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Hervé Kempf est l’un des journalistes d’environnement les plus réputés. Il travaille notamment pour le journal « Le Monde ». Son livre « Comment les riches détruisent la planète » publié en janvier 2007 est d’une cruelle actualité en ces temps de crise bancaire mais aussi écologique.

Voici un résumé aussi bref et clair que possible de cet ouvrage.
Attention, je ne vous emmène pas en terrain de tout repos, ce qui suit est peu rassurant…


La catastrophe, Et alors ?
« Ce n’est pas la terre qui est menacée, mais la civilisation » citation de James Lovelock que rencontra Hervé Kempf illustre bien la question de l’enjeu du phénomène du réchauffement climatique qu’il suit depuis 1988. Les quelques degrés d’augmentation de la température globale prévus par la très grande majorité des scientifiques aurait un impact considérable. Aujourd’hui il n’est plus question de nier (sauf pour quelques rares personnes) le phénomène, mais seulement de tenter de limiter la casse en contenant l’augmentation de la température à 2 ou 3 degrés Celsius.

Attention, certaines hypothèses laissent la place à un phénomène d’emballement qui pourrait, s’il se produisait, interdire toute possibilité de limiter l’impact du problème.

Les conséquences du réchauffement climatique, ajoutées à celles des multiples pollutions que l’homme inflige à son environnement, tout cela à une échelle augmentée par le développement actuel de la Chine et de l’Inde qui s’ajoutent à ceux des Etats-Unis et de l’Europe on amené la planète à un seuil où elle ne « récupère plus ».

Nous vivons une crise à 3 facettes : changements climatiques, disparition de la biodiversité, pollution générale des écosystèmes. Ces trois facettes sont indissociables.

Le choc pétrolier qui s’annonce (épuisement des réserves pétrolifères) va ébranler le monde, ce qui s’additionnera à la problématique environnementale résumée ci-dessus. Cette crise globale s’annonce durable et planétaire et devrait se traduire par un ébranlement prochain du système économique mondial.

La question centrale est : pourquoi, alors que tout cela est clair, le système est-il incapable bouger pour résoudre le problème ? La réponse de l’auteur est que c’est parce que les puissants de ce monde le veulent.

Crise écologique, crise sociale
Sur l’exemple des hommes et femmes subsistants sur une décharge au Guatemala, Hervé Kempf nous introduite le lien entre les problèmes écologiques et les problèmes sociaux. Mais il n’est point besoin d’aller aussi loin pour constater ce lien, à Paris et dans l’ensemble de la France aussi, la pauvreté se développe. La mondialisation accroit la pauvreté, les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Après avoir souligné l’immense écart qui existe entre les pays pauvres et les pays riches, l’auteur nous explique que la pauvreté et la crise écologique sont inséparables. Elle se répondent l’une lautre, s’influencent mutuellement, s’aggravent corrélativement.

Les puissants de ce monde
Ce chapitre nous explique que l’oligarchie mondiale, c'est-à-dire la classe dirigeante, est de plus en plus riche, cupide et ne se réoccupe que de s’autocélébrer après avoir triomphé du soviétisme. Le capitalisme dégrade les conditions de vie humaine et dilapide les chances des générations futures.

Comment l’oligarchie exacerbe la crise écologique
Hervé Kempf nous explique ici la théorie de Thorstein Veblen qui nous dit que chaque couche de la société essaie de se rapprocher de la couche juste au dessus. Cette tendance voudrait augmenter la production des biens matériels alors que cela n’est pas possible. Ce principe d’imitation conduit à un gaspillage hallucinant et insoutenable tant la société tent à vouloir se rapprocher de la « classe de loisir ». Quand on connaît les excès de certains hyper riches, on imagine ce qu’il en serait si toute la société tendait vers leur mode de vie. La croissance n’est pas la solution, l’urgence est de réduire la consommation des riches, afin que le phénomène d’imitation ne conduise pas le monde à la catastrophe.

La démocratie en danger
Ici, l’auteur développe l’idée que l’oligarchie mondiale veut maintenant, sur l’exemple Chinois, réduire la démocratie qui est une source de contestation du système qu’il est vital à ses yeux de préserver. La lutte contre le terrorisme et l’insécurité est un alibi qui sert la cause des dirigeants, leur donnant un alibi pour réduire les libertés individuelles et la démocratie. Les lois évoluent vers une réduction des libertés et la criminalisation des différentes formes de contestation, politique et civile (nucléaire, OGM,…). Nous sommes tous de plus en plus surveillés grâce au développement de certaines technologies. Les médias contribuent eux aussi à cette tendance, par exemple par le absence de sens critique comme cela a été le cas vis à vis de la question du développement des armes de destruction massive par al-Queida et l’Irak. Le capitalisme ayant pris conscience qu’il n’a plus besoin de la démocratie pour se développer, il la réduit.

Pour l’auteur, afin de tenter de prévenir les crises qui s’annoncent, il faut collectivement décider de choix difficiles pour réduire nitre train de vie, sans quoi les désordres à venir trouveront une réponse despotique. Il faut d’urgence revitaliser la démocratie, réanimer l’idée du destin collectif.

L’urgence et l’optimisme
Hervé Kempf considère que nous avons (avions en 2007) 10 ans pour changer de cap si la chute de l’économie américaine ou l’explosion du moyen orient ne l’imposent pas dans le chaos.


Mon avis

Dans les temps actuels de catastrophe bancaire au moins américaine, nous avons là de quoi méditer sur la justesse des propos de ce livre.
L’ouvrage se veut de finir sur une note plutôt optimiste, tablant sur la prise de conscience qui est effectivement visible à certains niveaux.
Un livre dont l’actualité souligne la justesse.
Comme pour d’autres ouvrages, sa lecture n’est pas pour nous plonger dans l’allégresse.
Difficile quand même d’être optimiste après l’avoir refermé, même si dans la fin de son ouvrage, Hervé Kempf essaie de mettre une touche d'humour et d'espoir…

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