Incident "significatif" à la centrale nucléaire de Gravelines
Par Gilles Héluin le mercredi 12 août 2009, 07:30 - Nucléaire - Lien permanent
Un incident technique qualifié par la direction de la centrale de Gravelines
d'« exceptionnel » et de « délicat », est survenu lors du
déchargement du combustible situé au cœur du réacteur n°1, en arrêt pour une
opération de maintenance. La population n'encourt aucun danger au niveau
radiologique, mais la centrale risque d'être confrontée à un problème technique
long, périlleux et particulièrement complexe.

La centrale nucléaire de Gravelines. © Douchet Quentin
L'incident est survenu vers 4 h, dimanche 9 Aout. Alors que la société Areva
manipulait une barre de combustible, dans une opération destinée à soulever et
retirer une partie de l'assemblage, c'est tout le bloc d'uranium qui s'est
décroché, au coeur du réacteur en arrêt de maintenance depuis le 2
août.
Depuis, cette barre d'uranium de plusieurs centaines de kilos est suspendue
dans la piscine avec le risque qu'elle se décroche et retombe sur les 156
barres similaires fixées au fond de la cuve du réacteur. Ce serait le pire des
scénarios pour la centrale et les installations au sein du réacteur
n°1.
Un précédent à Tricastin Le directeur adjoint du centre
national de production d'électricité de Gravelines se veut néanmoins
rassurant : « Notre priorité, c'est la sûreté et l'environnement. Or,
il n'y a aucun risque pour la population. Dans l'hypothèse d'une chute de cet
assemblage, les calculs réalisés par les experts d'EDF montrent que les
conséquences radiologiques à l'extérieur du site seraient très inférieures aux
valeurs réglementaires de 1 mSv par an et par habitant pour la population et
l'environnement et qu'elles ne nécessiteraient donc pas d'actions de protection
vis-à-vis des salariés de la centrale ».
Pour intervenir et réparer « cet aléa technique très rare et délicat »,
précise la direction, les experts de la centrale ainsi que des experts
nationaux sont mobilisés en permanence. Ils s'appuieront sur l'exemple de la
centrale nucléaire de Tricastin, dans la Drôme, qui a un connu un problème
similaire en septembre 2008.
Un incident de même nature s'était produit à la centrale nucléaire de
Nogent-sur-Seine en 1999.
Sur le temps que prendra l'opération de décrochage des deux parties de la
barre d'uranium et son stockage, le directeur-adjoint estime qu'il est trop tôt
pour donner une estimation. « Actuellement, notre priorité est de
maintenir l'élément combustible suspendu et de le sécuriser. À titre préventif,
le bâtiment réacteur a été fermé et une surveillance continue est mise en
place. Il ne s'agit pas d'aller vite, mais de prendre un maximum de précautions
». L'incident a été classé au niveau 1 sur l'échelle de classement des
événements nucléaires qui compte sept niveaux.
Source : La Voix du Nord - 11.08.2009


