A Poznan, en Pologne, se tient une conférence internationale sur le climat, qui réunit les représentants de 190 pays jusqu'au 12 décembre.

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Cette conférence est destinée à préparer le futur traité qui prendra la suite de celui de Kyoto qui a fixé en 1997 les engagements de réduction (des émissions de gaz à effet de serre) des pays industrialisés et expirera le 31 décembre 2012.
Il faut donc qu'un nouveau traité soit opérationnel dès le début 2013. Mais compte tenu du délai de ratification par les parlements des différents pays, il faut que le texte soit bouclé au plus tard en 2010.

La crise économique fera-t-elle passer au second plan les préoccupations sur les enjeux environnementaux de la crise climatique ?
Certains analystes le craignent car les bénéfices de la lutte contre les effets de la crise climatique ne peuvent se sentir qu’à moyen/long terme, alors que le coût induit par cette lutte est à payer immédiatement. Ce n’est pas forcément facile à faire accepter à l’opinion dans le contexte économique actuel.

Et pourtant, objectivement, il n'y a pas de raison de remettre en cause les politiques climatiques en raison de la crise. Le prétexte de la crise est utilisé par des gens qui s'y opposaient déjà. Il y a énormément d'emplois à créer du fait des politiques climatiques, principalement dans l'isolation des bâtiments, mais aussi dans les transports en commun et dans les énergies renouvelables.

Le changement de présidence aux USA peut faire évoluer les choses.
Il y a un changement radical de la position du gouvernement des Etats-Unis. Et il y a aussi une évolution, plus progressive, de la position du Sénat des Etats-Unis. Or c'est le Sénat qui doit ratifier les traités internationaux, et jusqu'à présent, le Sénat était très opposé aux politiques de type protocole de Kyoto. On peut espérer que cela change.

Rajendra Pachauri, président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), a mis en garde lundi contre les conséquences d'un échec, évoquant le spectre d'une extinction de près d'un tiers des espèces, d'une élévation de plusieurs mètres du niveau des océans et d'une pénurie d'eau croissante pour des millions de personnes. Pour éviter de telles catastrophes, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et d'autres GES devront être stabilisées à l'horizon 2015 et ensuite baisser fortement, a-t-il souligné.

"Nous sommes tous préoccupés par la crise financière", a déclaré lundi à Poznan le Premier ministre polonais Donald Tusk, dont le pays va présider les négociations sur le climat durant l'année à venir. "Mais nous devons comprendre que les crises financières se sont produites par le passé et se produiront à l'avenir" et que "notre travail pour l'environnement doit être intemporel".

Selon Greenpeace

« Pour éviter le coût insupportable d’un dérèglement du climat incontrôlé, la communauté internationale doit sortir de sa dépendance aux énergies fossiles et mettre fin à la destruction des forêts, déclare depuis Poznan Jérôme Frignet, chargé de la campagne Forêts de Greenpeace France. L’heure est grave et malgré cela, la communauté internationale manque de leadership dans ces négociations. Bon nombre de gouvernements n’ont apparemment toujours pas saisi l’urgence de la crise. Il faut amorcer un virage, ici, et maintenant ! »

« Nous sommes à mi-parcours d’un processus de deux ans qui doit aboutir à un accord international qui laisserait une chance à notre planète. Pour l’instant les égoïsmes nationaux ont nourri des discussions stériles, des désaccords récurrents, des résistances injustifiables, sans permettre les avancées nécessaires dans ces négociations, affirme Karine Gavand, chargée de la campagne Climat de Greenpeace France. Il est temps pour les gouvernements de prendre leurs responsabilités. La crise financière et économique ne doit pas servir de prétexte à l’inaction. Que pèse-t-elle au regard des 5 à 20 % du PIB mondial que va nous coûter chaque année l’adaptation au dérèglement du climat ? »

À Poznan, les gouvernements doivent s’accorder sur :
- Une « vision partagée du climat », qui intègre ce que la science exige, c’est-à-dire que les émissions mondiales de gaz à effet de serre, aujourd’hui en constante augmentation, commencent à décroître au plus tard à partir de 2015 ;
- Un projet de texte pour le futur accord international, qui permettra le démarrage des négociations en mars 2009 ;
- Un plan de travail détaillé susceptible d’aboutir à la conclusion d’un accord international à la Conférence des Nations unies de Copenhague, en décembre 2009. Enfin les pays industrialisés doivent s’engager sur des objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre situés dans le haut de la fourchette des recommandations du Giec, soit de 25 à 40 % d’ici à 2020.

Pour plus d’informations

Voyez les échanges avec Philippe Quirion, économiste au Centre international de recherches sur l'environnement et le développement (Cired), sur Le Monde .fr

Mon avis

Les déclarations d’intention allant dans le bon sens seront-elles suivies d’effet ?
La communauté internationale sera-t-elle prendre des décisions et mettre en place des mesures assez rapidement et de manière suffisamment contraignante pour que les acteurs mondiaux du réchauffement climatique changent d’attitude et nous évitent la catastrophe annoncée par beaucoup ?
Souhaitons le…

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