Selon une dépêche AFP hier mercredi 3 décembre 2008 :

Le premier réacteur français de troisième génération construit par EDF à Flamanville devrait être plus coûteux que prévu, un nouveau coup dur pour ce projet phare de la filière nucléaire hexagonale qui rencontre déjà des difficultés sur un chantier similaire en Finlande. La facture de l'EPR de Flamanville (Manche) devrait atteindre 4 milliards d'euros contre 3,3 milliards prévus en 2005, soit un surcoût de plus de 20%, ont indiqué mercredi à l'AFP des sources proches du dossier, confirmant des informations de presse.
Un surcoût dû pour près de moitié à l'inflation, notamment à la hausse des matières premières utilisées, d'après la même source. S'y ajoutent des "ajustements de coûts techniques et réglementaires" et des "provisions pour aléas", notamment le retard pris dans le creusement du tunnel d'évacuation des eaux de refroidissement du réacteur.
Le réseau associatif Sortir du nucléaire a immédiatement accusé EDF d'avoir "menti" pour remporter le chantier. Au vu du surcoût, "la décision de construire l'EPR peut encore être annulée", a-t-il fait valoir. L'EPR est destiné à prendre le relais de certains des 58 réacteurs français mis en service pour l'essentiel dans les années 1980.

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Le chantier de l'EPR à Flamanville

Le prix de l'autre EPR actuellement en chantier dans le monde, celui d'Olkiluoto en Finlande, construit par le groupe français Areva qui se dispute le marché avec EDF, pourrait lui aussi s'envoler: il atteindrait 4,5 milliards, au lieu des 3 milliards initialement prévus, affirmait récemment Les Echos. Problèmes de qualité du béton et des conduits de refroidissement, multiplication des documents à fournir aux contrôleurs: les difficultés sont telles que sa mise en service, prévue intialement pour mi-2009, n'interviendra pas avant 2012.

Dans ce contexte, le démarrage du réacteur de Flamanville, fixé à 2012, est l'objet de rumeurs récurrentes: Le Canard Enchaîné évoquait fin août "au moins neuf mois de retard", et Les Echos, en octobre, "plus d'un an". Chez Areva, on répète régulièrement que la construction des premiers réacteurs EPR s'accompagnent nécessairement, comme tout projet de cette envergure, de nombre d'aléas.

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30 activistes de Greenpeace bloquent le chantier de l'EPR à Flamanville

Qui paiera la note ?
Le coût de l’électricité produite à Flamanville pourrait passer à 55 euros le mégawatt/heure (MWh), au lieu de 46 euros le MWh.
Un prix à comparer avec le coût estimé de la production d’électricité à partir du gaz ou du charbon, estimé par EDF à 50-60 euros le MWh.

Le futur prix de production s’éloigne de plus en plus du prix actuel, autour de 37 euros le MWh.
Dès lors, EDF qui vend son électricité entre 39 et 50 euros le MWh, voit sa rentabilité de plus en plus menacée (d’autant qu’il lui faudra rénover le parc de centrales actuelles, en plus d’en construire de nouvelles).

Sans trop l’ébruiter, l’électricien travaille donc l’Etat au corps pour décrocher une augmentation significative des tarifs de l’électricité en France. Une augmentation qui, pour éponger les coûts, ne devrait pas se contenter de s’ajuster sur l’inflation, comme le prévoit le contrat de service public.

Alors, qui paiera notre cher EPR ? Le consommateur ? Le contribuable ?

Allez, au final, c’est vous, c’est nous…