Le Guardian a interrogé les spécialistes du climat réunis à l’occasion de la conférence de Copenhague. Sur les 261 réponses reçues, 86% des sondés estiment que l’objectif des 2°C de réchauffement que s’est fixé la communauté internationale ne sera pas respecté, bien que 60% pensent que les moyens techniques et économiques qui permettraient d’y parvenir soient à notre disposition. Ils sont 39% à juger cet objectif d’ores et déjà hors d’atteinte.

Près de neuf scientifiques du climat sur dix ne croient pas que les efforts visant à limiter à 2°C le réchauffement de la planète seront couronnés de succès, révèle un sondage réalisé par le Guardian. Une hausse moyenne de 4-5°C d’ici la fin de ce siècle est plus probable, disent-ils, compte tenu de la montée en flèche des émissions de carbone et des obstacles rencontrés au plan politique.

Une telle transformation du climat désorganiserait l’approvisionnement en alimentation et en eau, entraînerait la disparition de milliers d’espèces de plantes et d’animaux et déclencherait une augmentation très importante du niveau des mers qui inonderait les habitations de centaines de millions de personnes.

Ce sondage réalisé auprès des scientifiques qui suivent de plus près le réchauffement de la planète révèle que le fossé s’élargit sur le problème des changements climatiques entre le discours des politiques et l’avis des scientifiques. Alors que les responsables politiques et les militants écologiques mettent en avant l’objectif des 2°C, 86% des experts ont déclaré lors de cette enquête qu’ils ne pensaient pas qu’il serait atteint. Continuer à mettre l’accent sur la cible irréaliste des 2°C pourrait même à terme compromettre les efforts indispensables pour s’adapter aux inévitables hausses de température au delà de cette valeur dans les décennies à venir, mettent-ils en garde.

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Lire la suite de l'article de David Adam, The Guardian, 14 avril 2009, publication originale The Guardian, traduction Contre Info.