Risquer l’effondrement de la civilisation sous les coups de boutoir du changement climatique ou s’engager résolument et sans plus attendre dans la tâche herculéenne mais enthousiasmante de la conversion aux énergies nouvelles, voila l’alternative à laquelle notre génération doit faire face, écrit Johann Hari. Entrerons-nous dans l’histoire au titre des pires représentants de l’espèce humaine, ceux qui savaient, avaient les moyens et les connaissances requises pour agir, mais se seront contentés d’assister, impuissants et résignés, à la catastrophe annoncée ? Ou bien saurons nous mobiliser les énergies nécessaires au sursaut ?

Par Johann Hari, The Independent, 23 septembre 2009

Nous sommes en ce moment à la fois tellement proches et cependant désespérément éloignés de pouvoir guérir cette fièvre dont souffre la terre. Les dirigeants du monde, rassemblés hier à New York pour discuter du réchauffement de la planète provoqué par l’homme, sont réunis dans un bâtiment des Nations Unies qui aura bientôt les pieds dans l’eau s’ils échouent. Ils savent tous ce qui va arriver : les scientifiques le leur ont dit clairement et de façon insistante.

Avec un réchauffement climatique atteignant jusqu’à 2,4°C, toutes sortes de choses terribles vont se produire - par exemple, des États iliens du Pacifique Sud seront submergés. Mais nous pouvons y mettre un terme. Si nous stoppons les émissions de gaz à effet de serre, la température se stabilisera. Mais si nous dépassons les 2,4°C, le réchauffement s’emballera, et nous n’aurons plus de bouton « Stop ». La forêt amazonienne va se dessécher et brûler, libérant ainsi tout le carbone stocké dans les arbres. Les énormes quantités de gaz à effet de serre emprisonnés en Arctique seront vomies dans l’atmosphère, et les 3°C se transformeront inéluctablement en 4°C, puis 5°C, et la planète deviendra rapidement un lieu que nous ne reconnaitrons plus.

Pour rester du bon côté de ce point de non retour climatique, les émissions mondiales doivent commencer à diminuer en 2015 - dans à peine six ans - et avoir baissé de 85% en 2050. Nos dirigeants doivent se mettre d’accord lors des pourparlers sur le climat qui auront lieu à Copenhague en décembre. Le débat scientifique est terminé. Les réponses sont connues. De fait, chacun des dirigeants rassemblés à New York pouvait hier ressentir de quoi serait fait cette solution : elle réside dans l’incroyable puissance du soleil.

Lire la suite sur http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2802