Par Gilles Héluin le mercredi 24 février 2010, 07:10 - Espèces menacées
La Commission européenne a publié le communiqué suivant le 22
février :
La Commission européenne a proposé aujourd'hui que l'Union européenne fasse
pression pour que l'interdiction du commerce international du thon rouge de
l'Atlantique entre en vigueur dans le courant de l'année prochaine. La
Commission est vivement préoccupée par le fait que la surpêche du thon rouge de
l'Atlantique, largement imputable au commerce international, menace gravement
les stocks de cette espèce. La proposition sera examinée avec les États membres
afin de parvenir à une position commune de l'UE pour la prochaine réunion de la
Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore
sauvages menacées d'extinction (CITES), qui se tiendra à Doha, au Qatar, du 13
au 25 mars 2010.
M. Janez Potočnik, membre de la Commission européenne chargé de
l’environnement, a déclaré à ce propos: «Nous avons une responsabilité à
l'égard des générations futures, celle de prendre des mesures décisives lorsque
nous sommes confrontés à la disparition probablement irréversible d'une espèce.
Nous avons le devoir de préserver nos richesses naturelles. Étant donné que les
stocks de thon rouge de l'Atlantique risquent fortement d'être bientôt
totalement épuisés, nous n'avons d'autre choix que d'agir maintenant et de
proposer une interdiction du commerce international de cette espèce.»
Mme Maria Damanaki, membre de la Commission européenne chargé de la pêche et
des affaires maritimes, a quant à elle précisé: «Notre objectif est de garantir
un avenir durable aux pêcheurs. Pour ce faire, les stocks de thon rouge doivent
être sains, et il est évident pour tous que la surpêche n'est pas la meilleure
manière de procéder. La mise en place d'un accord spécial pour les navires
pratiquant la pêche artisanale constitue un important volet de la solution que
nous proposons aujourd'hui.»
La Commission européenne considère que l'état de conservation médiocre des
stocks de thon rouge de l'Atlantique est très préoccupant et reconnaît que la
demande de cette espèce est en grande partie déterminée par le commerce
international.
Bien qu'elle admette que la Commission internationale pour la conservation
des thonidés de l'Atlantique (CICTA) a adopté, depuis 2006, une série de
mesures pour remédier à cette situation, la Commission européenne considère
qu'au vu des données scientifiques disponibles les plus récentes, le thon rouge
de l'Atlantique devrait être inscrit à l'annexe I de la CITES.
L'annexe I regroupe les espèces menacées d'extinction dont le commerce doit
être soumis à une réglementation particulièrement stricte et ne doit être
autorisé que dans des conditions exceptionnelles . Inscrire le thon rouge à
l'annexe I signifierait interdire le commerce international de ce poisson.
La Commission européenne propose toutefois que l'inscription ne prenne pas
effet immédiatement. La réunion de la CITES à Doha indiquerait que l'entrée en
vigueur de cette inscription devrait être décidée par le comité permanent de la
CITES dans un délai de 12 mois. Le comité permanent devrait fonder sa décision
sur les données scientifiques disponibles les plus récentes relatives à la
situation du stock et évaluer le caractère approprié de toute mesure adoptée
par la CICTA lors de sa réunion de novembre 2010.
Si l'interdiction entre en vigueur, la Commission européenne veillera à ce
que les entreprises de pêche artisanale soient autorisées à approvisionner le
marché de l'UE avec des captures provenant des eaux des États membres.
La Commission dit :
«...nous n'avons d'autre choix que d'agir maintenant et de proposer une
interdiction du commerce international de cette espèce.» Dès lors, pourquoi proposer un délai de 12 mois ?!
La Commission dit :
«Bien qu'elle admette que la Commission internationale pour la conservation des
thonidés de l'Atlantique (CICTA) a adopté, depuis 2006, une série de mesures
pour remédier à cette situation, la Commission européenne considère qu'au vu
des données scientifiques disponibles les plus récentes, le thon rouge de
l'Atlantique devrait être inscrit à l'annexe I de la CITES.» Dès lors, pourquoi proposer que le comité permanent fonde sa décision
sur des mesures que ce même CICTA pourrait prendre d'ici à novembre 2010
?
Tout cela ressemble à une prise de position très politique
!
Et pendant l'année à venir, le thon rouge continuerait à s'éteindre ! L'interdiction, c'est maintenant !
Depuis deux ans, le bisphénol A, une substance chimique entrant notamment
dans la composition des biberons en polycarbonate, est mis en cause du fait
d'éventuelles conséquences sur le développement du nourrisson.
Les experts de l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments)
ont récemment estimé dans un nouvel avis que les études récentes ont
fait apparaître de nouveaux éléments préoccupants. Ils ne sont
toutefois pas suffisants, selon l'Afssa, pour motiver une interdiction du
bisphénol A (BPA).
L'avis de l'Afssa est proche de celui que l'agence américaine de
l'alimentation et de la santé (FDA) a publié en janvier dernier. «La FDA a
classé ses préoccupations relatives au bisphénol au niveau 3 sur une échelle
qui en compte 5», souligne le directeur de l'Afssa pour bien faire comprendre
que l'Afssa prend en compte la problématique. Les réticences viennent du fait
que les méthodologies des nouvelles études n'entrent pas dans le cadre du
système actuellement en vigueur. L'Afssa parle d'«effets subtils» sur le
comportement des rats à des niveaux de doses très inférieurs au niveau
habituellement considéré comme sans effets. Elle reconnaît que ce sont des
«signaux préoccupants» mais qu'ils ne sont pas suffisants pour remettre en
question les précédentes évaluations.
Mon avis
Un position trop prudente.
Laissez tomber les biberons mis en cause !
Pourquoi prendre ce genre de risque ?
Par Gilles Héluin le lundi 22 février 2010, 09:15 - Energie
Le Ministère de l'Énergie (MEEDEM) apporte quelques précisions sur les
mesures prises par le gouvernement concernant la filière solaire et plus
précisément sur la tarification photovoltaïque 2010-2012.
Le Gouvernement a décidé de prendre des mesures destinées à supprimer "les
effets d’aubaine" et vise selon lui à "protéger le pouvoir d’achat des
Français". Il explique que l'engagement financier potentiel de cette bulle
spéculative a atteint plus de 50 milliards d’euros sur 20 ans, et la prise en
charge par la CSPE de cet engagement aurait nécessité un relèvement de plus de
10 % du prix de l’électricité.
Ainsi, le nouvel arrêté tarifaire du 12 janvier 2010 assure d'après le
MEEDEM, "une plus juste rémunération aux projets dans l’énergie solaire", quel
que soit le secteur (habitat, agriculture, commerce, bureaux, fermes au sol,
…). Les projets peu avancés devront faire l'objet d'une nouvelle demande
d’achat de l'électricité aux nouvelles conditions tarifaires.
Concernant les demandes reçues dans les deux derniers mois de l’année 2009,
le MEEDEM précise qu'il y a lieu de traiter de manière différenciée les projets
abusifs ou spéculatifs d’une part, et les projets de taille raisonnable menés
de bonne foi, notamment dans le secteur agricole, d’autre part.
Ensuite, après avoir analysées des milliers de demandes reçues par EDF et
ErDF, il apparaît que "quelques centaines de projets de grande puissance" (>
250 kW soit 2 500 m2 de panneaux), ont été considérés comme abusifs, et
représentent la majorité de la puissance. A l'inverse, "environ 15 000 projets
de petite taille" (<36 kW) représentent une très faible puissance.
Par conséquent, le ministère du Développement durable a tranché. Seuls
pourront bénéficier des tarifs fixés en 2006 (anciens tarifs), ceux qui entrent
dans les critères suivants :
1/ Les installations pour lesquelles une demande de contrat d’achat a été
formulée avant le 1er novembre 2009 ;
2/ Les installations de puissance inférieure à 36 kWc (soit 360 m2 de panneaux)
pour lesquels une demande de contrat d’achat a été formulée avant le 11 janvier
2010 ;
3/ Les installations de puissance comprise entre 36 et 250 kWc (soit 2 500 m2
de panneaux) pour lesquelles une demande de contrat d’achat et une demande
complète de raccordement ont été formulées avant le 11 janvier 2010 ;
4/ Les installations de puissance comprise entre 36 et 250 kWc pour lesquels
une demande de contrat d’achat a été formulée avant le 11 janvier 2010 et qui
remplissent toutes les conditions suivantes :
- l’installation est intégrée à un bâtiment agricole ;
- l’installation a fait l’objet d’une déclaration préalable ou d’une demande de
permis de construire avant le 11 janvier 2010 ;
- le producteur dispose d’une attestation du préfet de département certifiant
que, au 11 janvier 2010 :
- le producteur est l’exploitant agricole de la parcelle sur laquelle est
située le bâtiment ;
- le producteur est propriétaire du bâtiment ou en dispose dans le cadre d'un
bail rural ;
- le bâtiment est nécessaire au maintien et au développement de l’exploitation
agricole.
Pour finir, le MEEDEM indique que "le bénéfice des tarifs d’intégration au
bâti (58 ou 50 c€/kWh) sera désormais limité aux seules installations de
puissance inférieure à 250 kWc".
Ce dispositif sera fixé par arrêté pour une publication du texte, début mars
2010.
Je ne suis pas pour la spéculation.
Ceci étant dit, vous y comprenez quelque chose, vous, à ces nouveaux tarifs
?
J'ai une impression... On baisse le tarif d'achat...
Si je comprends bien, les projets pouvant voir le jour après le 11 janvier sont
moins bien rémunérés à l'achat du KWH, ceci même pour les projets à taille
réduite.
Je me trompe ?
Par Gilles Héluin le lundi 22 février 2010, 07:35 - Environnement
Située au sud de Paris, la forêt de Sénart constitue l'une des plus vieilles
et des plus vastes forêts d'Ile de France. Elle présente des biotopes variés et
une étonnante biodiversité. Les vieux chênes multicentenaires y alternent avec
les bouleaux, les landes à callunes et des centaines de mares
naturelles.
Néanmoins sa situation au cœur d'un bassin fortement urbanisé ne va pas sans
poser de problèmes.
D'une part, la conjonction de la richesse et de la superficie des lieux avec
la densité de population environnante entraîne une importante fréquentation des
lieux : près de trois millions de visiteurs par an, dont plus des trois
quarts originaires des communes périphériques.
D'autre part, sa situation géographique stratégique entre les villes
nouvelles d'Evry, Melun-Sénart et Paris a failli être fatale à son unité dans
les années 70, du fait de nombreux projets de création d'axes routiers
transverses.
Poumon vert de la banlieue sud de Paris, la forêt de Sénart joue ainsi
chaque jour l'équilibriste entre la préservation de son caractère naturel
exceptionnel et les pressions urbaines environnantes.
Présentation de la Foret de Sénart et carte de situation par LookNature.
3200 ARBRES Y SONT MENACES DE
DESTRUCTION
Réseau de Transport d’Electricité (RTE) a pour projet de procéder à des
travaux d’élargissement des emprises sous et autour des lignes Haute et Très
Haute Tension en foret de Sénart.
L’objectif annoncé est de limiter les dégâts en cas d’événement climatique
exceptionnel.
RTE prévoit :
- 3200 abattages dont 600 d’un diamètre supérieur à 30
cm
- Des élagages au niveau des pylônes électriques
Il est ainsi question de déboiser plusieurs hectares sur les 3000
que compte la forêt de Sénart.
Les arbres menacés se situent sur le tracé des lignes haute et moyenne
tension :
L’importance de la forêt de Sénart en matière environnementale et sociale a
justifié son classement en forêt de protection en décembre 1995.
Ce statut de foret de protection interdit tout défrichement et travaux à
l'exception de ceux qui ont pour but de créer des équipements indispensables à
la mise en valeur et à la protection de la forêt.
Je trouve inadmissible qu'un projet si destructeur d'une foret
protégée risque de s'effectuer avec seulement une information du
public et des associations, sans qu'un projet précis, justifiant la
nécessité de cet abattage, avec identification claire de chaque
arbre posant problème, ne soit communiqué. Une concertation avec les associations et le public est
indispensable.
Mais voila, RTE ne prévoit pas de présenter précisément quels seront les
arbres abattus, ne prévoit pas de concertation et voulait passer son projet en
force sous prétexte que les budgets ne seront plus disponibles après une
certaine date.
Europe Ecologie et le groupe local
des Verts se mobilisent
Europe écologie et le groupe des Verts Val de Seine et Val d'Yerres a le
même point de vue que moi et se mobilise pour protester et faire pression
contre ce projet.
Une manifestation est organisée le
samedi 27 février à 11heures à la Croix de Villeroy
Mon avis
A l'approche des élections régionales, certains représentants politiques
vont tenter une récupération électorale de notre lutte.
Personnellement, je me dis que si cela pouvait aboutir à protéger cette forêt
classée... mais est-ce que cela sera le cas ?
Je peux dire que Europe Ecologie n'est pas dans cette optique. Le groupe local
des Verts est motivé et engagé, pour certains de ses responsables, depuis 20
ans, y compris au niveau associatif.
Cela mérite bien de les soutenir et les aider !
Parterre de jonquilles dans la Forêt de Sénart à Tigery, par Julien
Chesne
Par Gilles Héluin le dimanche 21 février 2010, 07:14 - Projets déments
Les 4 audiences attendues pour Brocéliande auront
lieu au Tribunal Administratif de Rennes (3, Contour de la
Motte) jeudi 25 février à 9h15.
Depuis 5 ans, l’association Sauvegarde de Brocéliande s’oppose aux projets
de Centre de Stockage de Déchets Ultimes (C.S.D.U type II) et d’usine de
traitement de déchets portés par le SMICTOM Centre Ouest d’Ille et Vilaine
comprenant 65 communes. Ces projets se situent au cœur d’une zone naturelle en
Forêt de Brocéliande. .
Dans le cadre des actions en référé à l'encontre des permis de construire de
l'usine, la justice a déjà reconnu le risque pour la sécurité
publique que faisait courir ce projet à raison de l'absence de prise
en compte du risque d'incendie.
L'atteinte au site a également été sanctionnée.
L'étude d'impact de l'usine a aussi été considérée comme
insuffisante sur ce point, mais également, à raison de l'absence de
prise en compte du patrimoine culturel de Brocéliande, des mythes et légendes
que véhicule cette forêt.
Cela a conduit à l'arrêt des travaux de construction de
l'usine de traitement de déchets, suspendus depuis décembre 2007.
Malgré les questions environnementales soulevées par ces procédures, les
travaux du C.S.D.U ont pour leur part continué et abouti, alors même que
l'étude d'impact faisait apparaître dans le secteur la présence d’une zone
humide d’environ trois hectares, de 7 espèces protégées (rainette verte,
tritons, salamandres…).
L'atteinte portée par ces travaux au patrimoine culturel lié à la forêt de
Brocéliande et à un site dont les caractéristiques écologiques a profondément
marqué les associations ainsi que leurs membres et nombreux
sympathisants.
Le 15 décembre 2009, la Cour Administrative d'Appel de Nantes a annulé une
ordonnance du Tribunal Administratif de Rennes qui avait déclaré sans objet le
recours engagé contre le premier permis de construire de l'usine.
L'affaire a ainsi été renvoyée pour être jugée devant le Tribunal
Administratif et l'Etat condamné à verser 2000 € aux requérants.
Suite à cela, ce sont maintenant tous les recours menés par les associations
"Sauvegarde de Brocéliande", "SOS Brocéliande" et autres à l'encontre des
projets du SMICTOM seront examinés Le JEUDI 25 février 2010 à 9H15 au Tribunal
administratif de Rennes :
- recours en annulation de l'autorisation d'exploiter l'usine
- recours en annulation de l'autorisation d'exploiter le centre
d'enfouissement
- recours en annulation des deux permis de construire successifs de
l'usine
- recours concernant les travaux de terrassement sans autorisation
Il s’agit là d’une journée cruciale pour l’avenir de
Brocéliande. Une mobilisation de grande ampleur est nécessaire pour dire non au
désastre qui se joue actuellement sur le site de Point Clos.
Association Sauvegarde de Brocéliande
Rue Val aux fées – 56430 Concoret
Contact : 06.71.87.28.62
Mail : sauvegarde_broceliande@yahoo.fr
Site : www.sauvegarde-broceliande.org
Par Gilles Héluin le samedi 20 février 2010, 07:03 - Entre Deux Eaux
Voici déjà la dixième newletter d'Emeline et Benjamin qui nous la
présentent ainsi :
Notre huitième bassin nous a cette fois amené sur les bords de l’Okavango,
fleuve prenant sa source en Angola, marquant la frontière avec la Namibie puis
se jetant dans un delta majestueux au beau milieu du désert. Outre sa situation
géographique originale, l’Okavango est un des bassins les plus propres et les
mieux préservés d’Afrique et du monde. Paradoxalement, il doit son état actuel
à un fort passé colonial et à des guerres qui ont pendant longtemps paralysé le
développement socio-économique de la région. Depuis 1994, les trois pays ont
formé l’OKACOM, la Commission de Bassin de l’Okavango, afin d’essayer
d’envisager intelligemment le futur de leur ressource commune. Nous avons
survolé et arpenté le fleuve afin d’en retenir la substantifique moelle, que
vous retrouverez entre ces lignes. Notre prochaine newsletter et avant dernier
bassin, au mois d’avril, parlera du politiquement et militairement complexe Nil
et de ses 9 pays.
« Cubango » en Angola, « Kavango » en Namibie,
« Okavango » au Botswana, autant de noms pour un écosystème si
particulier. L’Okavango (car c’est cette dénomination qui est utilisée par la
Commission) est un fleuve extraordinaire. En premier lieu, et à œil nu, parce
qu’il ne se jette pas dans la mer. De par une fracture géologique qui a eu lieu
il y a des millions d’années, le fleuve a arrêté sa course vers l’Océan Indien
et, au lieu de cela, éclate en une multitude de branches au beau milieu du
désert. Hydrologiquement maintenant, c’est un des écosystèmes aquatiques les
mieux préservés d’Afrique, voire du monde, tant au niveau de la qualité de
l’eau que de la faune et de la flore. Enfin, la Namibie en 1995, suivie par le
Botswana en 1997, ont signé la Convention de Ramsar sur la protection des zones
humides, faisant du delta le plus grand site Ramsar au monde. (Cf article sur les Zones
Humides).
Carte d’identité de l’Okavango
Longueur: 1 100 km, Surface totale du basin (active hydrologiquement): 323 192 km2
(Source : Rapport annuel de l’OKACOM 2009) dont : Angola (48%),
Namibie (37%),Botswana (15%), Population dans le bassin : 600 000 (Source: P. HEYNS
2007 & HOORC 2009), Densité de population : Environ 1,2 personne par km2
(Source: P. HEYNS 2007), Flux entrant annuel : 10 km3 d’eau, dont 95% viennent de
l’Angola, Usages : Roseaux et herbes de chaume (pour les maisons et
l’artisanat), bois pour le feu, pêche, nutriments pour l’agriculture lorsque
les inondations se retirent, eau potable pour les animaux, les troupeaux et les
hommes, Principaux affluents pérennes de l’Okavango : Rivières
Cubango (nom de l’Okavango en Angola) et Cuito.
En kayak dans le delta
Visuellement maintenant, l’Okavango est sans contexte un des fleuves les
plus majestueux et les plus sauvages qu’il nous ait été donné de visiter. Nous
avons commencé notre tour en Afrique par Gaborone (à prononcer
« Ra-bo-ro-ni » en roulant les R), la capitale du Botswana. Là, nous
avons pu rencontrer diverses personnes travaillant sur le delta : l’ONG
Kalahari Conservation Society (KCS), l’UNDP, SADC (« Southern African
Development Community »), ainsi que des personnes du Ministère de
l’Environnement et du Département des Affaires en Eau. Beaucoup s’affairent
autour du delta. Après les diamants, le tourisme est la seconde source de
revenus pour le pays. Et pour dire : le gouvernement motswana trie ses
touristes sur le volet : loges luxurieuses, safaris, balade en bateau sur
le delta, croyez-moi, peu de touristes au monde peuvent se permettre d’y mettre
le prix. (Exemple d’Abu’s Camp, 11 000$ les 5 nuits en basses saison, 17 000$
en haute saison. Une loge coûte en moyenne 350$ la nuit).Heureusement, nous
avons été chanceux. Tout d’abord la « chaîne de l’amitié » africaine
nous a sourit. Si vous connaissez une personne dans une ville en Afrique, c’est
suffisant : chacune vous indiquera une personne dans la ville suivante et
c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés passés de mains en mains et de
villages en villages, à bénéficier pour notre plus grand bonheur d’une immense
hospitalité.
Dans le delta, encore une fois, nos expériences ont été plus qu’originales.
Alors que nous désespérions en regardant les prix des tours opérateurs pour
visiter la zone humide, nous sommes tombés sur Sarah-Lee, une infirmière
motswana blanche qui nous a fait partager son amour de la nature : un
cottage au milieu des arbres envahis par les araignées, serpents et toute sorte
d’autres bestiaux que nous avons pour habitude de fuir en Europe. Eh bien, nous
avons appris à vivre avec. Deux jours plus tard, nous voilà à bord de kayaks à
pagayer entre les roseaux, provoquer des envolées d’aigrettes, de jacanas et
d’openbill stocks (grands oiseaux noirs avec un bec en forme de casse-noix pour
déguster les crustacés). Lorsque Sarah-Lee me fait un signe de la main en
poussant mon kayak jaune à l’eau, ses derniers mots, empruntés d’un air
extrêmement sérieux, sont : « If you see a hippo, don’t get close to
it and concerning crocodiles, they usually don’t approach us. » (« Si
tu vois un hippopotame, ne t’approche pas trop près et concernant les
crocodiles, ils ne viennent généralement pas des humains »). Ce jour là, hormis
des oiseaux, nous n’avons vu que des paysages magnifiques, admiré la corolle
des nénuphars se retournant au souffle du vent, pagayé entre les herbes hautes
et avancé au doux son de la nature, droit vers le soleil couchant.
Notre rendez-vous avec l’OKACOM
Notre passage à Maun a surtout été l’occasion de rencontrer le Secrétariat
de l’OKACOM, la Commission de Bassin de l’Okavango. Les trois pays, comme de
nombreux autres en Afrique, ont une histoire marquée par la colonisation :
anglaise au Botswana, alors appelé Bechuanaland, allemande puis sud-africaine
en Namibie et portugaise en Angola. Les trois pays ont obtenu leur indépendance
à des périodes différentes, soit par désintérêt de la puissance coloniale,
comme au Botswana le 30 septembre 1966, soit par des conflits sanglants, comme
en Angola en 1975, soit par insurrection et décision des Nations Unies comme en
Namibie en mars 1990. Quelque soit le processus, l’important reste qu’au début
des années 1990, les trois pays sont enfin maîtres de leurs ressources et
décident communément d’en faire bon usage. Un certain nombre d’accords sont
signés sur les cours d’eau transfrontaliers comme le Kunene entre la Namibie et
l’Angola, le fleuve Orange, le Zambèze, et enfin, celui qui nous intéresse le
plus, l’Okavango.
En 1992, des discussions tripartites commencent et aboutissent en 1994 à la
création de l’OKACOM. A cette période, elle n’est composée que de deux
entités : la Commission en elle-même, ayant un rôle de gouvernance, et l’
« Okavango Basin Steering Committee » (OBSC) dont la mission est plus
technique. Au départ, les échanges entre les trois gouvernements sont plutôt
hostiles : la Namibie a annoncé son plan de construction d’un canal pour
approvisionner Windhoek depuis l’Okavango et le Botswana, qui craint pour son
industrie touristique, s’y oppose fermement. En 1997 cependant, après plusieurs
workshops et discussions destinés, avec succès, à calmer les esprits, un
premier projet est entamé : le « Transboundary Diagnostic
Analysis » (Diagnostic Analytique Transfrontalier) ou TDA. L’objectif est
d’évaluer les ressources et les besoins des trois pays, en résumé, mieux
connaître l’Okavango. L’étude sera terminée en 1999 mais ne fera
malheureusement jamais l’objet d’un consensus. Il faut dire que la situation
politique n’aide pas : la même année éclate en Angola une guerre civile
entre l’UNITA (Union Nationale pour l’Indépendance Totale de l’Angola) au sud,
et le gouvernement de Luanda. Malgré le support du gouvernement namibien de Sam
Nujoma, la guerre fait des ravages et paralyse complètement le pays, qui n’a en
outre plus accès à l’Okavango.
Même lorsque les discussions trilatérales reprennent à partir de 2003,
l’atmosphère est tendue et complexe. La langue est une barrière
importante : alors que le Botswana et la Namibie, malgré de nombreux
dialectes tribaux, ont adopté l’anglais comme langue officielle, l’Angola parle
portugais. La culture joue également un rôle : alors que les deux pays en
aval ont bénéficié d’un héritage anglo-saxon, leur voisin en amont a une
culture plus méditerranéenne. Malgré des liens historiques forts entre la
Namibie et l’Angola, les commissionnaires ont du mal à trouver un accord, tout
comme le Botswana et la Namibie, que les projets de ce dernier inquiètent. Ces
mésententes provoqueront de nombreux retards, notamment dans l’établissement
d’un Secrétariat pour l’OKACOM. Cependant, grâce à l’arrivée de financements
internationaux (Gouvernement Suédois, USAID, GEF), des projets sont entrepris
et permettent à l’OKACOM se de mettre en route.
Aujourd’hui, l’OKACOM est un exemple de coopération pour de nombreux bassins
d’Afrique. Le Secrétariat, même de petite taille, commence à assumer pleinement
son rôle « terrain ». Reste à savoir sir les trois gouvernements prendront
le relai du Gouvernement Suédois, qui assure aujourd’hui le financement de
l’OKASEC. Un deuxième TDA a été rédigé et devrait paraître officiellement en
avril ou mai de cette année. Il sera suivi d’un Plan d’Action Stratégique (SAP)
destiné à assurer l’implémentation des décisions prises. Il semble que les
trois pays aient compris l’importance de travailler ensemble et de partager
cette ressource commune d’une grande rareté. Cette étape est primordiale à
l’aube d’une phase de développement imminente de l’Angola, qui verra
probablement émerger plusieurs projets de barrage sur l’Okavango, tandis que le
canal d’urgence vers Windhoek est toujours d’actualité dans l’esprit namibien.
(Voir Informations Supplémentaires en fin d’article)
Survolée du delta en avion (Voir
vidéo)
Il nous a fallu attendre deux jours de plus pour passer à la taille au
dessus (quoique visuellement parlant, ils ne furent pas plus gros qu’une
mouche) : lors d’une survolée du delta. Nous apprîmes par une américaine
volontaire pour « Peace Corps » (une organisation travaillant dans le
développement de communautés) l’existence d’un avion de fret qui devait
ravitailler le village de Seronga, en amont du delta. Ni une, ni deux, nous
sautons sur l’occasion et réussissons à trouver deux sièges au milieu des
paquets de chips et soupes en sachet. Pour l’évènement, nous faisons une croix
éphémère sur nos préoccupations environnementales (qui n’en aurait pas fait
autant ?). En guise d’avion, nous nous retrouvons donc sur le tarmac devant une
minuscule coque flanquée de deux ailes. La survolée dure en tout 45mn. Moi qui
m’attendais à voir de l’eau partout, en réalité, on ne la voit pas : elle
est partout et nulle part, cachée sous les herbes, les nénuphars ou si peu
profonde que l’altitude la rend transparente. En quelques secondes, nous
survolons une des plus vastes zones humides de la planète. Tout autour de nous,
jusqu’à l’horizon et dans toutes les directions, ce n’est que vert et eau. Pas
le moindre petit caillou ne vient troubler la platitude absolue du paysage.
Aucune infrastructure humaine visible à des centaines de kilomètres à la ronde.
Seules des pistes ocre, parfois coupées par de récentes inondations, relient
les îlots encore émergés entre eux. Ça et là, des espaces un peu plus larges et
entièrement défrichés marquent des pistes d’atterrissage, souvent jouxtées par
des camps faits d’une quinzaine de bungalows. Au bout d’une demi-heure, nous
apercevons les premiers animaux : un troupeau d’éléphants traversant un
cours d’eau. C’est un ravissement que de constater que cette nature infinie
leur appartient. Même si on les imagine battre des oreilles, l’altitude permet
à peine de les distinguer, seuls points mobiles dans ce repère immuable. Un peu
plus loin, un point d’eau rassemble ce que nous croyons être des hippopotames
et des lions. Zoomer sur nos photos un peu plus tard nous permettra de
reconnaître à leur place des buffalos et des antilopes. La chaleur (il fait
environ 40°) est source de trous d’air et l’avion fait des siennes. Lorsque mon
estomac commence sérieusement à crier « A l’aide ! », nous entamons
notre descente.
Conclusion
La visite de l’Okavango aura été pour nous une véritable source de réflexion
et d’apprentissages. Au-delà des paysages, la dimension humaine du bassin est
une composante primordiale de son développement, si ce n’est essentielle. Le
projet sur lequel nous avons décidé de nous pencher porte sur le développement
des communautés entourant le fleuve. Portant le doux nom de «Every River Has
Its People » (ERP), sa tâche n’est pas moins complexe : tenter de
faire remonter les problématiques vécues quotidiennement par les communautés
sur le terrain au niveau des politiques et, parallèlement, tenter d’expliquer
les décisions politiques aux villageois. Lorsque l’on se retrouve assis sous un
baobab, à discuter avec des hommes et des femmes qui essaient tant bien que mal
de vendre leur artisanat ou de créer des structures pour accueillir des
touristes dans le but, non seulement d’avoir des revenus, mais tout simplement
de vivre, toute une flopée de questions nous viennent à l’esprit : comment
développer des initiatives durables au niveau local ? Quelle direction a
pris le développement de l’Afrique ? Qu’adviendra t-il de la présence
exponentielle des chinois sur ce continent ? Quand disparaîtra la
distinction entre blanc et noir ? Comment diminuer la corruption ?
Quelle différence entre éducation et formation ? Jusqu’à quel point les
agences de développement doivent-elles s’impliquer et doivent-elles seulement
encore le faire ? Quelle différence entre aide et assistance ? Ce ne
sont pas six mois en Afrique qui nous permettront de répondre à ces
problématiques sur lesquelles des milliers de personnes se penchent déjà.
Cependant, être ici, confrontés à ce quotidien, nous aidera peut-être, si ce
n’est à le comprendre, au moins à en saisir quelques clés. Espérons que notre
newsletter vous aidera à faire de même. T.I.A. This Is Africa.
INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES
Situation par pays
BOTSWANA
o N’apporte virtuellement aucune contribution en terme de flux à l’Okavango,
très peu de précipitations et donc peu d’eau de surface disponible
o Le Delta a été déclaré site protégé par la Convention de Ramsar en
1997.
o Le Delta abrite de nombreuses communautés tribales relativement pauvres, peu
éduquées et souvent isolées.
o L’importance du tourisme dans le delta est la principale préoccupation du
Botswana quant à la préservation du fleuve: maintenir un écosystème de qualité
et donc attractif pour les touristes.
o Le Botswana a une excellente réputation de démocratie (c’est la plus vieille
démocratie d’Afrique) et de bonne gouvernance (c’est le pays le moins corrompu
d’Afrique). (Source: Transparency internationals Corruption Perception index
2007)
o La rareté des ressources en eau affecte de nombreux aspects de l’économie
nationale: les infrastructures hydrauliques notamment sont très coûteuses. Le
Botswana doit envisager un futur avec une demande croissante et une
disponibilité des ressources en baisse, en envisageant entre autres un
management par la demande, la récupération des eaux de pluie et le mangement
des eaux souterraines.
Législation :
o «Environmental Management Act» préparé en 2006 pour harmoniser les
différentes législations.
o Le développement dans le secteur de l’eau est fait à travers une approche par
les « Strategic Environmental Assessment » (SEA)
o Mise en place de l’« Okavango Delta Management Plan » (ODMP)
présenté officiellement au Symposium international sur les zones humides qui
s’est tenu du 1er au 3 février 2010 à Maun
NAMIBIE
o Contribue pour moins de 3% au flux de l’Okavango.
o La Namibie a signé la Convention de Ramsar en 1995.
o Cinq « Autorités Traditionnelles » vivent le long de l’Okavango,
regroupant plusieurs centaines de communauté comparativement plus pauvres qu’au
Botswana mais avec un niveau de vie encore supérieur qu’en Angola.
o La Namibie a un climat extrêmement aride, c’est le pays le plus sec de
l’Afrique sub-saharienne. Le pays doit donc puiser de l’eau à ses frontières
pour approvisionner le centre du pays. Le manque d’eau douce est une menace
majeure pour le développement national.
o Le secteur agricole est le principal consommateur avec 75% des ressources en
eau.Législation :
o Water Supply and Sanitation Sector Policy (WASSP), 1993
o National Water Policy White Paper, 2000
o Water Resources Management Act, 2004
ANGOLA
o Fournit 95% des eaux de surface à l’Okavango.
o La Guerre Civile qui a duré près d’un quart de siècle a empêché tout
développement socio-économique et le pays utilise donc très peu d’eau de
l’Okavango. o Le rapatriement de 6 millions de réfugiés va accroître fortement
la demande en eau.
o L’Angola a aujourd’hui un besoin urgent de développer son économie, d’entamer
sa reconstruction et d’assurer la sécurité alimentaire et professionnelle de
son peuple, ce qui va faire naître dans la prochaine décennie de nombreux
projets industriels et agricoles risquant d’avoir des conséquences importantes
sur les pays en aval si un plan à l’échelle du bassin n’est pas mis en
œuvre.
Législation : Je n’ai pas trouvé de données à ce sujet.
Cadre légalRatifié par les 3
pays :
International :
o Règles d’Helsinki, 1966
o Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique
(UNFCCC)
o Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique (UNCBD)
o Convention des Nations Unies pour combattre la Désertification (UNCCD),
1994
o La Convention des Nations Unies sur le droit relatif aux utilisations des
cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation(UNCSW),
1997
Régional :
o Protocole Révisé de SADC sur les cours d’eau partagés, 1995
o L’accord de l’OKACOM, 1994
Ratifié uniquement par le Botswana et la Namibie :
o Convention de Ramsar sur les Zones Humides d’Importance Internationale,
1971
Infrastructures ANGOLA
Peu ou pas d’infrastructures du fait de la Guerre Civile en Angola.
NAMIBIE
o Barrage sur la rivière Omatako, d’où l’eau est redirigée à but domestique et
industriel vers le complexe d’Okahanja-Windhoek en Namibie Centrale,
o L’ « Eastern National Water Carrier » (ENWC) en Namibie don’t une
des composantes est le canal entre Rundu et Windhoek.
BOTSWANA
o Barrage de Mopipi pour fournir de l’eau à la mine de diamant
d’Orapa.
PROJETS INTERNATIONAUX
o Plan de transfert international interbassin entre le fleuve Zaïre en
République Démocratique du Congo, via l’Angola, et qui se déchargerait dans
l’Okavango ou le Kunene,
o Proposition du Complexe Hydropolitique Sud-Africain d’un transfert
international interbassin, par exemple en utilisant le fleuve Zambèze pour
approvisionner Gaborone ou d’autres villes motswana dans l’ouest du
pays.
Sources Green cross, Okavango river basin, (date
inconnue)
HEYNS P. S. vH., Governance of the Okavango, 2007
HOORC, Water balance of the Okavango, 2007
MBAIWA J., Causes and possible solutions to water resource conflicts in the
Okavango River, 2004
MONGGAE F., Participation of basin stakeholders through transboundary river
basin institutions, a case study from the Okavango River Basin, (date inconnue)
SIDA, Botswana Environmental and Climate Change Analysis, 2008
SIDA, Namibia Environmental and Climate Change Analysis, 2008
Site Internet de l’OKACOM: www.okacom.org
TURTON T., AWIRU, Water Sharing to Benefit Sharing, (date inconnue)
Prenant acte du naufrage de sa campagne de promotion des nanotechnologies,
la Commission nationale du débat public (CNDP) a annoncé le 3 février 2010
l'annulation de ses trois dernières réunions prévues à Montpellier, Nantes et
Paris.
La dernière soirée, à Paris le 23 février, se déroulera en présence d'un
public trié sur le volet et sommé de présenter ses papiers. Après avoir inventé
le débat public sans public, l'obligation pour les participants de signer un
engagement à ne pas perturber la réunion, puis le débat virtuel, la CNDP
inaugure la réunion publique privée, sur invitation. Bienvenue dans le
nanomonde.
Cette campagne et l'opposition qu'elle a suscitée auront porté un coup aux
procédures d'acceptabilité de la prétendue démocratie technique et
participative. Certes les opposants au nanomonde ne sont pas les premiers à
contester et à s'enrager contre les multiples "panels citoyens", "sondages
d'opinion", "forums hybrides", "conférences de consensus", concoctés par les
sociologues d'Etat pour apprivoiser la plèbe et la ramener sous le magistère de
l'expertocratie ; mais la contestation n'avait pas jusqu'ici atteint cette
intensité ni cette ténacité.
Afin d'enterrer l'opération de la CNDP, nous tiendrons une réunion publique,
sans carton d'invitation, le mardi 23 février 2010 à Paris, où nous débattrons
des raisons et moyens de contester la tyrannie technologique
Ceux qui, à Strasbourg, Toulouse, Clermont-Ferrand, Lille, Besançon, Caen,
Grenoble, Rennes, Lyon, Marseille, Orsay, ont fait dérailler le train
publicitaire des nécrotechnologies, opposants à l'industrie nucléaire et à
l'enfouissement de ses déchets, aux OGM, au puçage électronique des animaux et
des hommes, à la police technologique, à la société de surveillance et de
contrainte, aux nanotechnologies, à la machinisation de nos vies et de la
planète – sans oublier les luddites - invitent à échanger et discuter tous ceux
qui considèrent le fait technologique comme un enjeu politique trop sérieux
pour être confié aux experts.
Sans agences de communication ni attachés de presse, sans budget de deux
millions et demi d'euros, sans moyens logistiques, médiatiques ou policiers,
sans cahiers d'acteurs ni retransmission Internet.
Venez nombreux avec vos idées, vos questions, vos réflexions et vos
amis.
Des nanotechnologies à la tyrannie technologique
Mardi 23 février 2010 à 20h
A la CIP (Coordination des Intermittents et précaires)
14-16 quai de la Charente, Paris 19e
Métro Corentin-Cariou
Par Gilles Héluin le jeudi 18 février 2010, 20:11 - Nucléaire
Huit milliards de dollars pour la construction d’une centrale nouvelle
génération en Géorgie : Barack Obama prend exemple sur la France et mise
sur le nucléaire.
Une révolution énergétique au pays du pétrole. En déplacement à Lanham, dans
le Maryland, près de Washington, Barack Obama a annoncé hier la construction
d’une nouvelle centrale nucléaire en Géorgie grâce à un investissement de 8
milliards de dollars de garanties de prêts.
«Que ce soit dans l'énergie nucléaire, solaire ou éolienne, si nous
n'investissons pas dans ces technologies aujourd'hui, nous les importerons
demain», a expliqué le président des Etats-Unis, après avoir cité l’exemple de
la France et son programme nucléaire civil.
Pour l’ancien sénateur de l’Illinois, relancer le nucléaire en Amérique est
une nécessité. «Il nous faut construire une nouvelle génération de centrales
nucléaires sûres et propres aux Etats-Unis», a-t-il martelé, alors que le parc
des centrales nucléaires de la première puissance mondiale vieillit
inexorablement.
Et ce n’est que le début d’un vaste plan d’action. Le président des
Etats-Unis, conscient de la fin programmée des énergies fossiles comme le
charbon et le pétrole, a déjà envisagé un plan de 54 milliards de dollars
d’investissement en 2011, selon son projet de budget.
Les Etats-Unis avaient mis un coup d'arrêt à la construction de centrales
nucléaires après le grave accident survenu à la centrale de Three Mile Island
en Pennsylvanie (Est) en 1979.
Par Gilles Héluin le jeudi 18 février 2010, 07:18 - Pollution
Le 8 février 2010, un arrêté préfectoral a officiellement interdit
la pêche à la sardine dans la baie de Seine, en Normandie, entre Dieppe et
Barfleur, suite aux contrôles effectués par les chercheurs de
l'Ifremer.
Contrôles qui ont révélé que les sardines de l'Estuaire de la Seine étaient
contaminées par une pollution aux PCB.
En octobre 2008 la préfecture de Seine-Maritime avait interdit début octobre
la vente et la consommation des poissons pêchés dans la Seine en aval de
Vernon, dans l’Eure pour contamination aux PCB : voir mon billet.
Les PCB, ou PolyChloroBiphényles, sont des dérivés chimiques chlorés plus
connus en France sous le nom de pyralènes. Depuis les années 1930, les PCB
étaient très utilisés dans l’industrie pour leurs qualités d’isolation
électrique, de lubrification et d’ininflammabilité. On les retrouvait notamment
comme isolants dans les transformateurs électriques et les condensateurs, comme
lubrifiants dans les turbines et les pompes ou comme composants d’huiles, de
soudures, d’adhésifs, de peintures et de papiers autocopiants. Ils ont cessé
d’être produits dans les années 80 et progressivement été retirés de la vente
jusqu’en 1987.
Ces substances sont peu biodégradables et persistantes dans l’environnement.
Elles s’accumulent dans les organismes vivants, le long de la chaîne
alimentaire.
Aujourd’hui, ce sont les pêcheurs qui subissent les conséquences de cette
pollution, avec cette nouvelle interdiction. La pollution aux PCB est devenue
un drame récurrent qui touche de plus en plus de professionnels de la pêche et
de l’agriculture.
La quantité totale de PCB non détruits est inconnue, mais il en existe des
stocks importants et un volume très significatif déjà diffusé dans
l'environnement.
S’agissant des effets chroniques (exposition sur le moyen et le long terme),
les PCB présentent divers effets néfastes chez l’animal, notamment toxicité
pour la reproduction, immunotoxicité et cancérogénicité. Ils ont été classés en
tant que substances probablement cancérogènes pour l’homme. Outre ces possibles
effets cancérogènes, les effets chroniques des PCB peuvent être des dommages du
foie, des effets sur la reproduction et la croissance ; les effets sur les
hormones thyroïdiennes et les conséquences possibles sur le développement du
cerveau sont l’objet de discussions à l’heure actuelle.
L'association Robin des Bois estime que le gouvernement ne prend pas la
mesure du "désastre" entraîné par les pollutions aux PCB :
Le gouvernement ne prend pas la mesure du désastre et distille au
compte-gouttes les arrêtés tardifs d'interdiction. Les informations officielles
oublient prudemment d'évoquer le bar de la Manche Est qui lui aussi est menacé,
de même que les maquereaux. Manque également "l'interdiction de pêcher dans le
réseau de canaux du Nord-Pas-de-Calais et sur tout le cours de la Seine de
Corbeil-Essonne à l'amont de Paris.
Le WWF appelle à un grand plan de dépollution à l’échelle
nationale :
Nous avions affirmé il y a deux ans et demi que la pollution du Rhône aux
PCB était une affaire très préoccupante. Les derniers développements ne font
qu’aller hélas dans notre sens. Il est urgent d’agir. La pollution aux PCB ne
doit pas être une fatalité mais l’occasion de créer de l’innovation et de la
recherche pour faire de la France un leader dans le domaine de l’éradication
des pollutions industrielles et de la restauration des milieux naturels.
Par Gilles Héluin le mercredi 17 février 2010, 22:56 - Général
L'écologie, la protection de l'environnement vous passionnent.
Vous avez envie de rédiger et publier des articles sur ce sujet.
Faites partager votre intéret et rejoignez moi comme rédacteur sur le blog
Centpourcentnaturel.
Contactez moi.
Par Gilles Héluin le mercredi 17 février 2010, 06:45 - Pollution
Après avoir transporté 5000 m3 de neige par 300 camions et 2 hélicoptères,
les organisateurs des JO veulent nous faire croire qu'ils organisent des jeux
très écolo...
Des jeux qui proposent des toilettes basse consommation utilisant de l’eau
de pluie pour tirer la chasse, des toits recouverts d’herbe efficients en
énergie, et des poubelles séparées pour les déchets recyclables sont-ils une
performance écologique au regard de toute l'énergie et la pollution occasionnés
par la mise en place des jeux en ces temps chauds au Canada ?
Les organisateurs affirment que leurs statistiques – et notamment un chiffre
qui comprend les émissions de gaz à effet de serre pendant les sept ans de
construction qui ont précédé les Jeux- montrent que l’empreinte carbone des
Jeux de Vancouver est plus faible que celle des Jeux Olympiques d’Hiver
précédents.
La Fondation Suzuki a donné aux Jeux Olympiques de Vancouver une médaille de
bronze dans un rapport publié la semaine dernière, se plaignant de la
difficulté de déchiffrer le message environnemental et d’un manque de bénéfices
sur le long terme en matière de transports.
Un monorail flambant neuf de la compagnie Canada Line transporte les
passagers depuis l’Aéroport de Vancouver jusqu’au centre ville en quelques
minutes, mais les organisateurs ont choisi de doubler la taille de l’autoroute
reliant Vancouver au centre alpin plutôt que d’essayer de construire un
train.
« Nous avons étudié très attentivement l’option de la voie
ferroviaire » a déclaré Dan Doyle, vice-président en charge de la
construction pour le Comité Organisateur des Jeux Olympiques de Vancouver.
« C’était trop cher ».
Un autre groupe environnemental a déclaré qu’il restait inquiet à propos de
l’impact environnemental des Jeux, et à propos des politiques environnementales
menées par plusieurs sponsors et du gouvernement du Canada.
Fabriquées par des artistes canadiens (Corrine Hunt et Omer Arbel), les
médailles olympiques sont réalisées à partir de l’or, de argent et du bronze
récupérés sur de vieux appareils électroniques fournis par le géant minier Teck
Resources Limited.
Mon avis
Un réflexion qui n'est pas inutile, n'en déplaise aux amateurs de grand
évènements sportifs, même pour moi qui suis intéressé par le patinage
artistique...
Par Gilles Héluin le lundi 15 février 2010, 07:59 - Oiseaux
Dans les Landes, Allain BOUGRAIN DUBOURG, président de la LPO, les membres
de la LPO Aquitaine et de la SEPANSO Landes ont visité ce dimanche matin 30
août de nombreuses installations illégales de capture de Bruant ortolan, espèce
protégée. Ils ont procédé à la libération de plusieurs dizaines d‘oiseaux
prisonniers des « matoles » et ont neutralisé plus de 200
pièges.
Il faut savoir que le Bruant ortolan est une espèce nicheuse en déclin dans
tous les pays d’Europe (Belgique, Pays-Bas, France, Italie, Allemagne,
Autriche…) sauf en Pologne, Bulgarie et pays baltes.
Les prélèvements effectués en France par cages pièges, appelées localement
matoles, et pratiqués dans les Landes de la mi-août à fin septembre, sont de
30.000 voire 50.000 oiseaux selon les années, soit l’équivalent des populations
nicheuses du Benelux, de l’Allemagne, du Danemark, de la Tchéquie, de
l’Autriche et de la Slovaquie réunies, d’où sa protection officielle par arrêté
ministériel du 5 mars 1999.
Voilà maintenant 4 ans que la LPO s’investie sur le terrain pour dénoncer la
situation de tolérance établie entre l’administration et les braconniers sans
résultat concret. Malgré les promesses faites par le Ministère de l’Ecologie
pour mettre un terme à cette situation, seuls huit procès verbaux ont été
dressés l’année dernière alors que le nombre de braconniers est évalué à plus
de 1200. Aujourd’hui, les équipes de la LPO constatent que la situation reste
inchangée.
En cette année mondiale pour la biodiversité, la LPO demande que l’Etat
assure fermement son rôle de lutte anti braconnage, en espérant que le dossier
ortolan ne traînera pas en longueur comme celui des tourterelles du Médoc
(l’Etat a fermé les yeux sur ce braconnage pendant plus de 20 ans…).
Par Gilles Héluin le dimanche 14 février 2010, 06:04 - Projets déments
Ensemble, dansons pour protéger la forêt, formons une chaîne solidaire au rythme envoûtant de nos
sonneurs pour dire NON au sortilège qui menace Brocéliande…
!!!
La lutte pour préserver le plus grand
massif forestier de Bretagne est plus que jamais d’actualité !!
Le projet d’implantation de centre d’enfouissement technique et d’usine de
traitement de déchets de 65 communes (30 000 tonnes par an) au cœur de la forêt
est toujours d'actualité. Il est encore possible de la protéger !!!
Les 4 audiences qui devaient avoir lieu le 09 juillet 2009 ont été
repoussées et sont encore en attente :
- recours en annulation de l'autorisation d'exploiter l'usine
- recours en annulation de l'autorisation d'exploiter le centre
d'enfouissement
- recours en annulation du permis de construire de l'usine
- recours concernant les travaux de terrassement sans autorisation.
Ne rien faire, c’est laisser faire
!!
Ne laissons pas Brocéliande s’embourber dans les déchets…
Préservons la terre nourricière pour nos enfants…
Le 27 février 2010, une nouvelle Danse avec les
Sorcières
FiESTa-NOZ à Paimpont (35380) à partir de 19h00
avec Arvest, Plantec, Mask Ha Gazh, les Frères Guichen
et les Ramoneurs de Menhirs.
Entrée : 11 euros ( 10 euros + 1 euro en soutien à Diwan)
Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans
Restauration sur place. - Pas de chiens sur le site, merci…
Toutes les infos sur : http://dansesorcieres.canalblog.com/
Les cartes pétitions sont en vente (s.broceliande@orange.fr). Il vous suffit de
la remplir, la timbrer et la poster.
Par Gilles Héluin le samedi 13 février 2010, 06:49 - Animaux
Observez à la longue-vue les phoques veaux-marins et phoques gris de la baie
de Somme.
Les bénévoles répondront à vos questions sur leur rythme de vie, leur biologie
et les mesures d’études et de protection mises en œuvre pour sauvegarder la
colonie.
J'ai préféré voir le dernier film de Jacques Perrin, avant de vous en
parler.
Je suis allé le voir confiant. J'aime vraiment ce que fait ce grand Monsieur du
cinéma.
Cela vaut pour ses talents d'acteur, dans Cinéma Paradiso par exemple, que
comme réalisateur, dans le Peuple migrateur qui est un film
formidable.
Je vous le dis tout de suite : j'ai adoré
Océans.
Techniquement, le film est excellent.
Il est clair que certaines scènes ont nécessité une technique innovante.
On voit les animaux marins de situation réelle sans que l'image ne soit
affectée par les vagues.
Si vous n'y prêtez pas attention, réalisez que ces images n'ont pas été
tournées en studio et ne sont pas virtuelles.
Cela vaut tant pour les dauphins qui bondissent hors de l'eau, que pour les
poissons qui nagent vers la caméra.
Mon avis
Allez voir ce film au moins pour ce qu'il nous communique sur la vie et
l'avenir des animaux.
Laissez tomber la technique et attachez vous au sens profond des images.
Ayez bien en tête que les animaux ne demandent rien à l'homme, surtout pas leur
destruction...
J'ai particulièrement aimé les images de dauphins bondissant hors de l'eau
en contre jour.
Et plus généralement toutes les séquences sur les cétacés, les baleines en
particulier.
L'ours qui court sur la banquise fondante nous interpelle : pourra-t-il
le faire à l'avenir ?.
L'éléphant de mer qui tient dans ses nageoires son bébé est tout à fait
craquant....
Reste que le film a certains sponsors pour le moins encombrants, plusieurs
personnes me l'ont fait remarquer :
- Esa (Agence spatiale européenne)
- Veolia
- EDF
- Principauté de Monaco - Fondation Bettencourt Schueller (liée à la
propriétaire de L’Oréal, Liliane Bettencourt, mécène parmi les mécènes) -
Fondation Total
- Crédit Agricole (principal bailleur de fonds des grandes exploitations
agricoles parmi les moins respectueuses d’écologie) - Alfred P.Sloan
Foundation
- Census of Marine Life
En effet, certains d'entre eux ne sont pas très recommandables sur le plan de
l'environnement, d'aucuns diront que c'est peu dire...
Un film comme cela est une bonne occasion d'essayer de se forger une image de
défenseur ou amis de l'environnement.
Qui en est dupe ?
Par Gilles Héluin le jeudi 11 février 2010, 19:41 - Nucléaire
Nicolas Sarkozy veut dissuader ce pays riche en uranium, où le
groupe français investit 1,2 milliard d’euros dans un nouveau gisement, de se
rapprocher des Chinois et des Iraniens.
L’ELYSEE s’inquiète de la pérennité du "partenariat durable" entre Areva et
le Niger, un pays riche en uranium où le groupe français investit 1,2 milliard
d’euros dans un nouveau gisement.
Nicolas Sarkozy ne devrait pas se rendre à Niamey lors de son voyage en
Afrique fin février qui l’amènera au Gabon et au Rwanda.
Mais il y dépêchera le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner ou
le ministre de l’Industrie Christian Estrosi afin de dissuader le président
Mamadou Tandja de se rapprocher des Chinois et des Iraniens.
Source : Challenges- mardi 9 février 2010 - Hubert
Levet
Mon avis
Et nos dirigeant essaient de faire passer le nucléaire du côté des énergies
renouvelables, propres !
L'approvisionnement en uranium sera à l'avenir de plus en plus un sujet
critique. Surtout pour les pays qui n'auront pas pris l'option
renouvelable.
La France poursuit vers l'impasse.
Par Gilles Héluin le jeudi 11 février 2010, 07:05 - Projets déments
Notre-Dame-des-Landes… priez pour le climat !
Avec ténacité et une constance qui défie toute rationalité, les régions Pays de
la Loire et Bretagne, les départements de Loire-Atlantique et d’Ille-et-Vilaine
et les villes de Nantes et Rennes ont obtenu qu’un projet d’aéroport
international imaginé dans les années 1960 (!) soit reconnu, en 2008, d’utilité
publique.
A quelques encâblures de Nantes, le futur aéroport dit de Notre-Dame-des-Landes
remplacerait l’actuel aéroport jugé trop petit pour accueillir les millions de
passagers supplémentaires prévus dans des scénarios totalement
surdimensionnés.
De 2,6 millions de passagers en 2009 transitant par l’aéroport actuel de Nantes
Atlantique, la nouvelle plate-forme aéroportuaire en attirerait jusqu’à 9
millions par an en 2050 !
Rassurant ou pas… les promoteurs du projet annonçaient déjà en 1960 un objectif
de 9 millions de passagers prévus en l’an 2000 ! Ces prévisions font
évidemment totalement abstraction des projets de lignes ferroviaires à grande
vitesse, du renchérissement du coût des matières pétrolières et du nécessaire
combat contre le dérèglement climatique. En 2009, le secteur aéroportuaire a vu
le nombre de passagers chuter de plus de 4 %, démontrant par l’absurde que les
prévisions n’engagent que celles et ceux qui y croient.
Un aéroport « haute qualité environnementale »
?
…Telle est en tout cas l’ambition du ministère de l’écologie qui tente, au
travers de communications biaisées de verdir un projet qu’il ne l’est
pas ! Appliquant la stratégie de certaines grosses multinationales qui
usent et abusent d’arguties faussement écologiques, le ministère de l’écologie
considère qu’un aéroport au bilan carbone déplorable sera
« écologique » si les promoteurs du projet recourent aux options les
moins pires et le saupoudre d’une ou deux voitures électriques pour amuser la
galerie !
Que l’aéroport actuel soit largement suffisant, que l’implantation du futur
aéroport soit prévue sur plus de 1650 hectares de zones agricoles et zones
humides… que l’accès à cet aéroport nécessite la construction de nouvelles
routes… que cette infrastructure incite à utiliser l’un des modes de transport
les plus carbonnés… que cette nouvelle plate-forme aéroportuaire repose sur la
généralisation des compagnies dites « low cost »… rien n’est de nature à
remettre en cause ce projet !
Pour les promoteurs de ce nouvel aéroport, le développement durable est une
façon habile de réhabiliter des projets vieux de 50 ans ! Pour faire bonne
figure, les élus locaux annoncent, sans trop y croire, la création d’un millier
d’emplois durant les travaux, liée à un investissement somptuaire de 581
millions d’euros.
Ce montant n’a pas été réévalué depuis 2006 et exclut un certain nombre
d’investissements qui ne manqueront pas de faire gonfler l’addition !
L’équilibre financier à long terme du projet repose sur un trafic aérien en
constante augmentation qui ne peut que réserver de mauvaises surprises, au
regard des contraintes écologiques qui elles ne se négocient pas !
Dans les faits, l’Etat français et les collectivités locales voleront sans
doute au secours de cet aéroport pour éponger les dettes !
71 % des Français hostiles à la construction de nouveaux
aéroports
Dans un sondage exclusif BVA réalisé pour le compte d'Agir pour l'Environnement
et publié à l'occasion du lancement d'une nouvelle campagne intitulée
« Nouvel aéroport : il est temps d'atterrir ! », 71% des
Français se déclarent hostiles à la construction de nouveaux aéroports en
France. Fortes de ce soutien massif de l'opinion publique, les associations
réclament l'abandon immédiat du projet d'aéroport dit de Notre-Dame des Landes
situé à proximité de Nantes.
Le projet d'aéroport dit de Notre-Dame-des-Landes est porté par ceux qui
jugent l'actuel aéroport de Nantes trop petit pour accueillir les millions de
passagers supplémentaires prévus dans des scénarios totalement surdimensionnés.
Alors que le trafic des avions à Nantes a fortement diminué depuis 2000 (-14%),
les promoteurs de ce projet d'aéroport table sur une augmentation théorique du
nombre de passagers, passant de 2,6 millions en 2009 à plus de 9 millions en
2050 !Pour l'Acipa, association locale qui se mobilise contre ce projet,
« ces évaluations farfelues ne sont produites que pour justifier un projet
inutile et qui sera, à terme, coûteux pour les collectivités locales. Prévoir 9
millions de passagers à échéance 2050 est une façon cynique de faire
abstraction de la raréfaction des matières pétrolières et surtout faire preuve
d'une complète irresponsabilité envers les enjeux climatiques !
».
Pire, l'implantation du projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes est
prévue sur plus de 1650 hectares de terres agricoles et zones humides. Pour
Agir pour l'Environnement, « l'Etat français ainsi que les régions Pays de
la Loire et Bretagne doivent enfin accepter que les grands discours en faveur
de la lutte conte le dérèglement climatique et la préservation de la
biodiversité se traduisent enfin dans les faits. "L'écologie hors-sol" qui
consiste à parler fort et agir peu ne peut tenir lieu de stratégie et doit être
sanctionnée ! »
Par ailleurs, les associations demandent que le projet d'aéroport soit
évalué rigoureusement par des critères environnementaux comme l'oblige la loi
Grenelle 1 (article 17) dans le cadre de l'élaboration du futur Schéma national
des Infrastructures de Transport (SNIT). Ce dernier doit en effet constituer
une révision du CIADT(1) de décembre 2003 dans lequel figure le projet
d'aéroport. Selon les termes de la loi, ce SNIT devait être publié avant la fin
de l'année 2009... A ce jour, l'Etat est ainsi hors-la-loi puisque ce schéma
n'a toujours pas été publié !
Selon les dernières données scientifiques, le secteur aérien représenterait
près de 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre(2) en hausse de 90%
depuis 1990. Le secteur aérien bénéficie d'un traitement de faveur (carburant
non taxé, pas de TVA sur les billets, rejets de gaz à effet de serre
internationaux non couverts par Kyoto, etc.) qui lui permet de concurrencer le
rail, même sur des destinations intra-nationales. Pour les associations, il
devient urgent de mettre en place une écotaxe sur le kérosène, pour les vols
domestiques et prioritairement là où il existe une alternative
ferroviaire.
(1) Comité Interministériel de l'aménagement et du développement du
territoire
(2) Voir : http://tinyurl.com/opk8nc
En novembre 2008, le Mouvement pour les droits et le respect des générations
futures (MDRGF) avait publié les résultats d'une enquête menée dans cinq pays
européens avec quatre autres ONG, révélant la présence de résidus de
pesticides, dont certains interdits dans l'UE, dans la quasi totalité des
raisins de table prélevés dans ces pays.
L'association, avait été assignée devant le tribunal de Paris pour
dénigrement par une organisation professionnelle, la Fédération nationale des
producteurs de raisins de table (FNPRT).
Les producteurs de raisins ont été déboutés mercredi 10 février par
le tribunal de grande instance de Paris.
La FNRPT, qui réclamait un demi-million d'euros de dommages et intérêts, "a
été déboutée et condamnée à 1 euro d'amende pour procédure abusive et à verser
2.00O euros au MDRGF pour les frais d'avocat".
Mais surtout, "dans son jugement, le TGI reconnait que le MDRGF s'est
exprimé dans le cadre de ses statuts et de son rôle social en publiant les
résultats d'analyses montrant la présence de résidus de pesticides dans des
raisins vendus en supermarchés. Il nous reconnaît le droit de parler de
contamination".
Le juge a également reconnu que ce genre de travail visait à faire
évoluer la législation.
F. Veillerette, Président du MDRGF a déclaré :
Nous nous félicitons de ce jugement qui légitime totalement le travail du
MDRGF et notre droit à réaliser et publier des résultats d’analyse de
pesticides contenus dans des produits alimentaires. Il s’agit d’une victoire
importante pour la liberté d’expression et pour les droits des contre pouvoirs
en général dans ce pays. Cette tentative de procès baillons n’a pas abouti.
Nous allons donc continuer sereinement à faire le travail que nos adhérents
nous demandent de faire : à savoir informer sur la présence des pesticides
dans l’environnement et l’alimentation et travailler à obtenir des législations
plus protectrices de l’environnement et de la santé. Enfin, nous souhaitons que
les producteurs de raisins de table retrouvent la voie du dialogue. Nous nous
tenons à leur disposition pour travailler ensemble sur les techniques
agronomiques qui permettront de concilier productions et préservation de
l’environnement et de la santé, conformément aux objectifs du Grenelle de
l’environnement.