.
Marie-Catherine Schulz, chargée de mission agriculture, explique : « Utiliser des terres agricoles pour implanter des taillis à croissance rapide, collecter les pailles au lieu de les incorporer dans nos sols pour reconstituer leur fertilité, sont des pratiques qui remettent en cause la capacité de notre agriculture à nous nourrir. »
Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE ajoute : « La vocation première de l’agriculture est de nourrir sainement les hommes, pas de d’alimenter les moteurs de nos voitures ! »
En effet, l’enthousiasme des décideurs français pour les agrocarburants se prétend « vert »… mais ne remet aucunement en cause l’utilisation de la voiture !
Pour Michel Dubromel, responsable des questions transports à FNE : « Les subventions pleuvent sur la voiture depuis quelques mois ! Prêts à l’industrie automobile, Super Bonus de 5000 euros pour le véhicule électrique, et maintenant le grand retour des agrocarburants. Plusieurs centaines de millions d’euros à perte pour développer toujours un peu plus de mobilité automobile. Passer de la société automobile à la société écomobile implique avant tout de modifier le braquet de nos investissement publics ! »
FNE demande un gel de tout développement industriel des agrocarburants, qu’ils soient de première ou de deuxième génération, tant que leur intérêt environnemental et énergétique n’aura pas été démontré.
Mon avis
De mon point de vue nous voyons là une expression de nos société à aller
toujours plus avant sans remettre en cause les fondements qui ont conduit à la
catastrophe écologique actuelle.
Il s'agit encore et toujours d'investir pour une croissance que l'on qualifie
maintenant de "verte".
Mauvais, très mauvais plan que de mettre des plantes dans les
réservoirs !




Commentaires
c'est vraiement infernal... on ne peut rien faire en France! on va attendre que tous les autres pays développent des technologies et regarder le train passer! on est vraiement dans un pays de plouques!
ce n'est qu'une expérimentation... essayons, évaluons et ensuite jugeons! en France on juge avant de savoir...
Il faut aussi évaluer avant de trop avancer. Concernant les agrocarburants les association reprochent de ne pas avoir donné le bilan d'évaluation énergétiques des agrocarburants de première génération avant de s'engager sur la second génération.
Il ne faut pas choisir des fausses bonnes solutions. Il faut au préalable les évaluer sur des critères pertinents.
Concernant les agrocarburants, seraient-ils vraiment rentables énergétiquement où demanderont-ils plus d'énergie pour les fabriquer qu'ils en fourniront ?
Quelles seraient les conséquences environnementales et sociales de leur industrialisation ?
A ce qu'il semble, le projet de l'ADEME n'est pas dans cette situation où l'on a tiré parti des expériences effectuées et où l'on a une bonne estimation de ce que l'on veut développer.
Pour moi ce qui est infernal c'est que l'on soit si souvent confronté et que l'on cède aux intérêts qui poussent à toujours plus de croissance, de technologie au profit d'une minorité et au détriment du plus grand nombre et de l'environnement.
Regardons enfin où le dogme du "toujours plus" nous conduit.
la 2° génération n'a rien à voir avec la première... les matières premières ne sont pas les mêmes et les procédés ne sont pas les mêmes (ils sont mêmes à inventer... c'est l'un des objectifs du projet de l'ademe!) donc je ne vois pas ce que l'analyse des carburants de 1° génération va apporter pour la suite de ce projet!
De plus, en ce qui concerne la 1° génération il y a des analyses de cycle de vie (ACV) mais qui ne sont pas encore en accord les unes avec les autres... les calculs sont extrêmement difficiles à faire! il faut du temps pour réussir à analyser tous les paramètres et les intégrer pour arriver à des données fiables. Donc ça va encore prendre du temps mais ce n'est pas pour autant qu'il faut se croiser les bras en attendant que tous les experts se soient mis d'accord sur un chiffre commun pour l'acv des 1° génération. A minima les solutions dites de 2° génération paraissent plus pertinentes du point de vu de la non concurrence avec les produits alimentaires...
A terme, de ttes les façons, il n'y aura pas une bonne solution énergétique mais un panel de solutions qui dépendront des applications (chauffage, transport, ...) et de la localisation géographique...
Le fait d'avancer sur les biocarburants implique-t-il automatiquement une société tout-automobile ou peut-on envisager des déplacements multimodaux qui utiliseraient plusieurs énergies et plusieurs moyens de locomotion sans pour autant priviligier ou dénigrer l'un d'eux ? Pour ma part, je le souhaite. Je ne suis pas favorable au tout automobile ni à l'individualisme en revanche je suis favorable à l'étude des nouvelles énergies. Thomas Edison a effectué 10 000 essais infructueux avant de faire briller sa première lampe. J'espère que l'ouverture d'esprit de chacun permettra d'avancer sur de nouveaux projets à inventer tout en préservant l'environnement et l'intérêt collectif. Je suis partisane de la "loi du milieu" sans extrème avec une vision globale et une action individuelle et responsable.
Que chacun apporte sa contribution au quotidien et fasse les meilleurs choix en fonction de sa situation du moment.
Meilleurs voeux à tous pour 2010 et que nous ayons la sagesse de vivre dans le respect des compétences et des convictions de chacun.