Semons la biodiversité
Par Gilles Héluin le jeudi 12 mars 2009, 06:59 - Actions - Lien permanent
En octobre 2008, les SEMEURS VOLONTAIRES DE BIODIVERSITE lançaient l’appel suivant :
Les gens des villes et des champs refusent
LES MANIPULATIONS ET LE FICHAGE GENETIQUE DU VIVANT
ils défendent
LES DROITS DES PAYSANS ET JARDINIERS DE CONSERVER, UTILISER, ELEVER,
ECHANGER ET VENDRE LEURS SEMENCES ET LEURS ANIMAUX
Un sommet international du gène est annoncé à Paris le 28 octobre 2008. Ses
visées : mettre en lumière, dans le cadre de la présidence française de
l’Europe, les apports de l’innovation génétique à la biodiversité et au
développement durable et réfléchir aux lignes directrices d’évaluation des
risques sanitaires et environnementaux liés aux OGM.
Au programme :
des ogm dans les assiettes ?
Ce renforcement salutaire de l’évaluation pour les cultures ne cache-t-il pas
les projets de la Commission Européenne d’accélérer les importations des OGM et
de supprimer le droit des Etats de s’y opposer, et ceux de l’industrie de
s’approprier la biodiversité au détriment des droits des paysans et des peuples
?
Terminator bis
Sous prétexte de biosécurité (empêcher les contaminations de l’environnement),
le programme de recherche Transcontainer financé par l’Union Européenne met au
point de nouveaux OGM rendus clandestins par des gènes « suicides »
qui disparaîtront de la plante avant qu’elle ne soit vendue aux consommateurs,
ou des plantes « zombies » qui sont stériles si elles ne sont pas
arrosées par des produits chimiques brevetés.
et les « OGM » clandestins...
Alors que le brevet sur les variétés impose de rendre publique l’information
sur les méthodes de sélection utilisées, le Certificat d’Obtention Végétal
autorise à garder secrètes les techniques de modification génétique autres que
la trangénèse. Des plantes manipulées aux conséquences tout aussi hasardeuses
que les OGM sont ainsi vendues aux consommateurs qui n’en veulent pas. Par
exemple, mutations génétiques provoquées par radioactivité nucléaire, fusions
de cellules d’espèces différentes, nanoparticules…
sans oublier des SEMENCES CONTAMINEES !
L’industrie semencière fait de multiples pressions pour imposer un seuil de
contamination des semences. Or, en cas de culture massive d’OGM, toute
contamination des semences ne peut qu’augmenter au fur et à mesure des saisons
de culture. Accepter la moindre contamination des semences, c’est accepter
l’augmentation continue et irréversible de la contamination dans nos champs et
de nos aliments.
Au final, un BIOPIRATAGE LEGALISE...
Le Certificat d’Obtention Végétal (COV) permet de protéger le secret sur
l’origine des plantes qu’il protège. Ainsi, les variétés paysannes interdites
par le catalogue peuvent être « biopiratées » par l’industrie qui
peut prendre n’importe quelle graine dans un champ, déposer un COV dessus et
s’approprier ainsi un bien commun. Des connaissances traditionnelles sur les
vertus thérapeutiques et nutritionnelles des plantes sauvages sont déjà
« biopiratées » grâce au brevet sur le gène et sa fonction.
... grâce au FICHAGE GENETIQUE GENERALISE DU VIVANT
!
Alors que les promesses des thérapies géniques n’ont pas été tenues,
l’apport essentiel de la génétique interventionnelle chez l’homme est la
généralisation du fichage génétique qui renforce le contrôle des populations
par les gouvernements. Au niveau de la biodiversité, les OGM sont un échec
agronomique patent. Mais la génétique a apporté, avec les marqueurs
moléculaires, l’outil technique qui manquait à l’industrie pour généraliser le
fichage génétique des plantes et des animaux et retrouver dans les champs et
les fermes les gènes marqués de ses brevets ou COV : elle marque ainsi sa
propriété pour supprimer les droits collectifs des paysans sur leurs propres
semences et sur les animaux nés dans les fermes.
NOUS APPELONS LES GENS DES VILLES ET DES CHAMPS
A SE RASSEMBLER LE 27 OCTOBRE A PARIS
ET LE 28 OCTOBRE AU SOMMET DU GENE POUR :
DIRE NON :
- au programme Transcontainer,
- à la contamination des semences,
- au fichage génétique des hommes, des animaux et des plantes,
- à la légalisation du biopiratage, des « ogm » clandestins et de la
privatisation des plantes génétiquement fichées par le Certificat d’Obtention
Végétal,
- aux brevets et à tous les droits privés de propriété intellectuelle sur le
vivant
DEFENDRE LES DROITS COLLECTIFS DES PAYSANS, DES JARDINIERS ET DES
COMMUNAUTES :
- de conserver, ressemer, échanger et vendre les semences reproduites à la
ferme, - de protéger les variétés paysannes contre le biopiratage et les
contaminations par des gènes brevetés - de protéger leurs connaissances
traditionnelles contre le biopiratage
REAFFIRMER ENSEMBLE :
- que les semences et les animaux sont un bien commun inaliénable des
communautés paysannes qui les ont sélectionnés, cultivés et élevés
- que les savoir faire populaires sont un bien inaliénable des communautés qui
les ont élaborés, conservés et transmis
NOUS SOMMES CE QUE NOUS SEMONS,
SEMEURS VOLONTAIRES DE BIODIVERSITE
Nous appelons à soutenir et à organiser en France, en Europe et dans toutes les
parties du monde la conservation, le semis, les échanges, la diffusion et la
protection contre le biopiratage et les contaminations génétiques des semences
paysannes, de la biodiversité animale et des savoirs-faire traditionnels
interdits par les droits de propriété intellectuelle.
Organisations signataires :
Réseau Semences Paysannes, Confédération Paysanne, Amis de la Terre, Faucheurs
volontaires, Nature & Progrès, Fondation Sciences Citoyennes, Biocoop,
FNAB, SAN - Seeds Action Network, l’association pour le Droit à la Souveraineté
Alimentaire, Friends of the Earth Europe, FoE International, Ecological Society
of the Philippines, Institut pour des alternatives sociales et écologiques,
Réseaux citoyens de Saint-Etienne, Centro Internazionale Crocevia, Eco-Justice
Europe, Adéquations, Verdi Ambiente e Società, Green foundation, Edmonds
Intitute, Intelligence Verte, Minga, Women in Business Development Inc., Réseau
Cohérence, Aspro-Pnpp, l’association du marché biologique de Pau, Bretagne
commerce équitable nord-sud, CNOP Mali, Demeter France, UNAF, Agrisud
International, Le mouvement de culture bio-dynamique, les Amis de la Terre Midi
Pyrénées, Plataforma Transgènics Fora !, UNAB, Greenpeace, Red de Semillas
"Resembrando e Intercambiando", Les Amis de la Terre Haute Savoie, Llavors
d’aci, Collectif Anti-Ogm 31, Groupe de Recherche en Agriculture Biologique,
MDRGF, Centre d’information sur l’environnement, Réseau Sortir du Nucléaire,
Les Amis de la Terre Savoie, Bio Consom’acteurs, Forum Social Local 89, Ajupe,
COPAGEN-Guinée, Collectif anti-ogm 95-78, la Coordination Européenne Via
Campesina, Collectif Stop-Ogm 74, FRAB Bretagne, COAG, Kokopelli, Pro-Anima,
Les Amis de la Confédération paysanne, Combat-Monsanto, La terre en Héritage,
Attac, Loiret sans Ogm, Les petits pois sont rouges, Confédération paysanne du
Cher, Association Cyplien, Les Verts, RESOCI (REseau SOlidaire et CItoyen), Les
Lapereaux des Thermopyles (AMAP), Collectif 43 sans Ogm, Agir pour
l’environnement, Maison de l’écologie, Alterconsos 94, Association des
Jardiniers de Tournefeuille, OGM dangers, Cyber @cteurs, Collectif anti Ogm
Sambre Avesnois, Collectif Réflexion sur les OGM, Parti humaniste Rhône Alpes,
EURAFRICA, Fédération Départementale Corrèze environnement, Observatorio sobre
Biodiversidad Agricola (OBA), Red Andaluza de Semillas « Cultivando
Biodiversidad », Le cabas-bio, Nouvelle Afrique, AID (Association Initiatives
Dionysiennes), Le début des haricots, Résistances, Les Lundis de Saint-Ferréol,
Alternatives Contemporaines agro-sylvo-énergétique et humani-terre, Grain
d’EnVie, Interrégionale Grand Ouest sans ogm, association Sahan Saho,
Association des Jeunes pour la lutte contre le Sida et la Pauvreté, Réseau des
AMAP d’Ile de France, Semences Poëtiques, LIANE, Les Amis de la Terre Nord,
MATEA (Mouvement Altermondialiste Toulouse Et Agglomération), Jardins du
Comminges/AFIDEL, Confédération paysanne de l’Ariège, Vigilance OGM 36,
Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain-Sénégal, Le
Mouvement pour une Alternative Non-violente, Adéquations, Association Cyplien,
Collectif d’actions contre l’AGCS, Biosphäre, Le sens de l’humus, Collectif
1384, des faucheurs volontaires de l’Aude, association en visages, GAB Meurthe
et Moselle, Code animal, ANPI Chanac-La Nojarède Lozère, Jeunes sans gène,
Europ-Act, Baill’Arts, AMAP de la Goutte d’Or, Maisons paysannes de Lozère,
Fondation pour une terre humaine, A-Bielefeld, Collectif Unitaire Paris 20e
pour une Alternative au Libéralisme, l’université nomade, BEDE (Biodiversité
Echanges et Diffusions d’Expériences), Les Amis de la Terre des Landes, Ecolo
Info, Relais Planète Solidaire, AMAP Père Lachaise, MAI (Mouvement pour la
convergence des alternatives à la globalisation et la sortie du productivisme),
ARPE, Blog Centpourcentnaturel Ce texte est un premier appel pour préparer une
mobilisation. Il pourra évoluer pour devenir un appel définitif aux diverses
actions, puis une déclaration à l’intention des autorités et du public.
Pour plus d’information
http://semonslabiodiversite.org/spip.php?article1

Mon avis
Evidemment notre Blog Centpourcentnaturel est signataire de l’appel aux
côtés de 165 autres organisations et 2016 particuliers.
Ce sujet important, lancé en fin d'année dernière mérite d'être appuyé.
N'hésitez pas à signer l'appel que vous trouverez sur le site http://semonslabiodiversite.org/spip.php?article1

photo aussiegall


