Pour la seconde fois seulement en plus de deux ans, je vous parle ici
d'écologie politique.
Cela vaut la peine, par le rassemblement que représente Europe Ecologie.
Si vous avez des doutes sur les capacités, la sincérité, la détermination de
Cécile Duflot, tête de liste en Ile de France, alors regardez...
1er meeting national de campagne Europe écologie pour les régionales. J'y
étais.
C'est la première fois que je vous parle directement politique sur ce blog
en 2 ans...
Après environ 25 ans d'écologie associative, j'assistais à mon premier
meeting politique.
A voir les élus de tout bord s'approprier les idées et actions écologistes,
le plus souvent sans raison, sans justification valable.
Avec l'expérience de terrain où certains élus aident, soutiennent avec succès
les actions des écologistes associatifs.
Voyant que nous ne pouvons obtenir quelquefois satisfaction, réussite dans nos
actions de terrain qu'avec le concours d'élus motivés et influents.
Il fallait quand même, enfin, voir en direct, se rendre compte si le parti
politique écologiste dominant est sincère...
J'ai assisté au meeting Europe Ecologie, de lancement de la campagne des
élections régionales en Ile de France.
C'était samedi 16 janvier à Montreuil.
Toues les eurodéputés écologistes français étaient présents.
Les personnalités têtes de liste régionales ainsi que certains représentants
nationaux étaient là.
J'ai particulièrement apprécié :
- l'intervention de Eva Joly, très touchée par l'ovation qui lui a été faite
et qui nous a relaté sa satisfaction que le parlement ait rejeté, jeudi 1er
octobre, l’accord de pêche conclu entre l’Union européenne et la
Guinée.
- la contribution de Jacques Fernique pour l'Alsace. Très dynamique
!
- José Bové qui nous a relaté l'intervention des députés Européens pour
faire libérer des militants syndicalistes à presque 20 000 km de la
métropole.
- l'intervention de Dominique Voynet qui nous a dit très simplement que les
choses ne sont pas faciles mais qu'elle sont motivantes d'être Maire de
Montreuil.
- Bien sûr, le discours de Cécile Duflot, sincère, motivée, humble et
déterminée à faire progresser les actions écologistes.
Daniel Cohn Bendit, en poids lourd politique a fait une intervention telle
que l'ont pouvait l'attendre... politique...
Silencieux, il était là ... la présence discrète de Yves Cochet dans
l'assistance m'a fait bien plaisir !
Au final, cette réunion m'a permis de "sonder" la motivation des inscrits
Europe Ecologie.
Clairement il est indéniable qu'un courant existe, une réelle volonté de faire
avancer le combat écologiste.
La volonté d'agir concrètement semble bien présente et peut se traduire
localement sur le terrain lorsque, associatif, on a besoin d'aide.
Mon soutien , ma préférence au mouvement Europe Ecologie ne m'empêchera pas
d'aider certains rares autres candidats locaux qui agissent concrètement pour
résoudre les problèmes, faire avancer les choses...
Extrait du discours de Cécile Duflot :
... Alors nous démontrons que pour penser global, il faut savoir agir
local.
Être capables de voir le monde dans sa complexité, dans ses difficultés, pour
les traduire par des solutions concrètes, dans la réalité des
territoires.
De la commission développement, avec Eva, aux élus d'arrondissement, vous nous
dites, vous démontrez, que l'écologie, c'est maintenant...
Partout dans le monde les écologistes sont en marche.
Et nous, nous nous sommes rassemblés parce que nous savons qu'à ces défis, il
n'y a de réponse que collective.
Elles sont Européennes, nous l'avons montré, elles peuvent, elles doivent aussi
être régionales, car ne l'oublions jamais, que nous partageons une planète en
commun.
Rassemblement de tous les écologistes, Verts, régionalistes, citoyens et
citoyennes, élus, acteurs et actrices du mouvement social, le rassemblement
Europe Ecologie a désormais fait la preuve de sa pertinence et de sa
cohérence.
Nous avons montré, et nous continuerons de le faire, qu'il est possible de
faire de la politique autrement.
La biodiversité politique, elle est nécessaire, elle est nécessaire maintenant
pour donner de l'air à la démocratie.
Aujourd'hui, devant vous, avec vous, je lance un appel, les temps changent, ce
rassemblement est en marche, toutes celles et tous ceux qui veulent rejoindre
cette mobilisation salutaire de la vie politique française sont le bienvenus,
c'est le moment...
Mon avis
Chiche !
Ho, je connais les critiques adressées à ces écologistes qui ne sont pas
franchement (voire pas du tout) en rupture avec le système.
On en dit même certains dans le camps de la droite...
Sans doute une partie de ces reproches font partie du jeu politique.
Ce jeu là, je ne l'aime pas.
Reste qu'une convergence d'action entre les élus et la société civile est de
nature à améliorer la capacité d'action globale en faveur de l'environnement et
de l'homme.
D'expérience, je sais qu'avec certains élus Europe Ecologie, l'écoute, l'action
conjointe avec les associations est possible.
Cela est nécessaire, indispensable pour tenter, pour faire avancer les choses
dans le bon sens...
Par Gilles Héluin le samedi 5 décembre 2009, 07:54
Une
résolution adoptée à 76 % des voix le 25 novembre par le Parlement européen
entérine la volonté de mettre en œuvre « un marché du carbone mondial
».
Objectif : réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici
2020 (par rapport au niveau de 1990).
L’extension mondiale du « marché carbone », jusque là réservé à l’Union
européenne (depuis 2005), permettra aux multinationales européennes d’investir
dans de nouvelles techniques pour compenser au Sud leurs émissions
industrielles au Nord.
Parmi elles : le nucléaire, une « agriculture de
conservation » dont certains OGM, la préservation de la
forêt (parfois aux dépens des populations qui en vivent), la capture et la
séquestration de carbone figurent sur la table des négociations de Copenhague.
Des projets entrant dans ce cadre pourront ainsi être financés par les grandes
entreprises en échange de « droits à polluer ». La droite, les
néo-libéraux et la gauche social-démocrate ont très largement voté
pour.
Plus surprenant : la grande majorité du groupe écologiste
également. Un vote lourd de conséquences.
Les députés européens écologistes s'en expliquent :
Lors de ce vote, nous avons eu un choix à faire. Comme souvent au Parlement
européen, où tous les groupes politiques sont parties prenantes dans les
négociations, nous nous sommes retrouvés face à un texte final dans lequel nous
avions obtenu des points positifs et d'autres sur lesquels nous avions perdus.
En l'occurrence, nous avions sur ce texte obtenu énormément d'avancées, en
faisant le mandat quasi parfait pour l'Europe à Copenhague : obligation
d'un accord international contraignant d'ici la fin de l'année, objectif de
réduction des émissions de gaz à effet de serre domestiques proche de 40% d'ici
2020, soutien aux pays du Sud d'un minimum annuel de 30 milliards d'euros en
supplément de l'aide public au développement font, entre autres, de ce texte le
seul mandat de négociation compatible avec la science et la responsabilité de
l’Union européenne.
Si cette résolution est aussi ambitieuse, et si elle constitue l'un des
meilleurs mandats au monde pour Copenhague, c'est grâce à l'acharnement et au
travail des députés du groupe des Verts/ALE, dans toutes les commissions
parlementaires, qui, lors de la négociation préparatoire, ont réussi à arracher
tous les points positifs un à un, et à rejeter tous les points négatifs que
certains tentaient de faire passer.
Mais il y a eu ce fameux amendement du groupe PPE (dont font partie les
députés UMP) en faveur du nucléaire, malheureusement adopté grâce au soutien de
la droite et de quelques voix à gauche, comme celles de Jacky Hénin et de
Marie-Christine Vergiat du Front de gauche. Nous nous sommes évidemment
unanimement opposés à cet amendement. Quelques secondes plus tard, notre
amendement demandant l'exclusion du nucléaire du Mécanisme de développement
propre et de tout mécanisme de soutien aux pays du Sud, fût rejeté, là encore
par tous les députés de droite et quelques voix de gauche dont Jacky Hénin et
Jean-Luc Mélenchon.
Nous aurions alors bien sûr pu faire le choix de l'abstention pour marquer
notre désapprobation face à cette réintroduction du nucléaire dans un texte où
il n'avait rien à y faire. Il s'agit en effet d'une résolution qui traite
d'abord du contenu d'un bon accord pour Copenhague, pas du mix énergétique de
l'UE. Cet amendement est un mauvais coup porté par la droite qui avait de plus
perdu sur ce point lors du vote en commission parlementaire.
Le groupe des Verts/ALE, qui avait anticipé cette situation la veille lors
de sa réunion de groupe, a estimé plus efficace politiquement de soutenir le
texte final afin que la délégation officielle du Parlement européen qui se
rendra à Copenhague puisse s'appuyer sur une résolution très largement soutenue
pour porter les très bonnes dispositions rappelées ci-dessus. De plus, face aux
ambiguïtés et aux tergiversations des Etats membres et du Conseil dans la
préparation de Copenhague, il nous a semblé important d'affirmer la position du
Parlement européen.
Il ne s'agit pas d'un texte qui engage la politique énergétique de l'Europe
pour les 50 prochaines années mais d'une position politique à usage immédiat et
limité dans le temps, celui du sommet de Copenhague. Par ce vote, nous n'avons
pas proclamé le nucléaire comme solution pour faire face aux changements
climatiques, nous n'avons pas décidé de la construction d'un nouvel EPR ou
incité les Etats membres de l'UE qui n'ont pas recours au nucléaire à le faire.
Il est évident que nous aurions voté contre si l'adoption de ce texte avait pu
avoir une quelconque conséquence concrète sur le recours au nucléaire.
Notre mobilisation contre le nucléaire et toute tentative visant à le
promouvoir, que personne n'en doute, reste évidemment sans faille. Tous les
membres du groupe des Verts/ALE sont des anti-nucléaires notoires que
l'utilisation d'un vote sorti de son contexte ne saurait remettre en cause.
Les députés européens Europe Ecologie, du groupe Verts/ALE : François
Alfonsi - Sandrine Bélier - Malika Benarab-Attou - Jean-Paul Besset- José Bové
- Pascal Canfin - Daniel Cohn-Bendit - Karima Delli - Hélène Flautre -
Catherine Greze - Yannick Jadot - Eva Joly - Nicole Kiil-Nielsen - Michèle
Rivasi.
Mon avis
Un vote affligeant de la part des députés européens Europe
Ecologie.
Pour moi, le marché du carbone est une horreur. On traite la pollution comme
une marchandise.
Chaque pays de l’Union européenne dispose d’un quota de dioxyde de carbone. Ce
quota de CO2 est ensuite réparti par le gouvernement à chaque secteur
économique puis à chaque entreprise. Les entreprises qui n’utilisent pas tout
leur quota peuvent vendre leur surplus à celles qui ont dépassé leur plafond.
Ce sont les fameux « droits à polluer ». Les émetteurs sur le marché
carbone européen peuvent aussi compenser leurs émissions, c’est à dire financer
des projets permettant de réduire les émissions de CO² en dehors de leur
secteur et de leur pays.
Une économie de la pollution mondialisée donc.
Cela trop souvent en faveur de projets de compensation douteux et au mépris des
populations.
Ajouter à cela la promotion du nucléaire, de la séquestration du carbone et
des OGM, nous avons la totale est solutions à bannir.
Une nouvelle démonstration, s'il en fallait, que la politique est l'art des
compromis.
En l'occurrence, c'est écœurant !
Dans le groupe Europe écologie, seul José Bové (et Pascal Canfin qui était
absent) n'a pas voté cette résolution. Il maintien le cap, c'est
bien !