Les "précaires" du nucléaire
Par Gilles Héluin le dimanche 12 juillet 2009, 06:38 - Nucléaire - Lien permanent
Selon une étude rendue publique par l’INRS (Institut national de
recherche et de sécurité), 82% des sous-traitants du nucléaire souhaiteraient
quitter le milieu du nucléaire s’ils en avaient la
possibilité.
Ils sont 22.000 à travailler dans les 19 centrales nucléaires de France, 22.000 agents intérimaires embauchés par les entreprises sous-traitantes d’EDF pour assurer notamment la maintenance et l’entretien des installations. Ce sont eux qui assurent les tâches qui comportent le plus de risques et les travaux les plus exposés. Aujourd’hui, la colère monte parmi ces employés qui dénoncent le déséquilibre entre leur statut et celui des 20.000 autres agents statutaires, salariés d’EDF.
On les appelle “les nomades du nucléaire”, ils vont de ville en ville, pour décontaminer les centrales, au gré des “arrêts de tranche”, les périodes durant lesquelles les réacteurs sont arrêtés pour changer le combustible et pour assurer les travaux de maintenance. _Ils connaissent toutes les centrales de France : Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, Gravelines dans le Nord, Cattenom en Moselle, Chinon en Indre-et-Loire ou encore Chooz dans les Ardennes. Souvent sur les routes, ces agents intérimaires parcourent 40.000 à 70.000 kilomètres par an. Ils jugent leurs indemnités de déplacement si faibles (en moyenne 60 euros par jour pour l’hôtel et les trois repas) qu’ils séjournent le plus souvent dans des gîtes, dans des foyers Sonacotra ou bien au camping (tentes ou caravanes). Certains, pour économiser et rapporter de l’argent à leur famille, dorment dans leur voiture. Bien souvent, ces nomades du nucléaire sont donc obligés de se contenter du confort le plus sommaire.
Pour plus d’information
Ecoutez l’enquête de Sébastien Baer sur France Info.com.
Mon avis
Des conditions de travail et de vie déplorables.
Un risque significatif pour la sécurité de nos installations nucléaires que
l'on voit ainsi livrée à des considérations économiques et sociales bien
lamentables.



