Le radon appartient à la famille des gaz rares (hélium, néon, krypton...) et en possède les propriétés chimiques : inodore, incolore, sans saveur, ne réagissant pas chimiquement avec les autres éléments. C'est le seul gaz rare à être naturellement radioactif. Il provient de la chaîne de désintégration de l'uranium 238, naturellement présent dans toute l'écorce terrestre.

Le radon émane du sol et se dilue rapidement dans l'air extérieur. Il va par contre s'accumuler dans tous les espaces qui sont peu ou mal aérés : les cavités naturelles mais aussi les habitations. Cette accumulation représente un risque pour la santé.

Le radon dans les habitations

Le radon s'infiltre dans les habitations par les fissures, les jointures, les canalisations... Il provient principalement du sous-sol (roches, failles, eaux....), mais aussi des matériaux de construction qui contiennent, en plus ou moins grandes quantités, du radium. Lorsque les émanations sont importantes et/ou le renouvellement d'air insuffisant, le radon s'accumule, pouvant atteindre dans certains cas des teneurs très élevées.

Les zones à risque

En France, la cartographie réalisée récemment par l'IRSN* détermine des zones à fort risque d'exposition pour les populations. Ces zones correspondent à un sol contenant des roches riches en uranium (roches magmatiques, en particulier les granites). Les régions les plus fortement touchées sont le Limousin, le Massif Central, la Bretagne et la Corse. Cependant, de nombreuses anomalies ont été relevées en terrain sédimentaire, en dehors de ces zones (cf. Etudes CRIIRAD).


Carte IRSN

Les risques pour la santé

L'inhalation du radon et surtout de ses descendants radioactifs provoque des lésions au niveau des cellules pulmonaires, ce qui augmente le risque de développer un cancer du poumon. Le risque augmente avec la concentration et la durée d'exposition.
Le radon serait la deuxième cause de mort par cancer du poumon (après le tabac). Il y aurait, en France, entre 3000 et 5 000 victimes du radon par an.
Une recommandation européenne de 1990 limite la concentration de radon dans l'air intérieur à 200 Bq/m3 (Becquerels par mètre cube, unité de mesure de radioactivité) pour les bâtiments neufs et à 400 Bq/m3 pour les bâtiments existants. En France, un décret de 2002 oblige les propriétaires de lieux recevant du public, dans les départements considérés comme à risque, à effectuer des mesures de radon ; si la concentration en radon dépasse 400 Bq/m3, il y a obligation d'effectuer des travaux. Pour les maisons individuelles, l'OMS a défini un niveau de référence de 200 Bq/m3 au-delà duquel il est recommandé d'agir. Cependant, il n'y a pas encore d'obligation pour les particuliers, bien que l'intégration de la mesure du radon dans le dossier sanitaire de l'habitat - exigé lors des transactions immobilières - soit actuellement à l'étude dans le cadre du Plan national Santé Environnement.

Le radon est imprévisible: chaque habitation peut révéler une surprise, bonne ou mauvaise, quelle que soit la région : n’hésitez pas à contrôler vous-même votre taux de radon, avec des petits appareils (KODALPHA à la CRIIRAD, E-PERM à l’ACRO), mais si possible pas en plein été. Ces laboratoires indépendants donnent des conseils pour réduire le taux de radon chez vous.

Selon les résultats des analyses, plusieurs solutions vous seront proposées.
- La première consiste à assurer une bonne étanchéité à l'air entre le bâtiment et son sous-sol, en obturant les fissures des dalles, des joints entre murs et sols, des passages de canalisations...
- La seconde consiste à diluer le radon en augmentant le renouvellement d'air, par une meilleure gestion de l'aération naturelle. En cas de fortes concen¬¬trations, on installera une ventilation mécanique contrôlée par insufflation, capable de mettre vos pièces en légère surpression, évitant ainsi l'entrée du radon. Enfin, il peut être plus efficace de prévoir une aération naturelle ou mécanique du sous-sol ou du vide sanitaire, mesures simples à la portée d'un bricoleur.
- S'il n'y a pas de sous-sol, on peut aussi faire réaliser un drainage sous dalle, chantier plus complexe, pour extraire le radon.

Pour plus d’information

Laboratoire de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité) – Le Cîme – 471, avenue Victor Hugo 26000 Valence. Tél.04.75.41.82.50. Mail : contact@criirad.com Test sur deux mois, conforme à la norme AFNOR NF M60-766. Bilan général d’une habitation (3 analyses): 84 euros TTC (dépistage simple: 39 euros). www.criirad.org

Laboratoire de l’ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest) 138, rue de l’Eglise 14200 Hérouville Saint-Clair - Tél. 02.31.94.35.34 Mail: acro-laboratoire@wanadoo.fr – Prix d’une mesure sur 15 jours minimum: 20 euros HT + frais de poste (2,21 euros par mesure). On préconise plusieurs mesures. Test conforme à la norme AFNOR NF M60-766.

Document IRSN
http://www.irsn.org/document/site_1/fckfiles/File/librairie/livrets_thematiques/livret_le_radon.pdf

Et les liens donnés en commentaire par Georges-André Roserens
http://www.ch-radon.ch
http://www.WorldRadonSolutions.info