Lignes Haute tension : une victoire judiciaire
Par Gilles Héluin le samedi 6 décembre 2008, 06:20 - Energie - Lien permanent
Leurs vaches avortaient sous les lignes. Des éleveurs ont obtenu
près de 400 000 €.

RTE, c'est l'entreprise publique qui gère les lignes électriques, en France.
Dont celle qui coure le long des 30 hectares de l'élevage Marcouyoux. Une ligne
à très haute tension (THT), soit plus de 400 000 volts. Les vaches et les
cochons du groupement familial en étaient malades, plaident Michel Marcouyoux,
sa femme et son fils, depuis une quinzaine d'années.
Le jugement reconnaît qu'ils ont subi un préjudice. Et l'explique :
« La maternité porcine a été arrêtée en raison d'un taux de
natalité anormalement bas et d'un taux de mortalité infantile élevé » ;
« le hangar de stabulation accueille des génisses chétives souffrant pour
partie d'hémorragies ou d'avortements inexpliqués » ; « 10 % du lait
est perdu » en raison de maladies subies par les
vaches...
Les agriculteurs ont laissé tomber l'élevage porcin. Et ils ont reconstruit
la ferme un kilomètre plus loin, pour s'écarter de la ligne THT. Un préjudice
qui sera donc indemnisé. À moins que RTE ne gagne la deuxième
manche...
Car il va faire appel, bien sûr. Pas question de laisser se créer un
précédent qui aiguiserait l'appétit d'un paquet d'éleveurs.
« C'est la première fois qu'un juge judiciaire se prononce
contre RTE, mais toutes les procédures devant les juridictions administratives
ont toujours été rejetées », déclare un cadre du Sud-Ouest de RTE qui
ajoute: « Les nombreuses études scientifiques indépendantes menées
depuis trente ans n'ont pas dévoilé l'existence d'un risque pour la santé à une
exposition aux champs électromagnétiques (des lignes THT) ». L'avocat
des Marcouyoux ne l'entend pas de cette oreille : « La
justice a directement établi un lien entre cette ligne électrique et les
pathologies des animaux. »
Mon avis
C’est un précédent particulièrement important vis à vis du projet de nouvelle ligne très haute tension qui, en 2012 ou 2013, elle doit relier la nouvelle centrale nucléaire de Flamanville (Manche) au Maine-et-Loire en passant par l'Ille et Vilaine et la Mayenne.
Pour plus d’information
Lisez l’article
sur Ouest France



