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Mâles en péril est un documentaire, qui a reçu le prix EUROPA 2008 dans la catégorie « Meilleur programme télévisé d'actualité », qui a été projeté pendant le salon Marjolaine mais que je n’ai pas encore pu voir.

Il sera diffusé ce mardi 25 Novembre 2008 sur Arte à 21h.

Féminisation de la nature d’un côté, diminution du nombre de spermatozoïdes chez l’homme de l’autre. Dans « Mâles en péril », le documentaire qu'ils ont réalisé, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade livrent une enquête édifiante sur ces phénomènes inquiétants. Une véritable investigation scientifique qui met au jour de bien troublantes questions…

Depuis 50 ans, la production de spermatozoïdes dans l’espèce humaine a diminué en moyenne de 50 %.
Pourquoi ?

Dans les pays occidentaux, le nombre de cancers du testicule ne cesse de croître. Au Danemark, on constate une hausse vertigineuse de 400 % en soixante ans.
Pourquoi ?

Le nombre de malformations congénitales de l’appareil reproducteur masculin augmente également.
Pourquoi ?

Des populations de poissons de certaines rivières se féminisent. De plus en plus de malformations sexuelles et de cas de stérilité sont observés chez les phoques, les oiseaux, les alligators, les grenouilles…Des études sur la faune montrent une dévirilisation croissante.
Pourquoi ?

Féminisation de la nature d’un côté, diminution du nombre de spermatozoïdes chez l’homme de l’autre. Des événements bizarres et inquiétants entre lesquels personne, pendant longtemps, n’avait pensé ou osé établir un lien. Et si toutes ces observations avaient une origine commune ?

C’est l’hypothèse audacieuse de nombreux scientifiques tant aux États-Unis qu’en Europe. Ils sont persuadés que certains facteurs environnementaux sont responsables de ces pathologies et de ces malformations.

Au banc des accusés, de nombreuses molécules mises sur le marché par l’industrie chimique : PCB, DDT, retardateurs de flamme, phtalates, pesticides… Liste non exhaustive de composés chimiques qui agissent sur le système hormonal (on les désigne sous le terme un peu barbare de « perturbateurs endocriniens ») et qui provoqueraient ainsi une féminisation du monde…

La gravité des faits rapportés impose que l’on s’y intéresse de très près car la fertilité, et donc l’avenir de l’humanité est en jeu… Si ces scientifiques ont raison, ce sont des pans entiers de notre mode de consommation qu’il faudra repenser. Un véritable défi face au puissant lobbying industriel, un débat qui se déplace sur le terrain politique.

Selon les réalisateurs (Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade)

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La découverte de ces « perturbateurs endocriniens » interroge. En premier lieu les pouvoirs publics : comment contrôle-t-on les milliers de molécules chimiques fabriquées par l’homme depuis 50 ans ? Des molécules lancées sur le marché avec pour seules analyses… celles effectuées par les industriels eux-mêmes ! Elle interroge également les citoyens que nous sommes sur la qualité de notre environnement. Sur tous ces objets indispensables à notre confort quotidien et qui auraient… peut-être… un effet sur la reproduction humaine, la santé…

Cela peut paraître effrayant. Nous en avons fait un film. Pour expliquer. Car le manque d’information est toujours plus effrayant que l’information elle-même. Pour raconter aussi une extraordinaire aventure scientifique qui s’est construite comme un puzzle, avec des éléments épars, qu’il fallait rassembler dans un vaste tableau d’ensemble. Notre souci a donc été de tendre le récit au maximum : donner des informations scientifiques précises, tout en restant accessible et capter au mieux l’attention du téléspectateur.

Quelques extraits

Pour plus d’information

Voir le site Arte : http://www.arte.tv/malesenperil

Mon avis

Le film a tenu ses promesses en tout cas celle que j’en imaginais…
Très clair, factuel, basé sur des études scientifiques qui semblent démontrées et sérieuses.

On peut retenir entre autres le fait que les industriels on pour démarche de contrer systématiquement les études qui mettent en cause des produits chimiques, afin de gagner du temps, pour anticiper les futures interdictions. Et la santé dans tout cela ? Ils en font fi, y compris la leur et celle de leur famille. Qu’ils y réfléchissent…

Le film rejoint comme prévu certains aspects traités par le film « Homo toxicus », par exemple la notion de culture du risque qui est promue au dépens de l’application du principe de précaution. Un exemple en est le lobbying industriel qui a obtenu le principe que des substances toxiques reconnues pourront continuer à être utilisées si l’industriel peut prouver qu’il maîtrise les risques !

Autre point important : 0+0+0=7 : trois substances étant scientifiquement prouvées non toxiques individuellement donnent rassemblées un cocktail très clairement dangereux.

Le débat suivant le visionnage du film était intéressant aussi.
Nathalie Kosciusko-Morisset a montré une sincérité certaine sur certains aspects. Sa sensibilité « environnementale » est clairement perceptible mais souvent contrebalancée par son implication politique. Je ne partage pas que sa position favorable vis-à-vis d’un effet rapidement positif du dispositif REACH. Ses conseils aux actes personnels de prévention par l’utilisation de produits bios par exemple sont plutôt appréciables, nombre d’entre nous les mettaient en application avant son intervention dans ce débat… mais ce qu’il nous faut c’est au-delà de la « publicité » qu’elle a fait sur la démarche française de rassembler plusieurs ministères en un seul pour une prise en compte transversale de l’écologie, publicité sur certains points issus du Grenelle de l’environnement, sur l’application française de la clause de sauvegarde sur l’OGM Monsanto 810 (bonne chose au demeurant)… au-delà de cela il nous faut des actes politiques plus forts encore, comme par exemple ce qu’à fait le Danemark pour appliquer le principe de précaution vis-à-vis des perturbateurs endocriniens. Bon, nous avons eu pire comme ministre (secrétaire d’état) de l’environnement…

Le chat sur arte.tv avec les réalisateurs fut globalement bien mené
Les réalisateurs ont bien montré leur connaissance et leur sensibilité acquise suite à leurs reportages.
Ceci dit, leurs conseils pertinents avaient le mérite de redire peut être les choses de manière différentes, voire plus simple.
Point noir : le jocker invoqué sur la question de la présence de perturbateurs endocriniens dans les composants électroniques !

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Pourquoi ne pas répondre ? La chose est connue et était abordée d’ailleurs dans « Homo toxicus » : les composants électroniques, les ordinateurs contiennent des retardateurs de flamme bromés qui sont des perturbateurs endocriniens.

Au final, sur ce sujet connu depuis plus de 15 ans, l’avancée législative, concrète en vue de la protection de la santé des hommes et des animaux sont-elles suffisantes ?
Je ne pense pas.

Lisons à titre d’exemple l’article « La traque aux perturbateurs endocriniens » paru en février 2003 sur le site de la commission Européenne.
Son introduction :

On a commencé à s'en inquiéter il y a un peu plus d'une décennie. D'étranges phénomènes de dérèglements hormonaux et de “mutations sexuelles” dans les milieux naturels se multiplient. En cause: une possible et insidieuse pollution – jusque là insoupçonnée – provoquée par la sophistication croissante des ingrédients chimiques et organiques rejetés dans l'environnement. Leur impact potentiel sur la santé humaine est désormais pris très au sérieux. Principe de précaution oblige, plusieurs recherches européennes se sont mobilisées pour traquer et évaluer cette menace sournoise.

Ils féminisent les mâles ou virilisent les femelles d’espèces aussi diverses que mollusques, poissons, grenouilles, oiseaux, réduisant gravement la fécondité. Mais ils nuiraient aussi à leur développement, à leur immunité, et leur infligeraient des tumeurs. Ils sont même soupçonnés d’avoir des effets sur la santé humaine, tels que la raréfaction (statistiquement observée) des spermatozoïdes ou la multiplication des cancers du testicule, du sein et de la prostate. Ils? Ce sont les perturbateurs endocriniens, une hétéroclite armada de substances dont la caractéristique commune est d’altérer le bon fonctionnement hormonal des systèmes vivants et donc – pourquoi pas – celui des humains.

Je résume la suite : problème complexe pour lequel il faut faire des études.

En 15 ans le milieu scientifique qui n’est pas trop lié aux industriels et une partie de la société civile a acquis la certitude que l’on en connait assez pour mettre en œuvre le principe de précaution sur certaines familles de produits. Nathalie Kosciusko-Morisset s’est elle aussi prononcée de cet avis. Quelles sont les mesures réellement appliquées en ce sens ? Sont-elles suffisantes ? NON !