Conférence climatique à Poznan
Par Gilles Héluin le vendredi 5 décembre 2008, 07:09 - Evènements - Lien permanent
A Poznan, en Pologne, se tient une conférence internationale sur le climat,
qui réunit les représentants de 190 pays jusqu'au 12 décembre.

Cette conférence est destinée à préparer le futur traité qui prendra la
suite de celui de Kyoto qui a fixé en 1997 les engagements de réduction (des
émissions de gaz à effet de serre) des pays industrialisés et expirera le 31
décembre 2012.
Il faut donc qu'un nouveau traité soit opérationnel dès le début 2013. Mais
compte tenu du délai de ratification par les parlements des différents pays, il
faut que le texte soit bouclé au plus tard en 2010.
La crise économique fera-t-elle passer au second plan les
préoccupations sur les enjeux environnementaux de la crise climatique
?
Certains analystes le craignent car les bénéfices de la lutte contre les effets
de la crise climatique ne peuvent se sentir qu’à moyen/long terme, alors que le
coût induit par cette lutte est à payer immédiatement. Ce n’est pas forcément
facile à faire accepter à l’opinion dans le contexte économique
actuel.
Et pourtant, objectivement, il n'y a pas de raison de remettre en cause les
politiques climatiques en raison de la crise. Le prétexte de la crise est
utilisé par des gens qui s'y opposaient déjà. Il y a énormément d'emplois à
créer du fait des politiques climatiques, principalement dans l'isolation des
bâtiments, mais aussi dans les transports en commun et dans les énergies
renouvelables.
Le changement de présidence aux USA peut faire évoluer les
choses.
Il y a un changement radical de la position du gouvernement des Etats-Unis. Et
il y a aussi une évolution, plus progressive, de la position du Sénat des
Etats-Unis. Or c'est le Sénat qui doit ratifier les traités internationaux, et
jusqu'à présent, le Sénat était très opposé aux politiques de type protocole de
Kyoto. On peut espérer que cela change.
Rajendra Pachauri, président du Groupe d'experts intergouvernemental sur
l'évolution du climat (GIEC), a mis en garde lundi contre les conséquences d'un
échec, évoquant le spectre d'une extinction de près d'un tiers des espèces,
d'une élévation de plusieurs mètres du niveau des océans et d'une pénurie d'eau
croissante pour des millions de personnes. Pour éviter de telles catastrophes,
les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et d'autres GES devront être
stabilisées à l'horizon 2015 et ensuite baisser fortement, a-t-il
souligné.
"Nous sommes tous préoccupés par la crise financière", a déclaré lundi à
Poznan le Premier ministre polonais Donald Tusk, dont le pays va présider les
négociations sur le climat durant l'année à venir. "Mais nous devons comprendre
que les crises financières se sont produites par le passé et se produiront à
l'avenir" et que "notre travail pour l'environnement doit être
intemporel".
Selon Greenpeace
« Pour éviter le coût insupportable d’un dérèglement du climat incontrôlé, la communauté internationale doit sortir de sa dépendance aux énergies fossiles et mettre fin à la destruction des forêts, déclare depuis Poznan Jérôme Frignet, chargé de la campagne Forêts de Greenpeace France. L’heure est grave et malgré cela, la communauté internationale manque de leadership dans ces négociations. Bon nombre de gouvernements n’ont apparemment toujours pas saisi l’urgence de la crise. Il faut amorcer un virage, ici, et maintenant ! »
« Nous sommes à mi-parcours d’un processus de deux ans qui doit aboutir à un accord international qui laisserait une chance à notre planète. Pour l’instant les égoïsmes nationaux ont nourri des discussions stériles, des désaccords récurrents, des résistances injustifiables, sans permettre les avancées nécessaires dans ces négociations, affirme Karine Gavand, chargée de la campagne Climat de Greenpeace France. Il est temps pour les gouvernements de prendre leurs responsabilités. La crise financière et économique ne doit pas servir de prétexte à l’inaction. Que pèse-t-elle au regard des 5 à 20 % du PIB mondial que va nous coûter chaque année l’adaptation au dérèglement du climat ? »
À Poznan, les gouvernements doivent s’accorder sur :
- Une « vision partagée du climat », qui intègre ce que la science exige,
c’est-à-dire que les émissions mondiales de gaz à effet de serre, aujourd’hui
en constante augmentation, commencent à décroître au plus tard à partir de
2015 ;
- Un projet de texte pour le futur accord international, qui permettra le
démarrage des négociations en mars 2009 ;
- Un plan de travail détaillé susceptible d’aboutir à la conclusion d’un accord
international à la Conférence des Nations unies de Copenhague, en décembre
2009. Enfin les pays industrialisés doivent s’engager sur des objectifs de
réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre situés dans le haut de la
fourchette des recommandations du Giec, soit de 25 à 40 % d’ici à
2020.
Pour plus d’informations
Voyez les échanges avec Philippe Quirion, économiste au Centre international de recherches sur l'environnement et le développement (Cired), sur Le Monde .fr
Mon avis
Les déclarations d’intention allant dans le bon sens seront-elles suivies
d’effet ?
La communauté internationale sera-t-elle prendre des décisions et mettre en
place des mesures assez rapidement et de manière suffisamment contraignante
pour que les acteurs mondiaux du réchauffement climatique changent d’attitude
et nous évitent la catastrophe annoncée par beaucoup ?
Souhaitons le…



