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mardi 9 mars 2010

La France VRP du nucléaire

Nicolas Sarkozy a appelé hier les institutions financières internationales à favoriser le nucléaire civil dans le monde. « La population mondiale croît et s'enrichit. Nous aurons besoin de 40 % d'énergie en plus d'ici à 2030 », a expliqué le Président lors d'une conférence internationale sur l'accès au nucléaire civil, donnée au siège de l'Organisation de coopération et de développement économiques, à Paris.

Contrairement aux annonces du Président de la République, l'énergie nucléaire n'est pas une solution réaliste. Aujourd'hui, le nucléaire couvre 2% de l'énergie mondiale consommée. Selon France Nature Environnement, doubler cette quantité et arriver ainsi péniblement à 4% reviendrait à lancer une nouvelle centrale nucléaire chaque semaine pendant 20 ans !

Le nucléaire n’est pas une énergie propre, sans CO²
« Affirmer l’inverse, c’est faire l’impasse sur l’amont de la filière, l’extraction et le transport de l’uranium en provenance d’Afrique ou d’ailleurs, la construction des centrales, les pics de consommation (qui appellent les centrales au charbon à la rescousse) et les risques présentés par l’aval et les déchets, explique Marc Sénant, chargé de mission risques industriels à France Nature Environnement. Évidemment, une telle partialité présente d’un coup de baguette magique le nucléaire comme la solution à nos problèmes climatiques. »

Concrètement, au Niger, il faut manipuler 1 tonne de minerai pour extraire... 3 kg d’uranium, soit un rendement de 0,3%. Or pour extraire une tonne de minerai, les machines déployées rejettent des quantités considérables de CO² ! On ne peut pas faire un bilan du nucléaire en occultant cette partie de la filière sous prétexte qu'elle n'est pas en France.

Le nucléaire n’est ni viable ni propre
Marc Sénant conclut : « Sans parler de la ressource en uranium qui est elle aussi limitée, de la question de la gestion des déchets radioactifs, du risque inhérent de la technologie, entre autres, cela démontre une fois de plus qu’une politique énergétique ne pourrait se reposer sur le nucléaire. »

Mon avis

Une promotion inacceptable de la technologie nucléaire.
Outre les conséquences terribles en cas d'accident ou d'attentat, la pollution chronique des centrales et installations nucléaire, les problèmes énormes posés par la gestion et les risques autour des déchets, le nucléaire civil entraine la prolifération nucléaire pouvant déboucher vers la multiplication des armements, en particulier en faveur de payes instables.

dimanche 7 mars 2010

Révélations d’une source interne à EDF : l’EPR risque l’accident nucléaire !

Communiqué du Réseau Sortir du Nucléaire

Le Réseau « Sortir du nucléaire » révèle des documents confidentiels, divulgués par une source anonyme interne à EDF.

Ces documents démontrent que la conception de l’EPR implique un sérieux risque d’accident majeur – risque pris en conscience par EDF pour des raisons de calcul économique. Potentiellement sujet à un emballement dont les conséquences seraient incontrôlables, l’EPR s’avère donc extrêmement dangereux.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" a constitué un groupe d’experts pour analyser de façon approfondie ces documents, qui nous ont été envoyés très récemment. Voici les premiers enseignements que l’on peut en tirer, ils sont de première importance.

Certains modes de pilotage du réacteur EPR peuvent provoquer l’explosion du réacteur à cause d’un accident d’éjection de grappes (qui permettent de modérer, d’étouffer la réaction nucléaire). Ces modes de pilotage sont essentiellement liés à un objectif de rentabilité économique, qui implique que la puissance du réacteur puisse être adaptée à la demande électrique. Ainsi, dans le but de trouver une hypothétique justification économique à l’EPR, ses concepteurs ont fait le choix de prendre le risque très réel d’un accident nucléaire. De plus, l'essentiel des arguments en faveur de l'EPR (puissance, rendement, diminution des déchets, sûreté accrue) s'avèrent faux.

EDF et Areva ont tenté de modifier le pilotage du réacteur : ces efforts n'ont pas abouti à des parades éliminant cette classe d'accidents. L'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a semble-t-il été tenue à l'écart de ces questions.

Il semble donc bien que la conception de l’EPR accroisse le risque d’un accident de type Tchernobyl, qui entraînerait la destruction de l’enceinte de confinement et la dispersion massive de radionucléides dans l’atmosphère.

Les 8 et 9 mars, Paris accueille une conférence internationale pour inviter 65 pays à se doter de la technologie nucléaire. Cette conférence sera ouverte par Nicolas Sarkozy et animée par le Directeur Général de l’AIEA. Il est scandaleux que la France continue ainsi à faire la promotion du nucléaire en général, et de l’EPR en particulier, alors même que la dangerosité de ce réacteur est aujourd’hui démontrée. Il faut donc abandonner immédiatement la construction de l’EPR en Finlande, en France et en Chine, et annuler impérativement le projet prévu à Penly. Le meilleur moyen d'éviter l'accident nucléaire reste la sortie du nucléaire.

Le scénario accidentel en détail :
Selon les calculs d’EDF et d’Areva, le pilotage du réacteur en mode RIP (retour instantané en puissance) et la disposition des grappes de commande du réacteur peuvent provoquer un accident d’éjection des grappes de commande à faible puissance et entraîner la rupture de l’enveloppe du mécanisme de commande de la grappe (i). Cette rupture provoquerait le passage du réfrigérant en-dehors de la cuve du réacteur nucléaire. La perte de réfrigérant (un type d'accident nucléaire très grave) entraînerait la rupture d’un nombre important de crayons par échauffement du combustible et des gaines (ii) et donc le relâchement de vapeur extrêmement radioactive dans l’enceinte de confinement. Il y a alors un risque important d’excursion critique qui résulterait en une explosion (iii), la puissance du réacteur EPR étant démultipliée de façon extrêmement brutale.

Suite aux éjections des grappes de commande à faible puissance (EDG), le réacteur EPR pourrait ne pas se mettre en arrêt automatique (iv). Quelle que soit la configuration des grappes de commande, l’accident d’éjection de grappe de commande entraîne un taux important de rupture du combustible (NCE) et donc un risque élevé d’excursion critique (v).

Pour plus de détails, consultez les documents confidentiels que révèle le Réseau Sortir du Nucléaire, divulgués par une source anonyme interne à EDF (notamment le document n°1), téléchargeables sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org

Liste des documents :
1 - Synthèse - Une technologie explosive : l’EPR (non daté - non signé)
2 - Bilan de la phase préliminaire de l’étude d’EDG FA3 et perspectives (EDF SEPTEN 05.05.2009)
3 - EPR - Gestion combustible - Lot 1 -Revue de conception du schéma de grappes FA3 du 25/10/2007
4 - EPR FA3 Synthèse de l’étude de faisabilité de l’accident d’éjection de grappe (EDF SEPTEN 09.02.07)
5 - EPR FA3 Synthèse des voies de sortie de la problématique éjection de grappe (EDF SEPTEN 07.05.07)
6 - Note d’étude : Présentation synthétique de l’EPR (EDF SEPTEN 04.05.04)
7 - Note de présentation de la deuxième revue de projet radioprotection EPR (EDF, printemps 2004)
8- Marges disponibles pour les activités d'exploitation du REP par rapport aux risques de criticité (Hourtoulle Francis. Le 7 décembre 1999)

Notes :
i cf. paragraphe 6.1.6 du document n°4
ii cf. tableau 3, document n°4
iii cf. document n°4, document n°5 partie 2, Rapport Préliminaire de Sûreté EPR 15.2.4.e
iv cf. document n°2, note 9
v cf. document n°2, note 8.2.1

mardi 2 mars 2010

Exigeons un vrai débat public sur le démantèlement des installations nucléaires

Pétition pour un DÉBAT PUBLIC sur le démantèlement des installations nucléaires et le devenir de leurs déchets radioactifs !

Il existe 121 installations nucléaires en France, imposées aux Français sans aucune consultation démocratique. 14 d’entre elles sont arrêtées. Se pose aujourd’hui la question de leur démantèlement et du devenir de leurs déchets radioactifs.

Les autorités tentent d’occulter cette question en morcelant les dossiers enquête par enquête. Le 6 juin 2007, le Réseau "Sortir du nucléaire" a obtenu gain de cause devant le Conseil d’Etat, qui a annulé le décret autorisant le démantèlement de la centrale de Brennilis, aucun débat public n’ayant eu lieu. A plusieurs reprises, le Réseau "Sortir du nucléaire" a demandé aux ministres concernés l’ouverture d’un débat public sur la question globale du démantèlement des installations nucléaires et du devenir de leurs déchets, conformément aux directives européennes en vigueur.

Pourquoi engager précipitamment les opérations de démantèlement, alors que les travailleurs seront beaucoup plus exposés à la radioactivité et qu’il n’existe à ce jour aucune installation pour le stockage des déchets les plus radioactifs ?

Au sortir du Grenelle de l’environnement, Nicolas Sarkozy a pris l’engagement de ne pas créer de nouveau site nucléaire. En contradiction avec cette promesse, les autorités cherchent pourtant à créer un nouveau site d’enfouissement dans l’Est de la France pour accueillir les déchets issus du démantèlement. Les populations locales refusent avec raison que leur territoire subisse pendant des millénaires les rejets de radioactivité d’une poubelle nucléaire.

Le bilan catastrophique du site d’enfouissement allemand d’Asse II et le coup d’arrêt porté au projet de Yucca Mountain (Etats-Unis) par le président Obama montrent que l’expérience de Bure (Meuse) doit être arrêtée, et l’option de l’enfouissement des déchets radioactifs doit être définitivement proscrite.

De même, il n’est pas acceptable que soit créé, sur le site du Bugey (Rhône), un site d’entreposage provisoire des déchets les plus radioactifs issus du démantèlement. Cette option augmenterait le nombre de transports de déchets hautement radioactifs et dangereux à travers toute la France.

Il faut examiner et débattre la possibilité du stockage des déchets radioactifs sur les sites mêmes où ils ont été produits. Chacun des sites de stockage déjà existants (Morvilliers, Soulaines, Cadarache, La Hague…) doit être reconsidéré.

Il est impossible de confiner les déchets radioactifs pendant des millénaires, et le danger qu’ils représentent est avéré. Se pose ainsi la question d’arrêter d'en produire.

Je demande l’ouverture d’un débat public contradictoire, équitable envers toutes les parties prenantes, honnête et non truqué, sur le démantèlement des installations nucléaires et le devenir de leurs déchets radioactifs. Tout chantier en cours visant à démanteler une installation nucléaire doit être stoppé tant que ce débat public n'aura pas eu lieu.

Pour signer cette pétition

Le texte en format pdf.

jeudi 25 février 2010

L'autorite de sureté nucléaire exige le remplacement des générateurs de vapeur du réacteur n° 2 de Fessenheim


La centrale de Fessenheim

En mai 2009; lors de l'arrêt pour "rechargement du combustible et travaux de maintenance" du réacteur n°2 de la centrale de Fessenheim, des traces de corrosion suspectes et des fuites ont été observées sur des tubes internes d'un générateur de vapeur. La même observation avait été faite quelques semaines plus tôt à la centrale de Bugey (Ain) contemporaine de celle de Fessenheim.

L'étude des causes de ces fissures et des moyens d'y remédier a pris le reste de l'année 2009 : le réacteur 2 de Fessenheim n'a pu redémarrer avant décembre… En janvier 2010, le verdict de l'Autorité de Sûreté Nucléaire est tombé : L’ASN a demandé à EDF de réaliser une revue complète de la surveillance et de la conception des GV qui permettra entre autre de veiller à ce que ces opérations de remplacement soient suffisamment anticipées pour éviter que des dégradations trop importantes n’affectent ces équipements."
En d'autres termes: il faudra pourvoir plus rapidement que prévu au remplacement des générateurs de vapeur souffrant d'anomalies importantes.

En 2001 déjà, les 3 générateurs de vapeur du réacteur n°1 avaient été remplacés, pour un coût dépassant les 100 millions d'euros de l'époque.
Ces trois monstres de 300 tonnes, hautement radioactifs, sont toujours stockés sur le site de la centrale.
Construire de nouveaux générateurs de vapeur (en Italie ou au Japon – bonjour l'indépendance énergétique…) prend du temps. Installer de nouveaux générateurs demande une bonne demi-année de travail, durant laquelle le réacteur ne produit bien évidemment pas d'électricité. Cela fait déjà trois ans que ce réacteur n'est capable de fonctionner que 60% du temps pour cause de pannes multiples… Et même lorsqu'il fonctionne, il ne représente que moins de 1% du courant électrique produit en France.
En 2010, le réacteur devra encore stopper pour 4 ou 5 mois pour sa 3ème visite décennale, et aucun changement de générateur ne sera encore possible. Au mieux, ce vieux réacteur obtiendrait une dizaine d'années de sursis.

Les 150 millions d'euros et les 6 mois d'arrêt que représentent les changements de générateurs de vapeur ne pourront jamais être récupérés en 10 ans. Il ne s'agit plus de réparation, mais d'acharnement thérapeutique !

Depuis longtemps nous savions que le nucléaire nous entraîne dans une impasse tant technologique que financière. Ce nouvel épisode est une illustration éclatante que la sagesse la plus élémentaire impose d'arrêter définitivement ce réacteur et de mettre un terme à cette illusion dangereuse qui nous fait croire à un avenir nucléaire. Nos dirigeants finiront-ils par le comprendre ?

D'autres que nous l'ont compris : sur les 8 réacteurs américains similaires à Fessenheim qui ont été définitivement arrêtés, 5 l'ont été en raison de générateurs de vapeur défaillant, pour lesquels la réparation ou le remplacement aurait été trop cher…

Source :
STOP TRANSPORT – HALTE AU NUCLEAIRE
5 RUE DE MUNDOLSHEIM
67300 SCHILTIGHEIM
FRANCE

jeudi 18 février 2010

Obama annonce la construction d'une centrale nucléaire

Huit milliards de dollars pour la construction d’une centrale nouvelle génération en Géorgie : Barack Obama prend exemple sur la France et mise sur le nucléaire.

Une révolution énergétique au pays du pétrole. En déplacement à Lanham, dans le Maryland, près de Washington, Barack Obama a annoncé hier la construction d’une nouvelle centrale nucléaire en Géorgie grâce à un investissement de 8 milliards de dollars de garanties de prêts.

«Que ce soit dans l'énergie nucléaire, solaire ou éolienne, si nous n'investissons pas dans ces technologies aujourd'hui, nous les importerons demain», a expliqué le président des Etats-Unis, après avoir cité l’exemple de la France et son programme nucléaire civil.

Pour l’ancien sénateur de l’Illinois, relancer le nucléaire en Amérique est une nécessité. «Il nous faut construire une nouvelle génération de centrales nucléaires sûres et propres aux Etats-Unis», a-t-il martelé, alors que le parc des centrales nucléaires de la première puissance mondiale vieillit inexorablement.

Et ce n’est que le début d’un vaste plan d’action. Le président des Etats-Unis, conscient de la fin programmée des énergies fossiles comme le charbon et le pétrole, a déjà envisagé un plan de 54 milliards de dollars d’investissement en 2011, selon son projet de budget.

Les Etats-Unis avaient mis un coup d'arrêt à la construction de centrales nucléaires après le grave accident survenu à la centrale de Three Mile Island en Pennsylvanie (Est) en 1979.

Source :
Yannick Vely - Parismatch.com
Le Monde .fr

Mon avis

jeudi 11 février 2010

L’Elysée s’inquiète pour les positions d’Areva au Niger

Nicolas Sarkozy veut dissuader ce pays riche en uranium, où le groupe français investit 1,2 milliard d’euros dans un nouveau gisement, de se rapprocher des Chinois et des Iraniens.

L’ELYSEE s’inquiète de la pérennité du "partenariat durable" entre Areva et le Niger, un pays riche en uranium où le groupe français investit 1,2 milliard d’euros dans un nouveau gisement.

Nicolas Sarkozy ne devrait pas se rendre à Niamey lors de son voyage en Afrique fin février qui l’amènera au Gabon et au Rwanda.

Mais il y dépêchera le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner ou le ministre de l’Industrie Christian Estrosi afin de dissuader le président Mamadou Tandja de se rapprocher des Chinois et des Iraniens.

Source : Challenges- mardi 9 février 2010 - Hubert Levet

Mon avis

Et nos dirigeant essaient de faire passer le nucléaire du côté des énergies renouvelables, propres !
L'approvisionnement en uranium sera à l'avenir de plus en plus un sujet critique. Surtout pour les pays qui n'auront pas pris l'option renouvelable.
La France poursuit vers l'impasse.


Mine d'uranium au Niger

samedi 6 février 2010

Bientôt des objets du quotidien radioactifs ?

Je vous ai parlé il y a quelques semaines de l'arrêté interministériel qui permet de déroger à l'interdiction d'utiliser des substances radioactives pour la fabrication de biens de consommation et de matériaux de construction.

Avec cet arrêté du 5 mai 2009, si EDF veut se débarrasser de ses gravats faiblement radioactifs générés par le démantèlement de la centrale de Brennilis, en Bretagne (la première centrale nucléaire française à être démantelée), elle aura la possibilité de les céder ou les vendre à une cimenterie. Celle-ci transformera les gravats en matériaux de construction, qui serviront ensuite à bâtir des bureaux, des logements, des écoles ou des hôpitaux...

Idem pour Areva. Si la multinationale ne sait que faire de fûts en métaux contaminés suite à un transport d’uranium, elle pourra les livrer à une fonderie qui le recyclera dans des produits de grande consommation : outils, véhicules, machines agricoles ou tuyaux (ce qu’avait déjà tenté de faire Areva en 2004 1). Seuls cinq catégories de produits restent exclues de toute dérogation : les aliments, les cosmétiques, les parures (bijoux), les jouets et les matériaux en contact avec les aliments et les eaux (les emballages par exemple).

Seules 5 catégories de produits ne peuvent bénéficier de dérogations et sont donc protégées de tout ajout de substances radioactives :
- LES ALIMENTS
- LES PRODUITS COSMETIQUES
- LES BIJOUX
- LES JOUETS
- LES MATERIAUX EN CONTACT AVEC LES ALIMENTS ET LES EAUX.

Pour agir

Participez à la campagne organisée par la CRIIRAD, il vous suffit d’écrire aux 3 ministres concernés (au moins à l’un d’entre eux).

Pour cela, vous pouvez, utiliser les MODELES DE LETTRES rédigés par la CRIIRAD pour chacun des ministres compétents pour abroger l’arrêté du 5 mai 2009 : ministre de la santé ; ministre de l’économie (en charge de la consommation) ; ministre de l’écologie (en charge de la construction).

Dans ce cas, il vous suffit d’imprimer le pdf ci-dessous et de le découper pour séparer les 3 courriers. N’oubliez pas d’ajouter vos coordonnées et de signer avant de les envoyer, sous enveloppe affranchie, aux adresses des différents ministères.
Pdf : modèles de lettres aux ministres

mardi 26 janvier 2010

Exportations de matières nucléaires : action Greenpeace et pétition

Toute la nuit du 24 au 25janvier, Greenpeace est restée mobilisé pour tenter de bloquer un convoi de déchets nucléaires, qui devait être exporté vers la Russie : quatre activistes se sont enchaînés sur la voie à Cherbourg dimanche à 21h, puis deux autres activistes ont stoppé le train en pleine voie à hauteur de Valognes lundi à 5h30, et enfin, un camion de Greenpeace a été placé sur la voie ferrée dans Cherbourg même, vers 8h30. Le Kapitan Kuroptev, navire chargé d’apporter les déchets en Russie, n’aura pas eu sa cargaison à l’heure…


© Greenpeace / Pierre Gleizes

Sur ce camion qui a bloqué le train en pleine ville, était écrit « La Russie n’est pas une poubelle ». Areva et EDF continuent de clamer le contraire, mais ces exportations sont bien illégales. L’argument du soit disant recyclage des industriels serait valable si 100 % des fûts exportés revenaient en France, sous une forme différente et exploitable. Cela n’est pas le cas, selon un rapport du Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire (HTISN - consulter le rapport ici), la plupart de ces matières sont abandonnées en Russie.

Greenpeace déclare :

Nous avions annoncé que nous ferions tout pour imposer un moratoire sur l’exportation de déchets nucléaires vers la Russie, déclare Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace. Il faut que les pouvoirs publics réagissent et interdisent ces exportations. Nous serons intraitables là-dessus !

Greenpeace mobilise le grand public pour obtenir un moratoire de la part de Jean-Louis Boorlo en proposant de lui écrire une lettre.

Pour agir

Ecrivez à J-L Borloo pour lui demander un moratoire immédiat.

Voici le texte de la pétition :

Monsieur le ministre d'État,

Vous n'êtes pas sans savoir qu'Areva poursuit ses exportations de matières nucléaires depuis le port du Havre à destination de la Russie. Non seulement la nature des matières qu'Areva s'apprête à envoyer en Russie reste très confuse, mais la question du devenir de ces matières qui défraie la chronique depuis une dizaine de jours n'a toujours pas été élucidée.

Conscient de ce grave manque de transparence, vous avez-vous-même saisi le Haut comité pour la transparence et l'information sur la sûreté nucléaire qui s'est réuni le 19 octobre et a demandé aux industriels du nucléaire l'inventaire global des matières et déchets produits dans le cycle du combustible et va organiser des auditions et une enquête.

Voilà pourquoi je vous demande aujourd'hui d'appliquer le principe de précaution et de décréter un moratoire immédiat et total sur les exportations de matières nucléaires le temps que toute la lumière soit faite et qu'aboutissent les enquêtes en cours.

Ce trafic de matières nucléaires dure depuis plus de trente ans, ces déchets vont et viennent dans l'opacité la plus totale. Le Haut comité sur la transparence a raison d'exiger la publication par les exploitants des inventaires et flux des matières et déchets nucléaires. En tant que responsable politique vous avez un droit, voire une obligation d'inventaire face à des industriels qui ont trop longtemps agi dans l'absence totale de contrôle démocratique.

En vous remerciant des suites que vous donnerez à cette demande urgente, je vous prie d'agréer, monsieur le ministre d'État, l'expression de ma très haute considération.

vendredi 22 janvier 2010

Nucléaire : un grand chèque pour la mairie de Rouen

En 2009, pour appeler à une manif anti-EPR à Dieppe, les antinucléaires normands avaient collé quelques affiches dans les rues de Rouen. La mairie socialiste de la ville leur a envoyé une facture de 60€ au titre de la lutte « contre l’affichage publicitaire sauvage » !

Affiches et autocollants font partie de la panoplie de tout bon militant de toute bonne démocratie. L’été dernier, armés de seaux gluants de colle et d’un paquet d’affiches couleur soleil, les antinucléaires annonçaient la manifestation qui allait se dérouler le 28 juin 2009 contre l’implantation d’un EPR voulue par une coalition régionale PCF-PS-UMP.

Cet acte banal ne plaît pas du tout à la Ville de Rouen qui, pour quelques « affichages publicitaires sauvages » (sic) sur la voie publique (une poignée de petites affiches et un autocollant), a envoyé aux militants antinucléaires une facture de nettoyage de 60€. Première question : depuis quand assimile-t-on la liberté d’expression à de la publicité ?

« Comme nous sommes un bon collectif, docile, obéissant et respectueux des lois et réglementations, nous allons payer », explique avec humour Alain Corréa du collectif Stop EPR Ni à Penly ni ailleurs, groupe membre du réseau Sortir du nucléaire. Les antinucléaires se rendront donc à la mairie le jeudi 28 janvier, à 10h30, pour remettre un chèque... de 120 centimètres sur 80 ! Tous les sympathisant(e)s sont cordialement invité(e)s à participer à ce rendez-vous.

Ce n’est bien sûr pas la somme qui pose problème. D’une part, les antinucléaires veulent souligner le manque d’espaces d’expression libre à Rouen. D’autre part, ils protestent contre le matraquage nucléopathe martelé à longueur d’année par EDF et le lobby pro-nucléaire via les médias et le mobilier urbain. Une pollution qui, ajoutée aux autres campagnes publicitaires, défigure véritablement l’espace et ratatine les cerveaux. De quoi énerver quelques déboulonneurs…

Enfin, les antinucléaires s’interrogent sur « l’inconscience et le silence » de la municipalité dirigée par la députée-maire socialiste Valérie Fourneyron qui ne lève pas le petit doigt quand un train de déchets nucléaires destinés à la Russie stationne pendant trois jours dans la gare de Sotteville-les-Rouen. Les wagons repérés entre le 30 novembre et le 4 décembre 2009 contenaient, selon Greenpeace, une trentaine de cuves d'hexafluorure d'uranium (US6) et neuf conteneurs d'U308, une forme stable d'uranium destiné au stockage.

En résumé, les nucléopathes peuvent acheter d’immenses espaces publicitaires et laisser leurs déchets radioactifs se balader en paix. Dans le même temps, les antinucléaires qui collent une poignée d’affiches sont traités comme des délinquants. Selon que vous serez puissant ou misérable… Bref, méfiez-vous des politiciens qui aiment un peu trop les murs propres et muets.

Source : Le Post

Pour plus d’information

Voir mon billet sur la manifestation en question.

mardi 19 janvier 2010

EPR à Flamanville: le chantier a au moins deux ans de retard !

Le chantier du réacteur nucléaire EPR à Flamanville (Manche) a au moins deux ans de retard par rapport à la date de mise en service prévue en 2012, affirme mardi Le Figaro, en pleine polémique entre EDF et Areva.

Le chantier souffre à la fois de la difficulté à fixer un véritable calendrier pour un prototype, du manque d'expérience des ingénieurs, qui n'ont pas mené de grands chantiers depuis longtemps, et des demandes accrues de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), selon le quotidien qui ne cite pas ses sources.

Interrogée par Le Figaro, EDF s'en tient toujours au calendrier prévu d'une mise en service en 2012 pour une commercialisation de l'électricité en 2013.

L'entreprise avait admis pour la première fois en novembre que le chantier avait pris du retard, en distinguant entre la date de mise en service et celle de commercialisation. Il était alors implicitement évalué à un an.

Trois chantiers EPR sont en cours dans le monde. Flamanville est, avec celui d'Olkiluoto en Finlande mené par Areva, le plus avancé. Le premier béton de deux réacteurs EPR a en outre été coulé fin octobre à Taishan en Chine, selon EDF.

L'EPR vient par ailleurs de subir un net revers en ratant le méga-contrat de 20,4 milliards de dollars pour la construction de quatre centrales nucléaires aux Emirats arabes unis, remporté par un consortium coréen.

Cet échec a provoqué une nouvelle polémique entre EDF et Areva, qui se disputent le leadership de la filière nucléaire française.

Source : Le Figaro

Mon avis

Une mauvaise nouvelle pour le contribuable et le client d'EDF...
Une "bonne" nouvelle pour tous ceux qui expliquent que le nucléaire n'est pas la bonne voie.

lundi 11 janvier 2010

MOBILISATION CONTRE l’AJOUT de SUBSTANCES RADIOACTIVES dans les BIENS DE CONSOMMATION et les MATERIAUX DE CONSTRUCTION

Depuis 2002, le Code de la santé publique interdisait l’ajout ou l’utilisation de substances radioactives pour la fabrication de biens de consommation et de matériaux de construction.
Toute acquisition et cession de sources radioactives étaient sévèrement encadrées.

Ce n’est désormais plus le cas.
Le 5 mai 2009, quatre ministères – celui de l’Ecologie, de la Santé, de l’Economie et du Logement – ont signé un arrêté interministériel qui permet de déroger à cette interdiction. Le texte est entré en vigueur malgré l’avis défavorable de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Cela signifie que demain, si EDF veut se débarrasser de ses gravats faiblement radioactifs générés par le démantèlement de la centrale de Brennilis, en Bretagne (la première centrale nucléaire française à être démantelée), elle aura la possibilité de les céder ou les vendre à une cimenterie. Celle-ci transformera les gravats en matériaux de construction, qui serviront ensuite à bâtir des bureaux, des logements, des écoles ou des hôpitaux...

Idem pour Areva. Si la multinationale ne sait que faire de fûts en métaux contaminés suite à un transport d’uranium, elle pourra les livrer à une fonderie qui le recyclera dans des produits de grande consommation : outils, véhicules, machines agricoles ou tuyaux (ce qu’avait déjà tenté de faire Areva en 2004 1). Seuls cinq catégories de produits restent exclues de toute dérogation : les aliments, les cosmétiques, les parures (bijoux), les jouets et les matériaux en contact avec les aliments et les eaux (les emballages par exemple).

On est ainsi passé d’un régime d’interdiction à un régime de dérogations.
Seules 5 catégories de produits ne peuvent bénéficier de dérogations et sont donc protégées de tout ajout de substances radioactives.

4 catégories sont protégées et exclues du régime dérogatoire en application des dispositions de l’article 5 de la directive du Conseil 96/29/Euratom du 13 mai 1996 :
- LES ALIMENTS
- LES PRODUITS COSMETIQUES
- LES PARURES
- LES JOUETS

Les autorités françaises ont ajouté une 5ème catégorie :
- LES MATERIAUX EN CONTACT AVEC LES ALIMENTS ET LES EAUX.

La CRIIRAD demande l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009

L’association a adressé à Jean-Louis Borloo, Roselyne Bachelot et Christine Lagarde une lettre ouverte le 6 novembre 2009 pour les alerter « sur le contenu et les conséquences d’un texte, pris en leur nom » et pour qu’ils l’annulent. Plus de 7 000 cartes pétitions ont également été envoyées par des citoyens. Après deux mois de silence gouvernemental, __

Corinne Castanier (directrice de l'Association) sera reçue ce 11 janvier au ministère de l’Ecologie__.
« Ils ne pourront pas dire qu’ils ne sont pas au courant ».

Pour plus d’information

Si vous n'avez pas lu mon billet de Novembre sur le sujet, il se trouve ici.
Lisez le dossier complet de la CRIIRAD .
Ou plus condensé, l'article sur Bastamag.

Pour agir

Pour participer à la campagne organisée par la CRIIRAD, il vous suffit d’écrire aux 3 ministres concernés (au moins à l’un d’entre eux).

Pour cela, vous pouvez, utiliser les MODELES DE LETTRES rédigés par la CRIIRAD pour chacun des ministres compétents pour abroger l’arrêté du 5 mai 2009 : ministre de la santé ; ministre de l’économie (en charge de la consommation) ; ministre de l’écologie (en charge de la construction).

Dans ce cas, il vous suffit d’imprimer le pdf ci-dessous et de le découper pour séparer les 3 courriers. N’oubliez pas d’ajouter vos coordonnées et de signer avant de les envoyer, sous enveloppe affranchie, aux adresses des différents ministères.
Pdf : modèles de lettres aux ministres

Vous pouvez aussi adresser aux ministres compétents un COURRIER PERSONNALISE : écrit avec vos propres mots, traduisant votre expérience, votre sensibilité, les enjeux qui vous tiennent le plus à cœur, il aura encore plus de poids. Dans ce cas, pour plus d’efficacité, nous vous recommandons de préciser que votre intervention s’inscrit dans le cadre de la « campagne CRIIRAD pour l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009 ».

Dans tous les cas, merci de tenir la CRIIRAD informée de vos démarches.
L'association pourra ainsi suivre l’évolution de la mobilisation et utiliser au mieux les soutiens pour nos interventions auprès des médias et des autorités.
Vous pouvez envoyer, par voie postale, le 4ème coupon des modèles de lettre ou écrire à : contact@criirad.org

dimanche 27 décembre 2009

Problème de refroidissement à la centrale de Fessenheim

La remise en route du deuxième réacteur de la centrale, arrêté ce week-end pour des travaux de maintenance, a été retardée en raison d'une difficulté dans un circuit de refroidissement.

Le réacteur N°2 de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), arrêté ce week-end pour des travaux de maintenance, a rencontré des problèmes dans un circuit de refroidissement qui retardent sa remise en route, a annoncé dimanche l'Autorité de Sûreté nucléaire (ASN).

Cet incident, intervenu dimanche matin peu avant 06H00, est classé au niveau 1 de l'échelle internationale des événements nucléaires (INES). Cette échelle compte huit niveaux de gravité, classés de 0 à 7.

«Selon les premières informations fournies par EDF, la remise en service d'une pompe de refroidissement lors du redémarrage du réacteur N°2 a mis en suspension des débris végétaux qui ont généré une réduction partielle des débits dans les circuits de refroidissement "SEB"», a indiqué l'ASN dans un communiqué.
Le réacteur numéro 1 lui aussi arrêté

Dimanche en fin d'après-midi, l'ASN affirmait que l'incident était en voie de résolution mais ne donnait pas d'autres précisions sur le redémarrage du réacteur. «Les circuits "SEB" refroidissent certains circuits importants pour la sûreté et circuits auxiliaires en utilisant de l'eau pompée dans le grand canal d'Alsace», a ajouté l'ASN, qui a précisé que les agents d'EDF travaillaient pour rétablir le plein débit de ces circuits, réduits de 2.400 m3 à 1.600 m3 par heure.

Prévoyant une faible demande en électricité ce week-end, la direction de la centrale avait prévu une courte réparation qui concernait une soupape du circuit de refroidissement secondaire. Le réacteur N°2 avait été arrêté à cette fin samedi matin à 04h00 et il aurait dû repartir dimanche vers 06h00.

Le réacteur N°1 de la centrale de Fessenheim est quant à lui à l'arrêt depuis plusieurs semaines en raison de la troisième visite décennale entamée en octobre.

Source : liberation.fr

Centrale nucléaire du Blayais le 27 décembre 1999 : on a frolé l'accident majeur

Dans la nuit du 27 décembre 1999, la tempête a eu raison des protections du site électronucléaire.


Le 27 décembre au soir, sous l'effet du vent qui souffle en tempête, avec une pression barométrique au plus bas, et un coeffi- cient de marée heureusement faible, des vagues débordent les digues de protection du site électronucléaire du Blayais, à Braud-et-Saint-Louis. Il est 19 h 30. 90 millions de litres d'eau ont envahi le site. Des galeries souterraines sont inondées.

Entre 18 h 30 et 20 h 50, on perd l'alimentation électrique. On passe sur moteurs diesel. Les réacteurs 2 et 4 sont momentanément sur diesel, et en arrêt normal sur générateurs de vapeur. Le réacteur n° 1 fonctionne et alimente, notamment, Bordeaux. Le réacteur n° 3 est en arrêt à froid.

Plan d'urgence déclenché
À 21 heures, la route d'accès au site est inondée. La relève des équipes ne peut plus se faire. À 22 h 40, les responsables de la Centrale appellent la Drire Aquitaine. À partir de là, la Drire, la Préfecture et la Direction de la sûreté des installations nucléaires sont mobilisées. Le 28, les événements s'enchaînent. L'inondation de zones sensibles se confirme. Il y aurait alors, selon les sources, entre 1,5 m et 4 m d'eau dans le bâtiment combustible du réacteur n° 1... Le plan d'urgence interne est déclenché.

Cet enchaînement dramatique provoquera ainsi l'un des plus graves incidents qu'ait connu le parc électronucléaire français. Et quelques frayeurs rétrospectives. Le 5 janvier, « Sud Ouest » titrera sans être démenti : « Très près de l'accident majeur », en expliquant que l'on avait évité de justesse un scénario catastrophe.

Étienne Dutheil, l'actuel patron du CNPE du Blayais, se trouvait à l'époque à Penly, où l'on avait essuyé la tempête la veille, sans conséquence grave. Mais il témoigne de la mobilisation et de la solidarité de « la famille nucléaire » qui s'était manifestée alors envers les camarades du Blayais.

Retour d'expérience
Aujourd'hui, le retour d'expérience, très complet, a entraîné des modifications substantielles : « dès l'an 2000, les digues ont été rehaussées. Au bord de l'estuaire, en limite de centrale, on est passé de 5,20 m à 8,50 m en deux étapes. Un enrochement de 1 m et un pare-houle en béton de 2,30 m », détaille Étienne Dutheil. « Et côté marais, les digues ont été rehaussées à 6 m. Ensuite, les galeries souterraines pour le passage des réseaux ont été compartimentées. Et l'on a installé des seuils et des portes étanches. Aujourd'hui, les entrées d'eau sont impossibles. Enfin, nous avons mis au point de nouvelles procédures, et une nouvelle organisation en cas d'alerte météo. Nous avons passé une convention avec Météo-France pour disposer d'un site dédié, et d'envoi de bulletins réguliers. Et en cas de vents annoncés à plus de 70 km/h en moyenne, nous activons une organisation interne spéciale. Ce dispositif a été mis en place en 2005. Il a parfaitement fonctionné en janvier 2009, lors du passage de la tempête Klaus. Enfin, nous disposons sur le site de moyens de pompage puissants ». Bref, les leçons ont été tirées. En cette fin de semaine, les quatre réacteurs de 900 MW tournaient à pleine puissance. Et en l'absence d'alerte météo, le directeur de la centrale s'apprêtait à profiter de queques jours de vacances. Sereinement. à quelques kilomètres du site...

LE CHIFFRE
90 000 : C'est en m3 la quantité approximative d'eau qui a débordé en plusieurs vagues les digues de protection de la centrale nucléaire du Blayais, dans la soirée du 27 décembre. Alors que le coefficient de marée n'était que de 77 et que l'on n'était qu'à mi-marée montante.

Source : Sud-Ouest - Samedi 26 Décembre 2009

Pour plus d’information

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/blayais_dossier.html
Rapport de l'ISPN
http://tchernoblaye.free.fr/centrale/centrale.htm


Voilà une digue de la centrale du Blayais en février 2000... Ca vous rassure, vous?
Photo de Stéphane Lhomme.

vendredi 18 décembre 2009

Distribution d'huîtres radioactives de La Hague

PERIGUEUX le 12 décembre, en plein sommet de Copenhague, les écologistes « font du bruit » pour le climat

Devant la boutique EDF en plein centre-ville de Périgueux, ils étaient d'abord une vingtaine hier matin, notamment réunis à l'appel du collectif Sortir du nucléaire. On reconnaissait là des militants verts ou socialistes, d'associations comme les Amis de la terre et les très imaginatifs récupérateurs du Tricycle enchanté de Bourdeilles.

En plein sommet de Copenhague, il s'agissait d'attirer l'attention sur l'idée qui voit le nucléaire comme solution aux gaz à effet de serre pour produire de l'énergie. Pour attirer l'attention, ils avaient bien fait les choses avec des déguisements plutôt réussis. Un père Noël et un ostréiculteur avec masque à gaz distribuaient des huîtres radioactives de La Hague et des déchets nucléaires.

Une pétition à signer

Pendant ce temps, un drôle de physicien en tenue rose faisait biper son compteur Geiger en le pointant sur les vêtements des passants alors qu'un vrai faux politicien en costume dissertait sur le sujet. Le but étant de faire prendre conscience des dangers du nucléaire et de son coût exorbitant. Ils invitaient à aller signer la pétition en ligne sur Internet sur le site dont-nuke-the-climate.org.

Casseroles et tambours

En fin de matinée, c'est au pied du grand sapin de Noël des boulevards que se déroulait le deuxième acte de ce jour très écolo. Les militants de Périgueux Écologie (association réunissant les verts et des associatifs) avaient invité les Périgourdins à venir faire du bruit pour le climat. Près d'une cinquantaine de personnes avaient répondu à l'appel avec des casseroles, des tambours et des instruments de musique pour une demi-heure très bruyante.

Certains comme Fabrice Mathivet, organisateur de la manifestation, étaient aussi venus avec un réveil, histoire de rappeler que le temps presse. Un rassemblement plutôt jeune à l'image de Roxane et Chloé trouvant l'idée « géniale » ou de Marguerite et Robin convaincus « qu'il faut faire du bruit pour dire que le nucléaire n'est pas une solution ». Il y avait aussi là René Pensuet, vieux militant des droits de l'homme se rappelant des manifestations du Larzac et toujours convaincu « que tout est lié ».

Mon avis

Une action très sympa et nécessaire ! Bravo !

mardi 15 décembre 2009

Expulsé du Danemark... pour un opinel !

Jocelyn Peyret, du réseau «Sortir du nucléaire», raconte son arrestation par les policiers danois alors qu'il se rendait à son hôtel. Il est le premier Français expulsé de Copenhague.

Cela faisait dix jours qu'il préparait la manif pour le réseau Sortir du nucléaire, dont il est salarié. Mais hier, Jocelyn Peyret répondait aux questions du journal Libération par téléphone, depuis un bus qui le ramenait à Strasbourg. Car Jocelyn a été expulsé du Danemark... pour un Opinel! Témoignage.

«Vendredi, en fin de matinée, je m'activais avec un collègue pour préparer la manif de samedi. Nous trimballions des hampes pour les banderoles et nous avions déjà été contrôlés une première fois en allant chercher le matériel à la voiture.

Au retour, un groupe d'une dizaine de policiers nous arrête à nouveau. Ils nous demandent à quoi vont servir ces hampes, puis ils nous fouillent. Ils ont tiqué parce qu'on avait un tournevis sur nous pour bricoler notre matos de manif. On leur explique mais ils n'en démordent pas: «Désolés mais vous êtes en état d'arrestation!». On a halluciné. A ce moment-là, ils n'ont toujours pas vu mon Opinel, mais ils nous demandent de vider nos poches. Là, ils découvrent le couteau, alors je leur explique qu'en bon Français, on se doit d'avoir un Opinel pour le saucisson, mais ils ne me croient pas.

Ils nous ont menottés et mis dans un camion avant de nous conduire à Valby, dans un grand entrepôt où sont alignées des cages métalliques. Au total, il y avait une cinquantaine de personnes. J'ai discuté avec les uns et les autres, la plupart étaient là pour des motifs débiles: un gars, c'est parce qu'il avait des lunettes de natation pour se protéger des éventuels gaz lacrymos. D'autres, c'est parce qu'ils avaient 1 g d'herbe. A 13h, on a passé un coup de fil à nos contacts du réseau Sortir du nucléaire pour les prévenir, d'autant que c'est moi qui avais les clefs de la voiture! Mon collègue, lui, a été libéré dans l'après-midi.

Ils m'ont fait lambiner jusqu'à minuit. Là, un inspecteur m'a expliqué que j'étais inculpé car j'avais un couteau dans mon sac et que ce type de couteau (avec une lame de plus de 7 cm, ndlr) était interdit au Danemark. A 4 heures du matin, ils m'ont appris que j'allais être expulsé. Je suis resté avec deux Britanniques. Ils nous fait signer des papiers et à 8 heures du matin, on était en prison. J'ai eu droit à un petit déjeuner: lait, céréales, tartines et confitures. A midi, j'ai eu droit à des patates et des courgettes, mais comme je suis végétarien, ça les a bien ennuyés. A 16 heures, deux policiers sont venus me chercher et m'ont conduit à l'aéroport. J'ai passé un second coup de fil à 16 heures, juste avant l'expulsion.

Je ne voulais pas qu'ils m'expulsent par avion à cause des gaz à effet de serre. Je leur ai dit: « hey! Les gars, c'est un sommet sur le climat, vous n'allez pas faire ça quand même!», mais ça ne les a pas fait rire. Les policiers danois sont super fins psychologues, ils n'arrêtent pas de te rassurer, de t'expliquer que tout sera résolu dans la demi-heure. Forcément tu y crois, tu ne t'énerves pas, tu attends. Ils sont toujours super gentils, ça va se résoudre dans la demi-heure mais au final, j'ai passé 30 heures en garde à vue. Les cages, ça faisait vraiment cages à chiens. Alors pour se détendre, on aboyait... Quand j'y pense, c'est quand même hallucinant de se faire expulser pour un Opinel.»

Source : Libération.fr - 12 décembre 2009

Mon avis

Un témoignage qui me parait nécessaire de faire connaitre.
Le saucisson et l'opinel seront la perte du combat anti-nucléiare !
Sérieusement, cela montre la convergence de l'action anti-démocratique européenne avec celle de France, à Colmar par exemple...

lundi 14 décembre 2009

Grand emprunt : un milliard d'euros pour le nucléaire de demain

Ces crédits seront affectés à a recherche. Ils financeront des projets de traitement des déchets nucléaires ou le développement du réacteur à neutrons rapides, Astrid.

L'Etat va consacrer un milliard d'euros à la recherche sur le nucléaire dans le cadre du grand emprunt, notamment pour les réacteurs de 4e génération qui permettront à partir de 2040 de mieux utiliser l'uranium et de recycler une partie des déchets.

"Dans ce milliard d'euros, une centaine de millions sont fléchés pour un meilleur traitement des déchets", a déclaré à l'AFP le directeur de l'énergie nucléaire du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), Christophe Béhar. Les 900 millions restants seront utilisés en grande partie pour un réacteur de démonstration à neutrons rapides refroidis au sodium baptisé Astrid (mise en service est prévue vers 2020). Une autre partie ira au financement d'applications pour la production d'isotopes radioactifs à usages médicaux dans un autre réacteur de démonstration, Jules Horowitz, en construction à Cadarache (Bouches-du-Rhône), a-t-il ajouté.

Ce réacteur dont la mise en service est prévue en 2014 servira par ailleurs d'outil d'irradiation pour tester la résistance des matériaux au sein des réacteurs actuels, comme dans ceux de la quatrième génération. L'intérêt de ces réacteurs du futur réside principalement dans l'utilisation de l'uranium non fissile 238, après sa transformation en plutonium 239. Or l'uranium 238 représente 99,3% du minerai d'uranium, contre seulement 0,7% d'uranium 235 fissile, utilisé aujourd'hui dans les réacteurs nucléaires.

Selon un document du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de 2007, le stock français de 200.000 tonnes d'uranium pourrait être "suffisant pour alimenter une production nucléaire au niveau actuel pendant 5.000 ans". Le CEA souligne également qu'en recyclant une partie des éléments radioactifs produits au sein des réacteurs, les centrales de quatrième génération devraient permettre "de réduire le volume et la radiotoxicité à long terme des déchets ultimes". Rupture technologique

Au niveau international, les recherches sur la quatrième génération de réacteurs nucléaires sont fédérées au sein du Forum international 4ème génération, sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Les recherches se poursuivent dans six filières technologiques, dont celle appelée SFR (sodium-cooled fast reactor) qui est la plus étudiée. En France, elle a déjà une longue histoire avec les prototypes Phénix, exploité de 1973 à septembre 2009, et Superphénix, en service entre 1986 et 1997.

Ce qui fait dire au réseau Sortir du Nucléaire que la "4ème génération n'est qu'une invention marketing". Pour les antinucléaires, "il s'agit d'une nouvelle tentative de mettre un surgénérateur, que l'industrie nucléaire échoue depuis 50 ans à faire fonctionner". "On a le retour d'expérience de Phénix et de Superphénix et on répond aux problématiques qu'on a trouvées", répond Christophe Béhar. Il reconnaît qu'"il faut qu'il y ait des ruptures technologiques, en termes de sûreté" afin notamment d'éviter toute possibilité de contact entre le sodium et l'eau au sein des réacteurs.

L'autre technologie développée par la France est celle des réacteurs à neutrons rapides refroidis à l'hélium, qui est beaucoup moins avancée mais "extrêmement prometteuse", selon M. Béhar. Elle n'est pas financée dans le cadre du grand emprunt. A l'étranger, les autres technologies en cours de développement sont les réacteurs à neutrons rapides à alliage de plomb (LFR), ceux à eau supercritique (SCWR) ou à sels fondus (MSR) et enfin les réacteurs à très haute température (VHTR) dédiés à la production d'hydrogène et à la cogénération d'électricité.

Mon avis

Nos impôts vont payer ces orientations complètement contraires aux intérêts environnementaux...

samedi 12 décembre 2009

Action symbolique "don't nuke the climate" à Copenhague sur la petite sirène

Le 10 décembre 2009 – Le Réseau « Sortir du nucléaire » et ses partenaires internationaux (italien, russe, américain, allemand, danois, hollandais…) de la campagne « Don’t Nuke the Climate ! » ont mené une action symbolique ce midi pour dénoncer la tentative du nucléaire d’utiliser la crise climatique pour assurer sa survie. Les représentants des associations ont « masqué » la Petite Sirène, monument national danois, pour dénoncer le danger de cette industrie, mais aussi pour rappeler qu’en réalité le nucléaire entrave la lutte contre le changement climatique en masquant les vraies solutions. Recourir à l’atome dans cette lutte serait donc parfaitement contreproductif en plus d’être dangereux.

Pour plus d’information

http://www.dont-nuke-the-climate.org/

mercredi 9 décembre 2009

Don’t nuke the climate ! Le blog de Copenhague

Les militants de Sortir du nucléaire sont sur place à Copenhague et nous tiennent informés de leur action sur leur blog de Copenhague : http://www.dont-nuke-the-climate.org/spip.php?rubrique50

Copenhague, le 5 décembre 2009 – Le Réseau "Sortir du nucléaire" a déployé une grande banderole sur un immeuble à Copenhague à 100 mètres du Bella Center où va se tenir dans 2 jour le Sommet international pour le climat. Sur la banderole on peut lire les mots "Don’t Nuke the Climate !" » ("ni nucléaire ni effet de serre !") portés par une foule. Cette image symbolise les dizaines de milliers de personnes qui, dans le monde entier, dénoncent les tentatives de certains Etats (dont la France) de faire passer le nucléaire pour une solution au changement climatique.

Mon avis

Une pose de banderole dans la plus pure tradition du réseau.
Un "blog" à consulter.

lundi 7 décembre 2009

Uranium, l'héritage empoisonné

Un documentaire de 52' de Dominique HENNEQUIN, sur l’exploitation des mines d’uranium au Niger et au Gabon par des filiales du groupe AREVA, les conséquences sur la santé des travailleurs locaux et des intervenants Français, la contamination radioactive de l’environnement.

Enquête de Dominique HENNEQUIN et Pascal LORENT, à laquelle la CRIIRAD a apporté un soutien très actif (interprétation scientifique des éléments, fourniture de matériel de contrôle radiologique, analyse d’échantillons prélevés à Mounana au Gabon, etc.).

Diffusions sur la chaîne Public Sénat (disponible sur la TNT, câble et satellites) :
- Lundi 7 décembre à 18h30 et 22h30
- Samedi 12 décembre à 22h suivi d'un débat animé par Elise Lucet
- Dimanche 13 décembre à 18h
- Dimanche 20 décembre à 9h
- Lundi 21 décembre à 10h30

Mon avis

Nous avons le confort électrique... A quel ,prix ?

mercredi 2 décembre 2009

Centrale nucléaire de Cruas : ca chauffe alors, on débranche ?

Hier soir le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse a été arrêté d'urgence, victime d'un incident qui a été classé au niveau 2 (sur 7). Cet arrêt a été engagé suite à l'obturation de la prise d'eau alimentant le système de refroidissement de ce réacteur avec l'arrivée massive de débris végétaux charriés par le Rhône".

L'impossibilité de refroidir correctement un réacteur est un problème grave qu'il faut impérativement résoudre, son échauffement pouvant avoir des conséquences catastrophiques...

Pour la "première fois", les deux sources d'eau froide servant à refroidir des "systèmes importants pour la sûreté" d'un réacteur nucléaire "ont été simultanément défaillantes", a relevé l'IRSN après l'incident.

Alors, le réacteur chauffe, débranchons-le !
De fait, ce matin du 2 décembre, les branches et autres végétaux obturant la prise d'eau ont été retirées et l'incident clos.

Problème de branches ? Alors on débranche !

J'en profite pour vous dire que je déteste la fresque peinte sur une des tours de refroidissement de cette centrale.
Je l'ai vue une fois en passant, elle m'a provoqué un sentiment de vrai malaise.
Comment peut-on associer nos enfants à cette technologie qui leur laisse le terrible problème des déchets ?
En espérant que nul accident ne viendra compromettre leur santé ou celle de leurs descendants...

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