Appel à soutien en faveur de Stéphane Lhomme de Sortir du nucléaire
Par Gilles Héluin le vendredi 22 mai 2009, 07:40 - Nucléaire - Lien permanent
Appel pour un classement "sans suites" en faveur de Stéphane Lhomme,
porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", menacé de 5 ans de prison pour
avoir révélé la vulnérabilité du réacteur nucléaire EPR en cas de crash d'avion
de ligne.

La vérité doit aussi être faite concernant les espionnages dont le
Réseau "Sortir du nucléaire" et Stéphane Lhomme ont été l'objet de la part
d'EDF et de sociétés privées mandatées par EDF.
Nous, soussignés, demandons un classement "sans suites" de la procédure en
cours pour Stéphane Lhomme, porte parole du Réseau "Sortir du nucléaire",
soupçonné de "terrorisme" et menacé de 5 ans de prison.
En novembre 2003, le Réseau "Sortir du nucléaire" révèle qu'il détient un
document confidentiel défense issu d'EDF qui reconnaît que, contrairement à ce
que prétendent les autorités françaises, le réacteur français EPR n'est pas
conçu pour résister à un crash d'avion de ligne (voir notre dossier Document
confidentiel défense). Ce document a été évoqué à de nombreuses reprises dans
la presse, et a jeté le trouble sur le débat public officiel organisé en 2005
et 2006 sur le réacteur EPR : la Commission nationale du débat public a
même censuré (voir ici, page 90) la contribution de "Sortir du nucléaire" qui
évoquait le fameux document.
En mai 2006 et mars 2008, Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau "Sortir du
nucléaire", a été placé en garde à vue par la DST (aujourd'hui DCRI), sur
réquisition du Parquet de Paris... section antiterroriste. Accusé de
"compromission du secret de la défense nationale", alors qu'il n'a fait que son
devoir de citoyen, Stéphane Lhomme risque 5 ans de prison et 75 000 euros
d'amende.

Depuis mai 2006, Stéphane Lhomme est visé par une "enquête préliminaire"
bien curieuse puisqu'elle court... depuis plus de trois ans : une durée
tout à fait hors norme. Les conséquences principales de ce "sur-place"
judiciaire sont l'impossibilité d'accéder au dossier et le fait de garder sur
la tête une "épée de Damoclès" de 5 ans de prison.
Le 4 avril 2008, le vice-procureur Alexandre Plantevin, sollicité à
plusieurs reprises par l'avocat du Réseau "Sortir du nucléaire" Me Busson,
avait enfin répondu, assurant que l'accès au dossier serait possible "sous
quinzaine", dès que la DST aurait "transmis les derniers actes effectués". Or,
plus d'un an après, malgré d'autres relances, rien n'a changé.
Aussi, le 4 mai 2009, Réseau "Sortir du nucléaire" a saisi Laurent Le Mesle,
Procureur général près la Cours d'appel de Paris. Nous soutenons cette
démarche, demandons la clôture de l'enquête préliminaire et, surtout, demandons
un classement "sans suites" en faveur de Stéphane Lhomme.
Par ailleurs, toujours dans cette affaire de document confidentiel défense,
EDF aurait mis en place des opérations illégales d'espionnage (*) de Stéphane
Lhomme et du Réseau "Sortir du nucléaire", lesquels se sont constitués
parties-civiles. Nous demandons là aussi à ce que toute la vérité soit
faite.
(*) Dans son édition du 8 avril 2009, le Canard enchaîné affirme que,
depuis 2006, EDF a placé Stéphane Lhomme sous surveillance par le biais de
sociétés privées. Le magazine Le Point, dans son édition du 23 avril 2009,
affirme que "La boîte mail de Stéphane Lhomme aurait été espionnée grâce à un
contact chez Wanadoo".
Premiers signataires :
Corinne Lepage (CAP 21), Noël Mamère (Les Verts), Olivier Besancenot (NPA), José Bové (Europe écologie), Jean-marie Harribey (co-président d'Attac), Cécile Duflot (Secrétaire nationale des Verts), Corinne Morel-Darleux (Parti de Gauche), Roland Desbordes (Président de la commission de recherche et d'information sur la radioactivité (CRIIRAD)), Eugène Riguidel (navigateur), Michel Verna (Membre du conseil national de Génération Ecologie), Gustave Massiah (économiste), Gilles Lemaire (Attac - faucheur d'OGM), Bernard Laponche (Expert indépendant)...
Pour soutenir Stéphane Lhomme
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la cour d'appel de Paris
Pour plus d’information
Lire le
rapport objet de la procédure contre Stéphane Lhomme.



