
Suite à une campagne intensive d’Oceana, la Turquie rejoint le Maroc en
annonçant que sa flotte n’utilisera plus cet engin de pêche destructeur à
partir de l’année prochaine.

Oceana évalue le nombre d’embarcations qui auraient opéré
illégalement en Méditerranée à plus de 500, certaines avec des filets pouvant
atteindre 20 kilomètres de long.
Oceana souhaite pour 2011 une mer Méditerranée sans filets maillants
dérivants (FMD) et demande à tous les États d’adopter la tolérance zéro pour ce
type d’engin de pêche destructif. L’organisation internationale de conservation
marine a rassemblé des informations et a dénoncé de nombreuses embarcations
pendant plusieurs années. La Turquie a montré sa volonté d’avancer sur ce sujet
en s’engageant à interdire définitivement l’année prochaine les filets
dérivants, tout comme le Maroc. Oceana qualifie ces progrès comme étant très
positifs tout en restant sceptique dans la mesure où les lois interdisant
l’utilisation de cet engin sont ignorées depuis presque deux
décennies.
Suite au moratoire approuvé par l’ONU en 1992, les filets dérivants ont été
interdits par l’Union européenne, la commission internationale pour la
conservation du thonidés de l’Atlantique (CICAA-ICCAT) et la commission
générale des pêches pour la Méditerranée (GFCM). Aujourd’hui, ces filets ne
sont plus utilisés au sein de l'Union européenne, seule l’Italie continue de
les employer malgré l’impact sérieux sur les populations d’espèces
menacées.
On estime à plus de 10 000 cétacés, 100 000 requins en danger et à des
milliers de tortues le nombre d’espèces attrapées chaque année dans les filets
maillants dérivants. Oceana évalue le nombre d’embarcations qui auraient opéré
illégalement en Méditerranée à plus de 500, avec des filets pouvant atteindre
20 kilomètres de long.v
D’après Xavier Pastor, directeur exécutif d’Oceana en Europe :
« Après avoir retardé pendant des années l’application des lois,
l’introduction intentionnelle de lacunes légales et l’absence de contrôle, 2011
doit être l’année de la disparition définitive sans ambigüités de ces filets
illégaux afin de pouvoir entreprendre la gestion halieutique en Méditerranée
».
La Turquie
La Turquie a annoncé récemment son intention d’interdire les filets maillants
dérivants sans exceptions à partir du 1er juillet 20111. Cette décision a été accueillie favorablement par Oceana qui, en
2009, avait identifié et dénoncé environ 30 embarcations turques pêchant
l’espadon et de le germon avec ce type de filet en mer Égée et en mer
Méditerranée. Le nombre de bateaux qui opèrent avec cet engin de pêche en
Turquie pourrait être compris entre 70 et 150.
Cependant, l’organisation de conservation marine s’est dirigée vers
l'administration turque afin de partager sa préoccupation concernant
l’éventuelle lacune légale qui autoriserait la pêche au germon et à l'espadon
avec cet engin de pêche.
Le Maroc
Le Royaume du Maroc a interdit l’utilisation des filets maillants dérivants en
août dernier2, mesure qui entrera en vigueur en 2011.
La flotte marocaine qui utilisait ces filets avait également été dénoncée par
Oceana. Les espèces menacées en mer d’Alboran et dans le détroit de Gibraltar
ont fortement souffert de cette pratique. De plus, cette zone de pêche étant
partagée avec la flotte espagnole de palangre, une concurrence déloyale se
jouait envers celle-ci.
L’organisation de conservation marine rappelle que l’application de la
législation internationale au Maroc a plusieurs fois été reportée et que
plusieurs millions d'euros ont été distribués par l'Union européenne et par
l'administration des États Unis pour éliminer cet engin de pêche illégal. Par
conséquent, Oceana demande une surveillance stricte de la reconversion de la
flotte marocaine et l’interdiction de la vente de ces filets à des pays tiers
tel que l’Algérie, afin d’éviter leur réapparition en mer
Méditerranée.
L’Union européenne
Les filets maillants dérivants sont interdits en Europe depuis janvier 2002.
Malgré cela, certains pays comme la France et l’Italie ont continué de les
employer et l’Italie est maintenant le dernier réfractaire, utilisant ces
engins parfois camouflés sous le nom légal de « ferrettara ». En 2010, des
observateurs d'Oceana ont confirmé la présence de ces filets dans le port de
Bagnara Calabra malgré la livraison de 250 km de filets illégaux en juin et la
conversion de plusieurs unités en palangres.
Les filets maillants dérivants sont un type d’engin de pêche utilisé pour
capturer différentes espèces pélagiques. Dans les années 80 et au début des
années 90, l’utilisation de ce type de filet était très recherchée pour son
efficacité et sa simplicité d‘utilisation, s'agissant d'un engin de pêche
passif. Cependant, les filets maillants dérivants entraînent la capture
accidentelle de milliers de cétacés et d’autres espèces en danger de
disparition.
Pour plus d’information
http://eu.oceana.org