BedZED à Londres

Bedzed BedZED exterieur

Son nom signifie Beddington Zero Energy (fossil) Development, ce qui décrit bien son objectif d’aboutir à une consommation nulle d’énergie fossile. Plus précisément situé à Sutton, à une vingtaine de km au sud de Londres, cette ancienne friche industrielle de 1,7 hectare abrite maintenant 244 résidents dans ce quartier dense doté de 5000m2 d’espaces verts.

Tout, de la forme à l’usage, a été pensé pour réduire l’impact sur l’environnement. Au niveau de la construction, cela se traduit par la récupération de matériaux de démolition ou l’utilisation de bois écocertifiés WWF (chêne, noisetier). Afin de mieux maîtriser la dépense énergétique des logements, ceux-ci sont dotés d’une forte isolation, de systèmes de chauffage solaire passif et actif, de cogénération biomasse, de ventilation naturelle avec récupération de chaleur, de récupération des eaux de pluie pour les toilettes et d’un traitement des eaux usées sur place.

Le quartier, mixte, offre également 2500 m² d’espaces commerciaux et de services. Ces espaces de travail sont intégrés aux blocs de logements. Afin de maximiser l’éclairage et le chauffage solaire passif, les bureaux occupent le rez-de-chaussée au nord, à l’ombre des jardins terrasses du premier étage qui sont destinés aux logements exposés au sud.


Vauban à Fribourg

VaubanFriburg

Bien plus conséquent que BedZED, le quartier Vauban à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne) est habité par 5000 personnes sur une surface de 38 hectares ! Il est situé à 2,5 km du centre ville, sot 15mn en vélo ou bus.

Ses objectifs sont les suivants :
- mixité des emplois et des habitations,
- préservation des biotopes du terrain notamment au bord du ruisseau,
- priorité pour les piétons, cyclistes et transports en commun,
- utilisation rationnelle de l’énergie : installation d’un réseau de chaleur de proximité à base d’une centrale de cogénération (produisant électricité et chaleur),
- construction des habitations selon les normes de « très faible consommation d’énergie » (65 kWh/m2 par an),
- mixité des couches sociales,
- un centre de quartier avec des magasins pour les besoins de tous les jours,
- une école élémentaire et des jardins d’enfants,
- des espaces verts publics,
- une diversité architecturale,
- des parcelles de taille réduite,
- un climat accueillant pour les familles et les enfants.

Sur le plan social, une particularité du projet Vauban a été la participation des habitants. Les personnes intéressées ont pu se réunir dans des cercles de travail coordonnés par le “Forum Vauban”, constitué en association des citoyens.

Un quartier sans auto ?
Un objectif important était de limiter fortement l’usage de la voiture. Pour cela les urbanistes ont travaillé pour que les déplacements soient aussi courts que possible. Les urbanistes considèrent comme “distance courte” un chemin de moins de 700 m ; la distance la plus agréable ne dépasse pas 300 mètres. Vauban est un “quartier des courtes distances” où les habitants peuvent facilement aller à pied pour rejoindre les magasins, jardins d’enfants, école, services divers

La Ville a prévu la construction d’une ligne de tramway pour Vauban. Entre-temps, la liaison avec le centre-ville est assurée par un bus.

Il a été proposé de renoncer, dans la majeure partie du quartier, aux garages et aux places de stationnement et de les remplacer par des garages collectifs aux abords du quartier ; ce choix permet d’économiser jusqu’à 20% de l’espace total du quartier. Ce report du stationnement automobile en périphérie du quartier permet de rentabiliser au mieux cette occupation d’espace, car le stationnement sert à la fois aux habitants, aux employés et aux visiteurs du quartier.

Un habitat économe en énergie
Tous les bâtiments du quartier Vauban doivent répondre au moins aux exigences du label Habitat à Basse Energie, correspondant à une consommation de chauffage maximale de 65 kWh/m²/an. La ville de Fribourg a également planifié des espaces en bandes prévus spécifiquement pour les maisons répondant au label d'Habitat passif. L'orientation principale est nord/sud et les habitations sont libres d'ombres portées, afin d'optimiser les apports énergétiques solaires en hiver. Ces logements utilisent les énergies renouvelables pour le chauffage, contrairement aux autres habitations utilisant le chauffage urbain.


Et en France ?

Pour le moment peu de chose en comparaison à ce qui précède.

Douai a créé la ZAC du Raquet en 2006, éco-quartier de 12.000 habitants (près de 4500 logement qui seront construits entre 2008 et 2025) qui sera desservi par une ligne de tram et 15km de pistes cyclables.

Lille a aussi annoncé la création à partir de 2007 d'un éco-quartier de 10000 habitants pour 2008.

Au sud, Narbonne est quant à elle engagée dans la construction d'un éco-quartier dans le quartier du théâtre. Celui-ci prévoit de réduire de moitié les consommations d'énergie et d'eau potable, et comptera 650 logements dont 20% de logements sociaux.

Rennes : le projet Salvatierra C’est à Rennes que se trouve Salvatierra, le seul immeuble français construit dans la démarche « habitat passif », qui garantit un confort hygrothermique sans système de chauffage conventionnel. Habitat collectif d’une quarantaine de logements achevé en 2001, le bâtiment valorise le solaire passif, inclut du solaire thermique et marie des matériaux traditionnels (paille et terre crue) et modernes en affichant une réelle volonté d’habitat sain. Les appartements sont desservis par des coursives extérieures ouvertes sur un grand espace vert, à l’opposé des classiques cages d’escalier sombres et peu rassurantes.. Grâce à l’apport énergétique des 100m² de capteurs solaires thermiques et à l’usage de technologies de ventilation mécanique performantes, la consommation énergétique de l’ensemble est remarquablement faible

Grenoble La réalisation de 850 logements sur l’ancienne caserne de Bonne sur 8,5ha en centre ville se veut écologique avec une recherche d’efficacité énergétique, d’accessibilité pour tous et de liens entre les quartiers par les liaisons douces et les transports en commun.

À Paris, l'EcoZac de Rungis dans le 13e arrondissement va par exemple bénéficier de cuves de récupération des eaux pluviales (6.000 m2 de toiture environ) qui seront intégrées dans les programmes de construction.

ecozac

Une association, Les amis de l’écozac c’est constituée, elle présente ainsi le projet sur son site internet :

''L’aménagement d’une ancienne friche SNCF de 3,8 hectares (Paris XIIIème, place de Rungis) s’est offert, il y a deux ans, comme une formidable opportunité de développer, pour la première fois dans une grande ville française, un écoquartier. Nos objectifs… sensibiliser et démontrer que les changements sont réalisables ici, maintenant et pour demain. Nos principes d’action… l’exemplarité et la sensibilisation des décideurs.

On a gagné ! Après deux années de militantisme actif et constructif, nous avons appris en mars dernier que les principaux objectifs de notre plateforme avaient été retenus pour intégrer le cahier des charges :
- Energie : l’ensemble de la zone consommera en moyenne 50 kWh/m2/an. Les bâtiments intégreront du solaire thermique et du solaire photovoltaïque.
- Eau : un système de récupération de l’eau de pluie sera mis en place pour alimenter les jardins et les chasse-d’eau.
- Transports : priorité absolue aux transports doux ! La ZAC sera une zone apaisée, essentiellement réservée aux piétons et cyclistes.
- Stationnement : les parkings en sous-sol seront limités et un espace y sera réservé pour un parc d’une quinzaine de voitures partagées.
''


Des réflexions et projets locaux

En dehors de ces projets d’ampleur, on voit de nombreux petits projets et groupes se former, par exemple :
Strasbourg, Lisle sur Tarn, Chalon-sur-Saône,...


Le grenelle de l’Environnement

Parmi les objectifs du Grenelle de l’environnement figure la réalisation d’au moins «un éco-quartier avant 2012 dans toutes les communes qui ont des programmes de développement de l’habitat significatif». L’éco-quartier s’inscrit dans une démarche de développement urbain durable à l’échelle de l’agglomération. Il intègre la croissance urbaine dans une perspective locale de développement économique, de qualité de vie, et d’intégration sociale.
Le ministère de l’Ecologie, de l’Aménagement et du Développement durable (MEDAD) vient de mettre à la disposition des acteurs locaux un site proposant capitalisation d’expériences et outils méthodologiques.
Ce site, qui s’adresse aux acteurs locaux (élus, urbanistes, architectes…) s’articule autour de 10 principes fondateurs d’un éco-quartier et met en lumière un certain nombre d’initiatives intéressantes, en France comme à l’étranger.
On peut y découvrir les sites pilotes d’agglomérations françaises (Auxerre, Chalon-sur-Saône, Grenoble, Lyon, Narbonne et Rennes) mais aussi d’Europe (Royaume-Uni, Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Finlande et Suède) et d’autres pays dans le monde (Brésil, Chine, USA, etc.).
Ce site a pour vocation de constituer une “boîte à outils” aussi opérationnelle et actualisée que possible. La rubrique “S’engager” propose des informations utiles sur les aides et les financements disponibles et la rubrique “Bibliothèque” comprend des documents téléchargeables et des références disponibles.


Mon avis

La démarche est bonne et indispensable dans le contexte actuel de l’environnement local, national et mondial. La France, avec ses bonnes attentions affichées, trop souvent mises au placard des intérêts financiers, saura-t-elle aller dans le bon sens ?

Il y a cependant un côté obscur, je trouve… Nous avons en ce domaine une opposition entre l’étalement urbain, consommateur d’espace et d’énergie et la qualité de vie. On nous propose et c’est la position aussi de certaines associations de défense de l’environnement, de densifier les villes plutôt que de les étaler. Je suis d’accord sur le fait que cela a ses avantages environnementaux, mais je ne connais que trop bien les conséquences en pratique sur les espaces naturels urbains, y compris les sites naturels classés qui existent aussi en ville. Nous devons nous battre, lutte de fond, pour les préserver à cause de la densification. Les éco quartier seront-ils une réponse ? Un moyen d’améliorer la qualité de vie ? Leur esthétique est-il ce que nous souhaitons ?

Pas de doute par contre sur leur grand intérêt au niveau énergétique, automobile, social. Tiens, cela vaudrait la peine d’y passer une semaine pour voir !

Sans en faire autant il est possible de les visiter ceux qui existent, ce n'est pas à côté donc !
BedZEd
Vauban

Pour en savoir plus :
http://www.ecoz.ouvaton.org/
http://www.ecoquartiers.developpement-durable.gouv.fr/
http://carfree.free.fr