Comme je vous le rapportais ici, on nous
affirmais que environ trois quarts du pétrole brut déversé dans le golfe du
Mexique aurait été « éliminé ».
Je vous avais fait part de mes doutes et surtout quant au devenir du pétrole
restant présent dans le milieu naturel.
Certains experts viennent de rendre un avis bien différent.
Selon eux, près de 80% du pétrole provenant de la fuite du puits
exploité par BP dans le golfe du Mexique serait encore dans l'océan.
Ils remettent ainsi fortement en question les évaluations très optimistes du
gouvernement américain.
«Nous avons seulement ré-analysé le rapport du gouvernement fédéral (et)
calculé la quantité de pétrole pouvant probablement se trouver encore dans
l'océan, et c'est comme cela que nous sommes arrivés à 70 à 79%», a expliqué à
l'AFP Charles Hopkinson, un des experts ayant produit un nouveau rapport. «Une
des principales erreurs est de penser que le pétrole qui s'est dissout dans
l'eau a disparu et est de ce fait inoffensif», a prévenu cet océanographe. «Ce
pétrole est toujours dans l'océan, sous la surface, et il faudra probablement
des années avant qu'il ne se dégrade complètement».
Charles Hopkinson a souligné que contrairement aux hypothèses avancées par
le rapport fédéral, la majorité du pétrole qui a fui par 1.500 mètres de fond
n'est pas encore remonté à la surface où il s'évaporerait rapidement.
Pour Ed Overton, un océanographe de l'Université de Louisiane (sud) qui a
participé au rapport fédéral, «la question cruciale est d'avoir une bonne idée
de la quantité de brut qui a déjà fait surface».
Et «c'est sur ce point que la discussion porte surtout et où les experts
divergent», a-t-il dit à l'AFP, soulignant qu'à ce stade «franchement nous ne
le savons pas et que nous le saurons peut-être jamais».
Pour tenter d'y voir plus clair, Greenpeace mobilise deux de ses
trois navires pour faire un état des lieux et dénoncer le danger des forages en
eau très profonde.
L’Arctic Sunrise est parti de St. Petersburg en Floride mi-aout pour sillonner
l’archipel des Keys et le parc national des îles Dry Tortugas. Il approchera
ensuite de la funeste plateforme Deepwater Horizon avant la fin du mois,
examinant l’état du plancton, du corail, etc. A titre d’exemple, des chercheurs
de l’Université de Nova Southeastern en Floride, de l’Université de Tulane en
Louisiane seront à bord pour étudier par exemple les éponges en tant que
bio-indicateurs : elles filtrent de grandes quantités d’eau et sont donc
très utiles pour constater l’impact toxique du pétrole et des dispersants. Ils
étudieront aussi le plancton dans les environs de la plateforme Deepwater
Horizon afin d’évaluer les impacts sur les larves de crabe bleu, de thon rouge,
de daurade et d’autres espèces. Ils seront rejoints dès le mois de septembre
par d’autres équipes de scientifiques.
Parallèlement, l’Esperanza a quitté Londres pour aller dénoncer la
dangerosité des projets de forages en eau très profonde. « Les compagnies
pétrolières ont une vision de très court terme, cherchant toujours à forer plus
loin, plus cher, plus risqué, alors que l’évolution vers les énergies vertes
est inévitable », explique Greenpeace.

L’Esperanza a quitté Londres pour aller dénoncer la dangerosité de certains
projets de forages en eau très profonde ©Greenpeace
Sources :
Libération
Greenpeace