Agir pour l’environnement et ses partenaires lancent la campagne « TcherMobile ? »

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Pourquoi cette campagne ?

La téléphonie mobile est sans doute l’innovation technologique qui a connu le développement le plus rapide. En dix ans, elle s’est imposée dans notre environnement quotidien. Avec une centaine de milliers d’antennes-relais permettant de relier 55 millions de portables, nul ne se trouve aujourd’hui à l’abri de son développement.

Comme toujours, lorsque de grands intérêts économiques sont en jeu et rejoignent des intérêts d’État, les effets sanitaires sont ignorés, la progression de la connaissance scientifique est freinée, les résultats gênants sont minimisés voire cachés. Pourtant, ces dernières années, l’accumulation de résultats préoccupants n’a pu être totalement tue. Les appels de scientifiques se sont multipliés pour exiger l’application du principe de précaution afin d’éviter un scandale sanitaire, eu égard à la taille de la population concernée. Face à ces appels, force est de noter l’inaction gouvernementale qui laisse se développer l’ensemble de ces applications sans le moindre encadrement réglementaire sérieux qu’il s’agisse des antennes relais, des téléphones portables, notamment pour les plus jeunes, et désormais l’installation des « box » recourant aux ondes WiFi.

Le secteur du mobile a su organiser son irresponsabilité grâce à l’appui d’un personnel politique sous l’influence d’une certaine idéologie du « sans fil ». Un quartet d’experts à l’indépendance douteuse s’est donné pour mission de rassurer politiques et usagers, quoi qu’il en coûte en termes d’impact sanitaire. Cependant, à côté des plaintes de plus en plus nombreuses des riverains exposés, qui souffrent au quotidien des rayonnements des antennes, on observe une prise de conscience d’un nombre de plus en plus important d’utilisateurs de portables. Le dossier de la téléphonie mobile s’impose ainsi, envers et contre tout, au cœur des questions de santé publique.

Il est grand temps de le traiter comme tel car la consommation de portable est en passe de devenir un rituel initiatique nécessaire au passage à l’âge adulte. Le portable n’est plus seulement une technologie permettant la transmission de données vocales ou numériques mais un outil socialisant sans lequel l’adolescent a le sentiment de se marginaliser de sa communauté. L’importance prise par cet outil exige dès maintenant des mesures de gestion de risques afin de réduire les temps et les valeurs d’exposition à ces champs électromagnétiques dont tout indique qu’ils peuvent nuire gravement à la santé. Ces mesures sont d’autant plus urgentes que le développement actuel du « WiFi », dans les appartements mais aussi dans les écoles, dans les collèges, lycées ou bibliothèques… vient encore augmenter l’exposition chronique des individus aux hyperfréquences. Plus que jamais, il est nécessaire d’encadrer une technologie mobile, promotrice d’effets délétères sur la santé.

Demandes et cibles

Face aux inquiétudes nées d’un développement sans contrainte réelle de la téléphonie mobile, nous demandons au ministère de la Santé, au Ministre de l’Éduction nationale et au Ministre de l’Écologie de bien vouloir agir avec la plus grande célérité afin d’appliquer le principe de précaution dans un domaine où l’incertitude a conduit, depuis plus d’une décennie, les riverains d’antennes et utilisateurs de portables à être exposés à des champs électromagnétiques aux conséquences sanitaires délétères. Afin d’appliquer enfin le principe de précaution, nous demandons :

- Interdire la commercialisation et la promotion des portables explicitement destinés aux enfants
- Lancer des campagnes d’information et d’éducation afin de favoriser un usage raisonné du portable
- Privilégier les réseaux câblés dans les écoles, collèges, lycées, crèches et bibliothèques
- Réduire l’exposition chronique aux champs électromagnétiques des antennes relais à 0,6 volt/mètre
- Imposer la procédure du permis de construire pour toute nouvelle installation d’antenne relais
- Lancer une grande enquête épidémiologique sur les riverains d’antennes relais
- Adopter un statut protecteur pour les experts scientifiques et les lanceurs d’alerte

Des résultats scientifiques préoccupants

La traditionnelle opposition entre les effets délétères des rayonnements ionisants et l’innocuité des rayonnements non ionisants en deçà des effets thermiques est aujourd’hui battue en brèche. Un certain nombre de recherches montrent que les ondes électromagnétiques non ionisantes utilisées par la téléphonie mobile ont le pouvoir de casser des brins d’ADN, renforçant la thèse de leurs effets potentiellement cancérigènes.

Ces effets se trouvent d’ailleurs statistiquement confirmés par les résultats des enquêtes épidémiologiques, notamment par celles qui ont été menées dans le cadre d’Interphone, grand programme épidémiologique, coordonné par le Centre international de recherche sur le cancer sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé. Il ressort clairement des résultats réalisés dans le cadre de ce programme et aujourd’hui publiés qu’au delà de dix ans d’utilisation d’un portable, on observe une augmentation statistiquement significative (située entre 2,5 et 3,5, selon les études) des tumeurs de la tête telles que les gliomes, les neurinomes de l’acoustique ou encore les tumeurs de la glande parotide. La cohérence entre les résultats des recherches menées en laboratoire et ceux qui ressortent des enquêtes épidémiologiques constituent aujourd’hui un faisceau de preuves suffisantes pour justifier une action de santé publique vigoureuse et rendent insupportable le silence gouvernemental.

10 façons de réduire son exposition aux champs électromagnétiques

1 Limiter le plus possible les conversations téléphoniques passées avec le mobile
2 Éteindre totalement son portable lorsqu'il n'est pas utilisé
3 Choisir un portable avec un DAS le plus faible possible (exprimé en W/cm²)
4 Privilégier les lignes filaires notamment dans les zones fermées
5 Eloigner le portable de la boîte crânienne et privilégier l’usage du kit-oreillette ou du haut-parleur 6 En réception ou à l’émission d’un appel, éloigner le plus possible le portable qui émet, durant quelques secondes, au maximum de sa puissance pour trouver la station de base la plus proche
7 Ne pas téléphoner en mouvement car le portable cherche régulièrement l’antenne la plus proche
8 Ne pas téléphoner en conduisant, action promotrice d’inattention et augmentant l’exposition par effet de résonance du signal GSM
9 Éteindre le WiFi de sa « box »
10 Éviter de téléphoner dans une zone où les conditions d’émission-réception sont mauvaises

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Pour plus d’information

Voir le site d’Agir pour l’Environnement : http://www.agirpourlenvironnement.org/campagnes/c29.htm

Télécharger le 4 pages de la campagne : http://www.agirpourlenvironnement.org/pdf/c29.pdf