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mercredi 24 mai 2017

Nicolas Hulot, l'environnement ça rapporte !

Notre nouveau Ministre de la Transition écologique et solidaire sait faire de l'argent en médiatisant l'environnement.
Si vous en doutez, je vous conseille ce texte de Sophie Divry pour decroissance.org.
Ne nous faisons pas trop d'illusion sur son action future en matière d'écologie au sein de notre nouveau gouvernement ultra-libéral...

mercredi 22 juin 2016

Les associations environnementales punies par la droite

A en croire les réseaux sociaux (ceux que je fréquente occasionnellement) et le Canard Enchainé de ce matin, la droite forte de ses mégarégions est en train de punir les associations de défense de l'environnement qui s'opposent à leurs projets destructeurs.


Les vrais écolos seraient les chasseurs et nocifs sont :

  • les écolos qui annulent des permis de construire,
  • la LPO qui se bat contre les dates de chasse élastiques,
  • la FRAPNA qui refuse le projet Center Parcs à Roybon;
  • l'association Montain Winderness qui s'oppose à un projet de téléphérique et à l'extension du domaine skiable en Tarentaise,
  • Alsace Nature qui refuse un projet de golf,
  • Mirabel-Loraine ENvironnement mobilisée contre cijéo à Bure.

Allez, la droite leur sabre subvenstion, leur supprime des postes de personnel...

Bienvenue au royaume des "vrais" écologistes qui brossent le système productiviste destructeur et ses responsables politiques dans le sens du poil. Celui qui ne dérange pas les intérets économiques !
Bienvenue en politique de droite.. comme de gauche, non ?%%

Des écologistes politiques à vomir

Dans une tribune de Libération, Emmanuelle Coste, Barabara Pompili, François de Rugy (quelle belle brochette !) et quelques autres nous disent que la majorité actuellement au pouvoir a fait énormément pour l'écologie, que, bien sûr, tout n'est pas merveilleux et que des erreurs ont été commises, mais que, il faut rester avec eux car ce qui compte, c'est la victoire de la gauche en 2017 pour continuer à faire progresser l'écologie.


Retenons nous de rire et de nous mettre en colère pour essayer de comprendre leurs arguments.
Selons eux, regardez ces beaux succès écolos : loi de transition énergétique, développement des énergies renouvelables, remise en cause historique du tout nucléaire, résistance aux lobbies pro-gaz de schistes et pro-OGMs, soutien à l'agroécologie, montée en puissance de la taxe carbone, réussite de la COP21.

Bon, c'est clair, ils ne vivent pas sur la même planète que moi.
Où alors serait-ce autre chose ?
Serait-ce tout simplement pour tenter de s'assurer une place au soleil (voilé de pollution) d'une hypothétique reconduction de cette majorité après 2017 ?
Aurais-je aussi mauvais esprit ?

Ces écolos politiques là, je les vomis !
En est-il qui méritent considération ?
Je dois me garder de généraliser et espérer une réponse positive...

mardi 4 novembre 2014

Assemblée Nationale indigne

Députés et députées qui refusèrent la minute de silence en mémoire de Rémi Fraisse demandée aujourd'hui par Cécile Duflot à l'Assemblée Nationale, vous n'êtes pas dignes de représenter qui que ce soit et vous ne méritez qu'une chose, que l'on vous crache au visage !
Tradition, dites vous ? Donc si un militaire était mort au Testet, il l'aurait eu la minute de silence !
Politiciens pourris.

mercredi 27 août 2014

Mes journées d’été Nouvelle Donne

Ce fut une belle expérience que de participer le week-end dernier aux premières journées d’été du tout jeune parti politique Nouvelle Donne. Je ne suis pas branché politique, mais reste dans l’idée qu’il est indispensable que nous élus mettent en place une politique adaptée à la préservation de notre terre et de notre présence sur celle-ci.

Nouvelle Donne s’est constitué il y a 9 mois. Attiré par la personnalité et les positions de plusieurs de ses fondateurs, j’ai lu attentivement les informations présentées sur le site du parti ainsi que le tract diffusé lors des élections européennes de mai dernier. Elections où Nouvelle Donne a obtenu un résultat plus qu’honorable pour son jeune âge.
Pierre Laroutourou participait à une table ronde lors du rassemblement des 5 et 6 juillet à Notre Dame des Landes. Sa prestation ajoutée aux positions affichées par Nouvelle Donne sur les sujets d’environnement et de société m’ont donné envie d’en savoir plus.
Bien que la plupart de nos expériences passées côtoyant ou impliquant des militants écologistes politiques n’aient que peu été satisfaisantes, mon épouse et moi nous sommes inscrits à l’université d’été qui se déroulait à Amiens du 22 eu 24 Aout.


Université Nouvelle Donne d'été dans un joli quartier d'Amiens

Certaines tables rondes et ateliers ont retenu notre attention.

Pour en finir avec la Vème république avec Isabelle Attard, Mona Bras, Claude Escarguel, Eric Favet, Jean-François Kahn et Jourdain Vaillant.
Isabelle Attard nous a exposé des cas vécus à l’Assemlée Nationale illustrant le rôle des lobbys et de l’Elysée qui contrarient, voire annulent l’action parlementaire. Eclairant et consternant. La députée Nouvelle Donne nous a bien montré sa détermination et son engagement.
Fidèle à lui-même, Jean-François Kahn appelait à faire la révolution, rien de moins. Quelle personnalité ! Quelle pertinence !
Membre du groupe « Campus » de Nouvelle Donne, Jourdain Vaillant m’a laissé à penser que même Nouvelle Donne a de jeunes loups en son sein… Son aisance verbale le traduit bien.

Lutte contre les paradis fiscaux avec Jean-Baptiste Courtelis, Susan George, Monique Pinson-Charlot et Lucie Watrinet.
Outre que le sujet est de première importance tant l’évasion et l’optimisation fiscales soustraient des sommes colossales qui pourraient servir à des fins sociales ou environnementales, cette table ronde fut l’occasion d’apprécier des personnalités aussi belles que fortes.
Monique Pinson-Charlot, philosophe très portée sur la lutte des classes dont elle nous aurait presque fait une overdose… Quelle connaissance de nos oligarques !
Lucie Watrinet ensuite. Impressionnante de clareté et de maitrise de son sujet, qualités qu’elle emploie au service du CCFD. Une jeune femme à qui l’avenir devrait sourire…
Susan George enfin. Quelle rencontre ! Chapeau bas à cette femme à l’expérience et au passé impressionnants.

Climat, comment gagner la course de vitesse avec Laure Noualhat, Geneviève Azam, Jean-Paul Chanteguet, Michel Genet, Gaël Giraud, Jean Jouzel et un représentant de CAP 21.

La journaliste Laure Noualhat a efficacement animé le débat qu’elle débuta par la présentation des participants et par un pic acéré (mais affectueux a-t-elle dit) à Corine Lepage qui a préféré ne pas honorer son engagement envers Nouvelle Donne pour participer à l’université d’été EELV qui a, semble-t-il changé son timing au dernier moment. Peu convainquant, son remplaceant (au pied levé) nous a parlé de la moribonde filière française des énergies renouvelables. Heureusement Jean-Jouzel était là. Bien connu des téléspectateurs intéressés par le problème du changement climatique nous a résumé les certitudes scientifiques du GIEC sur la responsabilité humaine du phénomène.

TAFTA/TTPI avec Susan George et Louise Ferry


Susan George

Louise Ferry
Une soixantaine d’années les sépare, la motivation et la conviction les unit. Susan George nous a expliqué la dangerosité du mécanisme de règlement des différends des entreprises (ISDS) et bien d’autres choses sur ce traité aux très secrètes négociations. Une bien belle prestation. Rendez-vous est pris pour la Journée européenne d’action contre le TAFTA.

Petit tour à la commission thématique « environnement ». Des brainstormings on permis de recueillir et synthétiser les idées des participants sur les buts, organisation, outils etc… de la future commission nationale . Une démarche indéniablement démocratique à ce stade. Resterait à voir ce qu’il en résultera de concret pour la suite de la constitution du mouvement… Des 2 jours passés à Amiens avec nouvelle Donne, le sentiment me reste de participants motivés dans leur recherche de quelque chose de nouveau et différent des partis et institutions établis. Nombre des idées et sujets présentés cadrent bien avec mes points de vue et sensibilité.

S’il garde le cap et son âme, Nouvelle Donne devrait amplifier le bon résultat obtenu aux européennes et avoir un beau succès. Saura-t-il éviter les nombreux écueils qui l’attendent ? Je lui souhaite mais ne saurais le dire…

Pour plus d’information

Visitez le site Nouvelle Donne


vendredi 1 février 2013

Nucléaire, gaz de schistes, ondes : l'écologie toujours sacrifiée en France

Plan de soutien à l'industrie nucléaire, étude parlementaire sur les techniques d'exploitation des gaz de schistes, rejet de la proposition de loi (pourtant bien affaiblie) sur les ondes, trois démonstrations claire, s'il en fallait, que le gouvernement français sacrifiera encore et encore l'écologie sur l'autel de l'économie et de la "productivité".
N'en déplaise aux partisans et militants EELV, la présence au gouvernement de deux ministres de ce parti est inqualifiable.
Décidément il n'y a rien à espérer de nos dirigeants, de nos politiques français. Le mur se rapproche toujours et ils appuient sur l'accélérateur.
Et pourtant, il ne peuvent pas ne pas savoir...
Ecoeurement permanent ...

jeudi 27 septembre 2012

Conférence environnementale, le WWF applaudit. Mais quoi donc ?

A propos de la conférence environnementale qui s'est tenue mi-septembre, le WWF salue un nouveau souffle dans la politique environnementale de la France.

De quoi se méfier de la part de cette association... Alors regardons ce qu'elle salue si fort. C'est ici.

Allez, je résume (et commente).

Sur le déroulement de la conférence
Climat d'écoute, respect. Regret du manque de débat sur certains points.
Du politiquement correct tout ça !

Energie Climat
Annonce de la sortie du tout nucléaire et du tout pétrole.
Ha bon ? Fermeture de Fessenheim en 2016 et passage de 75 à 50% d'électricité nucléaire à l'horizon 2025. Ridicule. Et combien d'EPR à construire d'ici là ?

Biodiversité
En ce qui concerne ce domaine, les annonces sont plus contrastées.
Autant dire rien, ou presque !

Santé et Environnement
Les annonces vont dans le bon sens...
Ha bien, tant mieux, mais la reconnaissance du coût de l’impact des maladies liées à l’environnement et la relance de la recherche en toxicologie ne sont pas une révolution !

Fiscalité
Le WWF salue la création d’un groupe permanent de concertation sur la fiscalité écologique mais regrette que la suppression des aides publiques dommageables à l’environnement ne fassent pas partie des principes qui guideront l’action du gouvernement.
Là, impossible de résumer. Tout y est. C'est à dire rien !!

Gouvernance
D'abord j'explique ce que c'est. La gouvernance c'est le moyen pour que les écologistes officiels paradent, se fassent valoir, voire même payer. Pardon, qu'ils soient défrayés.
Alors, qu'y a-t-il ?
La transformation du Conseil National du Développement Durable et du Grenelle de l’Environnement en Conseil de la transition écologique est une mesure symbolique forte...
Est-ce que cela va donner du concret ? Je parie que non.

Mon avis

Dans la même veine que le Grenelle. Les grandes associations pavoisent d'être enfin "reconnues".
Peu d'engagements à traductions concrètes.
Foutaises.
Et que dire de ces associations qui applaudissent à tout rompre ?
Affligeant.


mercredi 26 septembre 2012

Où l'on voit bien que les écologistes politiques sont avant tout des politiques

S'ils étaient intègres et sans compromis, je concevrais bien que des écologistes aient des responsabilités politiques.
Je n'irais pas d'ailleurs jusqu'à dire qu'il n'en existe aucun, mais seuls peu d'entre eux le sont, c'est certain.
Sans compromis, ce n'est surement pas possible, mais bon ce n'est qu'ainsi que je pourrais arriver à les apprécier.
Que dire de nos deux ministres EELV en restant calme et poli ? Difficile.
Duflot ne votera pas contre le pacte européen de stabilité budgétaire pour ne pas affaiblir François Hollande.
Bel argument. Mais que pense-t-elle de ce traité sur le fond ?
Voilà comment s'accrocher à son fauteuil doré.
Pour la bonne cause (écologiste) ou pour son prestige et ses avantages ?
Pas la peine de ressortir l'argument classique comme quoi leur présence dans le gouvernement permet de faire avancer les choses. Oui oui, ben voyons...
J'ai bien aimé la déclaration d'Eva Joly : "Ce n'est pas parce que Cecile Duflot a une muselière que les écologistes sont en laisse".
J'apprécie relativement bien le personnage mais me demande bien si lors de la campagne présidentielle elle se considérait muselée ou en laisse.
Quant à Cohn-Bendit qui se met provisoirement en retrait d'EELV, le gars reste pitoyable.
Le monde politique est décidément dans sa grande majorité bien moche.
Et pendant ces blabla l'humanité poursuit sa route sans ceinture...

"Le masque du compromis" Eric Demelis

lundi 3 septembre 2012

Gouvernement pro-nucléaire, cela continue, sans surprise, avec Delphine Batho

SI certains croyaient que le gouvernement en place allait se montrer plus enclin aux mesures, au demeurant indispensables pour limiter les conséquences de l'effondrement prévisible, hé bien à défaut de tomber de l'armoire comme Noël Mamère, ils vont avoir un réveil difficile.

La ministre de l'écologie, Delphine Batho a déclaré la semaine dernière sur BFM TV : "La France a durablement besoin du nucléaire pour satisfaire ses besoins énergétiques, maintenir la compétitivité de ses entreprises et soutenir ses exportations".


Une illustration de la transparence du gouvernement et du nucléaire : impossible de partager la vidéo !!

Persistant dans cette position, elle a réaffirmé lors de son intervention à l'université d'été du Medef, dans les Yvelines, que "la France a durablement besoin du nucléaire", et doit développer massivement en parallèle les énergies renouvelables.

Nous avons décidément une belle brochette au gouvernement.
Après la peste, le choléra...

dimanche 2 septembre 2012

Montebourg retourne sa veste pour redresser le productivisme

Entre les déclarations d'Arnaud Montebourg alors qu'il était candidat à l'investiture Socialiste pour les présidentielles et ses paroles une fois devenu ministre, on peut trouver de fortes différences. Je prendrai ici les exemples dramatiques des gaz de schistes et du nucléaire.

Le candidat Montebourg contre les gaz de schistes

Alors qu'il était candidat à la candidature, Arnaud Montebourg prenait position contre les gaz de schistes.

Le gaz de schiste, une fausse bonne idée...
Des risques écologiques démesurés...
L’indépendance énergétique ne doit pas se faire au prix de catastrophes environnementales...

Voyez sur son site ici
Comme ce genre de chose peut disparaitre, allez savoir pourquoi, en voici une copie :

Arnaud Montebourg, le gaz de schiste, une fausse bonne idée

Mais un ministre pas si contre que cela...

Mi-Juillet, le cabinet du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, annonçait qu'il allait "regarder" le dossier sensible de l'exploitation du gaz de schiste en France, sans toutefois le "rouvrir".
Une terminologie pour le moins floue...

"Les technologies actuelles d'extraction provoquent des atteintes à l'environnement qui ne sont pas acceptables", a dit Arnaud Montebourg dans une interview aux Echos parue ce 29 août. "Mais les technologies d'aujourd'hui sont faites pour être dépassées"

Est-ce plus clair ici ? Suis-je à tord suspicieux ?


Le candidat Montebourg pour dépasser le nucléaire

Alors qu'il était candidat à la candidature, Arnaud Montebourg annonçait clairement qu'il faut dépasser le nucléaire :

Ensuite, il faut reconnaître que le nucléaire, comme toutes les autres sources d’énergie non reproductibles, ne peux qu’être une solution transitoire. Chacun sait bien qu’on en sortira, à un moment ou à l’autre. L’important aujourd’hui et dans la prochaine législature est de le remettre à sa place, c'est-à-dire ne plus en faire la base de notre production énergétique que l’on complète par des énergies renouvelables.

Voir le site du candidat Montebourg ici.

Arnaud Montebourg, le gaz de schiste, une fausse bonne idée

Mais un ministre pas si contre le nucléaire que cela... et même carrément pour

Sur BFM TV, Arnaud Montebourg a expliqué le 26 Aout qu'il ne fallait pas "abandonner le nucléaire", qu'il fallait néanmoins le "rééquilibrer". "Le nucléaire est une filière d'avenir" disait-il :

Et voilà encore une vidéo censurée. De gauche comme de droite, le pouvoir politique est bien pourri...

Comme le dit Fabrice Nicolino en conclusion d'un très bon billet

Ne croyez plus aucun politique. Ayez foi dans ceux qui marchent en direction des étoiles.

mardi 24 avril 2012

URGENT : une dizaine de jour pour Agir !

Face aux crises écologiques, il est urgent d'obtenir des engagements précis de la part des candidats à l’élection présidentielle.

D'ici au second tour de l'élection, l‘association Agir Pour l‘Environnement vous propose d’envoyer des cartes-pétitions aux deux derniers candidats en lice pour leur poser 20 questions (ci dessous).

Vous pourrez retrouver les réponses apportées par les candidats sur le site http://www.jevotepourlaplanete.fr ainsi que l'analyse et des commentaires réalisés par des experts associatifs.

En fonction des réponses, un carton vert / jaune / rouge sera décerné aux candidats.

Les 20 questions

ÉNERGIE

1. NUCLÉAIRE – Comptez-vous fermer les réacteurs nucléaires français ? Si oui, combien, lesquels et dans quels délais ?

2. ÉNERGIES RENOUVELABLES – Vous engagez-vous à accroître la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique ? Si, oui, nous vous remercions de bien vouloir détailler, filière par filière, le type d'aides accordés, leur niveau ainsi que leur durée.

3. GAZ DE SCHSITE – Pensez-vous interdire la fracturation hydraulique ou toute autre forme de techniques (fussent-t-elles justifiées au nom de la recherche scientifique) ayant vocation à extraire les huiles et gaz de schiste de la roche mère ?

TRANSPORT

4. FRET – Face à l'érosion significative du fret ferroviaire, comment pensez-vous redynamiser ce secteur ? Interdirez-vous la circulation des camions de 44 tonnes ?

5. AUTOROUTE – Pensez-vous abandonner certains projets autoroutiers considérés comme "prioritaires" dans le schéma national des infrastructures de transport ? Si "oui", lesquels ?

6. AÉROPORT – Abandonnerez-vous le projet contesté d'aéroport à Notre-Dame des Landes (44) ?

7. VITESSE LIMITE AUTORISEE – Afin de réduire de plus de 4 millions de tonnes les rejets de CO2, consentirez-vous à réduire à 110 km/h la vitesse autorisée sur autoroutes ?

AGRICULTURE

8. AGRICULTURE BIOLOGIQUE – Permettrez-vous un réel développement de l’agriculture biologique ? Si oui, par quels mécanismes et avec quels moyens ?

9. PESTICIDES – Comptez-vous lever les freins réglementaires sur les préparations naturelles, comme le purin d’ortie et interdire définitivement et immédiatement tous les néonicotinoïdes, comme le Gaucho, le Cruiser… ?

10. SEMENCES PAYSANNES – Reviendrez-vous sur la loi interdisant aux paysans de ressemer leur propre récolte ?

11. AGROCARBURANT – Au regard de leur bilan énergétique peu probant, maintiendrez-vous les aides et incitations fiscales aux agro-carburants ?

12. NITRATE – Afin d'améliorer la qualité des eaux de surface et des nappes phréatiques, réduirez vous la taille des élevages industriels ? SANTE ENVIRONNEMENTALE

13. ANTENNES RELAIS – Baisserez-vous le seuil d'exposition aux antennes relais à 0,6 volt/mètre ?

14. NANOTECHNOLOGIE – Estimez-vous nécessaire d'adopter un moratoire sur la commercialisation des nanotechnologies ?

15. DÉCHETS – Afin de lutter contre l'obsolescence programmée, pensez-vous étendre la durée des garanties, en particulier à 10 ans pour les équipements électriques et électroniques ? NATURE ET PAYSAGE

16. POLLUTION LUMINEUSE – Interdirez-vous les publicités retro-éclairées, enseignes lumineuses et écrans vidéos publicitaires ?

17. PUBLICITÉ – Interdirez-vous la diffusion de publicités dans les boîtes aux lettres et les bâches de grandes dimensions ?

18. TRAME VERTE ET BLEUE – Rendrez-vous la trame verte et bleue juridiquement opposable ?

19. CHASSE/CORRIDA – Interdirez-vous la chasse à courre, la pratique du déterrage de blaireau ainsi que le "spectacle" d'un autre âge que constitue la corrida ?

FISCALITÉ

20. Dans le cadre d'une réforme de la fiscalité, envisagez-vous de baisser le taux de TVA frappant les produits dits « écologiques » comme l'électricité verte, les appareils efficaces en énergies, les modes de déplacement doux, les aliments issus de l'agriculture biologique...

Pour pouvoir envoyer les cartes pétitions

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lundi 2 avril 2012

Nicolas Hulot déplore l'absence d'écologie dans la campagne présidentielle

Invité hier soir au journal de 20 heures sur France 2, Nicolas Hulot faisait son "retour" sur la scène médiatique.

Il faut dire que nous sommes bien loin de l'époque de son pacte écologique qui avait été signé par les 15 candidats de la précédente élection présidentielle en 2007.
L'interview d'hier était bien évidemment centrée sur la campagne présidentielle dont maintenant seulement 3 semaines nous sépare du premier tour.
Hulot n'a manifestement pas digéré sa défaite aux primaires EELV remportées par Eva Joly. Il s'est bien gardé d'afficher un soutien à quelque candidat que ce soit, tout en affirmant qu'il reste écologiste... et qu'il partage les idées d'Eva Joly,
C'est pour lui le principal, l'important étant de se retrouver sur des idées.
je ferai ici de même vis à vis de Nicolas Hulot dont je suis lojn d'être fan même si je lui reconnais ses capacités de communiquant et d'indéniables convictions que je partage.
Hulot a clairement fait passé un message important. L'écologie est cruellement absente de la campagne et les candidats manquent à l'évidence d'une analyse à moyen/long terme pour anticiper les crises à venir. Ils se concentrent sur les préoccupations du quotidien des français. Une position très électoraliste qui est bien loin d'être à la mesure des problèmes à venir, le monde étant à l'aube d'une crise systémique majeure avec la raréfaction des ressources naturelles et les conséquences du changement climatique.
Quel candidat serait à même de gérer la nécessaire transformation écologique de la société ?
Quel candidat a clairement intégré que les crises financière, sociale et écologiques sont liées et qu'il faut les traiter dans leur ensemble ?
Je n'en vois aucun paris les favoris.
Quant aux autres, quel sera leur poids une fois les élections passées ?


vendredi 9 décembre 2011

Petit bréviaire écolo


Édition Les petits matins
Isbn 978-2-915879-98-8
60 p., 6 euros

L'écolo de service peut rarement passer une soirée tranquille. Dès qu'il est repéré, une série de commentaires plus ou moins acerbes surgissent.
Le grand classique : "l'écologie, ça ne devrait pas être de la politique." Et difficile d'échapper à "l'écologie luxe de riches" ou aux procès en "utopisme".

Les auteurs, Wilfrid Séjeau, libraire et conseiller général écologiste de Bourgogne, et Erwan Lecoeur, sociologue et consultant, ont listé ces objections et y répondent avec humour, pertinence et conviction.

On s'y croirait !
Wilfrid Séjeau raconte une soirée qui aurait pu être agréable, invité chez des amis. Mais voilà, bien vite reconnu pour son engagement écologiste, le voici soumis tout au long de la soirée à une série de remarques et attaques auxquelles il doit bien répondre pour se justifier et éduquer...

Voici les 10 questions répertoriés et traitées par les auteurs.
1 L'écologie, ça ne devrait pas être de la politique.
2 L'écologie, ça ne devrait être ni de droite ni de gauche.
3 Vous n'êtes pas crédibles pour exercer le pouvoir.
4 Ça ne sert à rien de voter pour vous, vous ne serez jamais au pouvoir.
5 Vous voulez tout interdire. Vous êtes contre la science et pour le retour à la bougie.
6 Votre programme est impossible, vous êtes des utopistes.
7 L'écologie, c'est un truc pour les riches.
8 Vous devriez ne parler que d'écologie, pas des homos, des drogues ou des sans papiers.
9 Les Verts, combien de divisions ?
10 De toutes façons, tout ça c'est de la connerie !

Évidemment, les auteurs ont réalisé ici une compilation, le "top-ten" des questions bateau et tentent d'y répondre.
La soirée relatée par le livre est "chargée" pour cet écolo de service qui doit être bien solide pour s'en sortir sans trop de bobo...

Écrit très simplement avec les mots de tous les jours, ce petit livre présente de manière réaliste et très vivante des propos auxquelles sont souvent confrontés les écologistes politique, et pour certaines remarques, les militants associatifs.

Sous une forme amusante, les auteurs expliquent sans faux semblant l'écologie politique, exposent les convictions et les motivations qui poussent les écologistes à faire de la politique.

J'ai passé un agréable moment à lire cet ouvrage, moi qui ai depuis longtemps préféré et pratiqué l'action associative aux activités politiques.

Une lecture instructive de nature à faire remonter l'écologie politique dans notre estime. Les auteurs en sont bien évidemment de fervents partisans, mais ils ont su éviter le piège d'en dresser un tableau trop idyllique.

Pour lire un extrait

http://www.lespetitsmatins.fr/upload/extrait_72.pdf

mercredi 23 novembre 2011

Du bois dont on fait les marionnettes

Eva Joly n'a donc pas renoncé. C'était une éventualité.

Son retour fut tonitruant, qualifiant F.Hollande par un superbe "du bois dont on fait les marionnettes" et prenant ses distances concernant l'accord conclu avec le PS, en particulier sur la question nucléaire et l'intervention d'AREVA sur la filière MOX.

La position d'Eva ne plait pas à certains cadres du parti EELV.
Je gage que nombre de militants en sera au contraire satisfait.
J'en suis !


lundi 21 novembre 2011

Présidentielles, vers un renoncement d'Eva ?

Cécile Duflot semblait soulagée ce week-end par l'adoption par le conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts de l'accord signé avec le PS pour les prochaines élections législatives.
Soulagée ?
Peut être en partie seulement car l'absence d'Eva Joly laisse présager un possible renoncement à la représentation d'EELV aux présidentielles.
Dès le début j'imaginais son combat intérieur pour se décider à accepter de rentrer dans l'arène.
Comment son intégrité bien connue la fait elle vivre l'accord qui la fait se dédire sur la question du nucléaire dont la sortie et l'abandon de l'EPR avaient été annoncés comme non négociables pour conclure un accord ?
Mal, certainement.

Je ne serais pas surpris que Eva annonce très prochainement qu'elle se retire de la présidentielle.
Évidemment ce ne serait pas sans qu'elle mesure les conséquences d'une telle décision.
EELV en sortirait bien affaibli sur l'échiquier politique.
Le PS a-t-il envisagé cette possibilité en poussant les responsables EELV à se dédire sur un tel sujet si sensible pour les écologistes, qu'ils soient politique ou de la société civile ?
Quelle raison a-t-elle poussé le PS à conserver une position globalement pro-nucléaire, bien que le parti évolué de manière sensible sur le sujet ?
Qu'il ait plié devant le lobby pro-nucléaire d'EDF et Aréva, que ce soit pour affaiblir le principal parti écologiste ou par réelle conviction que l'énergie nucléaire ne doit pas être abandonnée, le renoncement de Eva serait aussi une mauvaise nouvelle pour le PS.

Il est évident que nombre d'électeurs écologistes s'interrogent sur leur prochain vote face à l'accord conclu avec le PS.
Concernant les anti-nucléaires les plus militants, je pense qu'ils ne se posent même pas de question, ni le PS ni maintenant EELV n'auront la faveur de leur vote.
Mais alors vers qui le vote des déçus d'EELV va-t-il se tourner ?
Vers le Front de gauche ? Vers le NPA s'il se présente ? Vers Corine Lepage ? Vers les trois sans doute…
Une situation qui affaiblirait forcément l'écologie politique. Déjà que les socialistes ont montré, que ce soit au niveau national comme régional le peu de cas qu'ils font une fois élus, de l'écologie et de leurs alliés Verts.
Une situation qui ne peut qu'affaiblir la gauche elle-même.
Une partie de l'électorat ne devrait-elle pas se rebeller vis-à-vis de la situation qui me manquera pas d'arriver au second tour, à savoir de devoir voter contre un candidat (Sarkozy), plutôt que pour un autre (Hollande) ?

Comment Eva décidera-t-elle d'agir face à l'accord conclu avec le PS et aux probables conséquences d'un renoncement ?
Va-telle quitter l'arène ou y revenir ?
La réponse très bientôt…

vendredi 18 novembre 2011

PS-EELV, accord ? compromis ? compromission ? trahison ? ou tactique ?

Hier je réagissais à chaud à l'actualité largement commentée des tractations entre le PS et EELV en vue des élections de 2012.

Sans renier mes propos, il me parait nécessaire de ne pas uniquement voir le côté obscur des intentions des écologistes politiques.
Je croyais mon opinion forgée et stable et concluais avec une apparente certitude. Apparente seulement avec un peu de recul…

Tout d'abord je veux affirmer ma conviction que l'écologie politique est nécessaire.
Pas suffisante, mais nécessaire.

L'écologie associative est de son côté indispensable aussi, mais pas suffisante.
Le mouvement associatif renferme de grandes compétences et est capable d'obtenir des résultats concrets pour faire progresser l'écologie et faire en sorte que les activités humaines soient plus respectueuses de l'environnement. C'est indéniable.

Reste que sans une politique, sans des mécanismes sociétaux, sans des lois, sans cet ensemble adapté à une conversion écologique de notre société, l'objectif d'un monde soutenable et durable ne pourra pas être atteint.

Il est évident que cela ne sera pas mis en œuvre, en tout cas pas de manière suffisante, par les partis "traditionnels" de droite comme de gauche.
Les deux ne remettent pas en cause le modèle de société pour la rendre durable.

L'écologie politique, elle est plus à même de proposer et de mettre en œuvre les changements de société nécessaires au traitement des crises actuelles.
Elle a pour cela besoin de représentants élus.
Clairement, en France, les élections se faisant au scrutin majoritaire obligent les écologistes politiques à des alliances pour avoir des élus.
C'est en ce sens qu'une alliance pour les législatives de 2012 se justifie.
Il est évident aussi que seule une alliance avec un parti de gauche est envisageable pour les écologistes. C'est bien sûr avec le PS que cela devait se faire.

Après, je ne peux que revenir sur le questionnement de mon précédent billet qui peut se résumer à savoir jusqu'où l'on peut faire des concessions au PS qui, de manière spontanée ne va pas programmer les mesures nécessaires à un monde durable.

De quel côté voit-on pencher la balance si l'on y met notamment :
- d'un côté une trentaine de députés potentiels qui pourront infléchir la loi et la politique française en faveur de l'écologie ainsi que (finalement) une reconversion de la filière du retraitement et du MOX...
- et de l'autre côté l'absence de décision de sortie du nucléaire, la conservation du programme EPR, l'aéroport…

De quel côté ?

J'apprécie trop certains élus de l'écologie politique EELV, en vrac et de manière non exhaustive, Y.Cochet, J.Bové, F.Veillerette, M.Rivasi, M.C.Blandin, etc… pour négliger la nécessité d'avoir des élus écologistes dans les institutions locales, régionales, nationales et européennes.

Lorsque je vois la conviction et l'implication de membres de la société civile qui veulent peser et participer concrètement à la vie politique, comme c'est le cas d'Aurore par exemple, je me dis qu'il serait regrettable de ne pas les soutenir.

Une autre composante de la réflexion est le rapport de force institué par l'opinion publique qui serait provoqué par un bon score écologiste aux élections.
Évidemment un bon score écologiste pourrait, je dis bien pourrait, influer sur le programme et la politique du PS en cas de victoire.

Voila quelques aspects positifs des négociations PS-EELV qu'il fallait pour être plus juste aborder ici.

Alors, choisir le côté obscur ou pas ?
Une affaire de conviction, de sensibilité…

jeudi 17 novembre 2011

PS-EELV : Accord ? Compromis ? Compromission ? Trahison ?

Les média s'en donnent à cœur joie. Il y a de quoi.
Je n'en doutais pas et cela étant bien loin d'être expert en politique, le PS et EELV sont parvenus à "s'entendre" en vue des élections de 2012.
S'entendre est-il bien le mot adéquat ? Peut être pas tant l'audition semble défaillante du côté PS…
Plutôt une question de rapport de forces sans doute…
Les deux formations politiques sont donc parvenues à un "accord".
Les guillemets encadrent ici le mot accord pourtant employé à la fois par Cécile Duflot et Martine Aubry, pour ne citer qu'elles parmi les dirigeants des deux partis.
Ces guillemet représentent tout le questionnement qui accompagne nécessairement les négociations qui ont été menées et qui semblent avoir abouti.
Abouti à quoi ?
A quelque chose qui attribue 65 circonscriptions aux écologistes politiques pour les législatives, représentant un potentiel d'une trentaine de députés en cas de victoire de la gauche.
A quelque chose de bien moins positif pour EELV sur deux sujets phares des discussion, il s'agit bien évidemment du nucléaire et du projet d'aéroport Notre Dame des Landes à Nantes.
Là, fiasco quasi général.
"L'accord" prévoit la fermeture programmée de 24 réacteurs nucléaires, dont celui de Fesseneim, le doyen des réacteurs français, situé dans une zone sismique. C'est bien le moins que l'on pouvait attendre.
Les points il n'y a pas si longtemps encore annoncés par EELV comme des incontournables à tout accord politique avec le PS, ces points sont absent de "l'accord".
Vous l'avez probablement lu et entendu, point de décision de sortie du nucléaire, point d'abandon du chantier EPR de Flamanville et de cette technologie, point d'arrêt de la filière menant au combustible MOX, point d'annulation de la décision de réaliser un nouvel aéroport à Nantes.
Des sujets sur lesquels F.Hollande a pris des positions claires et fermement opposées aux demandes des écologistes.
Les esprits moins chagrins que le mien mettront en avant qu'outre une évolution du PS sur la question des OGM, la fermeture de 24 réacteurs, "l'accord" prévoit la réduction de la part de l'électricité d'origine nucléaire qui passerait d'environ 80% actuellement à 50% en 2050.
Que sait-on de ce dernier point ?
Cette réduction de proportion sera-telle obtenue à production nucléaire constante par une baisse de consommation résultant d'une nécessaire sobriété de d'efficacité énergétique où la production d'électricité nucléaire baissera-t-elle en quantité ? En tout cas, 50% restera suffisant pour grever le développement des énergiques renouvelables et laisser un risque énorme d'accident majeur dans notre pays. En tout cas nous sommes bien loin de la voie indispensable à aller vers un monde soutenable et durable !

On m'a déjà écrit que de se positionner contre toute forme d'accord n'adressant pas les demandes "incontournables " des écologistes constitue un détournement de l'écologie politique.
Hé bien cette écologie politique là, je vous la laisse !
Puisque un accord était annoncé impossible sans décision de sortie du nucléaire, abandon de l'EPR etc… il ne s'agirait donc pas d'un accord ?
Est-il positif d'espérer avoir une trentaine de députés mais de sacrifier ses revendications entre autres sur le nucléaire, l'aéroport ?
Les députés écologistes infléchiront-ils l'orientation nucléocrate de M Hollande ?
Encore faudrait-il qu'on leur confie ce sujet, ce qui risque fort de n'être pas le cas.
Évidemment, le nucléaire n'est pas tout et les élus écologistes montrent très souvent leurs compétences, leur utilité, leurs résultats. j'en conviens.

Mais donc, s'il ne s'agit pas d'un accord, est-ce un compromis ? Une compromission ? Une trahison envers les écologistes ? Oserais-je dire "les vrais" ?
Aréva, EDF sont-ils intervenus pour faire reculer F.Hollande ?
Cécile Dufflot sera-t-elle vraiment parachutée à Paris pour les législatives ?
J.V. Placé veut-il se p… ositionner ?
Que pense réellement E.Joly de tout cela ?
Je n'ai ici nulle prétention ni envie d'influer sur votre opinion.
J'en sors quant à moi plus dégouté encore de la politique, tout en étant convaincu que des décisions politiques fortes sont indispensables pour traiter les crises actuelles.
Avec ce qui se profile pour la France de 2012, je ne doute même pas. Nous ne les aurons pas venant du sommet de l'État.
Quant à mon vote, plus d'indécision…

dimanche 13 novembre 2011

Le courage, facteur de la durabilité de soi et de la véritable démocratie participative


La semaine dernière, j’ai pu assister à la conférence du chercheur et philosophe Cynthia Fleury, dont ses travaux portent notamment sur les outils de la régulation démocratique.

L’objet de ce post ne sera pas de retranscrire fidèlement ses propos. Pour cela, je vous renvoie à son livre intitulé « la fin du courage ». Ici, il s’agit davantage de vous transmettre la quintessence de son discours, telle que j’ai pu me l’approprier.

Quant on parle de courage, une distinction doit se mettre en lumière entre le courage de chacun et le courage collectif.

Le courage au niveau individuel

Pour chaque personne, le courage est le « dire vrai ». Le courage signifie qu’il faut tout dire et est donc annexé à la vérité. Il s’agit alors d’affirmer véritablement ce que l’on pense et de se lier à cette vérité. Cela en opposition à un dire communicationnel, qui consiste simplement à oser dire ce que les autres pensent.

Il faut dire ce que l’on pense pour que les autres disent la vérité. Le philosophe Alain, parlait alors d’un « dire qui s’oblige » : la parole je la dois à quelqu’un !

Il ne faut pas considérer la vérité comme un dogme, car si la vérité était assimilée à cette dernière, elle perdrait tout simplement son statut de vérité. Car la vérité, c’est avant tout un rapport à soi, au monde qui nous entoure avec une cohérence entre les deux.

Ici, le courage est dans le rapport avec soi-même : cette chose à faire, c’est à moi de le faire !
Une personne courageuse, n’utilise ainsi pas le pronom personnel «on », mais parle en son nom propre.

Le futur d’un courageux ne s’exprime pas en heure, en journée, en année… Le futur d’un courageux, c’est la minute qui vient ! Le courage doit servir l’urgence et non le simulacre de l’urgence. En effet, aujourd’hui on assiste à un travestissement de cette notion, à tout simplement sa falsification. L’agitation fait ainsi place à la véritable action. Cela s’accompagne alors d’un sentiment de prise au piège et d’un ressentiment profond qui peut conduire soit à un passage à l’acte tourné contre autrui ou soit au passage d’un acte contre soi-même.

Si on regarde de plus près, il faut voir que dans le monde du travail, la morale du capital organise en fait notre remplaçabilité. Les hommes et les femmes sont alors considérés comme des objets, comme le faisait Sade avec ses conquêtes, qui devenaient alors de simples objets sexuels, sans prise en considération de l’individualité de ses partenaires. Petit à petit, on tue l’individualité, car nous devenons tous substituables.

Après cette prise de conscience, il est donc essentiel de remettre le courage dans la sphère du travail, qui mettrait enfin un terme à notre remplaçabilité. En effet, avec le courage, chaque individu se rendrait moins invisible. Il est absolument nécessaire de déstabiliser le système de remplaçabilité, tel que l’exprime la morale du capital. « La clause est de confiance car de désignation personnelle ».
Le courage vaut par l’acte lui-même, pas par le résultat. Sur le court terme, le courage ne tient que par son action, mais sur le long terme, le courage est protecteur du soi-même, et évite notre érosion.

Il est donc nécessaire de régulièrement agir en conviction avec soi-même. Il n’est d’ailleurs pas toujours aisé de le faire, mais il faut se battre sur un minimum de combats. Le principe, le fil directeur du courage est qu’il faut être maitre de soi, avoir le sentiment de ne pas être seulement l’objet de désir d’autrui ou l’objet fantomatique du système. Le courage doit être une règle d’hygiène qui doit se pratiquer tous les jours !

Le courage au niveau collectif

L’intérêt public ne peut pas se faire en opposition avec les individus qui le compose. L’injonction du courage est en effet, l’instance du moi, prioritaire dans la mesure où nous sommes tous irremplaçables pour faire ces actes. Chaque individu doit être le socle de l’intérêt collectif. Si chacun assume l’injonction à soi-même, alors notre société cesse d’être le lieu de la fuite de la morale.

Il y a un lien fondamental entre la matrice individuelle et la matrice collective. Socrate affirmait ainsi qu’avant de s’occuper des affaires publiques, il serait bien de s’occuper de soi-même. C’est ici, le fameux, « Connais- toi, toi-même ».

Une société, un système ne devrait pas organiser l’oubli de soi. Le « système » ne doit pas faire oublier à chaque individu qu’il possède une voix ! Il est essentiel qu’il y ait une inscription du sujet dans la vie publique. Il est essentiel d’inscrire le souci de soi, qui sera alors, parallèlement, le lien pour défendre le souci des autres.

Aujourd’hui on assiste à une forme de découragement généralisé dans le monde du travail, dans le monde public. Des gens deviennent dépressifs car cela est lié au retour de la précarisation morale. On est dans la recherche de la performance, et non plus dans la recherche de la plénitude. L’obsolescence de ces valeurs pour les êtres humains et la société se reflète dans le renoncement du courage. C’est alors un grand prix à payer que de ne plus être courageux.
La lâcheté quotidienne constitue alors une forme d’apocalypse rampante !!

Le courageux est celui qui ressent la peur, mais qui surtout la dépasse ! Le courage s’apprécie à l’aune du découragement.

Le courage ne se préoccupe pas des résultats (échecs, réussites..). Ce qui compte, c’est l’acte en lui-même. C’est le fait d’avoir dépassé ses peurs et d’avoir agi en accord avec soi-même. L’échec est seulement une illusion, un produit de la capitalisation. Rien à voir avec le courage.
Le courage c’est aussi résister, endurer. C’est une activité quotidienne et une lutte contre cette anthropie collective.

Aujourd’hui, comme l’affirme Pierre Rosanvallon, la souveraineté du peuple est négative. C’est une souveraineté de contrôle, de veto, de résistance et d’empêchement. Il y a une asymétrie entre ceux qui gouvernent et ceux qui votent.

Aujourd’hui, le peuple, les individus sont trop éduqués pour accepter encore cette conception tronquée de la souveraineté. Il faut d’une part un renforcement et une remise à niveau du concept de la représentativité et d’autre part, une mise en place d’une instance représentative digne de ce nom.

Pourquoi améliorer la représentativité ? Car aujourd’hui on constate un trop grand fossé entre les élus et la société civile. Des élus trop âgés, une professionnalisation de la représentativité, des députés qui suivent les directives de leur parti… . Il est donc primordial de débattre de la représentativité politique. Il est alors nécessaire que le Parlement soit un lieu de réflexion complexe et un lieu de résistance au gouvernement.
Il faut plus de pluralisme et supprimer le bipartisme, où l’alternance est souvent utilisée comme un outil de radotage.

Par ailleurs, il est nécessaire de sortir de ce concept d’efficacité de la vitesse. Il faut en finir avec ces concepts de mesures sur 100 jours. Il est primordial que les décisions soient des co-constructions citoyennes ! Il faut une instance participative digne de ce nom. Le peuple doit être indépendant et connaitre les buts vers lesquels il se dirige.

Aussi, la participation fait-elle appel à deux temps. Le premier temps est celui de l’éthique de la discussion et le second est l’éthique de la responsabilité.

Le premier temps, l’éthique de discussion est en fait le droit à l’expression et à l’information. Il ne suffit pas d’une simple démocratie des droits, mais une démocratie de la pleine maitrise de ces droits. Les droits ne doivent pas être abstraits mais concrets pour chacun. L’expression ne doit pas suffire. Le point de vue de chacun doit pouvoir peser dans cette structure démocratique. Et pour cela initialement, il faut une formation de chaque citoyen à la prise de parole avec une éducation à la préparation des arguments. Ce ne doit pas simplement être le jeu de la simple expression d’un avis ! L’éthique de discussion est donc le droit à l’expression mais aussi à la formation de cette expression.
De plus, les informations données pour permettre la prise de décision, ne doivent pas être des informations partielles. Il est nécessaire que chaque citoyen puisse jouir d’une information objective et non opaque !

Quant au deuxième temps, l’éthique de responsabilité, il est le temps d’un processus d’auditions, de concertation puis de délibération. Il est primordial que ceux qui sont concernaient par les décisions prises, puissent avoir le droit d’émettre un avis mais également que les personnes émettrices de ces avis, puissent avoir un droit à la décision. Une participation qui ne décide pas, n’est pas une participation. A défaut, on peut considérer qu’il y a un déficit démocratique. Il est obligatoire d’avoir une superposition entre ceux qui décident et ceux qui subissent la décision.

Il est nécessaire d’apprendre la culture de transparence et de contre-pouvoir. La professionnalisation du politique ne doit pas être exhaustive, une liste civile doit également se constituer. La démocratie doit sans cesse être en rééquilibrage. La participation citoyenne devenant alors de plus en plus inclusive et adaptative.

Qui plus est, la sollicitation de la population et donc, la démocratie participative, doit se faire sur des enjeux importants (locaux, nationaux, internationaux..), et non sur des micro-enjeux !

Il est désormais nécessaire de refaire le « contrat » de notre société, en y insérant des instances participatives et en même temps délibératives. Rousseau parlait ainsi de contrat tacite entre les individus. Et pour ce faire également, une domestication des conflits d’intérêts doit se mettre en œuvre, pour interdire les cumuls de mandats, les conflits d’intérêts et cela pour une plus grande légitimité des élus. Il est essentiel de clarifier les procédures de nomination, voires les supprimer. Et cela s’accompagne également d’autres mesures, telles que l’indépendance du Parquet, donner de véritables moyens aux autorités indépendantes, etc. …

Enfin et pour conclure, je m’intéresserais à une dernière idée, celle du système de découragement tel qu’existe aujourd’hui. En effet, le système de découragement repose sur deux simulacres. Le premier simulacre est l’illusion de l’inertie du système. Pourquoi être courageux, le système est plus fort que moi ! Face à cela, le courage permet d’entrer dans un processus d’intelligence de déconstruction de ce qui est devant moi. On ne doit pas agir avec passion, mais avec un effort de rationalité.
Quant au deuxième simulacre, il est de considérer que la démocratie marche sans moi, par automatisme ! Cela est faux, la démocratie est toujours une dynamique, une affaire de rapports de force. Une démocratie n’est pas seulement une distribution de droits, mais une possibilité d’actionner véritablement ces droits !

Le courage est un jeu de dépassement avec soi-même mais aussi de lien avec les autres.

Pour aller plus loin :
- une vidéo de Cynthia Fleury en lien avec son livre « la fin du courage »
http://www.youtube.com/watch?v=6JCVkwKTzx4
- Vous pouvez retrouver sa pensée dans son livre intitulé « La fin du courage », éditeur Fayard, Paris, France, Collection Essai. Livre sorti en 2010.

mardi 1 novembre 2011

Les enjeux de développement durable au Sommet du G20 à Cannes

Les 3 et 4 novembre 2011, se tiendra le Sommet du G20 à Cannes. Des enjeux importants y seront discutés et beaucoup d’espoir se sont exprimés en prévision de ce Sommet…. A l’affirmation, le G20 ne concerne pas les questions du développement durable, je réponds, si au contraire et je vais vous le prouver !

Le G20, c’est quoi ?

Le G20 a été créé en décembre 1999 en réponse aux crises financières qui ont frappé les pays émergents à la fin des années 1990. Il s'agissait à l'origine de réunir une fois par an les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales des pays industrialisés et des pays émergents pour faciliter la concertation internationale en matière économique. Puis à la suite de la crise économique et financière de 2008-2009, le G20 s’est transformé en une instance de pilotage économique, réunissant au plus haut niveau les grands responsables publics.

Le G20 représente 85 % de l'économie mondiale et 2/3 de la population mondiale. Il est composé de l'Afrique du Sud, de l'Allemagne, de l'Arabie Saoudite, de l'Argentine, de l'Australie, du Brésil, du Canada, de la Chine, de la Corée du Sud, des Etats-Unis, de la France, de l'Inde, de l'Indonésie, de l'Italie, du Japon, du Mexique, du Royaume-Uni, de la Russie, de la Turquie et de l'Union européenne. Mais les membres du G20 peuvent également décider chaque année d’inviter un nombre limité d’autres pays et d’organisations régionales à leurs sommets.

Cette année, le président français, M. Nicolas Sarkozy présidera le Sommet du G20. L’occasion de lui rappeler les enjeux en matière de développement durable.

Quels enjeux liés au développement durable lors du Sommet du G20 ?


Le drame de la faim dans le monde touche environ un milliard de personnes… Chiffre sans cesse en augmentation ! Pour lutter contre cela, les décideurs politiques au G20, peuvent apporter des solutions et lutter contre les dysfonctionnements des marchés économiques et financiers, jouant actuellement au détriment des pays en développement.

Il faut savoir qu’à elle seule, l’évasion fiscale des multinationales représente un manque à gagner fiscal de plus de 125 milliards d’euros, soit plus de 4 fois le montant estimé nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde. Alors parler d’évasion fiscale en matière de développement durable, n’est pas du tout anodin ! Il est absolument nécessaire d’assainir les marchés et d’y inclure plus de transparence.

Autre débat à aborder ? La possibilité de taxer les 3 millions de milliards d’euros échangés chaque année dans le monde, qui pourrait permettre de financer le développement et réduire les inégalités entre pays riches et pays pauvres, comme le proposent notamment les ONG Oxfam, WWF et le CCFD-Terre Solidaire.

Qui plus est, un autre enjeu est celui de la spéculation sur les denrées alimentaires.
Pour illustration, voici quelques chiffres extraits d’une publication de M. Gérard Fuchs (Economiste et Responsable du département de Coopération internationale de la Fondation Jean-Jaurès depuis 2006), dans un rapport intitulé «Le G20 et la faim dans le monde »:

« La flambée des prix alimentaires en 2008 a fait sombrer 100 millions de personnes dans la pauvreté et le nombre de personnes souffrant de la faim a dépassé un milliard en 2009. Selon les estimations de la Banque Mondiale, 44 millions de personnes supplémentaires ont basculé en-dessous du seuil de pauvreté au cours du second semestre de 2010 sous l’effet d’une hausse des prix atteignant des niveaux proches des maxima de 2008».

Les explications peuvent être diverses comme le rapporte M. Fuchs. Les fluctuations du prix des matières premières agricoles peuvent être dites « normales », comme celles qui résultent d’événements climatiques ou de politiques imprévus, mais elle est aussi l’œuvre de spéculation financière, car déconnecté de la possession réelle de matières premières (jeu sur les produits dérivés liés aux matières premières alimentaires). Il est primordial que des instances internationales puissent arrêter ce jeu de la faim.

Cela en parallèle à l’arrêt des subventions sur les agrocarburants, ayant une influence directe sur les prix des denrées alimentaires et mobilisant des terres arables dans des pays où l’autosubsistance alimentaire devrait être plutôt la priorité, comme l’a exprimé le Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, M. Olivier de Schutter lors de son appel du 31 octobre 2011 à l’égard des Etats membres du G20.

En effet, la « ruée vers les terres arables des pays en développement », nuit gravement aux pays en voie de développement, comme l’exprime M. Olivier de Schutter. Le flou juridique relatif à la propriété de la terre, permettrait aujourd’hui aux gouvernements des pays pauvres eux-mêmes de céder à de grandes sociétés étrangères l’usage de milliers d’hectares jusque-là utilisés pour une agriculture de subsistance. Une des propositions faites par M. Gérard Fuchs (dans le rapport susmentionné) est qu’une « qu’une partie des fonds que le G20 a décidé de donner aux pays en développement soit explicitement destinée à la mise en place de registres cadastraux, rendant ainsi impossible toute expropriation non justifiée et non compensée et dotant notamment les petits agriculteurs d’une sécurité propice à leur expansion ».


Enfin, il s’agit également de « renforcer la dimension sociale de la mondialisation », qui est l’un des 6 objectifs prioritaires de M. Sarkozy au G20. Cet objectif concernerait la mise en place de 4 actions relatives à l’emploi notamment des plus jeunes et des plus vulnérables, la consolidation du socle de protection sociale, le respect des droits sociaux et du travail, et une meilleure cohérence des stratégies des organisations internationales. A cela je dis très bien, maintenant prouvez-le notamment en signant le Protocole international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. En effet, l’ONG Amnesty International France a lancé un appel à M. Sarkozy afin qu’il signe et ratifie ce protocole, pour donner l’exemple en sa qualité de président du G20. Ce protocole doit donner la possibilité aux populations victimes de violations de droits économiques, sociaux et culturels (accès aux soins, à l’éducation, au logement…) d’obtenir justice au niveau national (via les Nations Unies) lorsqu’elles n’ont pas pu obtenir un recours dans leur propre pays. Cet instrument juridique facultatif a déjà été signé par 39 pays et 5 l’ont ratifié, mais pour qu’il rentre en vigueur, il est nécessaire que 5 autres pays le ratifient également !

Lors du Sommet du G20, la majorité des enjeux de développement durable mentionnés seront débattus! L'issu de ce Sommet est encore flou! Rien n'est encore joué! Une pression citoyenne doit s'exercer car l’avenir de millions de personnes en dépend (pour ne pas dire des milliards)!


Sources :

- « Un expert de l'ONU appelle le G20 à faire de la sécurité alimentaire une priorité »
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=26768&Cr=G20&Cr1

- Paradis fiscaux et finance illicite : le G20 est-il le lieu des décisions ?

- G20 : Amnesty International frappe fort pour que Nicolas Sarkozy signe enfin le protocole au PIDESC
http://cdurable.info/G20-Nicolas-Sarkozy-doit-ratifier-protocole-PIDESC-Amnesty-International.html

- Le G20 et la faim dans le monde
http://www.jean-jaures.org/Publications/Les-notes/Le-G20-et-la-faim-dans-le-monde

- Site officielle du G20-G8 France 2011
http://www.g20-g8.com/g8-g20/g20/francais/accueil.1.html

- Spéculation et sécurité alimentaire : fini de jouer
http://www.oxfam.org/fr/policy/speculation-securite-alimentaire-fini-jouer

- G20 : saisissons l'occasion de taxer les transactions financières
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/209535;g20-saisissons-l-occasion-pour-taxer-les-transactions-financieres.html

mardi 16 novembre 2010

L'environnement remanié, dévalué

Le remaniement ministériel du dimanche 14 novembre semble faire l'unanimité dans le milieu environnemental associatif : l'environnement est relégué à l'arrière plan des préoccupations. Exit les bonnes intentions affichées Grenelle de l'environnement.

L'alliance pour la planète exprime sa consternation face à l’affaiblissement du Ministère de l’Ecologie dans le nouveau gouvernement :

Nous demandions solennellement il y a quelques jours au Président de la République de renouveler le signal politique fort qu’il avait donné au lendemain de son élection en créant le « super-ministère » du Développement Durable. Ce ministère avait en effet su donner une impulsion forte en matière environnementale. Or, force est de constater que le Ministère a été affaibli : Première surprise, Nathalie Kosciusko-Morizet n’aura pas rang de ministre d’Etat. Pourtant, il s’agissait d’un engagement solennel pris par le chef de l’Etat au moment de sa signature du Pacte écologique. Particulièrement compétente sur les questions écologiques, en quoi Nathalie Kosciusko-Morizet était-elle illégitime pour avoir rang de ministre d’Etat ? Cet arbitrage traduit le fait que l’environnement n’est plus un sujet prioritaire. Ce sentiment de perte d’influence est renforcé par le transfert de tutelle de l’écologie au Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie en ce qui concerne l’énergie, faisant craindre pour les choix à venir. Va-t-on voir surgir l’Etat EPR ? En définitive, le périmètre transversal (écologie, énergie, transport, logement et mer) s’est considérablement réduit si on y ajoute la perte de référence à la « mer » et la réduction du nombre des secrétaires d’Etat rattaché à l’écologie, passant de 4 à 2. L’esprit de cohérence n’a pas suffit à réintroduire dans son champ d’autorité l’aménagement du territoire dont Bruno Lemaire, Ministre de l’Agriculture, aura la charge. Nous exprimons là encore nos craintes. Quel avenir pour la Trame verte et bleue lorsqu’on sait l’influence du lobby de la FNSEA et des pesticides sur l’action de ce Ministère ? Le défi environnemental constitue l’un des enjeux les plus cruciaux du 21è siècle. Comment répondre au grand défi de ce siècle, le défi climatique, en saucissonnant les compétences Energie-Climat entre le ministère de l’Industrie et le ministère du Développement Durable ? Nous demandons que toutes les compétences « climat » soient regroupées au sein du Ministère du Développement Durable, y compris les négociations européennes et internationales. Ce nouveau gouvernement sera-t-il en mesure de faire vivre et pérenniser les engagements pris lors du Grenelle de l’Environnement ?

La fédération France Nature Environnement (FNE) considère, voit un ministère peau de chagrin…

Le ministère, jusqu’alors chargé de l’énergie et des négociations sur le climat se voit dépossédé du portefeuille de l’énergie, hypothéquant potentiellement notre objectif de division par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre. Qui représentera l’Etat français à Cancún dans moins d’un mois ? Pour y défendre quoi ? Pourquoi l’énergie doit-elle maintenant dépendre de l’industrie ? Le précédent gouvernement avait affirmé que l’environnement devait être au cœur de toutes les politiques publiques. Qu’en est-il aujourd’hui ? Pour la CFDT, la LPO et FNE, il indispensable que le ministère de l’industrie ne cantonne pas l’énergie à des problématiques industrielles. L’énergie est le problème de toute la société et les solutions résident dans un meilleur équilibre entre productions locales et moyens centralisés et surtout dans la promotion des renouvelables et de l’efficience énergétique. De même, la Mer a disparu de l’intitulé du nouveau ministère. Les grands engagements pris lors du Grenelle de la Mer pourraient-ils être balayés par la vague du changement de ministère ? Pour la CFDT, les questions de l’emploi et de l’environnement pour une croissance durable doivent être articulées et prises en compte dans le cadre du dialogue social. Bruno Genty, président de FNE : « Je souhaite bonne chance à la nouvelle ministre, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, dont les compétences environnementales sont certaines. Je lui souhaite aussi beaucoup de courage et d’énergie pour faire face à ses nouvelles responsabilités. L’énergie est un enjeu important du Grenelle de l’environnement. FNE attend de la ministre de l’écologie qu’elle veille à l’application de tous les engagements du Grenelle concernant cette thématique même si celle-ci ne fait plus partie de son ministère». La CFDT, FNE et la LPO seront vigilantes quant à l’application stricte des engagements pris lors des « Grenelles », et en particulier ceux concernant l’énergie et la mer pour lesquelles les inquiétudes sont plus grandes que jamais. Nos organisations rencontreront dès que possible les nouveaux ministres de tutelle afin de leur faire part de leurs préoccupations. Le développement durable, ce n’est pas la cerise sur le gâteau, c’est le gâteau !


Mon avis

Comme souvent, FNE ménage la chèvre et le chou et prend une position attentiste et peu marquée.
Je suis largement plus proche de la position de l'alliance pour la planète...
Les bonnes intentions du Grenelle de l'Environnement, qui y a cru ?


Notre nouveau Ministre de l'Environnement à Yerres (91) en novembre 2008 où elle fit un passage éclair pour le moins irrespectueux de l'assistance qui était en partie là par rapport à sa présence annoncée...
Photo : © Gilles Héluin

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