Antennes-relais : les associations dénoncent une table ronde "partiale"
Par Gilles Héluin le dimanche 26 avril 2009, 06:19 - Les produits dangereux - Lien permanent
Des associations dénoncent des débats "partiaux", menés "au pas de charge", ainsi que l'absence "aberrante" de scientifiques parmi les participants du "Grenelle des Ondes".

Après la première table ronde du "Grenelle des ondes" -portant sur l'impact
des téléphones portables et des antennes-relais sur la santé-, qui s'est tenue
jeudi 23 avril, des associations participant aux discussions ont dénoncé,
vendredi 24 avril à nouvelobs.com, des débats "partiaux" menés "au pas de
charge" et l'absence "aberrante" de scientifiques parmi les participants.
Menaçant de "claquer la porte" lors de la prochaine table ronde prévue le 6
mai, ils ont décidé d'"instaurer un rapport de force" pour faire entendre leurs
conditions. "Lors du Grenelle de l'Environnement", rappelle Stephen Kerckhove,
délégué général d'Agir pour l'environnement, les bonnes intentions se sont
étiolées faute de rapport de force."

Bras de fer sur la présence de scientifiques
L'absence de scientifiques est le résultat d'un bras de fer qui a opposé le
ministère de la Santé aux associations, rappelle Stephen Kerckhove.
"Au début, l'idée était que chaque acteur vienne avec un expert",
explique-t-il. "On a refusé car, d'une part, cela mettait les scientifiques
dans une posture partisane, et, d'autre part, on nous demandait de payer la
venue du scientifique." Ensuite, "on nous a soumis il y a 15 jours une liste
comportant notamment des membres de l'Académie des sciences, des techniques et
de médecine", poursuit-il. Les associations ont rejeté cette liste, estimant
que les scientifiques en question n'avaient jamais publié sur le sujet. Lundi
dernier, il n'y avait plus de mention de scientifiques sur les
listes.
Un constat que partage Etienne Cendrier, porte-parole de l'association Robin
des Toits, qui juge cette situation "aberrante".
"Résultat, il ne reste comme 'personnalités qualifiées' que deux sociologues et
un juriste", souligne Stephen Kerckhove.
"Or les sociologues se sont avérés parties prenantes dans la controverse lors
de leur allocution, faisant valoir qu'il s'agissait avant tout d'un problème de
société plus que de santé. C'est ce que j'appelle un point de vue militant."
"En conséquence, prévient-il, "nous conditionnons notre participation à la
présence de scientifiques. On nous a assuré que ce serait fait."
Des débats biaisés faute d'études
Autre sujet de mécontentement, un CD ROM distribué comme base de discussion aux
participants, qui contenait, aux dires deux associations, 36 fichiers, dont 10
fournis par l'association française des opérateurs mobiles (AFOM) et aucun des
associations. "Et personne n'a su nous dire qui avait constitué le dossier",
commente le délégué général d'Agir pour l'environnement.
Plus généralement, les associations dénoncent la partialité du gouvernement sur
la question des antennes relais.
"Les antennes-relais posent problème car on n'a quasiment aucune étude. Or pour
les autorités et les opérateurs, l'absence d'étude revient à l'absence
d'impacts sur la santé," accuse Stephen Kerckhove, qui dénonce l'absence de
tout principe de précaution.
Agir pour l'Environnement et Robin des Toits conviennent d'ailleurs que
l'étude de l'OMS citée par le ministère de la Santé concluant à une absence
d'impact sanitaire des antennes-relais ne peut être tenue pour fiable. Car,
dénonce Etienne Cendrier, "l'OMS privilégie les intérêts des industriels aux
dépens de la santé publique".
Reste une étude, réalisée en Autriche (par Hutter), qui montre, expliquent-ils
que les antennes ont un impact sur la santé au-dessus d'une exposition de 6
voltes par mètre. Une étude passée selon eux sous silence par le ministère de
la Santé.
En revanche, plusieurs études ont été menées sur les risques sanitaires liées à
l'utilisation des téléphones portables, indiquent-ils, notamment via le
programme international "Interphone".
Mais pourquoi aucun programme du genre n'a-t-il été lancé sur les
antennes-relais ? "Je n'en sais rien. Depuis 2001 on demande des études,"
déclare Stephen Kerckhove, quand Etienne Cendrier soupçonne, lui, le "lobby"
des opérateurs.
Cette dissociation entre téléphones portables d'un côté et antennes-relais de
l'autre, qui seront traités au cours de deux tables rondes différentes, est
d'ailleurs l'une des raisons du mécontentement des Robins des Toits. Estimant
que les deux aspects vont de pair, ils ont eux aussi menacé de claquer la porte
le 6 mai s'ils ne sont pas entendus sur ce point.

France Nature Environnement, elle, était plutôt rassurée au lendemain de la première table ronde du 23 avril : voir son communiqué.
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