La rançon de la fraise
Par Gilles Héluin le mardi 26 mai 2009, 06:12 - Films et documentaires - Lien permanent
Ce soir à 20h35 sur France 5.

Il était une fois, une fraise qui venait de Californie. Brevetée aux Etats-Unis, elle a traversé l'océan il y a un demi-siècle pour devenir l'or rouge du sud de l'Espagne.
Cette fraise qui fit, et fait encore, la fortune d'une partie de l'Andalousie, c'est celle qu'il est aujourd'hui naturel de trouver dans nos marchés et supermarchés dès février. Ces grosses fraises, bien brillantes, qui viennent narguer nos papilles en plein hiver. Papilles souvent déçues, mais les distributeurs n'en ont cure : la fraise hors saison, ça marche !
La réalisatrice Béatrice Limare donne la parole aux deux camps : les ardents défenseurs qui en vivent et les non moins ardents détracteurs qui dénoncent le prix exorbitant à payer pour produire cette fraise contre nature. Pour les premiers, qu'ils soient agriculteurs, producteurs, pépiniéristes, importateurs, grossistes, dispatcheurs, tous assument ce mode de production comme s'il s'agissait là de l'agriculture du futur.
Pour les seconds, médecins chercheurs, écologistes, défenseurs des droits de l'homme, toute cette industrie, car c'en est une, est une addition de catastrophes : sanitaire, humaine, sociale et environnementale. Au-delà des propos, les images sont saisissantes et révèlent tous les artifices obligatoires pour tromper la nature, les tonnes de plastique et tous les additifs chimiques souvent douteux, parfois illégaux, mais nécessaires aux taux de rendement. Elles nous montrent aussi les agressions sur l'environnement comme sur la couche d'ozone. Enfin, nous découvrons les conditions de vie des saisonnières qui viennent de Roumanie, de Pologne, et de plus en plus du Maroc. Elles témoignent des nécessités économiques qui les poussent à accepter ces conditions déplorables.
Mais, la fraise espagnole ne va plus aussi bien. Elle est maintenant concurrencée par la fraise marocaine. Il fallait s'y attendre : le soleil y est plus chaud en hiver qu'en Andalousie, la main d'œuvre est sur place et les règlements sont moins contraignants. Ce qui n'est pas pour réjouir les opposants à la fraise hors saison. Jusqu'ici, entre les pépiniéristes du Nord de l'Espagne, les producteurs andalous et les marchés européens, chaque fraise devait parcourir près de 4 000 km. Avec les Marocains, le chemin risque d'être encore un peu plus long. On n'arrête pas le progrès !
Pour plus d’information
Lire le l'article sur le wiki France 5.
Mon avis
Je suis clairement dans le camp des opposants !
Voir mon article
sur le blog.
Un film que je n'ai pas encore vu et qui semble bien documenté.


