L'autorisation d'emploi du Cruiser bientôt renouvelée ?
Par Gilles Héluin le dimanche 7 décembre 2008, 06:46 - Les produits dangereux - Lien permanent
Le Cruiser, insecticide utilisé principalement pour la culture du maïs, a
reçu en janvier 2008 une autorisation de mise sur le marché de la part du
ministère de l'Agriculture pour une durée d'un an.
Le dossier doit être réexaminé dans les jours prochains par le ministre de
l'Agriculture, Michel Barnier...
La reconduction de l'autorisation va-t-elle être donnée ?

Le site Syngenta :
plus de pesticide pour plus d'argent ?
Selon France Nature Environnement
Le Cruiser est un insecticide toxique pour le système nerveux humain et comportant des risques majeurs pour les abeilles. Il est utilisé en enrobage de semences de maïs depuis janvier 2008 en France. Ce produit est classé "dangereux pour l’environnement" et officiellement reconnu "dangereux pour la qualité de l’eau, très toxique pour les organismes aquatiques, dangereux pour les abeilles, pour les oiseaux et pour les mammifères sauvages". L’AFSSA Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, a reconnu les risques de ce produit pour les abeilles, et demandé de nombreuses contraintes d’utilisation (faible densité de semis, utilisation une année sur trois, etc.). En réalité, ces contraintes sont non seulement difficilement applicables mais surtout très difficilement contrôlables.
Ces dernières années, de fortes chutes des effectifs de pollinisateurs ont
été constatées partout dans le monde. FNE rappelle que la survie et
l’évolution de plus de 80% des espèces végétales dépendent directement de la
pollinisation par les insectes et notamment par les différentes
espèces d’abeilles (plus de 1000 espèces en France en comptant les espèces
domestiques). En effet, sans abeilles, nous n’aurons plus de fruits, plus de
légumes, plus de fleurs, plus de biodiversité dans nos campagnes, sans oublier
que les effets visibles sur les abeilles sont souvent indicateurs d’effets
invisibles mais néfastes sur le système nerveux et la fertilité de
l'homme.
Dans les pays industrialisés comme la France, ces populations de pollinisateurs sont en déclin et de nombreuses espèces sont menacées. En effet, l’élimination de leurs sites de nidification (disparition des haies et remembrements, urbanisation...), la raréfaction des plantes qui leur fournissent nectar et pollen (liée à la monoculture et l'utilisation d'herbicides) ainsi que les épandages de pesticides sont autant de facteurs qui contribuent à éliminer ces pollinisateurs.
Des manifestations ont eu lieu le 3 décembre 2008
Des apiculteurs et associations de défense de l'environnement ont manifesté mercredi 3 décembre 2008 dans plusieurs villes lors d'une journée d'action nationale pour demander l'interdiction du pesticide Cruiser, jugé dangereux pour les abeilles et la biodiversité. Une quarantaine d'apiculteurs se sont rassemblés à Paris, avec des ruches vides et des banderoles, près du ministère de l'Agriculture, où une délégation a été reçue. D'autres rassemblements ont réuni une centaine d'apiculteurs de Midi-Pyrénées à Toulouse et une centaine d'autres venus du Poitou-Charentes, des Pays de la Loire et de Bretagne à Nantes, alors qu'ils étaient moins d'une cinquantaine à Lyon.

Pour plus d’information
Voir l’avis de l’AFSSA :
www.afssa.fr/Documents/DIVE2007ha3845.pdf
www.afssa.fr/Documents/DIVE2007sa0393.pdf
Lire le communiqué de FNE
Une cyber-action pour demander au Ministre de ne pas renouveler l’autorisation du pesticide Cruiser est accessible ici.



Commentaires
Voici le témoignage d'un gars du Finistère qui possède des ruches et s'inquiète à juste titre :
« Bonjour à tous,
En Finistère, en plus des abeilles, je m'occupe d'une situation particulière, en lien probable avec les pollinisateurs et qui m'a été transmise par un membre de ma famille (on le nommera JL) relative à une mortalité complète de six à sept nichées d'hirondelles de cheminée (soit une trentaine d'hirondelles) dans une longère squatée depuis de nombreuses années par ces oiseaux.
En effet, en lien avec la LPO départementale, je conduis la recherche de responsabilité de ces mortalités spécifiques de consommateurs d'insectes (parmi lesquels des pollinisateurs).
Mes recherches m'ont déjà conduit à faire les observations suivantes :
- Les jeunes hirondelles (comme les adultes) sont mortes à un stade de développement quasi matures, c'est à dire à une période se situant début aout.
- JL, chasseur depuis très longtemps dans ce secteur qu'il connaît bien, m'a signalé que ce qui avait changé dans l'environnement de cette longère, c'est l'emblavement, depuis cette année, de cinq hectares de maïs en remplacement de prairies.
- Ceci étant, quand l'on sait que le maïs fleurit début aout, que les pollinisateurs à cette période n'ont pas vraiment de choix en pollen et récoltent bien celui de maïs (même si celui-ci n'est pas très nourrissant), je me suis donc tourné vers les services de l'État pour connaître (comme il avait été promis aux apiculteurs) les surfaces et gisement de cultures "CRUISER" implantées localement.
- Ni la mairie de la commune concernée, ni la DDAF, ni le Service Régional de Protection des Végétaux "SRPV" ne peut, à l'heure où j'écris, me fournir ces éléments qui ne leurs sont pas parvenus.
- À qui donc est-il possible de s'adresser ?
- Et c'est donc là qu'est le vrai problème, quand on sait les précautions et mesures strictes de suivi qui étaient prévues pour ces cultures, nous avons toutes les raisons d'être inquiets pour nos ruches quant à une prolongation d'une autorisation de l'utilisation de "CRUISER" si le "secret" continue à être bien gardé......!
Bonne jounée à tous,
Denis J. »