Encore une péripétie pour le Clémenceau
Par Gilles Héluin le samedi 17 janvier 2009, 06:55 - Pollution - Lien permanent
Le démantèlement du porte avion "Le Clémenceau" n’est pas pour tout de suite…
Peut être vous souvenez-vous qu’après sa dernière opération en 1997, le porte avion français devait être démantelé en Espagne, qu’il avait été acheminé illégalement vers la Turquie et, du coup récupéré par la France.
Son départ vers l’Inde avait ensuite été bloqué près de trois ans par une action juridique de 4 associations dont Greenpeace qui jugeaient dangereux l’acheminement de ce navire contenant 1000 tonnes d’amiante.
Fin 2005, le voyage vers l’inde débutait pour finalement tourner court face au refus Indien de recevoir le navire. Retour à Brest en mai 2006.
Au total un périple de 18000 km !

La coque de l’ex Clémenceau en 1994.
Nous apprenions en 2008 le projet de traiter le navire en Grande Bretagne. En fin d’année, les autorités britaniques demandaient que soit entrepris un nettoyage de la coque du bateau car "une algue asiatique, la laminaria japonica, et un mollusque originaire d'Amérique du nord, la crépidule, ont été découverts sur le fond de la coque »
Conséquence: la Marine a dû envoyer des plongeurs sous la coque pour la débarrasser de ses impuretés. Mais en "grattant" ainsi les vieilles peintures sur plus de 250 mètres, les plongeurs ont également envoyé au fond de l'eau déchets en tous genres et résidus polluants. Interrogé sur les raisons pour lesquelles le bateau n'avait pas été mis sur cale pour cette opération, le ministère répond qu'"il n'existe pas à Brest de cale permettant de recevoir le Clemenceau".

Le grattage de la coque de l’ex Clémenceau
Selon AE2D (Agir pour l'environnement et le développement durable): « Ce grattage est inacceptable. Ce sont plusieurs kilos ou dizaines de kilos de peinture au tributyl étain (TBT) qui vont venir se déposer sur le fond ».
Pour l’association Robin des Bois, pourtant grand supporter du dossier porté par la Marine, il faut comparer la qualité de l’eau et des boues de la zone d’amarrage du bateau, avant et après cette opération de nettoyage. La Marine est connue pour avoir utilisé par le passé des peintures antifouling aussi radicales que polluantes. « Il faut vérifier l’impact de cette opération de dernière minute. Si les analyses ne sont pas satisfaisantes, il faut espérer que la Marine se donne les moyens de draguer la zone polluée ».
Nous apprenions le 12 janvier que l'association AE2D entend déposer plainte pour pollution de la rade.
Le transfert, par remorquage, du navire vers l'Angleterre devrait donc intervenir, au plus tôt, vers le 25 janvier.
Mon avis
Une affligeante succession de bricolages…


