Plan de relance et suppression des enquêtes publiques
Par Gilles Héluin le jeudi 7 mai 2009, 07:17 - Général - Lien permanent
Patrick Devedjian, à l’occasion d’un point d’étape sur la mise en œuvre du
plan de relance a annoncé la suppression de procédures d’enquêtes publiques.
Cette annonce intervient à la suite d’une réforme votée au mois de janvier qui
assouplit déjà les conditions d’autorisation des activités industrielles au
détriment de la protection de l’environnement.

Une réforme irrationnelle
Patrick Devedjian a annoncé avoir soumis à la consultation interministérielle
un texte visant à relever le seuil de déclenchement des enquêtes publiques. En
clair : le but est de permettre l’autorisation d’un maximum de projets à
risques sans concertation et information du public (riverains, associations,
élus, etc…)
Pour Sébastien Genest, Président de FNE : « la création des
enquêtes publiques environnementales par la loi Bouchardeau du 12 juillet 1983
est un progrès démocratique pour lequel les associations se sont battues. Sa
remise en cause est un scandale ! »
Sébastien Genest poursuit : « Cette annonce, réalisée sans aucune
consultation préalable, n’a aucun intérêt ni économique ni écologique. Pire,
elle sous-entend que l’écologie ne rime pas avec économie, cette vieille erreur
que les acteurs du grenelle avaient pourtant enterré. Décidément, certains font
tout pour que ce plan de relance ne soit pas vert mais bien gris foncé
».
Oui à la simplification, non à la régression
Pour Arnaud Gossement, porte parole de FNE : « Cette annonce n’a pas
de sens. L’urgence est d’améliorer pas de supprimer les enquêtes publiques.
L’urgence pour la France est de se conformer à ses engagements européens et
internationaux. L’urgence est de faire en sorte que les citoyens aient envie de
participer aux enquêtes publiques ! L’urgence n’est pas de karchériser le
code de l’environnement ! ».
Pour FNE, il faut réfléchir à la raison pour laquelle le public pourrait
bouder certaines enquêtes publiques. A l’évidence, le public a parfois
l’impression que les jeux sont faits et les projets ficelés avant même la
consultation. De plus, pendant l’enquête publique, les conditions de
participation et d’accès à l’information pourraient être grandement
améliorés...
FNE note que la suppression plutôt que l’amélioration des procédures de
concertation peut conduire la France à être en infraction avec ses engagements
européens. FNE réclame depuis longtemps le respect des dispositions de la
convention signée à Aarhus en 1998 aux termes desquelles le public doit être
consulté.
Et le 3e régime...
Cette annonce d’une suppression d’enquêtes publiques vient s’ajouter à la
réforme dite du « 3e régime » que FNE combat avec acharnement dans
son principe même. La loi portant plan de relance votée le 17 janvier dernier
prévoit en effet un assouplissement des conditions d’autorisation de la plupart
des installations classées soumises à autorisation au détriment de l’évaluation
environnementale, de la concertation etc…
Au final, ces mesures ne serviront pas les industriels vertueux, qui ont compris que l’écologie est un atout pour demain. Elles ne répondent probablement qu’aux souhaits de quelques industriels habitués des contentieux environnementaux.
FNE demande le retrait pur et simple de ces réformes et le fera savoir dès l’ouverture de la table ronde sur les risques industriels en cours d’organisation.
Source : France Nature Environnement
Mon avis
Un changement très grave.
Pour les avoir largement pratiquées, il est clair que les enquêtes publiques ne
sont pas la panacée.
L'avis du commissaire enquêteur est consultatif, c'est à dire qu'il n'est pas
obligatoirement pris en compte.
En fait, le commissaire enquêteur y fait pour beaucoup en fonction de son
cursus et de sa sensibilité vis à vis des questions d'environnement , de
protection du cadre de vie.
Pour mon expérience personnelle : davantage de déceptions que de réussites
!
Cependant, les enquêtes publiques sont un élément important de la
démocratie.
Il est fondamental que le public puisse s'exprimer sur les projets à risque et
, en particulier, sur ceux qui ont un impact défavorable sur
l'environnement.
De mon point de vue il faut lutter fermement contre une telle mesure.
Une pétition ne serait pas de trop !

Pour plus d’information
Pour plus d'information sur la procédure des enquêtes publiques : voir le site des amis de la terre.


