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vendredi 9 décembre 2011

Petit bréviaire écolo


Édition Les petits matins
Isbn 978-2-915879-98-8
60 p., 6 euros

L'écolo de service peut rarement passer une soirée tranquille. Dès qu'il est repéré, une série de commentaires plus ou moins acerbes surgissent.
Le grand classique : "l'écologie, ça ne devrait pas être de la politique." Et difficile d'échapper à "l'écologie luxe de riches" ou aux procès en "utopisme".

Les auteurs, Wilfrid Séjeau, libraire et conseiller général écologiste de Bourgogne, et Erwan Lecoeur, sociologue et consultant, ont listé ces objections et y répondent avec humour, pertinence et conviction.

On s'y croirait !
Wilfrid Séjeau raconte une soirée qui aurait pu être agréable, invité chez des amis. Mais voilà, bien vite reconnu pour son engagement écologiste, le voici soumis tout au long de la soirée à une série de remarques et attaques auxquelles il doit bien répondre pour se justifier et éduquer...

Voici les 10 questions répertoriés et traitées par les auteurs.
1 L'écologie, ça ne devrait pas être de la politique.
2 L'écologie, ça ne devrait être ni de droite ni de gauche.
3 Vous n'êtes pas crédibles pour exercer le pouvoir.
4 Ça ne sert à rien de voter pour vous, vous ne serez jamais au pouvoir.
5 Vous voulez tout interdire. Vous êtes contre la science et pour le retour à la bougie.
6 Votre programme est impossible, vous êtes des utopistes.
7 L'écologie, c'est un truc pour les riches.
8 Vous devriez ne parler que d'écologie, pas des homos, des drogues ou des sans papiers.
9 Les Verts, combien de divisions ?
10 De toutes façons, tout ça c'est de la connerie !

Évidemment, les auteurs ont réalisé ici une compilation, le "top-ten" des questions bateau et tentent d'y répondre.
La soirée relatée par le livre est "chargée" pour cet écolo de service qui doit être bien solide pour s'en sortir sans trop de bobo...

Écrit très simplement avec les mots de tous les jours, ce petit livre présente de manière réaliste et très vivante des propos auxquelles sont souvent confrontés les écologistes politique, et pour certaines remarques, les militants associatifs.

Sous une forme amusante, les auteurs expliquent sans faux semblant l'écologie politique, exposent les convictions et les motivations qui poussent les écologistes à faire de la politique.

J'ai passé un agréable moment à lire cet ouvrage, moi qui ai depuis longtemps préféré et pratiqué l'action associative aux activités politiques.

Une lecture instructive de nature à faire remonter l'écologie politique dans notre estime. Les auteurs en sont bien évidemment de fervents partisans, mais ils ont su éviter le piège d'en dresser un tableau trop idyllique.

Pour lire un extrait

http://www.lespetitsmatins.fr/upload/extrait_72.pdf

mercredi 23 novembre 2011

Du bois dont on fait les marionnettes

Eva Joly n'a donc pas renoncé. C'était une éventualité.

Son retour fut tonitruant, qualifiant F.Hollande par un superbe "du bois dont on fait les marionnettes" et prenant ses distances concernant l'accord conclu avec le PS, en particulier sur la question nucléaire et l'intervention d'AREVA sur la filière MOX.

La position d'Eva ne plait pas à certains cadres du parti EELV.
Je gage que nombre de militants en sera au contraire satisfait.
J'en suis !


lundi 21 novembre 2011

Présidentielles, vers un renoncement d'Eva ?

Cécile Duflot semblait soulagée ce week-end par l'adoption par le conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts de l'accord signé avec le PS pour les prochaines élections législatives.
Soulagée ?
Peut être en partie seulement car l'absence d'Eva Joly laisse présager un possible renoncement à la représentation d'EELV aux présidentielles.
Dès le début j'imaginais son combat intérieur pour se décider à accepter de rentrer dans l'arène.
Comment son intégrité bien connue la fait elle vivre l'accord qui la fait se dédire sur la question du nucléaire dont la sortie et l'abandon de l'EPR avaient été annoncés comme non négociables pour conclure un accord ?
Mal, certainement.

Je ne serais pas surpris que Eva annonce très prochainement qu'elle se retire de la présidentielle.
Évidemment ce ne serait pas sans qu'elle mesure les conséquences d'une telle décision.
EELV en sortirait bien affaibli sur l'échiquier politique.
Le PS a-t-il envisagé cette possibilité en poussant les responsables EELV à se dédire sur un tel sujet si sensible pour les écologistes, qu'ils soient politique ou de la société civile ?
Quelle raison a-t-elle poussé le PS à conserver une position globalement pro-nucléaire, bien que le parti évolué de manière sensible sur le sujet ?
Qu'il ait plié devant le lobby pro-nucléaire d'EDF et Aréva, que ce soit pour affaiblir le principal parti écologiste ou par réelle conviction que l'énergie nucléaire ne doit pas être abandonnée, le renoncement de Eva serait aussi une mauvaise nouvelle pour le PS.

Il est évident que nombre d'électeurs écologistes s'interrogent sur leur prochain vote face à l'accord conclu avec le PS.
Concernant les anti-nucléaires les plus militants, je pense qu'ils ne se posent même pas de question, ni le PS ni maintenant EELV n'auront la faveur de leur vote.
Mais alors vers qui le vote des déçus d'EELV va-t-il se tourner ?
Vers le Front de gauche ? Vers le NPA s'il se présente ? Vers Corine Lepage ? Vers les trois sans doute…
Une situation qui affaiblirait forcément l'écologie politique. Déjà que les socialistes ont montré, que ce soit au niveau national comme régional le peu de cas qu'ils font une fois élus, de l'écologie et de leurs alliés Verts.
Une situation qui ne peut qu'affaiblir la gauche elle-même.
Une partie de l'électorat ne devrait-elle pas se rebeller vis-à-vis de la situation qui me manquera pas d'arriver au second tour, à savoir de devoir voter contre un candidat (Sarkozy), plutôt que pour un autre (Hollande) ?

Comment Eva décidera-t-elle d'agir face à l'accord conclu avec le PS et aux probables conséquences d'un renoncement ?
Va-telle quitter l'arène ou y revenir ?
La réponse très bientôt…

vendredi 18 novembre 2011

PS-EELV, accord ? compromis ? compromission ? trahison ? ou tactique ?

Hier je réagissais à chaud à l'actualité largement commentée des tractations entre le PS et EELV en vue des élections de 2012.

Sans renier mes propos, il me parait nécessaire de ne pas uniquement voir le côté obscur des intentions des écologistes politiques.
Je croyais mon opinion forgée et stable et concluais avec une apparente certitude. Apparente seulement avec un peu de recul…

Tout d'abord je veux affirmer ma conviction que l'écologie politique est nécessaire.
Pas suffisante, mais nécessaire.

L'écologie associative est de son côté indispensable aussi, mais pas suffisante.
Le mouvement associatif renferme de grandes compétences et est capable d'obtenir des résultats concrets pour faire progresser l'écologie et faire en sorte que les activités humaines soient plus respectueuses de l'environnement. C'est indéniable.

Reste que sans une politique, sans des mécanismes sociétaux, sans des lois, sans cet ensemble adapté à une conversion écologique de notre société, l'objectif d'un monde soutenable et durable ne pourra pas être atteint.

Il est évident que cela ne sera pas mis en œuvre, en tout cas pas de manière suffisante, par les partis "traditionnels" de droite comme de gauche.
Les deux ne remettent pas en cause le modèle de société pour la rendre durable.

L'écologie politique, elle est plus à même de proposer et de mettre en œuvre les changements de société nécessaires au traitement des crises actuelles.
Elle a pour cela besoin de représentants élus.
Clairement, en France, les élections se faisant au scrutin majoritaire obligent les écologistes politiques à des alliances pour avoir des élus.
C'est en ce sens qu'une alliance pour les législatives de 2012 se justifie.
Il est évident aussi que seule une alliance avec un parti de gauche est envisageable pour les écologistes. C'est bien sûr avec le PS que cela devait se faire.

Après, je ne peux que revenir sur le questionnement de mon précédent billet qui peut se résumer à savoir jusqu'où l'on peut faire des concessions au PS qui, de manière spontanée ne va pas programmer les mesures nécessaires à un monde durable.

De quel côté voit-on pencher la balance si l'on y met notamment :
- d'un côté une trentaine de députés potentiels qui pourront infléchir la loi et la politique française en faveur de l'écologie ainsi que (finalement) une reconversion de la filière du retraitement et du MOX...
- et de l'autre côté l'absence de décision de sortie du nucléaire, la conservation du programme EPR, l'aéroport…

De quel côté ?

J'apprécie trop certains élus de l'écologie politique EELV, en vrac et de manière non exhaustive, Y.Cochet, J.Bové, F.Veillerette, M.Rivasi, M.C.Blandin, etc… pour négliger la nécessité d'avoir des élus écologistes dans les institutions locales, régionales, nationales et européennes.

Lorsque je vois la conviction et l'implication de membres de la société civile qui veulent peser et participer concrètement à la vie politique, comme c'est le cas d'Aurore par exemple, je me dis qu'il serait regrettable de ne pas les soutenir.

Une autre composante de la réflexion est le rapport de force institué par l'opinion publique qui serait provoqué par un bon score écologiste aux élections.
Évidemment un bon score écologiste pourrait, je dis bien pourrait, influer sur le programme et la politique du PS en cas de victoire.

Voila quelques aspects positifs des négociations PS-EELV qu'il fallait pour être plus juste aborder ici.

Alors, choisir le côté obscur ou pas ?
Une affaire de conviction, de sensibilité…

jeudi 17 novembre 2011

PS-EELV : Accord ? Compromis ? Compromission ? Trahison ?

Les média s'en donnent à cœur joie. Il y a de quoi.
Je n'en doutais pas et cela étant bien loin d'être expert en politique, le PS et EELV sont parvenus à "s'entendre" en vue des élections de 2012.
S'entendre est-il bien le mot adéquat ? Peut être pas tant l'audition semble défaillante du côté PS…
Plutôt une question de rapport de forces sans doute…
Les deux formations politiques sont donc parvenues à un "accord".
Les guillemets encadrent ici le mot accord pourtant employé à la fois par Cécile Duflot et Martine Aubry, pour ne citer qu'elles parmi les dirigeants des deux partis.
Ces guillemet représentent tout le questionnement qui accompagne nécessairement les négociations qui ont été menées et qui semblent avoir abouti.
Abouti à quoi ?
A quelque chose qui attribue 65 circonscriptions aux écologistes politiques pour les législatives, représentant un potentiel d'une trentaine de députés en cas de victoire de la gauche.
A quelque chose de bien moins positif pour EELV sur deux sujets phares des discussion, il s'agit bien évidemment du nucléaire et du projet d'aéroport Notre Dame des Landes à Nantes.
Là, fiasco quasi général.
"L'accord" prévoit la fermeture programmée de 24 réacteurs nucléaires, dont celui de Fesseneim, le doyen des réacteurs français, situé dans une zone sismique. C'est bien le moins que l'on pouvait attendre.
Les points il n'y a pas si longtemps encore annoncés par EELV comme des incontournables à tout accord politique avec le PS, ces points sont absent de "l'accord".
Vous l'avez probablement lu et entendu, point de décision de sortie du nucléaire, point d'abandon du chantier EPR de Flamanville et de cette technologie, point d'arrêt de la filière menant au combustible MOX, point d'annulation de la décision de réaliser un nouvel aéroport à Nantes.
Des sujets sur lesquels F.Hollande a pris des positions claires et fermement opposées aux demandes des écologistes.
Les esprits moins chagrins que le mien mettront en avant qu'outre une évolution du PS sur la question des OGM, la fermeture de 24 réacteurs, "l'accord" prévoit la réduction de la part de l'électricité d'origine nucléaire qui passerait d'environ 80% actuellement à 50% en 2050.
Que sait-on de ce dernier point ?
Cette réduction de proportion sera-telle obtenue à production nucléaire constante par une baisse de consommation résultant d'une nécessaire sobriété de d'efficacité énergétique où la production d'électricité nucléaire baissera-t-elle en quantité ? En tout cas, 50% restera suffisant pour grever le développement des énergiques renouvelables et laisser un risque énorme d'accident majeur dans notre pays. En tout cas nous sommes bien loin de la voie indispensable à aller vers un monde soutenable et durable !

On m'a déjà écrit que de se positionner contre toute forme d'accord n'adressant pas les demandes "incontournables " des écologistes constitue un détournement de l'écologie politique.
Hé bien cette écologie politique là, je vous la laisse !
Puisque un accord était annoncé impossible sans décision de sortie du nucléaire, abandon de l'EPR etc… il ne s'agirait donc pas d'un accord ?
Est-il positif d'espérer avoir une trentaine de députés mais de sacrifier ses revendications entre autres sur le nucléaire, l'aéroport ?
Les députés écologistes infléchiront-ils l'orientation nucléocrate de M Hollande ?
Encore faudrait-il qu'on leur confie ce sujet, ce qui risque fort de n'être pas le cas.
Évidemment, le nucléaire n'est pas tout et les élus écologistes montrent très souvent leurs compétences, leur utilité, leurs résultats. j'en conviens.

Mais donc, s'il ne s'agit pas d'un accord, est-ce un compromis ? Une compromission ? Une trahison envers les écologistes ? Oserais-je dire "les vrais" ?
Aréva, EDF sont-ils intervenus pour faire reculer F.Hollande ?
Cécile Dufflot sera-t-elle vraiment parachutée à Paris pour les législatives ?
J.V. Placé veut-il se p… ositionner ?
Que pense réellement E.Joly de tout cela ?
Je n'ai ici nulle prétention ni envie d'influer sur votre opinion.
J'en sors quant à moi plus dégouté encore de la politique, tout en étant convaincu que des décisions politiques fortes sont indispensables pour traiter les crises actuelles.
Avec ce qui se profile pour la France de 2012, je ne doute même pas. Nous ne les aurons pas venant du sommet de l'État.
Quant à mon vote, plus d'indécision…

dimanche 13 novembre 2011

Le courage, facteur de la durabilité de soi et de la véritable démocratie participative


La semaine dernière, j’ai pu assister à la conférence du chercheur et philosophe Cynthia Fleury, dont ses travaux portent notamment sur les outils de la régulation démocratique.

L’objet de ce post ne sera pas de retranscrire fidèlement ses propos. Pour cela, je vous renvoie à son livre intitulé « la fin du courage ». Ici, il s’agit davantage de vous transmettre la quintessence de son discours, telle que j’ai pu me l’approprier.

Quant on parle de courage, une distinction doit se mettre en lumière entre le courage de chacun et le courage collectif.

Le courage au niveau individuel

Pour chaque personne, le courage est le « dire vrai ». Le courage signifie qu’il faut tout dire et est donc annexé à la vérité. Il s’agit alors d’affirmer véritablement ce que l’on pense et de se lier à cette vérité. Cela en opposition à un dire communicationnel, qui consiste simplement à oser dire ce que les autres pensent.

Il faut dire ce que l’on pense pour que les autres disent la vérité. Le philosophe Alain, parlait alors d’un « dire qui s’oblige » : la parole je la dois à quelqu’un !

Il ne faut pas considérer la vérité comme un dogme, car si la vérité était assimilée à cette dernière, elle perdrait tout simplement son statut de vérité. Car la vérité, c’est avant tout un rapport à soi, au monde qui nous entoure avec une cohérence entre les deux.

Ici, le courage est dans le rapport avec soi-même : cette chose à faire, c’est à moi de le faire !
Une personne courageuse, n’utilise ainsi pas le pronom personnel «on », mais parle en son nom propre.

Le futur d’un courageux ne s’exprime pas en heure, en journée, en année… Le futur d’un courageux, c’est la minute qui vient ! Le courage doit servir l’urgence et non le simulacre de l’urgence. En effet, aujourd’hui on assiste à un travestissement de cette notion, à tout simplement sa falsification. L’agitation fait ainsi place à la véritable action. Cela s’accompagne alors d’un sentiment de prise au piège et d’un ressentiment profond qui peut conduire soit à un passage à l’acte tourné contre autrui ou soit au passage d’un acte contre soi-même.

Si on regarde de plus près, il faut voir que dans le monde du travail, la morale du capital organise en fait notre remplaçabilité. Les hommes et les femmes sont alors considérés comme des objets, comme le faisait Sade avec ses conquêtes, qui devenaient alors de simples objets sexuels, sans prise en considération de l’individualité de ses partenaires. Petit à petit, on tue l’individualité, car nous devenons tous substituables.

Après cette prise de conscience, il est donc essentiel de remettre le courage dans la sphère du travail, qui mettrait enfin un terme à notre remplaçabilité. En effet, avec le courage, chaque individu se rendrait moins invisible. Il est absolument nécessaire de déstabiliser le système de remplaçabilité, tel que l’exprime la morale du capital. « La clause est de confiance car de désignation personnelle ».
Le courage vaut par l’acte lui-même, pas par le résultat. Sur le court terme, le courage ne tient que par son action, mais sur le long terme, le courage est protecteur du soi-même, et évite notre érosion.

Il est donc nécessaire de régulièrement agir en conviction avec soi-même. Il n’est d’ailleurs pas toujours aisé de le faire, mais il faut se battre sur un minimum de combats. Le principe, le fil directeur du courage est qu’il faut être maitre de soi, avoir le sentiment de ne pas être seulement l’objet de désir d’autrui ou l’objet fantomatique du système. Le courage doit être une règle d’hygiène qui doit se pratiquer tous les jours !

Le courage au niveau collectif

L’intérêt public ne peut pas se faire en opposition avec les individus qui le compose. L’injonction du courage est en effet, l’instance du moi, prioritaire dans la mesure où nous sommes tous irremplaçables pour faire ces actes. Chaque individu doit être le socle de l’intérêt collectif. Si chacun assume l’injonction à soi-même, alors notre société cesse d’être le lieu de la fuite de la morale.

Il y a un lien fondamental entre la matrice individuelle et la matrice collective. Socrate affirmait ainsi qu’avant de s’occuper des affaires publiques, il serait bien de s’occuper de soi-même. C’est ici, le fameux, « Connais- toi, toi-même ».

Une société, un système ne devrait pas organiser l’oubli de soi. Le « système » ne doit pas faire oublier à chaque individu qu’il possède une voix ! Il est essentiel qu’il y ait une inscription du sujet dans la vie publique. Il est essentiel d’inscrire le souci de soi, qui sera alors, parallèlement, le lien pour défendre le souci des autres.

Aujourd’hui on assiste à une forme de découragement généralisé dans le monde du travail, dans le monde public. Des gens deviennent dépressifs car cela est lié au retour de la précarisation morale. On est dans la recherche de la performance, et non plus dans la recherche de la plénitude. L’obsolescence de ces valeurs pour les êtres humains et la société se reflète dans le renoncement du courage. C’est alors un grand prix à payer que de ne plus être courageux.
La lâcheté quotidienne constitue alors une forme d’apocalypse rampante !!

Le courageux est celui qui ressent la peur, mais qui surtout la dépasse ! Le courage s’apprécie à l’aune du découragement.

Le courage ne se préoccupe pas des résultats (échecs, réussites..). Ce qui compte, c’est l’acte en lui-même. C’est le fait d’avoir dépassé ses peurs et d’avoir agi en accord avec soi-même. L’échec est seulement une illusion, un produit de la capitalisation. Rien à voir avec le courage.
Le courage c’est aussi résister, endurer. C’est une activité quotidienne et une lutte contre cette anthropie collective.

Aujourd’hui, comme l’affirme Pierre Rosanvallon, la souveraineté du peuple est négative. C’est une souveraineté de contrôle, de veto, de résistance et d’empêchement. Il y a une asymétrie entre ceux qui gouvernent et ceux qui votent.

Aujourd’hui, le peuple, les individus sont trop éduqués pour accepter encore cette conception tronquée de la souveraineté. Il faut d’une part un renforcement et une remise à niveau du concept de la représentativité et d’autre part, une mise en place d’une instance représentative digne de ce nom.

Pourquoi améliorer la représentativité ? Car aujourd’hui on constate un trop grand fossé entre les élus et la société civile. Des élus trop âgés, une professionnalisation de la représentativité, des députés qui suivent les directives de leur parti… . Il est donc primordial de débattre de la représentativité politique. Il est alors nécessaire que le Parlement soit un lieu de réflexion complexe et un lieu de résistance au gouvernement.
Il faut plus de pluralisme et supprimer le bipartisme, où l’alternance est souvent utilisée comme un outil de radotage.

Par ailleurs, il est nécessaire de sortir de ce concept d’efficacité de la vitesse. Il faut en finir avec ces concepts de mesures sur 100 jours. Il est primordial que les décisions soient des co-constructions citoyennes ! Il faut une instance participative digne de ce nom. Le peuple doit être indépendant et connaitre les buts vers lesquels il se dirige.

Aussi, la participation fait-elle appel à deux temps. Le premier temps est celui de l’éthique de la discussion et le second est l’éthique de la responsabilité.

Le premier temps, l’éthique de discussion est en fait le droit à l’expression et à l’information. Il ne suffit pas d’une simple démocratie des droits, mais une démocratie de la pleine maitrise de ces droits. Les droits ne doivent pas être abstraits mais concrets pour chacun. L’expression ne doit pas suffire. Le point de vue de chacun doit pouvoir peser dans cette structure démocratique. Et pour cela initialement, il faut une formation de chaque citoyen à la prise de parole avec une éducation à la préparation des arguments. Ce ne doit pas simplement être le jeu de la simple expression d’un avis ! L’éthique de discussion est donc le droit à l’expression mais aussi à la formation de cette expression.
De plus, les informations données pour permettre la prise de décision, ne doivent pas être des informations partielles. Il est nécessaire que chaque citoyen puisse jouir d’une information objective et non opaque !

Quant au deuxième temps, l’éthique de responsabilité, il est le temps d’un processus d’auditions, de concertation puis de délibération. Il est primordial que ceux qui sont concernaient par les décisions prises, puissent avoir le droit d’émettre un avis mais également que les personnes émettrices de ces avis, puissent avoir un droit à la décision. Une participation qui ne décide pas, n’est pas une participation. A défaut, on peut considérer qu’il y a un déficit démocratique. Il est obligatoire d’avoir une superposition entre ceux qui décident et ceux qui subissent la décision.

Il est nécessaire d’apprendre la culture de transparence et de contre-pouvoir. La professionnalisation du politique ne doit pas être exhaustive, une liste civile doit également se constituer. La démocratie doit sans cesse être en rééquilibrage. La participation citoyenne devenant alors de plus en plus inclusive et adaptative.

Qui plus est, la sollicitation de la population et donc, la démocratie participative, doit se faire sur des enjeux importants (locaux, nationaux, internationaux..), et non sur des micro-enjeux !

Il est désormais nécessaire de refaire le « contrat » de notre société, en y insérant des instances participatives et en même temps délibératives. Rousseau parlait ainsi de contrat tacite entre les individus. Et pour ce faire également, une domestication des conflits d’intérêts doit se mettre en œuvre, pour interdire les cumuls de mandats, les conflits d’intérêts et cela pour une plus grande légitimité des élus. Il est essentiel de clarifier les procédures de nomination, voires les supprimer. Et cela s’accompagne également d’autres mesures, telles que l’indépendance du Parquet, donner de véritables moyens aux autorités indépendantes, etc. …

Enfin et pour conclure, je m’intéresserais à une dernière idée, celle du système de découragement tel qu’existe aujourd’hui. En effet, le système de découragement repose sur deux simulacres. Le premier simulacre est l’illusion de l’inertie du système. Pourquoi être courageux, le système est plus fort que moi ! Face à cela, le courage permet d’entrer dans un processus d’intelligence de déconstruction de ce qui est devant moi. On ne doit pas agir avec passion, mais avec un effort de rationalité.
Quant au deuxième simulacre, il est de considérer que la démocratie marche sans moi, par automatisme ! Cela est faux, la démocratie est toujours une dynamique, une affaire de rapports de force. Une démocratie n’est pas seulement une distribution de droits, mais une possibilité d’actionner véritablement ces droits !

Le courage est un jeu de dépassement avec soi-même mais aussi de lien avec les autres.

Pour aller plus loin :
- une vidéo de Cynthia Fleury en lien avec son livre « la fin du courage »
http://www.youtube.com/watch?v=6JCVkwKTzx4
- Vous pouvez retrouver sa pensée dans son livre intitulé « La fin du courage », éditeur Fayard, Paris, France, Collection Essai. Livre sorti en 2010.

mardi 1 novembre 2011

Les enjeux de développement durable au Sommet du G20 à Cannes

Les 3 et 4 novembre 2011, se tiendra le Sommet du G20 à Cannes. Des enjeux importants y seront discutés et beaucoup d’espoir se sont exprimés en prévision de ce Sommet…. A l’affirmation, le G20 ne concerne pas les questions du développement durable, je réponds, si au contraire et je vais vous le prouver !

Le G20, c’est quoi ?

Le G20 a été créé en décembre 1999 en réponse aux crises financières qui ont frappé les pays émergents à la fin des années 1990. Il s'agissait à l'origine de réunir une fois par an les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales des pays industrialisés et des pays émergents pour faciliter la concertation internationale en matière économique. Puis à la suite de la crise économique et financière de 2008-2009, le G20 s’est transformé en une instance de pilotage économique, réunissant au plus haut niveau les grands responsables publics.

Le G20 représente 85 % de l'économie mondiale et 2/3 de la population mondiale. Il est composé de l'Afrique du Sud, de l'Allemagne, de l'Arabie Saoudite, de l'Argentine, de l'Australie, du Brésil, du Canada, de la Chine, de la Corée du Sud, des Etats-Unis, de la France, de l'Inde, de l'Indonésie, de l'Italie, du Japon, du Mexique, du Royaume-Uni, de la Russie, de la Turquie et de l'Union européenne. Mais les membres du G20 peuvent également décider chaque année d’inviter un nombre limité d’autres pays et d’organisations régionales à leurs sommets.

Cette année, le président français, M. Nicolas Sarkozy présidera le Sommet du G20. L’occasion de lui rappeler les enjeux en matière de développement durable.

Quels enjeux liés au développement durable lors du Sommet du G20 ?


Le drame de la faim dans le monde touche environ un milliard de personnes… Chiffre sans cesse en augmentation ! Pour lutter contre cela, les décideurs politiques au G20, peuvent apporter des solutions et lutter contre les dysfonctionnements des marchés économiques et financiers, jouant actuellement au détriment des pays en développement.

Il faut savoir qu’à elle seule, l’évasion fiscale des multinationales représente un manque à gagner fiscal de plus de 125 milliards d’euros, soit plus de 4 fois le montant estimé nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde. Alors parler d’évasion fiscale en matière de développement durable, n’est pas du tout anodin ! Il est absolument nécessaire d’assainir les marchés et d’y inclure plus de transparence.

Autre débat à aborder ? La possibilité de taxer les 3 millions de milliards d’euros échangés chaque année dans le monde, qui pourrait permettre de financer le développement et réduire les inégalités entre pays riches et pays pauvres, comme le proposent notamment les ONG Oxfam, WWF et le CCFD-Terre Solidaire.

Qui plus est, un autre enjeu est celui de la spéculation sur les denrées alimentaires.
Pour illustration, voici quelques chiffres extraits d’une publication de M. Gérard Fuchs (Economiste et Responsable du département de Coopération internationale de la Fondation Jean-Jaurès depuis 2006), dans un rapport intitulé «Le G20 et la faim dans le monde »:

« La flambée des prix alimentaires en 2008 a fait sombrer 100 millions de personnes dans la pauvreté et le nombre de personnes souffrant de la faim a dépassé un milliard en 2009. Selon les estimations de la Banque Mondiale, 44 millions de personnes supplémentaires ont basculé en-dessous du seuil de pauvreté au cours du second semestre de 2010 sous l’effet d’une hausse des prix atteignant des niveaux proches des maxima de 2008».

Les explications peuvent être diverses comme le rapporte M. Fuchs. Les fluctuations du prix des matières premières agricoles peuvent être dites « normales », comme celles qui résultent d’événements climatiques ou de politiques imprévus, mais elle est aussi l’œuvre de spéculation financière, car déconnecté de la possession réelle de matières premières (jeu sur les produits dérivés liés aux matières premières alimentaires). Il est primordial que des instances internationales puissent arrêter ce jeu de la faim.

Cela en parallèle à l’arrêt des subventions sur les agrocarburants, ayant une influence directe sur les prix des denrées alimentaires et mobilisant des terres arables dans des pays où l’autosubsistance alimentaire devrait être plutôt la priorité, comme l’a exprimé le Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, M. Olivier de Schutter lors de son appel du 31 octobre 2011 à l’égard des Etats membres du G20.

En effet, la « ruée vers les terres arables des pays en développement », nuit gravement aux pays en voie de développement, comme l’exprime M. Olivier de Schutter. Le flou juridique relatif à la propriété de la terre, permettrait aujourd’hui aux gouvernements des pays pauvres eux-mêmes de céder à de grandes sociétés étrangères l’usage de milliers d’hectares jusque-là utilisés pour une agriculture de subsistance. Une des propositions faites par M. Gérard Fuchs (dans le rapport susmentionné) est qu’une « qu’une partie des fonds que le G20 a décidé de donner aux pays en développement soit explicitement destinée à la mise en place de registres cadastraux, rendant ainsi impossible toute expropriation non justifiée et non compensée et dotant notamment les petits agriculteurs d’une sécurité propice à leur expansion ».


Enfin, il s’agit également de « renforcer la dimension sociale de la mondialisation », qui est l’un des 6 objectifs prioritaires de M. Sarkozy au G20. Cet objectif concernerait la mise en place de 4 actions relatives à l’emploi notamment des plus jeunes et des plus vulnérables, la consolidation du socle de protection sociale, le respect des droits sociaux et du travail, et une meilleure cohérence des stratégies des organisations internationales. A cela je dis très bien, maintenant prouvez-le notamment en signant le Protocole international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. En effet, l’ONG Amnesty International France a lancé un appel à M. Sarkozy afin qu’il signe et ratifie ce protocole, pour donner l’exemple en sa qualité de président du G20. Ce protocole doit donner la possibilité aux populations victimes de violations de droits économiques, sociaux et culturels (accès aux soins, à l’éducation, au logement…) d’obtenir justice au niveau national (via les Nations Unies) lorsqu’elles n’ont pas pu obtenir un recours dans leur propre pays. Cet instrument juridique facultatif a déjà été signé par 39 pays et 5 l’ont ratifié, mais pour qu’il rentre en vigueur, il est nécessaire que 5 autres pays le ratifient également !

Lors du Sommet du G20, la majorité des enjeux de développement durable mentionnés seront débattus! L'issu de ce Sommet est encore flou! Rien n'est encore joué! Une pression citoyenne doit s'exercer car l’avenir de millions de personnes en dépend (pour ne pas dire des milliards)!


Sources :

- « Un expert de l'ONU appelle le G20 à faire de la sécurité alimentaire une priorité »
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=26768&Cr=G20&Cr1

- Paradis fiscaux et finance illicite : le G20 est-il le lieu des décisions ?

- G20 : Amnesty International frappe fort pour que Nicolas Sarkozy signe enfin le protocole au PIDESC
http://cdurable.info/G20-Nicolas-Sarkozy-doit-ratifier-protocole-PIDESC-Amnesty-International.html

- Le G20 et la faim dans le monde
http://www.jean-jaures.org/Publications/Les-notes/Le-G20-et-la-faim-dans-le-monde

- Site officielle du G20-G8 France 2011
http://www.g20-g8.com/g8-g20/g20/francais/accueil.1.html

- Spéculation et sécurité alimentaire : fini de jouer
http://www.oxfam.org/fr/policy/speculation-securite-alimentaire-fini-jouer

- G20 : saisissons l'occasion de taxer les transactions financières
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/209535;g20-saisissons-l-occasion-pour-taxer-les-transactions-financieres.html

mardi 16 novembre 2010

L'environnement remanié, dévalué

Le remaniement ministériel du dimanche 14 novembre semble faire l'unanimité dans le milieu environnemental associatif : l'environnement est relégué à l'arrière plan des préoccupations. Exit les bonnes intentions affichées Grenelle de l'environnement.

L'alliance pour la planète exprime sa consternation face à l’affaiblissement du Ministère de l’Ecologie dans le nouveau gouvernement :

Nous demandions solennellement il y a quelques jours au Président de la République de renouveler le signal politique fort qu’il avait donné au lendemain de son élection en créant le « super-ministère » du Développement Durable. Ce ministère avait en effet su donner une impulsion forte en matière environnementale. Or, force est de constater que le Ministère a été affaibli : Première surprise, Nathalie Kosciusko-Morizet n’aura pas rang de ministre d’Etat. Pourtant, il s’agissait d’un engagement solennel pris par le chef de l’Etat au moment de sa signature du Pacte écologique. Particulièrement compétente sur les questions écologiques, en quoi Nathalie Kosciusko-Morizet était-elle illégitime pour avoir rang de ministre d’Etat ? Cet arbitrage traduit le fait que l’environnement n’est plus un sujet prioritaire. Ce sentiment de perte d’influence est renforcé par le transfert de tutelle de l’écologie au Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie en ce qui concerne l’énergie, faisant craindre pour les choix à venir. Va-t-on voir surgir l’Etat EPR ? En définitive, le périmètre transversal (écologie, énergie, transport, logement et mer) s’est considérablement réduit si on y ajoute la perte de référence à la « mer » et la réduction du nombre des secrétaires d’Etat rattaché à l’écologie, passant de 4 à 2. L’esprit de cohérence n’a pas suffit à réintroduire dans son champ d’autorité l’aménagement du territoire dont Bruno Lemaire, Ministre de l’Agriculture, aura la charge. Nous exprimons là encore nos craintes. Quel avenir pour la Trame verte et bleue lorsqu’on sait l’influence du lobby de la FNSEA et des pesticides sur l’action de ce Ministère ? Le défi environnemental constitue l’un des enjeux les plus cruciaux du 21è siècle. Comment répondre au grand défi de ce siècle, le défi climatique, en saucissonnant les compétences Energie-Climat entre le ministère de l’Industrie et le ministère du Développement Durable ? Nous demandons que toutes les compétences « climat » soient regroupées au sein du Ministère du Développement Durable, y compris les négociations européennes et internationales. Ce nouveau gouvernement sera-t-il en mesure de faire vivre et pérenniser les engagements pris lors du Grenelle de l’Environnement ?

La fédération France Nature Environnement (FNE) considère, voit un ministère peau de chagrin…

Le ministère, jusqu’alors chargé de l’énergie et des négociations sur le climat se voit dépossédé du portefeuille de l’énergie, hypothéquant potentiellement notre objectif de division par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre. Qui représentera l’Etat français à Cancún dans moins d’un mois ? Pour y défendre quoi ? Pourquoi l’énergie doit-elle maintenant dépendre de l’industrie ? Le précédent gouvernement avait affirmé que l’environnement devait être au cœur de toutes les politiques publiques. Qu’en est-il aujourd’hui ? Pour la CFDT, la LPO et FNE, il indispensable que le ministère de l’industrie ne cantonne pas l’énergie à des problématiques industrielles. L’énergie est le problème de toute la société et les solutions résident dans un meilleur équilibre entre productions locales et moyens centralisés et surtout dans la promotion des renouvelables et de l’efficience énergétique. De même, la Mer a disparu de l’intitulé du nouveau ministère. Les grands engagements pris lors du Grenelle de la Mer pourraient-ils être balayés par la vague du changement de ministère ? Pour la CFDT, les questions de l’emploi et de l’environnement pour une croissance durable doivent être articulées et prises en compte dans le cadre du dialogue social. Bruno Genty, président de FNE : « Je souhaite bonne chance à la nouvelle ministre, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, dont les compétences environnementales sont certaines. Je lui souhaite aussi beaucoup de courage et d’énergie pour faire face à ses nouvelles responsabilités. L’énergie est un enjeu important du Grenelle de l’environnement. FNE attend de la ministre de l’écologie qu’elle veille à l’application de tous les engagements du Grenelle concernant cette thématique même si celle-ci ne fait plus partie de son ministère». La CFDT, FNE et la LPO seront vigilantes quant à l’application stricte des engagements pris lors des « Grenelles », et en particulier ceux concernant l’énergie et la mer pour lesquelles les inquiétudes sont plus grandes que jamais. Nos organisations rencontreront dès que possible les nouveaux ministres de tutelle afin de leur faire part de leurs préoccupations. Le développement durable, ce n’est pas la cerise sur le gâteau, c’est le gâteau !


Mon avis

Comme souvent, FNE ménage la chèvre et le chou et prend une position attentiste et peu marquée.
Je suis largement plus proche de la position de l'alliance pour la planète...
Les bonnes intentions du Grenelle de l'Environnement, qui y a cru ?


Notre nouveau Ministre de l'Environnement à Yerres (91) en novembre 2008 où elle fit un passage éclair pour le moins irrespectueux de l'assistance qui était en partie là par rapport à sa présence annoncée...
Photo : © Gilles Héluin

vendredi 12 mars 2010

Cécile Duflot au Cirque d'hiver lors du meeting de clôture des régionales

Pour la seconde fois seulement en plus de deux ans, je vous parle ici d'écologie politique.
Cela vaut la peine, par le rassemblement que représente Europe Ecologie.
Si vous avez des doutes sur les capacités, la sincérité, la détermination de Cécile Duflot, tête de liste en Ile de France, alors regardez...

Rendez-vous les 14 et 21 mars !

mardi 19 janvier 2010

Premier meeting Europe Ecologie pour les élections régionales

1er meeting national de campagne Europe écologie pour les régionales. J'y étais.

C'est la première fois que je vous parle directement politique sur ce blog en 2 ans...

Après environ 25 ans d'écologie associative, j'assistais à mon premier meeting politique.

A voir les élus de tout bord s'approprier les idées et actions écologistes, le plus souvent sans raison, sans justification valable.
Avec l'expérience de terrain où certains élus aident, soutiennent avec succès les actions des écologistes associatifs.
Voyant que nous ne pouvons obtenir quelquefois satisfaction, réussite dans nos actions de terrain qu'avec le concours d'élus motivés et influents.
Il fallait quand même, enfin, voir en direct, se rendre compte si le parti politique écologiste dominant est sincère...

J'ai assisté au meeting Europe Ecologie, de lancement de la campagne des élections régionales en Ile de France.

C'était samedi 16 janvier à Montreuil.


Toues les eurodéputés écologistes français étaient présents.

Les personnalités têtes de liste régionales ainsi que certains représentants nationaux étaient là.

J'ai particulièrement apprécié :

- l'intervention de Eva Joly, très touchée par l'ovation qui lui a été faite et qui nous a relaté sa satisfaction que le parlement ait rejeté, jeudi 1er octobre, l’accord de pêche conclu entre l’Union européenne et la Guinée.

- la contribution de Jacques Fernique pour l'Alsace. Très dynamique !

- José Bové qui nous a relaté l'intervention des députés Européens pour faire libérer des militants syndicalistes à presque 20 000 km de la métropole.
- l'intervention de Dominique Voynet qui nous a dit très simplement que les choses ne sont pas faciles mais qu'elle sont motivantes d'être Maire de Montreuil.

- Bien sûr, le discours de Cécile Duflot, sincère, motivée, humble et déterminée à faire progresser les actions écologistes.

Daniel Cohn Bendit, en poids lourd politique a fait une intervention telle que l'ont pouvait l'attendre... politique...

Silencieux, il était là ... la présence discrète de Yves Cochet dans l'assistance m'a fait bien plaisir !

Au final, cette réunion m'a permis de "sonder" la motivation des inscrits Europe Ecologie.
Clairement il est indéniable qu'un courant existe, une réelle volonté de faire avancer le combat écologiste.

La volonté d'agir concrètement semble bien présente et peut se traduire localement sur le terrain lorsque, associatif, on a besoin d'aide.

Mon soutien , ma préférence au mouvement Europe Ecologie ne m'empêchera pas d'aider certains rares autres candidats locaux qui agissent concrètement pour résoudre les problèmes, faire avancer les choses...

Extrait du discours de Cécile Duflot :
... Alors nous démontrons que pour penser global, il faut savoir agir local.
Être capables de voir le monde dans sa complexité, dans ses difficultés, pour les traduire par des solutions concrètes, dans la réalité des territoires.
De la commission développement, avec Eva, aux élus d'arrondissement, vous nous dites, vous démontrez, que l'écologie, c'est maintenant...
Partout dans le monde les écologistes sont en marche.
Et nous, nous nous sommes rassemblés parce que nous savons qu'à ces défis, il n'y a de réponse que collective.
Elles sont Européennes, nous l'avons montré, elles peuvent, elles doivent aussi être régionales, car ne l'oublions jamais, que nous partageons une planète en commun.
Rassemblement de tous les écologistes, Verts, régionalistes, citoyens et citoyennes, élus, acteurs et actrices du mouvement social, le rassemblement Europe Ecologie a désormais fait la preuve de sa pertinence et de sa cohérence.
Nous avons montré, et nous continuerons de le faire, qu'il est possible de faire de la politique autrement.
La biodiversité politique, elle est nécessaire, elle est nécessaire maintenant pour donner de l'air à la démocratie.
Aujourd'hui, devant vous, avec vous, je lance un appel, les temps changent, ce rassemblement est en marche, toutes celles et tous ceux qui veulent rejoindre cette mobilisation salutaire de la vie politique française sont le bienvenus, c'est le moment...

Mon avis

Chiche !
Ho, je connais les critiques adressées à ces écologistes qui ne sont pas franchement (voire pas du tout) en rupture avec le système.
On en dit même certains dans le camps de la droite...
Sans doute une partie de ces reproches font partie du jeu politique.
Ce jeu là, je ne l'aime pas.
Reste qu'une convergence d'action entre les élus et la société civile est de nature à améliorer la capacité d'action globale en faveur de l'environnement et de l'homme.
D'expérience, je sais qu'avec certains élus Europe Ecologie, l'écoute, l'action conjointe avec les associations est possible.
Cela est nécessaire, indispensable pour tenter, pour faire avancer les choses dans le bon sens...

samedi 5 décembre 2009

Les députés Europe écologie, Copenhague, le nucléaire, les OGM...

Une résolution adoptée à 76 % des voix le 25 novembre par le Parlement européen entérine la volonté de mettre en œuvre « un marché du carbone mondial ».

Objectif : réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 (par rapport au niveau de 1990).
L’extension mondiale du « marché carbone », jusque là réservé à l’Union européenne (depuis 2005), permettra aux multinationales européennes d’investir dans de nouvelles techniques pour compenser au Sud leurs émissions industrielles au Nord.
Parmi elles : le nucléaire, une « agriculture de conservation » dont certains OGM, la préservation de la forêt (parfois aux dépens des populations qui en vivent), la capture et la séquestration de carbone figurent sur la table des négociations de Copenhague. Des projets entrant dans ce cadre pourront ainsi être financés par les grandes entreprises en échange de « droits à polluer ». La droite, les néo-libéraux et la gauche social-démocrate ont très largement voté pour.

Plus surprenant : la grande majorité du groupe écologiste également.
Un vote lourd de conséquences.

Les députés européens écologistes s'en expliquent :

Lors de ce vote, nous avons eu un choix à faire. Comme souvent au Parlement européen, où tous les groupes politiques sont parties prenantes dans les négociations, nous nous sommes retrouvés face à un texte final dans lequel nous avions obtenu des points positifs et d'autres sur lesquels nous avions perdus. En l'occurrence, nous avions sur ce texte obtenu énormément d'avancées, en faisant le mandat quasi parfait pour l'Europe à Copenhague : obligation d'un accord international contraignant d'ici la fin de l'année, objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre domestiques proche de 40% d'ici 2020, soutien aux pays du Sud d'un minimum annuel de 30 milliards d'euros en supplément de l'aide public au développement font, entre autres, de ce texte le seul mandat de négociation compatible avec la science et la responsabilité de l’Union européenne.

Si cette résolution est aussi ambitieuse, et si elle constitue l'un des meilleurs mandats au monde pour Copenhague, c'est grâce à l'acharnement et au travail des députés du groupe des Verts/ALE, dans toutes les commissions parlementaires, qui, lors de la négociation préparatoire, ont réussi à arracher tous les points positifs un à un, et à rejeter tous les points négatifs que certains tentaient de faire passer.

Mais il y a eu ce fameux amendement du groupe PPE (dont font partie les députés UMP) en faveur du nucléaire, malheureusement adopté grâce au soutien de la droite et de quelques voix à gauche, comme celles de Jacky Hénin et de Marie-Christine Vergiat du Front de gauche. Nous nous sommes évidemment unanimement opposés à cet amendement. Quelques secondes plus tard, notre amendement demandant l'exclusion du nucléaire du Mécanisme de développement propre et de tout mécanisme de soutien aux pays du Sud, fût rejeté, là encore par tous les députés de droite et quelques voix de gauche dont Jacky Hénin et Jean-Luc Mélenchon.

Nous aurions alors bien sûr pu faire le choix de l'abstention pour marquer notre désapprobation face à cette réintroduction du nucléaire dans un texte où il n'avait rien à y faire. Il s'agit en effet d'une résolution qui traite d'abord du contenu d'un bon accord pour Copenhague, pas du mix énergétique de l'UE. Cet amendement est un mauvais coup porté par la droite qui avait de plus perdu sur ce point lors du vote en commission parlementaire.

Le groupe des Verts/ALE, qui avait anticipé cette situation la veille lors de sa réunion de groupe, a estimé plus efficace politiquement de soutenir le texte final afin que la délégation officielle du Parlement européen qui se rendra à Copenhague puisse s'appuyer sur une résolution très largement soutenue pour porter les très bonnes dispositions rappelées ci-dessus. De plus, face aux ambiguïtés et aux tergiversations des Etats membres et du Conseil dans la préparation de Copenhague, il nous a semblé important d'affirmer la position du Parlement européen.

Il ne s'agit pas d'un texte qui engage la politique énergétique de l'Europe pour les 50 prochaines années mais d'une position politique à usage immédiat et limité dans le temps, celui du sommet de Copenhague. Par ce vote, nous n'avons pas proclamé le nucléaire comme solution pour faire face aux changements climatiques, nous n'avons pas décidé de la construction d'un nouvel EPR ou incité les Etats membres de l'UE qui n'ont pas recours au nucléaire à le faire. Il est évident que nous aurions voté contre si l'adoption de ce texte avait pu avoir une quelconque conséquence concrète sur le recours au nucléaire.

Notre mobilisation contre le nucléaire et toute tentative visant à le promouvoir, que personne n'en doute, reste évidemment sans faille. Tous les membres du groupe des Verts/ALE sont des anti-nucléaires notoires que l'utilisation d'un vote sorti de son contexte ne saurait remettre en cause.

Les députés européens Europe Ecologie, du groupe Verts/ALE : François Alfonsi - Sandrine Bélier - Malika Benarab-Attou - Jean-Paul Besset- José Bové - Pascal Canfin - Daniel Cohn-Bendit - Karima Delli - Hélène Flautre - Catherine Greze - Yannick Jadot - Eva Joly - Nicole Kiil-Nielsen - Michèle Rivasi.

Mon avis

Un vote affligeant de la part des députés européens Europe Ecologie.
Pour moi, le marché du carbone est une horreur. On traite la pollution comme une marchandise.
Chaque pays de l’Union européenne dispose d’un quota de dioxyde de carbone. Ce quota de CO2 est ensuite réparti par le gouvernement à chaque secteur économique puis à chaque entreprise. Les entreprises qui n’utilisent pas tout leur quota peuvent vendre leur surplus à celles qui ont dépassé leur plafond. Ce sont les fameux « droits à polluer ». Les émetteurs sur le marché carbone européen peuvent aussi compenser leurs émissions, c’est à dire financer des projets permettant de réduire les émissions de CO² en dehors de leur secteur et de leur pays.
Une économie de la pollution mondialisée donc.
Cela trop souvent en faveur de projets de compensation douteux et au mépris des populations.

Ajouter à cela la promotion du nucléaire, de la séquestration du carbone et des OGM, nous avons la totale est solutions à bannir.
Une nouvelle démonstration, s'il en fallait, que la politique est l'art des compromis.
En l'occurrence, c'est écœurant !

Dans le groupe Europe écologie, seul José Bové (et Pascal Canfin qui était absent) n'a pas voté cette résolution. Il maintien le cap, c'est bien !

Pour plus d’information

Lire la résolution