16 octobre : mauvaise fête à Edvige 2 !
Par Gilles Héluin le jeudi 16 octobre 2008, 06:40 - Législation - Lien permanent
Nous sommes le jour de la sainte Edvige !
Évidemment c’est aujourd’hui que le collectif « Non à EDVIGE » a choisi pour manifester son opposition à la seconde mouture du projet de loi relatif au fichier EDVIGE. Si vous n’avez pas suivi le premier épisode, je vous engage à lire notre billet.
Suite au tollé provoqué par ce projet, le gouvernement a sorti une seconde version. Certains points ont été retirés, à savoir l’orientation sexuelle et le droit à l’oubli pour les mineurs dont les informations seront effacées à leur majorité sauf si un élément nouveau est intervenu.
Mais que reproche le collectif « Non à EDVIGE » à Edvige 2 ?
Deux finalités très différentes sont toujours amalgamées : enquêtes administratives et suspicion de risques pour la sécurité publique. Par ailleurs rien n’indique que le fichage départemental des « personnalités » sera dénué de tout danger puisque aucun texte n’est encore paru à ce sujet.
Les enfants sont toujours fichés, dès 13 ans, avec un « droit à l’oubli » en trompe l’oil.
Les enfants comme les adultes sont toujours fichés sur de simples suspicions, sans avoir commis aucune infraction.
Des données extrêmement sensibles sont toujours collectées et traitées : origines « raciales » ou ethniques, opinions philosophiques, politiques ou religieuses et appartenance syndicale.
A ce qu’il semble :
Les représentants syndicaux, les responsables associatifs et élus sortent tous quant à eux du nouveau fichier. Ils vont entrer dans un « répertoire de personnalités » qui sera consigné dans chaque préfecture. Ce répertoire ne devrait contenir « que des informations publiques », guère plus que le Who’sWho…
Les données ne seront plus collectées que dans la mesure où elles concernent des personnes « dont l’activité individuelle ou collective indique qu’elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique » ainsi que les personnes entretenant ou ayant entretenu des relations non fortuites avec elles. Le fichier Edvige concernera également des personnes travaillant dans des « secteurs ou des domaines sensibles ». Une notion qui contient une réelle part de subjectivité selon le gouvernement qui la manie.
1 500 policiers (et non plus 4 000) pourront consulter Edvige. Ils disposeront d’une habilitation écrite émanant de la Direction de la sécurité publique. Toute consultation du fichier sera traçable.
Pour plus d’information sur les manifestations du 16 octobre et la position du collectif : http://nonaedvige.ras.eu.org/



