Un film de Djamel Ouahab
(France)
Documentaire - Duree : 1H30 mn

Sortie en salles le 11 Février 2009

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Gerboise bleue, premier essai atomique français effectué le 13 février 1960 dans le Sahara à Reggane en Algérie, est le point de départ de la puissance nucléaire de la France.

Il s’agit de tirs aériens radioactifs puissants effectués dans des zones appartenant à l’armée française, l’Algérie étant à l’époque un territoire français. Suivront des essais souterrains, et ce même après l’indépendance de l’Algérie.

De 1960 à 1978, 30000 personnes auraient été exposées dans le Sahara. L’armée française a reconnu officiellement neuf irradiations. Aucune plainte contre l’armée ou le Commissariat à l’Energie Atomique n’a abouti. Trois demandes de commission d’enquête ont été rejetées par la commission de la défense nationale.

Le dernier combat des vétérans

Créée le 9 juin 2001, l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires (l’AVEN) s’est fixé comme objectif de combattre le négationnisme d’État par rapport aux conséquences des essais nucléaires sur les personnels et les populations exposées lors des 210 explosions atomiques de 1960 à 1996.

L’État français a toujours refusé de reconnaître la réalité mais aujourd’hui grâce à la mobilisation des vétérans qui ont multiplié débats, rencontres… et avec le soutien des médias, le négationnisme est mis à mal comme en témoigne le recul du gouvernement qui reconnaît enfin dans un projet de loi qu’il faut indemniser les victimes.

Le 27 novembre 2008 à l’Assemblée Nationale, Le Ministre de la défense suite au rejet d’une proposition de loi de Mme Taubira a annoncé le dépôt d’un projet de loi gouvernemental et d’un décret d’application. Un groupe de travail (majorité et opposition) sera créé pour étudier et proposer des modifications. L’AVEN émet de sérieuses réserves sur le contenu annoncé de ce projet.

Le principe de présomption d’origine ne serait pas retenu contrairement aux autres pays (USA, Canada...) qui l’appliquent dans leur loi d’indemnisation. En effet, la science, aujourd’hui, n’est pas en mesure de prouver l’origine des maladies (il n’y a pas encore de signature scientifique incontestable), donc le principe de présomption d’origine est le seul qui permet de définir les maladies les plus fréquentes.

Plus grave : le seuil d’exposition à partir duquel une maladie pourrait être reconnue comme radio induite passerait à 50 millisiverts. Ce qui exclurait de nombreuses victimes car aujourd’hui, depuis 2003, les nouvelles normes sont de 20 millisiverts pour les travailleurs les plus exposés et 1 millisivert pour la population par an !

Enfin dernier point de désaccord, les maladies et cancers reconnus seraient a minima par rapport à celles que reconnaissent, par exemple, les États-Unis (une trentaine de maladies dont de nombreux cancers).

Le combat de l’AVEN, loin de faiblir, doit aujourd’hui s’amplifier pour obtenir une véritable loi de reconnaissance. Le film de Djamel Ouahab, Gerboise Bleue, va y contribuer.


L'Expression (Algérie) - 05 Février 2009 - Abdelkrim AMARNI

Film évènement - La Gerboise Bleue
«6000 cercueils préparés à l’avance»

Accablant témoignage d’un soldat français sur les essais nucléaires de Reggane

Tel est le témoignage d’un vétéran français présent à Reggane qui affirme que des soldats français et la population de la région ont servi de cobayes humains.

«La Gerboise Bleue», quelle jolie et indécente appellation pour désigner les essais atomiques français «assassins» commis en 1960/61 dans le Sud algérien, dans la localité de Hamoudia (daïra de Reggane). «Nous avons servi de cobayes humains durant les premiers essais atomiques français à Reggane», a indiqué Gaston Morisot, l’un des militaires français, présent sur le site de l’explosion de la première bombe atomique française, le 13 février 1960, près de Reggane.

Ce témoignage accablant et sans appel, d’un «survivant», a été au centre du documentaire La Gerboise Bleue de Djamel Ouahab. Il a été présenté en avant-première dans la soirée de lundi à Paris, en présence de parlementaires français et d’un public nombreux. L’oeuvre évoque les dégâts causés sur les militaires et les populations locales après ces essais.

Un relent de «préméditation» se dégage, si l’on décrypte les témoignages des soldats vétérans qui ont assisté aux essais de La Gerboise Bleue. En effet, comment expliquer que «près de 6000 cercueils ont été entreposés à la base de Reggane pour faire face aux éventuelles pertes en vies humaines qu’occasionnerait cet essai», selon l’un des témoins, ancien militaire français.

Le témoignage «vivant» de Gaston Morisot, qui a accompagné le cinéaste algérien sur les lieux du premier essai, est sans équivoque et sans appel. «Nous étions 18 personnes. On nous a ordonné de rester sur place et de tourner le dos à l’explosion. Nos supérieurs ont pris la fuite bien avant l’explosion. Ils nous ont abandonnés une semaine sur place, avant qu’ils ne fassent leur réapparition», a déclaré le soldat Morisot avant de conclure: «Nous avons servi de cobayes humains.»

Lucien Parfait, un autre militaire contaminé, a été chargé de récupérer un compresseur exposé aux radiations sur le site d’In Ecker, dans la région de Tamanrasset. Il est aujourd’hui complètement défiguré. Sous l’oeil de la caméra, il ôte le pansement qui lui couvre une partie du visage devenu celui d’un «monstre». Un énorme trou à la place de l’oeil gauche à travers lequel on peut voir sa gorge, un nez complètement détruit et d’énormes ecchymoses sur le visage et sur le cou...

Djamel Ouahab s’est également intéressé aux populations autochtones. Il montre ainsi de vieux Adraris (habitants d’Adrar) qui ont perdu la vue à cause de l’intense lumière dégagée par l’explosion et deux fillettes souffrant de malformations congénitales. Un médecin du secteur sanitaire d’Adrar confirme la «fréquence anormale» de naissances de bébés malformés dans la région. Le réalisateur montre également les dégâts occasionnés à l’environnement de la région.

Tout au long de ce film, Djamel Ouahab, caméra au poing, donne la parole aux deux vétérans français, tantôt à la population d’Adrar, tout en étayant ses argumentaires avec des déclarations d’un médecin, d’un juriste, de membres de l’Association des vétérans victimes des essais nucléaires (Aven). La plus surprenante déclaration reste incontestablement celle du porte-parole du ministère français de la Défense, qui a affirmé que «toutes les dispositions de sécurité ont été prises avant l’essai atomique» qui s’est déroulé selon lui «dans une région inhabitée». Il pousse l’indécence jusqu’à «expliquer» que les essais étaient «sans danger» et qu’il n’y avait «aucun cas de personnes irradiées» et que toute la zone a été «nettoyée»!!

«Nous ne voulons pas d’indemnisation mais d’une reconnaissance». «C’est pour notre honneur», a déclaré fièrement Gaston Morisot dans le film. 8000 soldats étaient mobilisés, dont 195 ont été irradiés parmi lesquels 12 sont morts suite à des contaminations. 6500 Français entre chercheurs, ingénieurs, savants...,3500 ouvriers essentiellement algériens, dont la majorité était formée de détenus, étaient également présents.

Cet essai nucléaire, «La Gerboise Bleue», a été suivi de trois autres du même nom. «Blanche» et «Rouge» la même année et «Verte», en avril 1961. Treize autres explosions souterraines ont eu lieu entre le 07/11/1961 et le 16/02/1966 à In Ecker, dans le Hoggar.
En tout, la France a effectué 17 essais nucléaires dans le Sud algérien entre le 13 février 1960 et le 27 janvier 1966.

Mon avis

Il n'y a pas que "les autres" qui ont commis des atrocités.

Pour plus d’information

Lire l'article sur Africatime.
Voir la version du CEA : http://www-dam.cea.fr/statique/dossiers/sahara/quatonfait.htm

Allez sur Le forum des irradiés des essais nucléaires français au Sahara et en Polynésie.

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