Globalisation, le pire est à venir
Par Gilles Héluin le samedi 20 septembre 2008, 06:39 - J'ai lu pour vous - Lien permanent
Le titre de ce livre de Patrick Artus et Marie-Paule Virard est très
explicite.
La globalisation, la mondialisation vont montrer des effets de plus en pus
importants et négatifs.
Pour cadrer le sujet par rapport au centre d’intérêt de notre blog, la question peut se poser en ces termes : en quoi la globalisation pèse sur l’environnement et quelles peuvent être les voies pour en limiter les impacts ?
Je vais donc vous résumer ici les différentes parties de l’ouvrage et en
particulier celles qui concernent l’environnement.
Tout d’abord, les auteurs considèrent que nous somme actuellement dans la phase
de « fin de la mondialisation heureuse ».
La fin de la mondialisation heureuse
Entre la crise des « subprimes » et les délocalisations, cet ouvrage
veut lancer un cri d’alarme pour affirmer que la mondialisation entre dans un
nouvel âge, livrée à elle-même.
Des forces centrifuges incontrôlées
La globalisation marque la fin du monopole que l’occident détient depuis le
XVII siècle sur l’histoire du monde.
Une machine inégalitaire qui mine le tissu social et attise les
tensions protectionnistes
Jusqu’en 2006, les impacts de la mondialisation sur les destructions d’emploi,
la perte des parts de marché sont passé inaperçus jusqu’à ce que les déficits
publics ne puissent plus masquer les effets de la globalisation.
La crise des subprimes
Cette crise américaine des crédits immobiliers aux ménages modestes a allumé la
mèche de la fragilité économique mondiale. Toutes les économies ont été
fragilisées par la crise immobilière. L’énorme hausse de travail a entrainé une
baisse des salaires. Malgré tout, la révolution technologique va se poursuivre,
alimentant ainsi le cycle vicieux.
Un cycle vicieux qui brule les ressources rares et accélère le
réchauffement de la planète
Alors que le baril de pétrole a très largement dépassé en 2008 le prix de 100
dollars, toutes les matières premières ou presque sont touchées, marquant ainsi
clairement le coût de la rareté des matières premières.
A court terme la hausse du prix du pétrole aura un faible impact, mais à long terme, la rareté qui s’annonce aura un impact sur la croissance. La Chine, qui a décroché le titre peu enviable de premier émetteur mondial de CO2 va continuer à accroitre sa consommation et ses pollutions.
Les biens publics mondiaux et les défis du réchauffement
climatique
Nous visons la fin d’une époque. Une période où les ressources étaient
abondantes, faciles d’accès et bon marché, surtout pour les pays les plus
riches. Nous allons assister à une bataille à venir pour les ressources les
plus rares (énergie, matières premières, alimentation). Les tendances mondiales
de la consommation de matières premières et des émissions mondiales de gaz à
effet de serre ne sont pas tenables.
L’impossible développement durable ?
Faisons un rêve : il faudrait qu’émerge un consensus mondial pour réduire
les nuisances environnementales associées à la croissance et partager aussi
équitablement que possible, à commencer par les ressources énergétiques.
Une machine à inonder le monde de liquidités
Franchement, à cette étape du livre, nous entrons dans un sujet qui, pour moi
est complexe et vraiment difficile à appréhender. Cette partie très économique
de l’ouvrage a été très, très difficile pour moi. Je vous en fais ici
l’impasse. Si vous êtes férus en économie, lancez-vous dans la lecture du
livre. Moi j’ai jeté l’éponge et sauté de nombreuses pages…
Une centrifugeuse qui peut faire exploser l’Europe
En juillet 2008, à la veille de la présidence française de l’union européenne,
l’Europe était en toute petite forme. Faute de fédéralisme fiscal et social,
l’Europe est mal armée face à la globalisation, avec des politiques nationales
de plus en plus divergentes avec des asymétries franco-allemandes de plus en
plus importantes et favorables à l’Allemagne. Hors Allemagne, on peut craindre
une désindustrialisation de l’ Europe. L’observation froide de la situation de
l’union européenne en 2008 amène ainsi au constat qu’elle n’est pas du tout en
train de progresser… mais plutôt entrain de régresser vers un agglomérat de
régions sans solidarité, où les riches ne veulent plus payer pour les
pauvres.
En conclusion, cet ouvrage veut montrer que l’économie mondiale vit dans les années 2000 sous a pression de plusieurs tendances insoutenables dans un horizon plus ou moins rapproché. Ce mouvement de fond correspond à un nouvel âge de la globalisation amorcé au tournant du siècle, qui apparait moins flatteur, moins heureux dans tous les sens du terme, que les espoirs placés en lui par certains.
L’impératif d’une nouvelle coopération internationale
L’ouvrage envisage de futurs désordres environnementaux et économiques qui
feraient peu de gagnants et, ferait en revanche de nombreux perdants à moins
que riches et moins riches, qu’émergent et émergés, ne puissent trouver
ensemble les moyens de donner un nouveau cours à notre « vivre ensemble
».
Le monde sera-t-il capable d’une telle entente ?
On peut en douter au vu des échecs répétés
des négociations de l’OMC avec leur tout dernier épisode le 29 juillet à
Genève qui a abouti à une impasse entre les Etats-Unis, la Chine et l’Inde, au
sujet des importations agricoles.
Pour plus d’information, surtout si ses nombreux aspects
économiques ne vous rebutent pas, lisez « Globalisation
le pire est à venir »
Mon avis global
De nombreux aspects intéressants du point de vue environnemental mais trop de longueur et trop technique sur le plan économique.




Commentaires
Crise des subrimes : une explication simple pour ceux qui essaient encore de comprendre.
(inspiré d'un blog)
Alors voilà,
Me Ginette a une buvette à Bertancourt, dans le Nord (ch'ti).
Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses très fidèles clients, tous "alcoolo", et tous au chômage de longue durée.
Vu qu'elle vend à crédit, Me Ginette voit augmenter sa fréquentation et,
en plus, elle peut même augmenter un peu les prix de base du "calva"
et du ballon de rouge.
Ses créances deviennent assez importantes, mais elle tient (toujours/encore)
Max, jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui,
pense que les "créances" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Me Ginette
(il ignore ou pas qu'il a des dettes d'ivrognes comme garantie).
Au siège de la Banque, des "Traders" avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre, non sans expliquer que ces "actifs"
ont en réalité, 10 fois leur valeur annoncée : c'est sans danger..
La Banque récolte ainsi (n) fois la créance de Me. Ginette.
Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous, mais sur-côtées à chaque transaction (les ardoises des "alcoolo" de Me Ginette).
Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de plus de 80 pays.
Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les "alcoolo" du troquet de Bertancourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes ..
La buvette de Me Ginette fait faillite,
Max a été viré, les "traders" ne sont pas inquiétés,
pas plus que le grands "pontes" de la Banque.
Maintenant je lance le jeu de piste :
OU EST PASSE LE POGNON ?
le premier qui trouve a gagné !
Chez les actionnaires ?