La Commission européenne vient d'autoriser ce mardi 2 mars la culture à des fins industrielles et d'alimentation animale, de la pomme de terre OGM de la variété Amflora de BASF. Elle a également autorisé la mise sur le marché pour l'alimentation humaine et animale, de trois maïs OGM dérivés du MON 863.
La pomme de terre Amflora est renforcée en amylopectine, un composant de
l'amidon utilisé par l'industrie pour fabriquer des textiles, du béton et du
papier. Mais elle contient aussi un gène marqueur de résistance aux
antibiotiques, ce qui lui vaut d'être critiqué depuis longtemps par les
défenseurs de l'environnement.

Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM pour Greenpeace, estime que la
culture de cette pomme de terre OGM fait courir le risque éventuel de perdre
l'efficacité de nos antibiotiques parce que ce gêne peut être éventuellement
transféré à des bactéries. Or, l'Union européenne avait clairement indiqué et
promis qu'il n'y aurait pas d'OGM avec des gênes de résistance aux
antibiotiques après 2004.
France Nature Environnement dénonce fermement ces autorisations qui s'appuient, selon la Commission, sur des avis favorables de l'Agence européenne de sécurité des aliments (AESA). Car les procédures d'évaluation mises en œuvre par cette Agence sont largement critiquées et critiquables. L'indépendance de l'AESA est sujet à controverse depuis que l'Observatoire européen des multinationales (CEO) a révélé en janvier que la coordinatrice scientifique du groupe d'experts sur les OGM de l'AESA, Suzy Renckens, avait été embauchée en 2008 par le groupe Syngenta, qui produit des OGM : la société espère notamment que son maïs Bt 11 sera prochainement autorisé.
Cette décision d'autoriser ces OGM n'était pas attendue aussi vite et a
beaucoup fait réagir certains payes et organisations écologistes. La Commission
européenne n'avait plus donné son feu vert à une culture OGM en Europe depuis
1998 et le maïs OGM de Monsanto, le MON 810. La Commission a annoncé son
intention de présenter d’ici l’été une proposition visant à laisser aux Etats
membres plus de latitude pour décider de cultiver ou non des OGM.
L'Allemagne, la République Tchèque, la Suède et les Pays-Bas se déclarent
favorables à l'initiative, le reste des Etats membres dont l'Italie, qui a
toujours refusé la culture des ogm sur son sol, s'y opposent formellement. En
Autriche, le ministre de la santé a dit vouloir légiférer "immédiatement" en
vue d'une interdiction nationale de la culture du tubercule génétiquement
modifiée du groupe allemand BASF. Le gouvernement français à d'ores et déjà
saisi le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) à cause de la présence d'un
gène résistant à certains antibiotiques sur le tubercule. La France a annoncé
attendre l'avis du HCB pour arrêter définitivement sa position, ce qui pourrait
prendre plusieurs mois...
Mon avis
La France doit au plus tôt activer une clause de sauvegarde pour interdire
la culture de l'Amflora sur notre territoire.
En effet, l'autorisation de la Commission européenne donne l'autorisation de
culture sur notre territoire.
Malheureusement il va falloir attendre plusieurs mois l'avis du
HCB...

Pour agir
Signez la pétition lancée par Cyberacteurs : http://www.cyberacteurs.org/actions/form.php?id=65


























