Le service de l’économie, de l’évaluation et de l’intégration du développement durable du Commissariat général du DD a publié un rapport sur l’acceptabilité sociale des éoliennes qui conclue que les riverains sont prêts à payer pour conserver leurs éoliennes !

Afin d’en mesurer l’impact sur le bien être de leurs riverains, la démarche visait à donner une valeur monétaire à ces éoliennes. La méthode utilisée, qui peut paraître étonnante au premier abord, est en fait celle communément appliquée pour donner une valeur à du non-marchand (même principe que pour quantifier le moral des Français, par exemple).

Il a notamment été demandé aux riverains de quatre parcs s’ils consentiraient à payer pour
- conserver ou détruire les éoliennes ;
- faciliter ou empêcher l’installation de nouvelles éoliennes.
Les réponses permettent de déduire que, sur chacun de ces sites, démanteler les éoliennes existantes provoquerait une perte de bien être social, évaluée à plusieurs dizaines de millions d’euros.

Synthèse issue des premières pages du rapport

L’éolien, une énergie renouvelable en plein essor
Le Grenelle environnement prévoit un doublement de la part des énergies renouvelables à l’horizon 2020, en cohérence avec l’objectif assigné à la France dans le cadre du paquet « énergie-climat » de l’Union européenne. La réalisation de cet objectif ambitieux passe par un développement de toutes les énergies renouvelables, et requiert en particulier un fort développement de la biomasse (biocarburants, biogaz, bois énergie), de la géothermie et de l’éolien. La production d’énergie éolienne devrait ainsi être multipliée par plus de dix d’ici à 2020.
La France développe déjà ses filières d’énergies renouvelables. En 2007, leur production a augmenté de 4 % pour atteindre 18 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole). En particulier, l’énergie éolienne a fait un véritable bond, avec une progression de 85 % sur l’année, pour atteindre 0,4 Mtep. Elle ne représente cependant que 2 % de la production d’énergies renouvelables et moins de 1% de la production d’énergie totale.

Afin de mesurer les impacts des éoliennes sur le bien être de leurs riverains, le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire a entrepris une démarche visant à leur donner une valeur monétaire. Une première enquête avait été menée en 2001 afin de quantifier les nuisances paysagères et sonores des éoliennes, auprès de riverains du site éolien de Sigean, dans l’Aude. De façon inattendue, peu d’enquêtés s’étaient alors déclarés gênés par les éoliennes près desquelles ils habitaient. Une seconde étude a donc été lancée en 2005, sur quatre sites , sur la base du constat que les éoliennes pouvaient être perçues aussi bien de manière positive que négative par les personnes vivant à proximité.
Ce type d’évaluation économique vise à compléter l’analyse qualitative ou sociologique de l’acceptabilité sociale des éoliennes. L’idée est d’inciter les enquêtés à révéler leurs préférences sur les éoliennes et à exprimer ces préférences en terme monétaire.

Les enquêtes menées auprès des riverains de quatre sites éoliens
Des personnes habitant à moins de 15 kilomètres de quatre sites éoliens ont été interrogés sur leur consentement à payer pour différents scénarios de modification des sites. Les quatre sites choisis sont très différents afin d’évaluer si leur configuration et leur durée d’implantation ont un effet sur les préférences des riverains :
- le site de Corbières-Souleilla, implanté depuis 2001, se situe dans le département de l’Aude, qui concentre aujourd’hui le plus grand nombre de parcs éoliens en France ;
- le site de Mardyck est implanté depuis 2003 près du littoral de la mer du Nord, dans le contexte industriel des raffineries de Dunkerque ;
- le site de Montjoyer-Rochefort, implanté dans la Drôme depuis 2004, s’insère dans un contexte naturel à vocation touristique ;
- le site de Bouin, implanté en Vendée depuis 2003, est situé dans une zone humide relativement touristique, le marais breton, à proximité du littoral atlantique, lui-même très fréquenté.

Deux enquêtes ont été réalisées fin 2005 selon deux méthodologies :
- une enquête par téléphone auprès de 2 000 riverains des sites de Souleilla, de Mardyck et de Montjoyer, utilisant la méthode d'évaluation contingente ;
- une enquête en face à face, au domicile de 300 riverains des sites de Souleilla et de Bouin, avec la méthode d’expériences de choix.

En bref

Alors que la France s’est engagée à accroître fortement d’ici à 2020 sa production encore modeste d’énergie éolienne, les nuisances pour les riverains sont régulièrement invoquées à l’encontre de ce développement. L’étude « Evaluation de certains effets externes produits par les installations éoliennes », menée auprès de riverains de quatre sites, montre au contraire une grande acceptabilité des éoliennes. Sur chacun de ces sites, démanteler les éoliennes existantes provoquerait même une perte de bien être social, évaluée à plusieurs dizaines de millions d’euros. Les projets d’implantation de ces sites semblent avoir été plutôt bien accueillis ; les résultats ne sont donc pas généralisables tels quels à l’ensemble des sites.

Pour plus d’information

Téléchargez le rapport d'étude complet :