Le nouvel Atlas Robin des Bois des sites pollués au PCB
Par Gilles Héluin le mercredi 5 août 2009, 07:57 - Pollution - Lien permanent
L’association Robin des Bois vient de publier la mise à jour de son Atlas
des sites pollués au PCB.
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Les PCB, qu’est-ce que c’est ?
Le PCB est une molécule chimique appelée Pyralène, longtemps utilisé comme
lubrifiant dans les transformateurs et les condensateurs électriques. Fabriqué
par la firme américaine Monsanto, le PCB a été interdit en 1987 en France. Très
résistant dans le temps, il se retrouve dans les rivières, les sols, les
sédiments, l'air et se fixe dans les chairs des poissons.
Les PCB sont des perturbateurs endocriniens, particulièrement dangereux pour
les enfants et les femmes enceintes, pouvant provoquer des troubles
neurologiques, des atteintes du système immunitaire chez le nourrisson et
favoriseraient le développement de cancers.
La pollution au PCB est très présente en France : l'Atlas des sites pollués au PCB, construit sur 4 bases de données officielles, le confirme. 388 sites en France sont pollués et les interdictions de pêche concernent une trentaine de départements.
L’Atlas classifie les sites pollués en 4 catégories
La liste noire concerne deux sites producteurs de pyralène
et de PCB à Pont-de-Claix (38) et Jarrie (38) au bord de la Romanche et du Drac
et 20 fabricants de transformateurs et condensateurs électriques. Il ne sera
contesté par personne que pendant les décennies « pyralène » de ces
établissements (certains sont encore en activité) ont eu lieu des déversements,
épandages, égouttages pour ne pas dire enfouissements à l’image du site de la
Savoisienne d’Aix-les-Bains au bord du Lac du Bourget (Cf. bulletin PCB n° 2 du
11 décembre 2007).
La liste rouge concerne 39 sites de stockage, de
récupération, de maintenance, de vidange ou de retraitement de transformateurs
et d’autres équipements électriques ou huiles contaminés aux PCB. 11 de ces
sites ne sont pas pris en compte par l’administration mais les agissements des
exploitants tels qu’ils sont rapportés par la presse, comme le déversement de
15 fûts dans un étang de pêche à Fontenay-sur-Loing (45) incitent à encourager
des investigations approfondies sur les sites principaux de ces exploitants
douteux et autour.
La liste orange concerne le bâti, les sols, sous-sols, et
éventuellement les eaux souterraines et superficielles contaminés par les PCB
après des accidents de transport ou dans des installations fixes, des fuites,
des incendies, des inondations, la foudre ou d’autres causes inconnues. La
plupart de ces sites sont des fonderies, des récupérateurs de ferrailles, des
usines de traitement de métaux ou d’activités diverses aujourd’hui éteintes,
des décharges ou des remblais comme à Maissemy où ont été amenées des terres
polluées de la liste rouge (i.e. Spelidec, Saint-Quentin-02).
La liste jaune concerne les sites pollués par des ouvertures ou des manutentions sauvages de transformateurs en vue d’en extraire le cuivre. A chaque intervention, plusieurs dizaines ou centaines de litres peuvent être répandus dans les sols ou les milieux naturels. Les « récupérateurs non déclarés » de cuivre sont bien informés. Ils opèrent parfois quelques jours avant le retrait programmé du ou des transformateurs d’une usine désaffectée. Les pouvoirs publics commencent à raccourcir les délais d’enlèvement des transformateurs mais les mandataires liquidateurs sont encore loin de tous considérer comme une priorité l’identification et l’élimination des transformateurs aux PCB. Le vandalisme peut frapper n’importe quand et n’importe où. La cartographie montre que le Nord est le plus touché. Le Ministère wallon de l’Environnement remarque que de plus en plus d’épaves de transformateurs sont découvertes sur son territoire ; s’agit-il d’un trafic transfrontalier ? En l’absence d’une véritable police et d’une traçabilité des transformateurs, la délinquance métallique est une source de pollution intarissable. Comme le cours du cuivre, elle est en hausse.
Pour plus d’information
Consultez l'Atlas des sites pollués au PCB sur le site de l'association Robin des Bois.



Commentaires
Bonjour
la reconversion d'un site Edf en ile de France en une "cite du cinéma" voulue par Luc Besson peut elle être problématique?