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mardi 1 novembre 2011

Les enjeux de développement durable au Sommet du G20 à Cannes

Les 3 et 4 novembre 2011, se tiendra le Sommet du G20 à Cannes. Des enjeux importants y seront discutés et beaucoup d’espoir se sont exprimés en prévision de ce Sommet…. A l’affirmation, le G20 ne concerne pas les questions du développement durable, je réponds, si au contraire et je vais vous le prouver !

Le G20, c’est quoi ?

Le G20 a été créé en décembre 1999 en réponse aux crises financières qui ont frappé les pays émergents à la fin des années 1990. Il s'agissait à l'origine de réunir une fois par an les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales des pays industrialisés et des pays émergents pour faciliter la concertation internationale en matière économique. Puis à la suite de la crise économique et financière de 2008-2009, le G20 s’est transformé en une instance de pilotage économique, réunissant au plus haut niveau les grands responsables publics.

Le G20 représente 85 % de l'économie mondiale et 2/3 de la population mondiale. Il est composé de l'Afrique du Sud, de l'Allemagne, de l'Arabie Saoudite, de l'Argentine, de l'Australie, du Brésil, du Canada, de la Chine, de la Corée du Sud, des Etats-Unis, de la France, de l'Inde, de l'Indonésie, de l'Italie, du Japon, du Mexique, du Royaume-Uni, de la Russie, de la Turquie et de l'Union européenne. Mais les membres du G20 peuvent également décider chaque année d’inviter un nombre limité d’autres pays et d’organisations régionales à leurs sommets.

Cette année, le président français, M. Nicolas Sarkozy présidera le Sommet du G20. L’occasion de lui rappeler les enjeux en matière de développement durable.

Quels enjeux liés au développement durable lors du Sommet du G20 ?


Le drame de la faim dans le monde touche environ un milliard de personnes… Chiffre sans cesse en augmentation ! Pour lutter contre cela, les décideurs politiques au G20, peuvent apporter des solutions et lutter contre les dysfonctionnements des marchés économiques et financiers, jouant actuellement au détriment des pays en développement.

Il faut savoir qu’à elle seule, l’évasion fiscale des multinationales représente un manque à gagner fiscal de plus de 125 milliards d’euros, soit plus de 4 fois le montant estimé nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde. Alors parler d’évasion fiscale en matière de développement durable, n’est pas du tout anodin ! Il est absolument nécessaire d’assainir les marchés et d’y inclure plus de transparence.

Autre débat à aborder ? La possibilité de taxer les 3 millions de milliards d’euros échangés chaque année dans le monde, qui pourrait permettre de financer le développement et réduire les inégalités entre pays riches et pays pauvres, comme le proposent notamment les ONG Oxfam, WWF et le CCFD-Terre Solidaire.

Qui plus est, un autre enjeu est celui de la spéculation sur les denrées alimentaires.
Pour illustration, voici quelques chiffres extraits d’une publication de M. Gérard Fuchs (Economiste et Responsable du département de Coopération internationale de la Fondation Jean-Jaurès depuis 2006), dans un rapport intitulé «Le G20 et la faim dans le monde »:

« La flambée des prix alimentaires en 2008 a fait sombrer 100 millions de personnes dans la pauvreté et le nombre de personnes souffrant de la faim a dépassé un milliard en 2009. Selon les estimations de la Banque Mondiale, 44 millions de personnes supplémentaires ont basculé en-dessous du seuil de pauvreté au cours du second semestre de 2010 sous l’effet d’une hausse des prix atteignant des niveaux proches des maxima de 2008».

Les explications peuvent être diverses comme le rapporte M. Fuchs. Les fluctuations du prix des matières premières agricoles peuvent être dites « normales », comme celles qui résultent d’événements climatiques ou de politiques imprévus, mais elle est aussi l’œuvre de spéculation financière, car déconnecté de la possession réelle de matières premières (jeu sur les produits dérivés liés aux matières premières alimentaires). Il est primordial que des instances internationales puissent arrêter ce jeu de la faim.

Cela en parallèle à l’arrêt des subventions sur les agrocarburants, ayant une influence directe sur les prix des denrées alimentaires et mobilisant des terres arables dans des pays où l’autosubsistance alimentaire devrait être plutôt la priorité, comme l’a exprimé le Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, M. Olivier de Schutter lors de son appel du 31 octobre 2011 à l’égard des Etats membres du G20.

En effet, la « ruée vers les terres arables des pays en développement », nuit gravement aux pays en voie de développement, comme l’exprime M. Olivier de Schutter. Le flou juridique relatif à la propriété de la terre, permettrait aujourd’hui aux gouvernements des pays pauvres eux-mêmes de céder à de grandes sociétés étrangères l’usage de milliers d’hectares jusque-là utilisés pour une agriculture de subsistance. Une des propositions faites par M. Gérard Fuchs (dans le rapport susmentionné) est qu’une « qu’une partie des fonds que le G20 a décidé de donner aux pays en développement soit explicitement destinée à la mise en place de registres cadastraux, rendant ainsi impossible toute expropriation non justifiée et non compensée et dotant notamment les petits agriculteurs d’une sécurité propice à leur expansion ».


Enfin, il s’agit également de « renforcer la dimension sociale de la mondialisation », qui est l’un des 6 objectifs prioritaires de M. Sarkozy au G20. Cet objectif concernerait la mise en place de 4 actions relatives à l’emploi notamment des plus jeunes et des plus vulnérables, la consolidation du socle de protection sociale, le respect des droits sociaux et du travail, et une meilleure cohérence des stratégies des organisations internationales. A cela je dis très bien, maintenant prouvez-le notamment en signant le Protocole international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. En effet, l’ONG Amnesty International France a lancé un appel à M. Sarkozy afin qu’il signe et ratifie ce protocole, pour donner l’exemple en sa qualité de président du G20. Ce protocole doit donner la possibilité aux populations victimes de violations de droits économiques, sociaux et culturels (accès aux soins, à l’éducation, au logement…) d’obtenir justice au niveau national (via les Nations Unies) lorsqu’elles n’ont pas pu obtenir un recours dans leur propre pays. Cet instrument juridique facultatif a déjà été signé par 39 pays et 5 l’ont ratifié, mais pour qu’il rentre en vigueur, il est nécessaire que 5 autres pays le ratifient également !

Lors du Sommet du G20, la majorité des enjeux de développement durable mentionnés seront débattus! L'issu de ce Sommet est encore flou! Rien n'est encore joué! Une pression citoyenne doit s'exercer car l’avenir de millions de personnes en dépend (pour ne pas dire des milliards)!


Sources :

- « Un expert de l'ONU appelle le G20 à faire de la sécurité alimentaire une priorité »
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=26768&Cr=G20&Cr1

- Paradis fiscaux et finance illicite : le G20 est-il le lieu des décisions ?

- G20 : Amnesty International frappe fort pour que Nicolas Sarkozy signe enfin le protocole au PIDESC
http://cdurable.info/G20-Nicolas-Sarkozy-doit-ratifier-protocole-PIDESC-Amnesty-International.html

- Le G20 et la faim dans le monde
http://www.jean-jaures.org/Publications/Les-notes/Le-G20-et-la-faim-dans-le-monde

- Site officielle du G20-G8 France 2011
http://www.g20-g8.com/g8-g20/g20/francais/accueil.1.html

- Spéculation et sécurité alimentaire : fini de jouer
http://www.oxfam.org/fr/policy/speculation-securite-alimentaire-fini-jouer

- G20 : saisissons l'occasion de taxer les transactions financières
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/209535;g20-saisissons-l-occasion-pour-taxer-les-transactions-financieres.html

mardi 16 novembre 2010

L'environnement remanié, dévalué

Le remaniement ministériel du dimanche 14 novembre semble faire l'unanimité dans le milieu environnemental associatif : l'environnement est relégué à l'arrière plan des préoccupations. Exit les bonnes intentions affichées Grenelle de l'environnement.

L'alliance pour la planète exprime sa consternation face à l’affaiblissement du Ministère de l’Ecologie dans le nouveau gouvernement :

Nous demandions solennellement il y a quelques jours au Président de la République de renouveler le signal politique fort qu’il avait donné au lendemain de son élection en créant le « super-ministère » du Développement Durable. Ce ministère avait en effet su donner une impulsion forte en matière environnementale. Or, force est de constater que le Ministère a été affaibli : Première surprise, Nathalie Kosciusko-Morizet n’aura pas rang de ministre d’Etat. Pourtant, il s’agissait d’un engagement solennel pris par le chef de l’Etat au moment de sa signature du Pacte écologique. Particulièrement compétente sur les questions écologiques, en quoi Nathalie Kosciusko-Morizet était-elle illégitime pour avoir rang de ministre d’Etat ? Cet arbitrage traduit le fait que l’environnement n’est plus un sujet prioritaire. Ce sentiment de perte d’influence est renforcé par le transfert de tutelle de l’écologie au Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie en ce qui concerne l’énergie, faisant craindre pour les choix à venir. Va-t-on voir surgir l’Etat EPR ? En définitive, le périmètre transversal (écologie, énergie, transport, logement et mer) s’est considérablement réduit si on y ajoute la perte de référence à la « mer » et la réduction du nombre des secrétaires d’Etat rattaché à l’écologie, passant de 4 à 2. L’esprit de cohérence n’a pas suffit à réintroduire dans son champ d’autorité l’aménagement du territoire dont Bruno Lemaire, Ministre de l’Agriculture, aura la charge. Nous exprimons là encore nos craintes. Quel avenir pour la Trame verte et bleue lorsqu’on sait l’influence du lobby de la FNSEA et des pesticides sur l’action de ce Ministère ? Le défi environnemental constitue l’un des enjeux les plus cruciaux du 21è siècle. Comment répondre au grand défi de ce siècle, le défi climatique, en saucissonnant les compétences Energie-Climat entre le ministère de l’Industrie et le ministère du Développement Durable ? Nous demandons que toutes les compétences « climat » soient regroupées au sein du Ministère du Développement Durable, y compris les négociations européennes et internationales. Ce nouveau gouvernement sera-t-il en mesure de faire vivre et pérenniser les engagements pris lors du Grenelle de l’Environnement ?

La fédération France Nature Environnement (FNE) considère, voit un ministère peau de chagrin…

Le ministère, jusqu’alors chargé de l’énergie et des négociations sur le climat se voit dépossédé du portefeuille de l’énergie, hypothéquant potentiellement notre objectif de division par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre. Qui représentera l’Etat français à Cancún dans moins d’un mois ? Pour y défendre quoi ? Pourquoi l’énergie doit-elle maintenant dépendre de l’industrie ? Le précédent gouvernement avait affirmé que l’environnement devait être au cœur de toutes les politiques publiques. Qu’en est-il aujourd’hui ? Pour la CFDT, la LPO et FNE, il indispensable que le ministère de l’industrie ne cantonne pas l’énergie à des problématiques industrielles. L’énergie est le problème de toute la société et les solutions résident dans un meilleur équilibre entre productions locales et moyens centralisés et surtout dans la promotion des renouvelables et de l’efficience énergétique. De même, la Mer a disparu de l’intitulé du nouveau ministère. Les grands engagements pris lors du Grenelle de la Mer pourraient-ils être balayés par la vague du changement de ministère ? Pour la CFDT, les questions de l’emploi et de l’environnement pour une croissance durable doivent être articulées et prises en compte dans le cadre du dialogue social. Bruno Genty, président de FNE : « Je souhaite bonne chance à la nouvelle ministre, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, dont les compétences environnementales sont certaines. Je lui souhaite aussi beaucoup de courage et d’énergie pour faire face à ses nouvelles responsabilités. L’énergie est un enjeu important du Grenelle de l’environnement. FNE attend de la ministre de l’écologie qu’elle veille à l’application de tous les engagements du Grenelle concernant cette thématique même si celle-ci ne fait plus partie de son ministère». La CFDT, FNE et la LPO seront vigilantes quant à l’application stricte des engagements pris lors des « Grenelles », et en particulier ceux concernant l’énergie et la mer pour lesquelles les inquiétudes sont plus grandes que jamais. Nos organisations rencontreront dès que possible les nouveaux ministres de tutelle afin de leur faire part de leurs préoccupations. Le développement durable, ce n’est pas la cerise sur le gâteau, c’est le gâteau !


Mon avis

Comme souvent, FNE ménage la chèvre et le chou et prend une position attentiste et peu marquée.
Je suis largement plus proche de la position de l'alliance pour la planète...
Les bonnes intentions du Grenelle de l'Environnement, qui y a cru ?


Notre nouveau Ministre de l'Environnement à Yerres (91) en novembre 2008 où elle fit un passage éclair pour le moins irrespectueux de l'assistance qui était en partie là par rapport à sa présence annoncée...
Photo : © Gilles Héluin

vendredi 12 mars 2010

Cécile Duflot au Cirque d'hiver lors du meeting de clôture des régionales

Pour la seconde fois seulement en plus de deux ans, je vous parle ici d'écologie politique.
Cela vaut la peine, par le rassemblement que représente Europe Ecologie.
Si vous avez des doutes sur les capacités, la sincérité, la détermination de Cécile Duflot, tête de liste en Ile de France, alors regardez...

Rendez-vous les 14 et 21 mars !

mardi 19 janvier 2010

Premier meeting Europe Ecologie pour les élections régionales

1er meeting national de campagne Europe écologie pour les régionales. J'y étais.

C'est la première fois que je vous parle directement politique sur ce blog en 2 ans...

Après environ 25 ans d'écologie associative, j'assistais à mon premier meeting politique.

A voir les élus de tout bord s'approprier les idées et actions écologistes, le plus souvent sans raison, sans justification valable.
Avec l'expérience de terrain où certains élus aident, soutiennent avec succès les actions des écologistes associatifs.
Voyant que nous ne pouvons obtenir quelquefois satisfaction, réussite dans nos actions de terrain qu'avec le concours d'élus motivés et influents.
Il fallait quand même, enfin, voir en direct, se rendre compte si le parti politique écologiste dominant est sincère...

J'ai assisté au meeting Europe Ecologie, de lancement de la campagne des élections régionales en Ile de France.

C'était samedi 16 janvier à Montreuil.


Toues les eurodéputés écologistes français étaient présents.

Les personnalités têtes de liste régionales ainsi que certains représentants nationaux étaient là.

J'ai particulièrement apprécié :

- l'intervention de Eva Joly, très touchée par l'ovation qui lui a été faite et qui nous a relaté sa satisfaction que le parlement ait rejeté, jeudi 1er octobre, l’accord de pêche conclu entre l’Union européenne et la Guinée.

- la contribution de Jacques Fernique pour l'Alsace. Très dynamique !

- José Bové qui nous a relaté l'intervention des députés Européens pour faire libérer des militants syndicalistes à presque 20 000 km de la métropole.
- l'intervention de Dominique Voynet qui nous a dit très simplement que les choses ne sont pas faciles mais qu'elle sont motivantes d'être Maire de Montreuil.

- Bien sûr, le discours de Cécile Duflot, sincère, motivée, humble et déterminée à faire progresser les actions écologistes.

Daniel Cohn Bendit, en poids lourd politique a fait une intervention telle que l'ont pouvait l'attendre... politique...

Silencieux, il était là ... la présence discrète de Yves Cochet dans l'assistance m'a fait bien plaisir !

Au final, cette réunion m'a permis de "sonder" la motivation des inscrits Europe Ecologie.
Clairement il est indéniable qu'un courant existe, une réelle volonté de faire avancer le combat écologiste.

La volonté d'agir concrètement semble bien présente et peut se traduire localement sur le terrain lorsque, associatif, on a besoin d'aide.

Mon soutien , ma préférence au mouvement Europe Ecologie ne m'empêchera pas d'aider certains rares autres candidats locaux qui agissent concrètement pour résoudre les problèmes, faire avancer les choses...

Extrait du discours de Cécile Duflot :
... Alors nous démontrons que pour penser global, il faut savoir agir local.
Être capables de voir le monde dans sa complexité, dans ses difficultés, pour les traduire par des solutions concrètes, dans la réalité des territoires.
De la commission développement, avec Eva, aux élus d'arrondissement, vous nous dites, vous démontrez, que l'écologie, c'est maintenant...
Partout dans le monde les écologistes sont en marche.
Et nous, nous nous sommes rassemblés parce que nous savons qu'à ces défis, il n'y a de réponse que collective.
Elles sont Européennes, nous l'avons montré, elles peuvent, elles doivent aussi être régionales, car ne l'oublions jamais, que nous partageons une planète en commun.
Rassemblement de tous les écologistes, Verts, régionalistes, citoyens et citoyennes, élus, acteurs et actrices du mouvement social, le rassemblement Europe Ecologie a désormais fait la preuve de sa pertinence et de sa cohérence.
Nous avons montré, et nous continuerons de le faire, qu'il est possible de faire de la politique autrement.
La biodiversité politique, elle est nécessaire, elle est nécessaire maintenant pour donner de l'air à la démocratie.
Aujourd'hui, devant vous, avec vous, je lance un appel, les temps changent, ce rassemblement est en marche, toutes celles et tous ceux qui veulent rejoindre cette mobilisation salutaire de la vie politique française sont le bienvenus, c'est le moment...

Mon avis

Chiche !
Ho, je connais les critiques adressées à ces écologistes qui ne sont pas franchement (voire pas du tout) en rupture avec le système.
On en dit même certains dans le camps de la droite...
Sans doute une partie de ces reproches font partie du jeu politique.
Ce jeu là, je ne l'aime pas.
Reste qu'une convergence d'action entre les élus et la société civile est de nature à améliorer la capacité d'action globale en faveur de l'environnement et de l'homme.
D'expérience, je sais qu'avec certains élus Europe Ecologie, l'écoute, l'action conjointe avec les associations est possible.
Cela est nécessaire, indispensable pour tenter, pour faire avancer les choses dans le bon sens...

samedi 5 décembre 2009

Les députés Europe écologie, Copenhague, le nucléaire, les OGM...

Une résolution adoptée à 76 % des voix le 25 novembre par le Parlement européen entérine la volonté de mettre en œuvre « un marché du carbone mondial ».

Objectif : réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 (par rapport au niveau de 1990).
L’extension mondiale du « marché carbone », jusque là réservé à l’Union européenne (depuis 2005), permettra aux multinationales européennes d’investir dans de nouvelles techniques pour compenser au Sud leurs émissions industrielles au Nord.
Parmi elles : le nucléaire, une « agriculture de conservation » dont certains OGM, la préservation de la forêt (parfois aux dépens des populations qui en vivent), la capture et la séquestration de carbone figurent sur la table des négociations de Copenhague. Des projets entrant dans ce cadre pourront ainsi être financés par les grandes entreprises en échange de « droits à polluer ». La droite, les néo-libéraux et la gauche social-démocrate ont très largement voté pour.

Plus surprenant : la grande majorité du groupe écologiste également.
Un vote lourd de conséquences.

Les députés européens écologistes s'en expliquent :

Lors de ce vote, nous avons eu un choix à faire. Comme souvent au Parlement européen, où tous les groupes politiques sont parties prenantes dans les négociations, nous nous sommes retrouvés face à un texte final dans lequel nous avions obtenu des points positifs et d'autres sur lesquels nous avions perdus. En l'occurrence, nous avions sur ce texte obtenu énormément d'avancées, en faisant le mandat quasi parfait pour l'Europe à Copenhague : obligation d'un accord international contraignant d'ici la fin de l'année, objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre domestiques proche de 40% d'ici 2020, soutien aux pays du Sud d'un minimum annuel de 30 milliards d'euros en supplément de l'aide public au développement font, entre autres, de ce texte le seul mandat de négociation compatible avec la science et la responsabilité de l’Union européenne.

Si cette résolution est aussi ambitieuse, et si elle constitue l'un des meilleurs mandats au monde pour Copenhague, c'est grâce à l'acharnement et au travail des députés du groupe des Verts/ALE, dans toutes les commissions parlementaires, qui, lors de la négociation préparatoire, ont réussi à arracher tous les points positifs un à un, et à rejeter tous les points négatifs que certains tentaient de faire passer.

Mais il y a eu ce fameux amendement du groupe PPE (dont font partie les députés UMP) en faveur du nucléaire, malheureusement adopté grâce au soutien de la droite et de quelques voix à gauche, comme celles de Jacky Hénin et de Marie-Christine Vergiat du Front de gauche. Nous nous sommes évidemment unanimement opposés à cet amendement. Quelques secondes plus tard, notre amendement demandant l'exclusion du nucléaire du Mécanisme de développement propre et de tout mécanisme de soutien aux pays du Sud, fût rejeté, là encore par tous les députés de droite et quelques voix de gauche dont Jacky Hénin et Jean-Luc Mélenchon.

Nous aurions alors bien sûr pu faire le choix de l'abstention pour marquer notre désapprobation face à cette réintroduction du nucléaire dans un texte où il n'avait rien à y faire. Il s'agit en effet d'une résolution qui traite d'abord du contenu d'un bon accord pour Copenhague, pas du mix énergétique de l'UE. Cet amendement est un mauvais coup porté par la droite qui avait de plus perdu sur ce point lors du vote en commission parlementaire.

Le groupe des Verts/ALE, qui avait anticipé cette situation la veille lors de sa réunion de groupe, a estimé plus efficace politiquement de soutenir le texte final afin que la délégation officielle du Parlement européen qui se rendra à Copenhague puisse s'appuyer sur une résolution très largement soutenue pour porter les très bonnes dispositions rappelées ci-dessus. De plus, face aux ambiguïtés et aux tergiversations des Etats membres et du Conseil dans la préparation de Copenhague, il nous a semblé important d'affirmer la position du Parlement européen.

Il ne s'agit pas d'un texte qui engage la politique énergétique de l'Europe pour les 50 prochaines années mais d'une position politique à usage immédiat et limité dans le temps, celui du sommet de Copenhague. Par ce vote, nous n'avons pas proclamé le nucléaire comme solution pour faire face aux changements climatiques, nous n'avons pas décidé de la construction d'un nouvel EPR ou incité les Etats membres de l'UE qui n'ont pas recours au nucléaire à le faire. Il est évident que nous aurions voté contre si l'adoption de ce texte avait pu avoir une quelconque conséquence concrète sur le recours au nucléaire.

Notre mobilisation contre le nucléaire et toute tentative visant à le promouvoir, que personne n'en doute, reste évidemment sans faille. Tous les membres du groupe des Verts/ALE sont des anti-nucléaires notoires que l'utilisation d'un vote sorti de son contexte ne saurait remettre en cause.

Les députés européens Europe Ecologie, du groupe Verts/ALE : François Alfonsi - Sandrine Bélier - Malika Benarab-Attou - Jean-Paul Besset- José Bové - Pascal Canfin - Daniel Cohn-Bendit - Karima Delli - Hélène Flautre - Catherine Greze - Yannick Jadot - Eva Joly - Nicole Kiil-Nielsen - Michèle Rivasi.

Mon avis

Un vote affligeant de la part des députés européens Europe Ecologie.
Pour moi, le marché du carbone est une horreur. On traite la pollution comme une marchandise.
Chaque pays de l’Union européenne dispose d’un quota de dioxyde de carbone. Ce quota de CO2 est ensuite réparti par le gouvernement à chaque secteur économique puis à chaque entreprise. Les entreprises qui n’utilisent pas tout leur quota peuvent vendre leur surplus à celles qui ont dépassé leur plafond. Ce sont les fameux « droits à polluer ». Les émetteurs sur le marché carbone européen peuvent aussi compenser leurs émissions, c’est à dire financer des projets permettant de réduire les émissions de CO² en dehors de leur secteur et de leur pays.
Une économie de la pollution mondialisée donc.
Cela trop souvent en faveur de projets de compensation douteux et au mépris des populations.

Ajouter à cela la promotion du nucléaire, de la séquestration du carbone et des OGM, nous avons la totale est solutions à bannir.
Une nouvelle démonstration, s'il en fallait, que la politique est l'art des compromis.
En l'occurrence, c'est écœurant !

Dans le groupe Europe écologie, seul José Bové (et Pascal Canfin qui était absent) n'a pas voté cette résolution. Il maintien le cap, c'est bien !

Pour plus d’information

Lire la résolution

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