En France et particulièrement sur le site du Tricastin les incidents nucléaires et scandales se succèdent :

Mercredi 23 juillet 2008
Cent employés de la centrale nucléaire du Tricastin ont été "légèrement contaminés" mercredi par de la poussière radioactive. L'incident s'est produit vers 09H30, dans le bâtiment d'enceinte d'un réacteur à l'arrêt pour maintenance. "Un tuyau à l'intérieur du bâtiment a été ouvert dans le cadre de cette opération de maintenance et de la poussière radioactive s'en est échappée", a expliqué Alain Peckre, le directeur de la centrale nucléaire EDF, qui a qualifié cet incident de "fait sans gravité". Un incident classé au niveau 0 sur l’échelle de 0 à 7.

Vendredi 18 juillet 2008
Quinze ouvriers sur le site nucléaire isérois de Saint-Alban/Saint-Maurice ont été contaminés vendredi 18 juillet par des radioéléments, alors qu'ils menaient une opération de maintenance. L'incident a été jugé suffisamment minime pour ne pas être classé par l'Autorité de sûreté nucléaire, c'est-à-dire qu'il était inférieur en gravité au premier de classification des incidents nucléaires. Selon EDF, "de nouveaux contrôles médicaux, pratiqués lundi 21 juillet, ont révélé qu'il n'y avait plus aucune trace dans leur organisme". Et "les pouvoirs publics et l'ASN ont été immédiatement prévenus par souci de transparence". EDF assure par ailleurs avoir lancé "des analyses pour comprendre les circonstances de cet évènement".

Jeudi 17 juillet 2008
Nouvel incident, survenu sur un autre de ses sites, l'usine franco-belge de fabrication de combustible (FBFC), à Romans-sur-Isère (Drôme). Une fuite y a été découverte sur une canalisation transportant des effluents uranifères, sans que l'exploitant soit en mesure d'indiquer depuis quand cette installation est défectueuse. L'ASN considère que la fuite a pu se produire dès la mise en service de la canalisation, en 1997, et estime donc que 700 à 800 grammes d'uranium ont pu être relâchés.

Lundi 7 juillet 2008
Dans la nuit du 7 au 8 juillet, un dysfonctionnement lors d'un transfert entre deux cuves de l'usine de traitement de déchets Socatri, filiale d'Areva, sur le site du Tricastin, a donné lieu à un rejet d'effluents contenant environ 75 kg d'uranium dans les cours d'eau proches du site. L'incident a été classé au niveau 1, au bas de l'échelle des incidents nucléaires qui va de 0 à 7. Des mesures de précaution limitant l'usage de l'eau dans la région de Tricastin ont été mises en place.

Par ailleurs, le 4 juillet 2008, la CRIIRAD dénonçait le scandale relatif aux 770 tonnes de déchets radioactifs enfouis depuis plus de 30 ans à même le sol, en toute illégalité sur le site du Tricastin.

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Une sacrée et triste série pour ce mois de juillet !

Les esprits rassurants pourraient dire qu’il s’agit là d’une manifestation de la transparence de l’industrie nucléaire sur des incidents sans gravité.

Les associations Sortir du nucléaire et CRIIRAD analysent la situation comme bien plus inquiétante :
- Délai important dans la communication et inconnues sur la nature des effluents.
- Dépassement des limites autorisées pour les rejets.
- Partialité de l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) conduisant à la demande d’expertises et analyses indépendantes près de tous les sites et centrales nucléaires.
- Sortir du nucléaire rappelle que, dès 1990, la très officielle Commission Internationale de Radioprotection (CIPR) a admis que toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et génétique.

Une habitante de Bollène, dans le Vaucluse, a déposé plainte contre X après la fuite d'uranium dans la nuit du 7 au 8 juillet.

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Mais n’oublions pas que, outre les rejets et pollutions lors des incidents qui risquent d’être d’autant plus fréquents que les sites nucléaires vieillissent et que l’on cherchera à limiter le coût de maintenance, l’industrie nucléaire pollue de manière « chronique » entre autres :

- à l’exploitation du minerai (voir par exemple les impacts au Niger)
- à la fabrication du combustible (Le site du Tricastin farique du combustible)
- à l’exploitation dans les centrales (rejets chimiques, radioactifs, élévation de la température des rivières…) A en croire l'étude réalisée par l'Office fédéral allemand de protection contre les radiations, à partir de données portant sur la période 1980-2003 dans les régions proches de 21 réacteurs ou anciens réacteurs allemands, à moins de 5 km d'une centrale, le risque pour un enfant de développer un cancer augmente de 60%, et même de 117% si on prend en compte uniquement les leucémies.
- lors du retraitement des déchets (usine de la Hague…)
- au stockage des déchets (stockage en surface ou par enfouissement, voire en mer)

L’air, l’eau, le sol sont contaminés à tous les stades par plusieurs types de polluants : thermiques, physiques, chimiques, radioactifs.

Le corps humain peut être amené à fixer des radio éléments de plusieurs manières :
- Par la respiration : si des particules de gaz radioactifs se désintègrent alors qu'elles sont dans les poumons, elles se transforment en élément lourds qui se fixent, et continuent leur "vie radioactive" et leurs émissions nocives jusqu'à leur fin de vie.

- Par l'alimentation : si un sol est contaminé par une pollution radioactive, les végétaux et les animaux mangeant ces végétaux courent le risque d'une contamination radioactive. Certains végétaux sont particulièrement radio-accumulants: lavande, champignons. Certains organes sont aussi plus sensibles: par exemple, la thyroïde fixe l'iode, c'est pourquoi en cas de contamination radioactive, on distribue des pastilles d'iode non contaminée aux riverains afin de saturer la thyroïde d'iode "saine" et d'éviter sa contamination par de l'iode radioactif.

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Alors, des risques liés aux accidents et ceux qui sont liés aux conditions « normales », en voulez vous ?

Pour en savoir plus :)
Voir les communiqués de Sortir du Nucléaire et de la CRIIRAD