Des associations dénoncent des débats "partiaux", menés "au pas de charge", ainsi que l'absence "aberrante" de scientifiques parmi les participants du "Grenelle des Ondes".

Après la première table ronde du "Grenelle des ondes" -portant sur l'impact des téléphones portables et des antennes-relais sur la santé-, qui s'est tenue jeudi 23 avril, des associations participant aux discussions ont dénoncé, vendredi 24 avril à nouvelobs.com, des débats "partiaux" menés "au pas de charge" et l'absence "aberrante" de scientifiques parmi les participants.
Menaçant de "claquer la porte" lors de la prochaine table ronde prévue le 6 mai, ils ont décidé d'"instaurer un rapport de force" pour faire entendre leurs conditions. "Lors du Grenelle de l'Environnement", rappelle Stephen Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'environnement, les bonnes intentions se sont étiolées faute de rapport de force."

Bras de fer sur la présence de scientifiques
L'absence de scientifiques est le résultat d'un bras de fer qui a opposé le ministère de la Santé aux associations, rappelle Stephen Kerckhove.
"Au début, l'idée était que chaque acteur vienne avec un expert", explique-t-il. "On a refusé car, d'une part, cela mettait les scientifiques dans une posture partisane, et, d'autre part, on nous demandait de payer la venue du scientifique." Ensuite, "on nous a soumis il y a 15 jours une liste comportant notamment des membres de l'Académie des sciences, des techniques et de médecine", poursuit-il. Les associations ont rejeté cette liste, estimant que les scientifiques en question n'avaient jamais publié sur le sujet. Lundi dernier, il n'y avait plus de mention de scientifiques sur les listes.

Un constat que partage Etienne Cendrier, porte-parole de l'association Robin des Toits, qui juge cette situation "aberrante".
"Résultat, il ne reste comme 'personnalités qualifiées' que deux sociologues et un juriste", souligne Stephen Kerckhove.
"Or les sociologues se sont avérés parties prenantes dans la controverse lors de leur allocution, faisant valoir qu'il s'agissait avant tout d'un problème de société plus que de santé. C'est ce que j'appelle un point de vue militant." "En conséquence, prévient-il, "nous conditionnons notre participation à la présence de scientifiques. On nous a assuré que ce serait fait."

Des débats biaisés faute d'études
Autre sujet de mécontentement, un CD ROM distribué comme base de discussion aux participants, qui contenait, aux dires deux associations, 36 fichiers, dont 10 fournis par l'association française des opérateurs mobiles (AFOM) et aucun des associations. "Et personne n'a su nous dire qui avait constitué le dossier", commente le délégué général d'Agir pour l'environnement.
Plus généralement, les associations dénoncent la partialité du gouvernement sur la question des antennes relais.
"Les antennes-relais posent problème car on n'a quasiment aucune étude. Or pour les autorités et les opérateurs, l'absence d'étude revient à l'absence d'impacts sur la santé," accuse Stephen Kerckhove, qui dénonce l'absence de tout principe de précaution.

Agir pour l'Environnement et Robin des Toits conviennent d'ailleurs que l'étude de l'OMS citée par le ministère de la Santé concluant à une absence d'impact sanitaire des antennes-relais ne peut être tenue pour fiable. Car, dénonce Etienne Cendrier, "l'OMS privilégie les intérêts des industriels aux dépens de la santé publique".
Reste une étude, réalisée en Autriche (par Hutter), qui montre, expliquent-ils que les antennes ont un impact sur la santé au-dessus d'une exposition de 6 voltes par mètre. Une étude passée selon eux sous silence par le ministère de la Santé.
En revanche, plusieurs études ont été menées sur les risques sanitaires liées à l'utilisation des téléphones portables, indiquent-ils, notamment via le programme international "Interphone".
Mais pourquoi aucun programme du genre n'a-t-il été lancé sur les antennes-relais ? "Je n'en sais rien. Depuis 2001 on demande des études," déclare Stephen Kerckhove, quand Etienne Cendrier soupçonne, lui, le "lobby" des opérateurs.
Cette dissociation entre téléphones portables d'un côté et antennes-relais de l'autre, qui seront traités au cours de deux tables rondes différentes, est d'ailleurs l'une des raisons du mécontentement des Robins des Toits. Estimant que les deux aspects vont de pair, ils ont eux aussi menacé de claquer la porte le 6 mai s'ils ne sont pas entendus sur ce point.

France Nature Environnement, elle, était plutôt rassurée au lendemain de la première table ronde du 23 avril : voir son communiqué.

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