FECAMP
Deux associations de contrôle du nucléaire ont réalisé des prélèvements sur nos rivages.

Ils sont contaminés à plus ou moins forte dose par les rejets des centrales voisines.

L'impact de l'activité nucléaire à Fécamp est indéniable.
C'est en tout cas le message que souhaitent faire passer Acro (Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest) et Ecoref (Ecologie pour la région de Fécamp). Depuis quatre ans, l'Acro effectue un suivi des 640 km du littoral haut normand avec le concours des habitants et des associations locales. Au Trou du chien, mardi dernier, ils étaient une poignée à prélever de l'eau de mer, des algues et des patelles au pied de la falaise.

Aujourd'hui, c'est plus particulièrement la présence du tritium qui les inquiète.
Cet isotope de l'hydrogène, radiocatif, est rejeté en grande quantité par les centrales nucléaires et le centre de retraitement de la Hague. « Ici, à Fécamp comme sur tout le littoral, le tritium, très soluble dans l'eau, est présent cent fois plus de ce qu'il devrait l'être naturellement. En 2006, on relevait 10,7 becquerels par litre d'eau alors que la moyenne est de 0,1 sans la présence d'activité nucléaire proche. »
L'Acro demande que les instances officielles réévaluent les risques sur la chaîne alimentaire et appréhende que le tritium, sous certaines formes non étudiées, soit plus radiotoxique que la forme prise en compte actuellement. « EDF a développé des méthodes d'évaluation contestables. Pour nous, Paluel dépasse la limite réglementaire de 1 % tandis que Penly la dépasse de 2 %. »

Ce qui inquiète aujourd'hui l'Acro et Ecoref, c'est que le nouveau réacteur de Penly va accuentuer la dose. « Le préfet a donné son feu vert à la centrale pour rejeter 25 % de plus de tritium à partir de cette année. » C'est donc pour alerter les pouvoirs publics et la population que l'Acro réalise ces prélèvements, dont les résultats seront publiés dans six mois, grâce au laboratoire indépendant de l'association. « C'est un contrôle citoyen. Nous souhaitons impliquer les habitants, explique Yves Blondel, vice-président d'Acro. Et donner une information indépendante, loin du discours officiel. » Sans être anti-nucléaire, les militants estiment que la région est « trop nucléarisée. La Haute-Normandie est la région qui accueille le plus d'installations nucléaires. Si un accident survient, notre littoral serait très vulnérable. »

Contamination.
Et d'ajouter : « Les rejets effectués dans l'eau par les centrales de Paluel, Penly et même du centre de retraitement de la Hague arrivent jusqu'ici. Ils sont dissous dans l'eau de mer et même de rivière et sont reconcentrés dans la vie aquatique. » Les coquilles, poissons et toute la faune et la flore marines sont donc contaminés à plus ou moins grande dose. Le sommes-nous, à notre tour, si nous consommons les produits de la mer ?
Le sujet fait débat : « La communauté scientifique est divisée, rappelle Yves Blondel. D'un côté, certains affirment que les doses sont trop minimes pour avoir une incidence quelconque sur les hommes. De l'autre, des chercheurs soutiennent que la côte normande subit les effets néfastes du nucléaire. » Et Yves Blondel d'ajouter : « Grâce à notre action de surveillance citoyenne, notre association a pu alerter sur les fortes contaminations en tritium sur l'environnement. Nous faisons partie des commissions locales et nationales d'informations et sommes en contact avec chaque centrale. » Si certains médecins ont mis en avant le caractère cancérigène de cet atome, les associations telles que Santé, sous-traitance, ont encore du mal à le faire reconnaître.

Source : Paris-Normandie - 14 mars 2009 - Fabienne Delaunoy

Pour plus d’information

Voir le site de l'association ACRO