Feu vert au projet Total de stockage souterrain de CO2
Par Gilles Héluin le dimanche 31 mai 2009, 07:34 - Energie - Lien permanent
La société Total vient d'obtenir l'autorisation d'enfouir 120000
tonnes de C02 pendant deux ans, sur Ie site industriel de Lacq
(Pyrénées-atlantiques).
Les associations déposent un recours.
L'avis de France Nature Environnement
La stratégie du Shadok ?
Pour Total, lutter contre les émissions de gaz à effet dderest très simple: il
suffit de pomper ! Malheureusement les choses ne sont pas aussi simples et
la technique de Capture et de Stockage de Carbone présente plusieurs risques
inacceptables :
La CSC est énergivore : Ie rapport parlementaire de M
Birraux du 3 mars 2009 note sur ce point: « Le CSC est d'ailleurs présenté
comme une technologie de l'énergie, alors qu'en soi, il ne procure aucun apport
nouveau d'énergie (. ..) il induit au contraire une consommation supplémentaire
d'énergie ». La CSC utilise en effet de l'énergie pour les opérations de
capture, de transport et d'injection souterraine.
La CSC est polluante : cette technologie a pour raison
première Ie développement des centrales thermiques au charbon à I'heure ou il
faut au contraire développer les sources d'énergies renouvelables, les
économies d' énergie et l'efficacité énergétique. Le rapport Birraux note que
la CSC « conforte aussi l'utilisation des énergies carbonées dans les pays
qui les importent avec même le risque d'accroître leur dépendance énergétique,
puisque l'implantation d'un dispositif de CSC impose un supplément de
consommation d’énergie » ;
La CSC présente des risques pour l'environnement :
L'enfouissement industriel de carbone sous terre présente des risques pour la
santé et l'environnement qui ne sont pas maîtrisés. Aucune expertise
indépendante et contradictoire n'a été financée à ce sujet. Total a préféré
faire appel au BRGM qui ... est engagé en faveur de la CSC !
La CSC est coûteuse : Elle peut « doubler Ie coût de
fonctionnement d'une centrale et, par conséquent, aboutir a une augmentation du
coût de l'éIectricité de 21 à 91% » (cf. rapport Greenpeace « Faux
espoir » de mai 2008).
La CSC est tardive : ainsi que Ie précise Ie PNUE :
« Le CSC arrive beaucoup trop tard sur Ie champ de bataille pour aider Ie
monde a éviter Ies changements climatiques ». Rappelons que les industriels
eux-mêmes rappellent que la CSC ne sera pas opérationnelle avant 2030. Or, il
nous faut réduire drastiquement nos émissions de GES dès 2015....
La CSC n'est pas viable : selon l'Agence internationale de
l'énergie, il faudrait creer plus de 6000 installations de CSC, chacune d'une
capacité d' enfouissement d' 1 million de tonnes de CO pour espérer stocker 20%
des émissions mondiales de GES. Or, les cavités géologiques adéquates et non
exposées à un risque sismique sont rares et l'acceptabilité sociale de ce
procédé est très incertaine.
La CSC est fondée sur un mensonge : elle ne permet pas de
réduire mais just d' enfouir nos émissions de gaz à effet de serre qui sont en
quelque sorte mises sous Ie tapis ! La tonne de CO2 a bien été émise avant
d'être stockée ! Ne doutons pas que les industriels en tireront cependant
prétexte pour demander des quotas supplémentaires de CO2...
Le principe pollué / payeur ?
Total sera Ie seul bénéficiaire du projet et Ie contribuable sera mis à
contribution avant et après les opérations d'enfouissement.
Le plan Borloo sur les énergies renouvelables, présenté Ie 17 novembre 2008,
prévoit la création d'un « fond de soutien aux démonstrateurs
industriels » doté de 400 millions d' euros sur 4 ans dont bénéficieront
notamment les projets de CSC. Autant d'argent qui aurait pu être consacré a des
solutions durables contre Ie dérèglement climatique ...
Le bénéficiaire c'est Total, Ie responsable c'est Ie contribuable :
l'autorisation délivrée à Total prévoit que c'est l'Etat qui assurera la
surveillance du site après injection et prendra donc en charge les éventuels
problèmes.
Un projet illégal.
Aucune loi n'autorise la Capture et Ie Stockage de Carbone. C'est si vrai que
Ie Gouvernement a inséré dans Ie projet de Grenelle 2 des dispositions,jamais
débattues lors du Grenelle - tendant a donner un cadre juridique aux opérations
d'enfouissement de CO2.
Problème : Total ne souhaitait pas attendre. Sans
attendre Ie vote des parlementaires et a la veille de la Table ronde sur Ie
risque industriel, I'Etat a donc accepte d' autoriser Ie projet de Lacq de
manière absolument illégale et à la suite d'un simulacre de
concertation.
Restaurer une démocratie écologique.
Les associations demandent très clairement un moratoire sur tout projet de CSC,
l'organisation d'un débat public par la Commission nationale du débat public,
l'organisation d'un débat parlementaire sur Ie cadre juridique applicable et
une expertise réellement indépendante des risques.
Mon avis
Le stockage de CO2 est à combattre énergiquement !




