L’Antarctique se réchauffe lui aussi
Par Gilles Héluin le mardi 3 février 2009, 06:20 - Ecologie - Lien permanent
Un étude publiée par la revue Nature montre que la température moyenne sur l’ensemble du continent s’est élevée de près de 0,6° depuis 50 ans. Les scientifiques estiment que ce réchauffement peut être attribué aux gaz à effets de serre dus à l’activité humaine. Ces résultats remettent en cause la thèse d’un refroidissement de l’Antarctique qui prévalait jusqu’alors.

Cette publication indique que si certaines parties du continent se sont légèrement refroidies durant ces dernières décennies, sa température moyenne a augmenté depuis 50 ans.
En effectuant un recoupement entre les mesures terrestres et les observations satellites, les scientifiques ont découvert que la température de la partie Ouest du continent s’était élevée de 0,17° par décennie depuis 1957.
La plupart des stations d’observations, qui sont localisées le long de la péninsule Antarctique, avaient mesuré le réchauffement de cette région depuis des années. Mais on manquait jusqu’à présent de données sur la partie centrale du continent.
« Nous n’avions aucune idée sur ce qui se passait là, » indique le professeur Eric Steig, de l’université Washington à Seattle, qui a dirigé cette recherche.
Le réchauffement de la région Ouest contrebalance largement le refroidissement constaté à l’Est. ce qui fait que pour l’ensemble de l’Antarctique, la température s’est élevée en moyenne de 0,12° durant cette période 1.
Le rapport du GIEC publié en 2007 considérait que l’Antarctique était préservé de la tendance au réchauffement constatée mondialement.
Gareth Marshall, un scientifique du British Antactic Survey, déclare que cette « étude montre que ce réchauffement est semblable à celui de l’hémisphère sud, où nous estimons que l’activité humaine a joué un certain rôle dans l’élévation des températures et qu’il est donc vraisemblable que cela soit le cas en ce qui concerne le réchauffement de l’Antarctique. »
M. Marshall précise que la différence observée entre les régions Ouest et Est pourrait en partie être attribuée au trou de la couche d’ozone, qui provoque un renforcement des vents induisant des températures inférieures à l’Est.
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