La Commission européenne (CE) a autorisé le 2 mars 2010 une pomme de terre
OGM, l’Amflora, enrichie en amylopectine, pour l’industrie du papier et
l’alimentation animale, mais aussi avec une tolérance pour l’alimentation
humaine en cas de contamination.
Cette autorisation fut donnée sur la base d'une évaluation faite par
l’Agence européenne de sécurité sanitaire (AESA).

Le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) français, composé de son Comité
scientifique (CS) et de son Comité économique, éthique et social (CEES), vient
de rendre un avis le 28 juillet 2010 sur cette pomme de terre OGM.
"Les études de toxicologie entreprises n'ont pas identifié de risque majeur
lié à la consommation de ce végétal", indique le conseil scientifique du
HCB.
D'autre part, "la culture de cette pomme de terre ne constituerait pas de
risque particulier pour l'environnement".
Le CEES, de son côté, "diverge sur le sort à réserver, dans la décision
politique, au gène marqueur de résistance aux antibiotiques" présent dans cet
OGM.
Certains, note le comité, "estiment que, du fait du manque de manque de
connaissances sur la microbiologie du sol, une précaution maximale devrait être
adoptée sous forme d'interdiction d'Amflora". En effet, "l'autorisation de
cette pomme de terre véhiculerait pour eux un message négatif au regard des
efforts de prévention des résistances aux antibiotiques".
D'autres "invitent à prendre acte de l'absence de risque à laquelle
concluent les scientifiques et observent que le principe de précaution
n'implique en rien de parvenir à un hypothétique risque zéro".
Le CEES observe par ailleurs que "dans le contexte économique actuel, la
pomme de terre Amflora ne présente qu'une utilité limitée pour les acteurs des
filières féculière et papetière françaises".
Sur le plan scientifique, le CS souligne que le gène de référence de la
variété transgénique présente des réactions croisées avec d’autres séquences de
solanacées* et que « le système de référence proposé par le pétitionnaire
n’est pas fiable ».

Pour Nature Environnement (FNE), « il ressort de cet
avis des arguments scientifiques et juridiques qui font apparaître Amflora
comme inutile, n’ayant pas fait la preuve de son innocuité et illégale » ;
et de préciser que « au-delà de ce dossier, c’est bel et bien la non
crédibilité des instances européennes en matière d’évaluation des OGM que FNE
dénonce une nouvelle fois pour exiger, au minimum, une refonte des procédures
d’évaluation des OGM ».
FNE affirme que tous les avis favorables rendus jusque là en faveur des OGM
par la CE devraient être invalidés, à la fois pour des raisons scientifiques et
politiques. On ne se donne pas les moyens de certifier l’absence de toxicité
des produits et l’on ne respecte pas l’expression démocratique.
Les clauses de sauvegarde nécessaires pour se protéger des autorisations
laxistes accordées par la CE ne doivent pas faire l’objet d’un marché de dupes,
marché qui consisterait à accorder aux Etats membres la possibilité d’interdire
sur leurs territoires, les cultures d’OGM à condition de faciliter les
autorisations de mise en culture au niveau communautaire !
FNE estime que ce serait un comble alors qu’il est urgent de réformer cette
procédure d’évaluation devant intégrer, outre les risques toxicologiques, leurs
impacts socio-économiques, avec des moyens techniques et budgétaires pour mener
des contre-expertises pluridisciplinaires, transparentes et indépendantes.

L'association Inf'OGM estime que :
L’avis du HCB met en avant des problèmes scientifiques et juridiques que
nous allons analyser en détail. Certains d’entre eux n’ont pas été repris dans
le communiqué de presse du HCB, comme l’impossibilité de mettre en place une
traçabilité sérieuse et l’illégalité de l’autorisation pour l’alimentation
humaine de cette pomme de terre GM.
Mon avis
Une actualité OGM riche en cet été 2010.
Entre les 6 variétés de maïs OGM que la Commission Européenne (CE) a autorité à
la commercialisation, entre la pomme de terre Amflora qui avait été autorisée
par la même CE, il ressort clairement que les avis scientifiques sur lesquels
ces autorisations s'appuient ne sont pas carrés et font l'objet de controverse.
Le bricolage que propose la CE qui laisserait la possibilité d’interdire sur
leurs territoires, les cultures d’OGM à condition de faciliter les
autorisations de mise en culture au niveau communautaire, ce bricolage doit
être combattu.