J.L Borloo s'oppose au circuit de Formule 1 de Flins
Par Gilles Héluin le dimanche 12 avril 2009, 07:24 - Environnement - Lien permanent
Les associations se frottent les mains : le ministre de l'Ecologie
Jean-Louis Borloo a pris publiquement position contre un projet de circuit de
Formule 1 dans les Yvelines, qui se ferait sur une nappe phréatique et une
exploitation agricole bio. « Cela ne change rien pour nous », répond le
conseil général, à l'origine du chantier.
Le circuit de Formule 1 de Flins, dans les Yvelines, ne sera peut-être pas
retenu par la Fédération française du sport automobile et par Bernie
Ecclestone, grand argentier de la discipline. Mais c'est celui qui fait le plus
de bruit : d'abord parce qu'il est prévu sur la deuxième plus grande nappe
phréatique d'Ile-de-France, et sur une exploitation céréalière bio.
Certains riverains sont contre et des recours ont été déposés. Des sénateurs
ont essayé, sans succès, de faire passer le projet dans le cadre du plan de
relance, intervenant par là dans une bataille entre le conseil général et
plusieurs élus locaux. Anne Le Strat, adjointe de Bertrand Delanoë sur la
question de l'eau, a même publié une tribune dans le Monde contre le
projet.
Mais un élu supplémentaire vient de rejoindre le camp des associations et du
collectif opposés au projet : mardi matin, sur BFMTV, Jean-Louis Borloo a
expliqué qu'il s'opposerait à ce « mistigri ».
« Il est sur des champs de captage d'eau, donc pour moi ce problème est
réglé. De surcroît, ce sont des espaces qui sont réservés au schéma directeur
régional d'Ile de France pour l'eau et pour une agriculture de proximité, une
agriculture biologique. J'ai vu que des gens continuaient à dire qu'ils étaient
contre, notamment il y a deux jours dans un grand quotidien du soir allusion à la tribune d'Anne Le
St..., mais le problème est, en l'état, réglé. »
Pour le président du conseil général des Yvelines, l'UMP Pierre Bédier,
cette déclaration ne change rien. Le circuit a déjà été exclu du plan de
relance de l'économie après l'échec de l'amendement des sénateurs
UMP.
Au conseil général, on rappelle que la préfecture a préempté une partie des
terres réservées à l'agriculture biologique pour le projet de circuit, et que
Jean-Louis Borloo a quelque mois de retard. De toutes façons, des réunions
régulières ont lieu entre Pierre Bédier, et des représentants de François
Fillon et de Nicolas Sarkozy. Quant aux craintes en matière environnementales,
le conseil général promet un impact minimal car « nous ne sommes pas des
gogols, même si des associations veulent le faire croire ».
Pierre Bédier et les maires des Mureaux et de Flins, tous deux favorables au
projet, ont prévu de répondre à Anne Le Strat avec une autre tribune dans le
Monde, dont voici un extrait :
« Disons-le tout net : nous avons passé l'âge de jouer aux petites voitures et n'avons pas attendu les bons conseils pour affronter les défis écologiques en Vallée de Seine. Les arguments employés par les adversaires d'un projet aussi innovant sont inutilement caricaturaux et blessants. Exprimés sans documentation ou discussion préalables, ils manquent d'honnêteté intellectuelle et passent à côté du sujet. »
Ces élus affirment que « les travaux de construction et d'aménagement
du circuit pourraient génèreront 2000 à 2500 emplois », avançant ainsi des
chiffres pour la première fois depuis le début du projet. Ils rappellent que le
choix des architectes Jean-Michel Wilmotte et Clive Bowen associés « doit
beaucoup à cette exigence environnementale ».
Nouvelle étude d'impact sur le circuit
L'association Contre la F1 à
Flins vient de rendre publique après les propos de Jean-Louis Borloo une
étude sur l'impact du circuit sur l'environnement.
Dans ses conclusions, le bureau d'études Horizon affirme « faire le constat des incompatibilités flagrantes remettant en cause la viabilité du projet. » Les travaux remettent en cause le fonctionnement de la nappe et il est impossible de déplacer les puits de captage, comme le prévoit le conseil général.
Source : Rue 89 - 09 avril 2009 Par Anne-Gaëlle Besse, Etudiante en journalisme
Voir aussi
L'article dans Le Monde :
Quand le tout-automobile passe, le bio trépasse !, par Anne Le Strat En
voici le début :
Pour contrer la crise économique qui nous submerge, la droite francilienne a sorti de sa besace l'idée du siècle, ou plutôt du siècle dernier : un circuit automobile à Flins. Ce fantasme de petits garçons, ardemment défendu par le président du conseil général des Yvelines et soutenu par le premier ministre, n'est pas seulement navrant par son absence de vues ; il foule au pied les bonnes intentions du Grenelle de l'environnement. Certes, nous ne sommes plus à une contorsion près, tant sont nombreux les exemples de divergence entre les principes énoncés et les actes engagés...



Commentaires
Justement si, ce sont de fameux gogol pour soutenir un pareil projet : au moment où nos gouvernants au nom de l' écologie, nous font avaler la taxe carbone, quid de cette fameuse taxe pour toutes ces courses automobiles? ???
Les formules 1 roulent à quoi Non seulement il faut arrêter de construire ces circuits automobiles, mais il faudrait arrêter ces courses idiotes ! Quant aux emplois (toujours le même "chantage", l' écologie si nos gouvernants le voulaient vraiment, en génèrerait aussi pas mal ! C'est désespérant comme le profit gouverne le monde !!!!