Inondations en France : le début de la grande vague et d’un voyage Entre Deux Eaux…
Par Gilles Héluin le samedi 8 novembre 2008, 09:20 - Entre Deux Eaux - Lien permanent
Voici le premier article proposé par l'Association Entre deux
Eaux.
Je vous donne rendez vous juste sous ce texte pour vous présenter la démarche
d'Emeline et benjamin qui ont créé cette association.
Guerres de l’eau, grands programmes de développement, aquifères
transfrontaliers, bassins hydrographiques, mais qu’est-ce que tout cela
signifie ? Pourquoi s’affole t on alors que de l’eau, il suffit d’ouvrir
son robinet pour en avoir et que les fleuves en sont remplis ?
En réalité, nous, français, sommes de grands chanceux. De
l’eau, nous en avons. Fleuves et nappes phréatiques en sont effectivement
remplis et elle est « relativement » bien répartie, ce qui nous
permet de ne quasiment jamais en manquer et de ne pas avoir à nous battre pour
l’obtenir. Alors bien sûr, dans le domaine de l’eau, tout est toujours à mettre
entre guillemets. Les habitants de Rive-de-Gier, à l’heure actuelle, ne
s’accorderont pas sur le fait que l’eau est bien répartie en France, même
« relativement ». Cependant, les organismes de gestion de l’eau français
existent et sont très actifs, bien que la plupart de nos concitoyens n’en
connaissent pas l’existence. Comment cela fonctionne t-il ?
Très simplement, les 6 grands bassins hydrographiques (ou bassins
versants) français, que sont :
- Adour-Garonne
- Artois-Picardie
- Corse
- Loire-Bretagne
- Réunion
- Rhin-Meuse
- Rhône-Méditerranée
- Seine-Normandie
sont gérés par des agences de l’eau. Un bassin est un ensemble de terres
irriguées par un même réseau hydrographique : un fleuve, avec tous ses
affluents et tous les cours d'eau qui les alimentent. (Définition du
CNRS).
Les agences de l'eau (www.lesagencesdeleau.fr) sont des établissements
publics administratifs, placés sous la tutelle du ministère de l'environnement
et du ministère des finances. Elles s’occupent de :
- Faciliter les diverses actions d'intérêt commun dans chaque bassin
hydrographique (préservation et l'amélioration de la ressource, lutte contre la
pollution, connaissance des milieux).
- Etablir et percevoir des redevances pour les prélèvements d'eau et pour la
détérioration de la qualité des milieux - Attribuer des subventions ou des
avances remboursables (aux collectivités locales, aux industriels et aux
agriculteurs) pour l'exécution de travaux d'intérêt commun.
- D’informer les publics sur l'eau.
Au niveau des politiques, les Schémas d’Aménagement et de gestion
des Eaux (SAGE) (www.gesteau.eaufrance.fr/sage) sont des
documents de planification élaborés de manière collective, pour un périmètre
hydrographique cohérent. Ils fixent des objectifs généraux d'utilisation, de
mise en valeur, de protection quantitative et qualitative de la ressource en
eau. La France a été le premier pays à mettre en place une gestion de l’eau par
bassin et depuis, de nombreux autres pays et bassins s’en sont
inspirés.
Maintenant que l’on comprend un peu mieux comment l’eau est gérée sur notre
territoire, arrêtons-nous en dehors de nos frontières. Pas besoin d’aller bien
loin : en Espagne, Saragosse et Barcelone, situés à
quelques 300km, n’arrivent pas à s’entendre sur l’eau, à tel point que
Barcelone doit importer de l’eau par bateau depuis Marseille (à 500km) pour
subvenir à ses besoins.
La réflexion d’Entre Deux Eaux est partie de là :
aujourd’hui sur terre, nous avons suffisamment d’eau pour subvenir à nos
besoins, qu’ils soient agricoles (70%), industriels (20%) ou domestiques (10%).
(Après, promis, plus de chiffres !). La plupart du temps, les processus
d’entente autour de la ressource en eau entre les pays fonctionnent de la
manière suivante : deux pays voisins (ou plus) sont en conflit, en partie
à cause de la ressource. Ils ne peuvent, dans la mesure où l’eau traverse leurs
deux pays, mettre en place uniquement des politiques nationales, car celles-ci
ont un impact systématique sur leur riverain et/ou sont de portée réduite. Ils
doivent donc imaginer des projets communs. C’est à ce stade
qu’interviennent les organisations internationales, qui, grâce à leur statut
global et indépendant, mettent les acteurs des différents pays autour d’une
table. Du succès de ces négociations découle la naissance de projets et
de programmes de coopération transfrontalière.
Nous pensons que l’eau peut être une arme de paix plutôt qu’une arme de
conflit. D’ailleurs, tout comme le souligne le géographe et hydropolitologue
Aaron Wolf, la dernière véritable guerre de l’eau remonte, au
contraire de ce que l’on croit souvent, à l’époque mésopotamienne. L’eau est
souvent un des paramètres intervenant dans les conflits, mais rarement le seul.
Et pourtant, peu de ressources ont servi de frontières (« rival »
vient de « rive » : de l’autre côté de la rivière) et ont donc ce
pouvoir d’être au cœur de la géopolitique. Pourquoi donc ne pas essayer
d’utiliser cet élément et de le partager à bon escient entre les acteurs
?
Pour cela, encore faut-il que les projets communs réussissent. Trop nombreux
sont les grands projets qui échouent parce que les porteurs de projet ont sous
ou surévalué certains paramètres, comme par exemple les intérêts des
utilisateurs, qui, par peur de perdre leurs cultures et leurs maisons,
s’empressent de détruire les infrastructures établies. Et les exemples de ce
type font légion.
C’est pourquoi Entre Deux Eaux part à la rencontre de ces porteurs de projet afin d’analyser pourquoi des initiatives à tel point porteuses d’espoir ont échoué ou réussi. Durant ces prochains 18 mois, nous souhaitons vous faire découvrir comment des personnes, des populations, vivent ces conflits liés à l’eau et quels sont les enjeux hydropolitiques des 11 bassins hydrographiques que nous allons parcourir. A travers la prochaine étape, le Danube, nous regarderons les difficultés de partager la ressource entre rien moins que 18 pays, visiterons le barrage de Gabcikovo-Nagymaros, qui a valu à la Hongrie et à la Slovaquie 4 ans de jurisprudence à la Court pénale internationale, rendrons visite aux ministères de l’eau, aux associations locales, aux populations, longerons le Danube de Vienne à notre étape suivante : Istanbul. Chaque mois et demi, nous donnerons l’appareil photo à une personne, en lui demandant de représenter à travers l’objectif sa vision de l’eau. Tout comme nous, vous visiterez la Jordanie, L’inde, le Vietnam, le Brésil, le Sénégal et les 30 autres pays que nous traversons pour une épopée aquatique inoubliable. Alors, rendez-vous à Noël pour la prochaine newsletter sur le Danube, et en attendant sur notre site Internet : http://entre2o.free.fr
Emeline et Benjamin, Entre Deux Eaux.
Article 1 – 06/11/08
Mon avis
La démarche d'Emeline et Benjamin et de leur association , Entre Deux Eaux
est particulièrement intéressante. Notre Blog publiera leurs articles et je
suis certain qu'ils sauront nous apprendre beaucoup de choses sur l'eau de
manière abordable pour les non spécialistes que nous sommes.
Bravo à eux et bonne route !
Je suis impatient d'avoir des nouvelles...
Pour plus d'information
En attendant, n'hésitez pas, si vous souhaitez avoir plus d'information sur leur projet à consulter leur site et en particulier leur projet.



