L’exploitant de carrières Aubron-Méchineau, implanté à Gorges, en Loire-Atlantique, souhaite réutiliser des déchets faiblement radioactifs pour en faire des terrassements routiers.

open_road.jpg

De 1953 à 1991, l'uranium a été exploité par la Cogema dans le site du « Chardon ».
Les matériaux suffisamment chargés en uranium étaient utilisés, le reste était stocké sur place.
C'est ce stock (1,76 million de tonnes de « stériles faiblement radioactifs») que l'entreprise demande à pouvoir réutiliser pour la construction de routes, en sous-couche, avec une couverture de 30 cm..
Cette demande a fait l'objet d'une enquête publique qui s’est clos le 13 décembre.

pramo_carretera_mrida-barinas.jpg

Le président de la CRIIRAD a déposé son avis très clair et documenté :

Extrêmement dangereux
Si on laisse faire, c'est une brèche dans laquelle tous vont vouloir s'engouffrer. Des déchets de ce type, il y en a plus de 160 millions de tonnes en France ! Leur réutilisation est naturellement un enjeu national.
On ne lâchera pas. » Roland Desbordes, le président de la CRIIRAD, a donc déposé une douzaine de pages de réactions au dossier d'enquête publique. Des particuliers ont également réagi, noircissant plusieurs pages du registre, ainsi que l’association Moine et Sèvre et les Verts.
Nous sommes prêts à aller devant le tribunal administratif, affirme Roland Desbordes. Il est impensable de disperser ces déchets dans la nature. La réglementation impose de les mettre en fûts dans une décharge spécialisée.
Nous, nous demandons qu'ils soient conservés sur le site et surveillés.

Qui est contre la réutilisation de ces déchets ?
Les Verts, l'association Moine et Sèvre et la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) sont notamment montés au créneau. L'association Moine et Sèvre connaît bien ce domaine pour s'être penchée, depuis 1991, sur le devenir du site de l'Ecarpière, grande carrière d'uranium à Gétigné. C'est elle qui a sollicité la CRIIRAD.
Pour Moine et Sèvre, les choses sont claires :

Il y a suffisamment de radioactivité naturelle dans le secteur, pas la peine d'en rajouter. Creuser dans cette colline de stériles va libérer des poussières et des particules qui pourront être ingérées par les populations qui vivent à proximité.

Pour plus d’information

Voir les articles de Ouest France :
http://www.ouest-france.fr/2008/12/05/loire-atlantique/Gorges-les-roches-steriles-sont-a-la-Racine--55022577.html
http://www.ouest-france.fr/actu/actu_PdlL_-Reutiliser-des-dechets-radioactifs-ca-coince-_8620-771278_actu.Htm

Mon avis

Un dossier extrêmement important vu l'énorme quantité de déchets d'extraction de l'uranium qui pose des problèmes de gestion. Avec dans le même genre, la question de l'avenir des matériaux qui seront issus du démantèlement des centrales et installations nucléaires...