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vendredi 21 septembre 2018

Les 4 saisons font peau neuve


Depuis près de 40 ans les éditions Terre vivante nous propose leur magazine dédié au jardinage biologique. Cette superbe publication a su évoluer au fil du temps pour s'améliorer et se moderniser.

"Les 4 saisons du jardinage" devinrent "les 4 saisons du jardin bio", et c'est maintenant "les 4 saisons" qui fait peau neuve avec une nouvelle formule.

Exit la mode du petit format, c'est à présent une taille intermédiaire que l'équipe de rédaction a choisie. Je trouve personnellement ce choix excellent. Les illustrations, photographies et dessins toujours magnifiques et colorés occupent une belle place et leurs dimensions plus grandes
avec le nouveau format agrémentent encore davantage la lecture.

Le carnet de saison s'est étoffé pour encore mieux nous conseiller dans nos activités du moment.
Bien loin de la pure théorie, le magazine fait une très large place aux témoignages, aux conseils d'experts, de jardiniers et de lecteurs.


Les 4 saisons est un magazine aux valeurs fortes. Partage, autonomie, respect du vivant sont à l'évidence les maitres mots pour l'équipe, cela se voit et se lit ! Conseils, astuces, informations sont nombreux et couvrent largement les sujets typiques au jardinage biologique mais le magazine va au-delà et nous propose des articles et dossiers très intéressants sur des thèmes connexes mais toujours relatifs à l'écologie. Deux exemples : le dossier Linky et "le grand secret du lien".


De par sa nature, ce magazine offre des articles de 3 à 4 pages tout au plus qui se lisent donc rapidement. Des beaux moments de lecture agréables et instructifs en perspective.

J'ai lu le tout nouveau numéro dans les transports en communs et n'ai eu qu'une envie : être au jardin pour en faire plus et mieux, mais toujours au naturel !

Pour plus d’information

Consultez le site Terre vivante : http://www.terrevivante.org/11-le-magazine.htm
Feuilletez quelques pages du magazine : https://fr.calameo.com/read/000400547bdf113b514cb

jeudi 5 juillet 2018

L'écologie radicale expliquée à ma belle-mère


Aurélien Dupouey-Delezay
Editions du Panthéon
ISBN 978-2-7547-4012-8

Vincent est un écologiste radical.
Alors qu'il pique-nique avec ses beaux-parents, ceux-ci se montrent curieux, sceptiques et souvent contradicteurs afin qu'il leur explique ses idées et plus largement pour découvrir les différentes facettes et composantes de ce mouvement.

Ce dialogue familial vivant, dynamique et très naturel nous expose et explique la complexité de ce positionnement idéologique et politique. De mon point de vue cela sonne vrai et juste. D'autant que j'en partage assez largement l'analyse et les positions.
Alors qu'en ce qui me concerne le sujet touche à l'anxiogène, Aurélien Dupouey-Delezay se place dans une juste mesure afin d'éviter trop de noirceur. J'ai malgré tout un peu de mal à adhérer à la vision toute relativement optimiste qu'il adopte dans ces dernières pages quant à la manière par laquelle un nouveau modèle de société pourrait se mettre en place.
Je ne vous en dirai pas plus afin de vous laisser la possibilité de le découvrir par vous-même en lisant ce premier essai d'un auteur qui pourrait s'avérer prometteur.

Pour lire un extrait

http://livre.immateriel.fr/fr/read_book/9782754740135/#pct0

mardi 20 février 2018

En voiture Simone - Fonce Alphonse


En voiture Simone – Pourquoi ma voiture pollue moins qu'une neuve ?
Fonce Alphonse – Croissance, décroissance : comment sortir de l'impasse ?

Auteur : Lucien Willemin
Editions : Plume de carotte

Avec "En voiture Simone", Lucien Willemin nous explique le concept d'énergie grise, l'E grise comme il la nomme. L'E grise représente tout ce qu'il a fallu pour fabriquer, transporter, vendre un objet. Et même ce qui est mis en œuvre après que l'on s'en soit débarrassé. Energie, matières premières, mais aussi machines qui, ont nécessité elles-mêmes énergie et matériaux.
Nous ne pensons que rarement à tout cela en achetant et utilisant un objet. Et pourtant la pollution engendrée pour que nous l'ayons entre les mains est toujours énorme. Lucien Willemin prend deux exemples, le simple crayon de papier ainsi que la voiture, sujet principal du livre.
Deux exemples simplement présentés qui illustrent parfaitement son propos.
Les entreprises productivistes nous poussent à remplacer nos objets par d'autres soi-disant plus écologiques, mais cela est-il vraiment bien ? Non pas du tout, l'auteur montre qu'il vaut mieux utiliser nos objets jusqu'au bout.
Lucien Wuillemin enfonce le clou avec "Fonce Alphonse". Il y généralise son propos et y affiche l'impasse de la recherche de croissance matérielle. Il nous alerte sur la catastrophe à venir faite de changer vers un système basé sur la réparation. Il l'affirme : recycler ne suffira pas. Ainsi il nous propose d'instaurer une consigne énergie grise. Pour dire vrai, je n'ai p as très bien compris le détail su système par lequel nous serions amenés à payer ses futures réparations au moment de l'achet du produit.v A notre niveau, Lucien Wuillemin nous conseille :
• De réparer plutôt que de remplacer ;
• D'utiliser nos objets jusqu'au bout ;
• D'acheter d'occasion autant que possible ;
• De ne pas multiplier les achats d'objets de même type.

Que de conseils avisés !

Voici eux petits livres qui se veulent rapidement lus, simples et démonstratifs.
Pari tenu ! Lucien Wuillemin prouve qu'il n'est nullement besoin d'une imposante littérature ni de philosopher pour prouver que la croissance matérielle ne peut nous mener qu'à une issue fatale et que, somme toutes, le mode de vie à adopter est très simple.
Très simple mais contraire aux intérêts financiers des entreprises et des politiques dominants !

Lucien Wuillemin, lui, a changé de vie. Il nous montre le chemin…

jeudi 8 février 2018

Planter des arbres pour les abeilles


Yves Darricau
Editions Terran
Collection Alternatives apicoles
ISBN13: 978-2359810936

La collection "Alternatives apicoles" des éditions Terran se donne pour objectif de nous présenter des pistes "douces" pour renouveler l'apiculture et aider les abeilles.

Yves Darricau est ingénieur agronome mais aussi apiculteur et planteur d'arbres. Avec son livre "Planter des arbres pour les abeilles" il se atteint parfaitement le but de la collection.
Promoteur de "l'api-foresterie de demain", il nous présente cette pratique basée sur l'utilisation d'essences d'arbres et arbustes adaptée à l'inévitable augmentation des températures que nous allons continuer à subir dans les années et décennies à venir.
L'auteur débute en nous dressant le triste tableau du réchauffement climatique. Prudent, il se base sur les études officielles annonçant une élévation de température pouvant atteindre 1,5 à 2°C avec des pointes frôlant les 5°C !.
Tant bien même le réchauffement serait ainsi limité, les espèces végétales devront s'adapter sinon elles disparaîtront. Une élévation de température de 2°C correspond en effet à des conditions de vie végétale située à 400 km plus au sud. Énorme !
L'auteur propose ainsi de planter des végétaux qui poussent actuellement bien plus au sud de notre lieu de vie de telle manière que nous assurerons la couverture végétale du futur.

Les abeilles déclinent. C'est indubitable. Les espèces végétales sélectionnées par Yves Darricau sont connues pour leurs propriétés mellifères afin de favoriser les butineuses. Il s'agit donc de planter des espèces issues de contrées plus au sud, voire tropicales. L'auteur prends ses précautions dès les premières pages en rappelant que nombre de nos végétaux largement répandus en notre contrée furent jadis importés. Selon lui le risque d'implanter des espèces invasives est minime et il nous enjoint de garder raison..

50 espèces nous sont présentées pour leur résistance à l'augmentation des températures et pour leurs qualité mellifères. Un catalogue fort bien présenté et joliment illustré par d'excellentes photographies. Chaque espèce est décrite. Ecologie, intérêt mellifère, si besoin indications pour se la procurer. Le tout, question climatique oblige, structuré au fil des saisons de manière à offrir aux abeilles le nécessaire sur la période la plus étendue possible.
Fin de l'été tout d'abord avec arbres, arbustes et lianes.
Hiver ensuite : arbres et arbustes.
Viennent ensuite des cas particuliers. Zones humides, sols très secs, sols pauvres ou pollués. Intéressant.

Avec cet ouvrage, Yves Darricau fait preuve d'une évidente conscience écologiste. j'apprécie et saluer sans retenue sa démarche qui nous enjoint à préparer un futur arboré adapté aux conditions climatiques à venir et favorable aux abeilles. Il ne nous reste qu'à assumer les conséquences de notre irresponsabilité collective vis à vis du climat.
C'est tout autant volontiers que j'avoue que mes connaissances ne me permettent pas de me prononcer sur la pertinence du choix des espèces proposées. Je ne peux que souhaiter que ce choix nous présenver d'implanter des végétaux invasifs...

mercredi 20 décembre 2017

La pleine conscience - Méditation guidée pour donner du sens à sa vie


Elizabeth Couzon
Eyrolles Pratique – Développement personnel
ISBN-10: 2212567081

Un nouveau livre sur la méditation de pleine conscience ?
Que va-t-il m'apporter de plus ?
Dans son introduction, Elizabeth Couzon énonce deux questions que nous nous posons souvent face à un livre qui traite d'un sujet à la littérature abondante. Et c'est bien le cas de la pleine conscience (ou Mindfulness ou pleine présence) pour laquelle nombre d'ouvrages remplissent les étagères des libraires. Je vous en ai moi-même parlé à plusieurs reprises ici, ayant lu déjà pas mal de livres sur cette pratique de méditation laïque que je pratique depuis assez longtemps déjà.

Revenons à ces deux questions. Les éléments de réponse sont tout d'abord tactiles et visuels.
Tactiles lorsque l'on prend cet ouvrage de taille moyenne, peu épais, il fait moins de 180 pages, à la couverture lisse agréablement ornée d'un coquelicot un peu flou. Couverture qui annonce la présence d'un CD audio de 120 minutes. Un détail fort intéressant puisque ces deux heures d'écoute nous guident dans 20 méditations que l'on trouve bien évidemment dans le texte du livre. Un livre éminemment pratique puisqu'il nous propose 43 exercices et méditations.

Elizabeth Couzon ne limite pas son propos à la pratique de la méditation de pleine conscience. Elle débute son ouvrage en la définissant et en nous en exposant les fondements historiques. Vient ensuite un aperçu des recherches scientifiques qui ont démontré les bienfaits de cette méditation et qui en expliquent les mécanismes par lesquels elle agit.
La partie purement pratique est segmentée en trois parties.
La pratique formelle qui nécessite de réserver des moments dédiés au cours de notre journée.
La pratique informelle qui aide à débrancher le pilote automatique qui guide si souvent notre vie quotidienne.
La bienveillance, l'altruisme et les relations aux autres qui nous relient à notre humanité.

J'ai trouvé ce livre intéressant dans son aspect "théorique" et très utile par son approche pratique.
Ses nombreux exercices et méditations guidées sont fort bien présentés. Les MP3 du CD audio apportent un plus et facilitent grandement la mise en pratique.
L'ouvrage séduira le méditant débutant, surtout s'il préfère une approche strictement laïque à celle davantage orientée religion de certains auteurs réputés dans le domaine.

Pour quelques extraits

https://www.eyrolles.com/Chapitres/9782212567083/9782212567083.pdf

mercredi 22 novembre 2017

Lisons et soutenons Reporterre

Reporterre, vous connaissez ?
Reporterre, le quotidien en ligne consacré à l'environnement. Il a été créé par Hervé Kempf qui expliquedans l'hebdo Politis n° 1477 quelle en est la ligne rédactionnelle :

La ligne rédactionnelle de Reporterre est clairement affichée : nous considérons que la dégradation rapide de l’écologie planétaire est le problème politique de ce début du XXIe siècle. Je dis bien « le » problème politique, parce qu’il n’y en a pas aujourd’hui d’aussi lourd de conséquences. Comment l’humanité, qui n’a jamais été si nombreuse ni si puissante, et qui forme aujourd’hui, pour la première fois depuis l’émergence d’homo sapiens sapiens, il y a environ 70 000 ans, une culture commune, va-t-elle enrayer cette destruction de son milieu de vie, qui la conduit au désordre, à la guerre, à la famine et au chaos ? Voilà ce qui nous intéresse, ce qui nous guide, et à partir de quoi nous racontons, avec nos trop faibles moyens, ce que nous voyons, sentons, comprenons, entendons de ce monde bruissant, fascinant, admirable et inquiétant.

Lors de notre passage au salon Marjolaine il y a quelques jours, nous avons parlé avec un jeune qui travaille chez Reporterre. M'ayant demandé si je venais régulièrement sur le site, j'étais gêné d'vouer que je n'était pas un lecteur assidu. Et pourtant, j'ai souvent lu cet excellent médium libre et l'ai même soutenu lorsque'il était en difficulté financière (ha il ne l'est plus tu crois Gilles ?).
L'échange avec ce jeune fut émouvant tant son engagement, son implication, sa motivation sont manifestement très forts.
Du coup je me suis remis à consulter régulièrement cet excellent site et je le soutiens par mes recherches avec le moteur de recherche Lilo qui lui a déjà reversé plus de 3400 €.

Alors, vous aussi, allez-vous aimer Reporterre ?

Reporterre_logo.png

mardi 7 novembre 2017

Les clés de l'alimentation anti-cancer


Auteurs : Sophie Bartczak - Jean-Christophe CHARRIE - Maryse Groussard
Editeur : Terre vivante
Collection : Conseils d'expert
ISBN : 978-2-36098-257-8

Il y a six ans, Maryse apprenait la présence de cellules cancéreuses nécessitant l'ablation d'un sein. Ayant auparavant failli mourir sur la table d'opération à deux reprise, étant allergique aux produits anesthésiants, elle refuse l'opération. Les médecins lui prédisent alors une espérance de vie de seulement quelques mois, jusqu'à Noël…
Le médecin de Maryse, le docteur Jean-Christophe Charrié accepte de l'accompagner dans sa lutte contre le cancer. Il a derrière lui 20 ans de pratique médicale généraliste et pratique l'endobiogénie, une nouvelle technique riche de succès thérapeutiques.
Maryse entame alors un long traitement à base de plantes et surtout un régime alimentaire anti-cancer.
Ce régime strict banni certains aliments que nous consommons couramment. Sa mise en pratique n'est pas chose facile. Maryse change progressivement ses habitudes alimentaires et concocte ses propres recettes. Elle nous en présente 175 qui respectent les indications de son médecin.

Ce livre est issu d'une belle collaboration entre Maryse, son médecin le docteur Charrié et Sophie Bartczak, journaliste spécialisée en santé. Le docteur Jean-Christophe Charrié nous y expose tout d'abord les principes de l'alimentation anti-cancer. Anti-cancer mais pas seulement. En effet un des objectifs de ce régime étant d'éviter et de réduire les états inflammatoires, il bénéficie aussi aux patients atteints de maladies inflammatoires invalidantes comme les maladies auto-immunes, les pathologies rhumatismales, la maladie l'Alzheimer, la sclérose en plaques etc…
Le régime proposé a notamment pour but d'affamer les cellules cancéreuses, de protéger le pancréas en évitant les états inflammatoires et d'éviter la stimulation hormonale. Pour ce faire certains aliments sont interdits : sucres, laitages, viande d'animaux à quatre pattes tandis que d'autres aliments sont conseillés tels les légumes. Le docteur Charrié nous explique les raisons médicales de ce régime et nous montre comment certains aliments (ceux qui sont interdits) favorisent la maladie.

Au-delà de proscrire et de conseiller certains aliments, le médecin nous livre nombre de conseils pour choisir des aliments de qualité. Bio bien sûr mais aussi sur la manière dont ils ont été produits. Pour la farine par exemple, privilégier l'épeautre et bien les variétés anciennes de blé. Préférer les farines moulues sur meule de pierre.
Maryse quant à elle nous fait partager des truc et astuces pour changer notre régime alimentaire, faire ses courses, choisir ses produits et surtout les cuisiner. Les deux tiers de cet ouvrage de 300 pages forment un bien beau livre de cuisine. Des recettes pour la plupart faciles à exécuter. Quelques-unes sont indiquées comme étant d'un niveau de difficulté moyen ou élevé. Les belles et abondantes photographies qui embellissent des pages ouvrent l'appétit ! Les images côtoient de nombreux petits encarts offrant de précieuses informations sur certains ingrédients des recettes et des conseils pour bien les choisir. Les plantes ont un rôle primordial dans l'endobiogénie. Une liste exhaustive figure en annexe du livre où le docteur Charrié indique pour chacune si elle est autorisée ou interdite dans un régime anti-cancer. Il nous offre aussi quelques recettes de tisanes aux vertus thérapeutiques.

Maryse ne devrait pas passer Noël 2011. Elle a pourtant vu six Noël depuis que des cellules cancéreuses lui ont été découvertes. La pratique médicale et alimentaire qu'elle a choisie est un succès pour Maryse. Le docteur Charrié explique qu'il accompagne ainsi ses patients de manière individualisée. Evidemment l'ouvrage que tous deux nous présentent se cantonne à des indications générales qui feront déjà beaucoup aux personnes atteintes de ces graves maladies.
Je trouve quant à moi que de très nombreux conseils seront bénéfiques aux personnes en bonne santé et évidemment aussi aux malades qui s'ignorent… Et les savoureuses recettes de Maryse régaleront chacun d'entre nous !
Comme à son habitude, Terre vivante a su réussir un beau livre agréable à lire et à regarder. Et ce n'est pas si évident sur un sujet qui touche si gravement tant d'entre nous.

Pour plus d’information

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dimanche 1 octobre 2017

Permaculture, créer un mode de vie durable


Gildas Véret
Rustica éditions
ISBN : 978-2-8153-1044-4

Faire ressortir les forces de l'approche permaculturelle pour les faire connaître largement. Présenter les concepts et outils (de la permaculture) et les présenter de manière synthétique et accessible à tous les lecteurs. Dans son avertissement au début de ce petit livre, l'auteur annonce son objectif et indique que l'ouvrage ne saurait approcher le niveau de précision et de détail des cours de permaculture ou des divers "manuels" traitant le sujet.

Expliquant tout d'abord ce qu'est la permaculture, méthode permettant de concevoir et de mettre en place des systèmes résilients et durables, répondant aux besoins des humains, en imitant les stratégies de la nature, Gildas Véret décrit la permaculture et la qualifie d'humanisme du XXI siècle.
Dans la première partie "théorique", quelques pages m'ont semblé relativement claires. Ce sont celles qui expliquent la permaculture en tant que méthode de conception. Une clarté toute relative, la description étant volontairement très générique, la méthode étant sensée s'appliquer à de nombreux domaines. Ethique, responsabilité, création de rapports harmonieux, nouvel axe de civilisation, philosophie de vie, la permaculture est présentée comme capable d'aider l'humanité à se développer durablement. L'auteur peine à me convaincre avec ces pages qui volent trop haut à mon goût. Serais-je trop pragmatique ? Je décide donc de suivre la proposition de lire en parallèle les deux parties de l'ouvrage, la première dont je viens de parler, très, voire trop théorique et la seconde qui se veut pratique et devrait nous aider à nous lancer en permaculture.

En fait, la seconde partie du livre est essentiellement une présentation des grands principes de la permaculture.
Tout d'abord ceux de Bill Mollison: chaque élément du système doit remplir plusieurs fonctions, chaque fonction doit être remplie par plusieurs éléments, la diversité est la base de la résilience.
Ensuite et surtout viennent les 12 principes de David Holmgren. Gildas Véret nous invite à examiner notre projet sous l'angle de chacun de ces 12 principes. En voici les titres : observer et interagir, capter et stocker l'énergie, obtenir une production, rechercher l'autorégulation et accepter les rétroactions, utiliser et valoriser les ressources renouvelables, ne produire aucun déchet, concevoir, des grandes structures aux détails, intégrer au lieu de séparer, utiliser des solutions petites et lentes, utiliser les bordures et valoriser la marge, répondre au changement de manière créative.
Au global seules 2 pages se révèlent assez concrètes pour nous guider à engager une démarche de projet permaculturel. C'est peu et cela se résume en une check-list en huit points qui, en une demi-page indique le déroulement de la méthode "OBREDIM".

Déçu, je reviens à la première partie dont le troisième chapitre présente les enjeux de la permaculture. Santé, pic pétrolier, climat, terres cultivables, finance, biodiversité, effondrement systémique. L'auteur dresse le tableau d'un monde dont les conditions se dégradent et dont le destin s'annonce bien sombre. La fin du monde tel que nous le connaissons. Prudent, Gildas Véret n'affirme pas que le pire av arriver. Il nous présente cependant un petit exercice de catastrophe fiction digne des plus terribles films d'anticipation. Face à ces possibles futurs monstrueux il nous engage à nous questionner sur les moyens d'éviter qu'ils n'adviennent et, le cas échéant, aux possibilités de limiter la gravité de l'effondrement et de maintenir les fondamentaux de la civilisation humaine.
Après les légitimes raisons d'angoisser, les bonnes nouvelles seraient les multiples exemples d'actions positives qui existent de par le monde et le fait que la permaculture est une stratégie d'action adaptée au contexte d'incertitude mondiale. Très intéressant, le paragraphe consacré au bilan carbone personnel. Afin de ramener les émissions carbone d'origine humaine au niveau de ce que les océans et forets sont capables d'absorber, pour un français il faudrait diviser par quatre les émissions carbonées. Quelques exemples chiffrés montrent qu'il nous faut réduire drastiquement notre train de vie carboné. De quoi réfléchir et agir…

La fin de la partie théorique de l'ouvrage se montre ainsi plutôt intéressante et éclairante. Finissons la lecture par le second et dernier chapitre de la seconde partie, celle consacrée à la pratique et nommée "A vous de jouer".
Déception, encore. Je n'accroche pas. L'écriture est trop "pompeuse" à mon goût et le propos traité de manière trop brève et superficielle. L'auteur avait prévenu pourra-t-on me répondre…
Un petit exercice de résilience fiction termine le livre. Il nous dépeint un monde post-effondrement qui se réorganise pour faire face à l'épuisement des ressources et aux guerres qu'il a entrainé, à une crise monétaire qui pousse en avant les monnaies complémentaires.

Par où commencer ? interroge la conclusion. Personnellement je n'y ai pas trouvé la réponse. Tout du moins aucune qui me convienne. Une fois le livre refermé, je me dit qu'il a le mérite de m'avoir fait comprendre que la permaculture est bien plus qu'une méthode agricole et qu'elle vise à créer des systèmes durables. Je ne suis pas sûr que Gildas Véret suscitera de très nombreux lecteurs à aller plus loin par l'acquisition d'un véritable manuel de permaculture ou par l'inscription à une formation.

lundi 17 juillet 2017

Tout s'accélère


Auteur : Gilles Vernet
Editeur : Eyrolles
EAN13 : 9782212563740

Toujours plus vite pour maintenir la croissance. Ce leitmotiv nous est imposé comme un incontournable et nombre d'entre nous semblent ne pouvoir s'y soustraire.
Après avoir réalisé le film"Tout s'accélère", Gilles Vernet prend la plume et nous présente le livre éponyme. Il nous y détaille les mécanismes de cette machine infernale.
Regarder les choses en face et prendre conscience de ce qui dépend de nous et de ce sur quoi nous ne pouvons rien, telle est la première étape. Il est capital de comprendre l'extrême urgence de la situation et de l'aspect destructeur de la croissance matérielle mondiale et exponentielle. Les quelques redondances dans l'ouvrage reviennent sur les fondements du problème et ses différents aspects : l'accélération induite par les techniques et par la volonté du système productiviste.

Des paroles d'enfants et d'experts émaillent les pages et montrent que bien souvent les premiers égalent les seconds. Instructeur après avoir abandonnée sa vie trépidante de trader, Gilles Vernet connait bien les enfants qu'il avait placé au centre de son film.
Parmi les "experts" : Nicolas Hulot. Ha comme certaines de ses citations semblent fort éloignées de son positionnement actuel comme ministre. Déjà que j'étais loin d'être fan du personnage mais là...

Qu'ils soient petits ou grands, les écrans de nos téléphones, tablettes et autres ordinateurs nous aliènent. Ils nous poussent à être connectés en permanence. A toujours être "synchronisés".
Décrocher, déconnecter, se désynchroniser est fondamental, de même que de sortir de la compétition permanente qui nous pousse les uns contre les autres. La course à la richesse n'est bien évidemment pas la clé du bonheur, bien au contraire. La finance et la technologie, tel un couple infernal, nous poussent à nous "optimiser" et à toujours repousser nos limites. Dès lors, nous libérer est essentiel. Se libérer des machines et en particulier de l'addiction aux écrans.
Adrénaline et sensations fortes sont des drogues dont il nous faut nous désaccoutumer. Pas facile...
Ne pas se mentir à soi-même et accepter ses contradictions représentent un point de passage important sur le chemin de l'amélioration. Parmi les recommandations : être indulgent envers soi et les autres. Bienveillance recommandée !

La question posée par le sous-titre du livre, "comment faire du temps un allié", appelle des solutions concrètes, mises en œuvre dans l'action, mais aussi une réflexion qui touche à la philosophie. Notre rapport à la mort est questionné en tant que cause de notre stress et du besoin d'avoir une vie trépidante.
Au-delà de l'indispensable prise de conscience et des mécanismes destructeurs, l'intérêt du livre réside dans les moyens proposés pour en limiter l'impact sur notre vie et notre santé. Gilles Vernet nous lance une bouée de sauvetage : la méditation. Tout au long de l'ouvrage il nous propose des techniques simples et concrètes pour méditer, s'ancrer dans le présent et ralentir.
Si la pensée et la psychologie sont très sollicités dans les pratiques et les conseils d'André Vernet, le physique n'est pas oublié. Sommeil, alimentation, sexualité sont au menu, en pleine conscience bien sûr !
Se reconnecter au présent par la méditation, revenir à un mode de fonctionnement cyclique, retrouver du sens sont les fondamentaux proposés par Gilles Vernet. Ainsi il nous engage à faire le point sur nos valeurs, à réduire l'influence que notre égo exerce sur notre vie et nos comportements. Simplifier, décroître, se réapproprier les machines plutôt qu'elles ne nous dirigent, telles sont les clés principales pour un autre monde moins rapide.

Ce livre m’apparaît comme un bon guide de réflexion sur la manière par laquelle la société impact et dégrade notre vie. Peut-être ne nous y retrouverons-nous pas tous mais je ne doute pas qu'il est tout à fait adapté au monde de l' entreprise, de l'industrie et de a finance.
Les exercices de relaxation s'avèrent cohérents avec ceux des ouvrages spécialisés, notamment dans le domaine de la pleine conscience. Gilles Vernet en offre une application très concrète et les montre comme un excellent moyen d'améliorer sa qualité de vie dans un environnement rapide et stressant. A mettre en œuvre de toute urgence !

Pour lire quelques extraits

http://www.eyrolles.com/Chapitres/9782212563740/9782212563740.pdf

mercredi 22 mars 2017

J'arrête de surconsommer

Auteures : Marie Lefèvre, Herveline Verbeken
Editeur : Eyrolles
ISBN : 2212565917

Avec ce nouveau venu dans la collection "J'arrête de…" Eyrolles a confié à Marie Lefèvre et à Herveline d'élaborer un programme en 21 jours pour sauver la planète et notre compte en banque.

Marie et Herveline, chacune de son côté sur leurs blogs respectifs partageaient leurs pratiques pour une vie plus simple, plus naturelle, plus étique et moins couteuse. Elle se sont rencontrées par l'intermédiaire des réseaux sociaux et ont créé le groupe Facebook "Gestion budgétaire, entraide et minimalisme". Orienté par l'écologie, l'éthique et le minimalisme, ce groupe de gestion budgétaire a pour vocation d'aider à sortir de la surconsommation. Créé en octobre 2015, le groupe comptait déjà 17000 personnes début 2016. En un an 35000 membres l'avaient rejoint et ce sont plus de 50000 "licornes" qui s'y retrouvent maintenant au gré de leurs envies ! Nul doute que ce livre va donner une nouvelle dimension à la démarche de Marie et Herveline.

C'est à une véritable aventure et vers une transformation de notre quotidien que nos jeunes auteures nous entraînent. Si, à la base, l'objectif est que le plus grand nombre d'entre nous sache équilibrer son budget, il s'agit surtout, au travers de solutions concrètes, de progresser vers une vie plus simple, respectueuse de la planète et de ses habitants et surtout, surtout donner un nouveau souffle à notre vie dans la joie et la bonne humeur. Marie et Herveline sont écologistes. C'est évident. Pas des écologistes bobos ou de salon. Elles sont écologistes en orientant celles et ceux qui le souhaitent sur le chemin de la décroissance matérielle. Nous sommes bien ici dans l'action concrète qui vise à changer nos mauvaises habitudes de consommation. Chaque jour des trois semaines balisées par l'ouvrage nous engage à mettre en pratique les idées et principes exposés par le biais de missions simples à remplir au quotidien.

Un très court test, ludique et sans prétention scientifique fait ressortir notre type de consommateur. Sommes-nous autruche, acheteur compulsif, accumulateur ou défaitiste ? Les jours suivants proposent des axes de changement pour chacune des quatre catégories. A l'issue de la première semaine nous avons une meilleure idée de nous en tant que consommateur, de la norme sociale actuelle et des moyens d'en sortir. Marie et Herveline nous expliquent la méthode BISOU (ça fait envie, non ?) à mettre en pratique avant chaque achat.

La seconde semaine de ce parcours de 21 jours a pour but de nous prouver qu'une vie plus écologique et éthique est possible avec un petit budget et qu'elle nous fera même faire des économies significatives, voire conséquentes. Comment réduire les déchets que notre consommation génère ? Comment mieux nous alimenter en réduisant notre emprunte environnementale et en préservant notre santé ? Comment réduire notre consommation de produits d'hygiène et de cosmétiques ? Comment les réaliser nous-même ? Comment nous vêtir en en limitant les conséquences humaines et environnementales ? Comment nous y prendre avec nos enfants ? Que faire au niveau logement, loisirs et vacances ? Nous trouvons ici les conseils de base et les explications nécessaires à notre propre transition écologique et économique.

Nous avons maintenant une meilleure idée de notre profil de consommateur et avons à notre disposition des moyens concrets de changer au quotidien pour vivre de manière plus écologique et réduisant nos dépenses. Marie et Herveline ont bien compris que changer dans la durée n'est pas chose facile. Pour améliorer nos chances réussir un changement de vie durable, il est important de bien comprendre les bases, les mécanismes mis en œuvre et les conséquences de la surconsommation. C'est à cela qu'est dédiée la troisième semaine qui nous fait comprendre que notre consommation impacte l'environnement, les animaux humains et non humains (j'adore cette formule tirée du livre). La place centrale de la consommation dans notre société y est mise en évidence ainsi que les mécanismes marketing et bancaires qui nous manœuvrent. Comme pour chaque point abordé tout au long du livre, des moyens réaction nous sont proposés.
Le programme des deux derniers jours nous fait découvrir en quoi moins consommer se révèle être un acte citoyen et surtout que loin d'être dans la consommation, le bonheur se situe tout au contraire dans la simplicité matérielle.

Je reviens brièvement sur les missions proposées tout au long des 21 jours du parcours. Nous disposons de points de plusieurs types à coller pour chaque mission accomplie : économies, planète, éthique et bien-être. Une fois les trois semaines écoulées, il est temps de faire le bilan afin d'identifier les sujets où nous pouvons progresser, revenir ou engager si nous les avons laissés de côté. Je n'ai pas pratiqué mais cela semble ludique et utile bien que j'étais assez réservé sur ce point jusqu'à la fin de ma lecture où j'ai compris comment exploiter le principe.

Il y a longtemps que je n'avais pas autant pris plaisir à une lecture "écolo". Nous sommes ici aux antipodes du livre stressant qui nous dépeint le gouffre qui s'ouvre sous nos pieds et nous montre le mur vers lequel l'humanité fonce à grande vitesse. Marie et Herveline donnent envie de s'engager et de contribuer à changer le monde vers davantage de simplicité, d'entraide, de convivialité et de bonheur, en respectant la planète et ses habitants, le tout avec un budget réduit et maîtrisé. Leur livre démontre que c'est possible et leur succès sur les réseaux sociaux laisse penser qu'un mouvement d'ampleur est réalisable. Bravo !

Marie et Herveline s'adressent à nous dans un style direct, simple et enjoué. Pour avoir consulté leurs blogs et groupe Facebook, il est évident que leur personnalité compte pour beaucoup dans le succès de leur démarche. Loin des belles théories, elles nous font partager leur vécu, leur expérience et leurs difficultés. Le témoignage de Herveline au jour 21 est particulièrement touchant et poignant. Le livre contient de nombreux autres témoignages qui confirment la pertinence des conseils distillés tout au long de l'ouvrage. Issus de nombreux blogs, ces témoignages sont uniquement féminins. Les membres du groupe Facebook sont également en écrasante majorité des femmes. Pourquoi donc, nous les gars, sommes-nous si peu présents ici ? C'est un mystère pour moi…

Le livre est riche en conseils et explications, il apparaît difficile de tout mettre scrupuleusement et rapidement en œuvre. Le changement de vie peut être radical selon notre point de départ. Herveline et Marie nous libèrent de tout complexe à ce propos et précisent bien que chacun doit progresser à son rythme sans culpabiliser des écarts qui ne manqueront pas de survenir. Un livre étant un objet fini, il a forcément ses limites. Il se révèle cependant un excellent outil de sensibilisation et un bon guide pour orienter sa vie vers la simplicité volontaire. Les blogs et groupe Facebook seront des moyens privilégiés pour se faire accompagner.

Pour aller plus loin

Le blog de Marie : La salade à tout
Le blog de Herveline : Sortez de vos conapts
Le groupe Facebook : Gestion budgétaire, entraide et minimalisme

mercredi 8 mars 2017

Ce qui compte vraiment


Auteur : Fabrice Nicolino
Editeur : Les liens qui libèrent
ISBN : 979-10-209-0471-3

De prime abord, le nouveau livre de Fabrice Nicolino est engageant.
D'un aspect sobre, couverture blanche, titre bien planté en milieu de couverture. Rouges et noirs, quatre mots de taille décroissante, c'est percutant. Deux cent pages. La lecture s'annonce courte. L'ensemble laisse espérer simplicité, clarté et efficacité.
L'acheteur connaissant l'auteur se doute qu'il ne va pas être question de rigolade. Fabrice Nicolino, journaliste engagé n'y va jamais par quatre chemins et aborde de front les sujets fondamentaux pour la planète et la survie de l'humanité.
La quatrième de couverture et l'introduction résument le message : il est possible d'inverser le courant qui détruit le monde, l'espoir est permis, la lecture de ce livre va nous faire respirer l'air du large, nous présenter les pistes de solutions. On n'y perdra pas notre temps.
J'ai donc débuté la lecture enthousiaste d'autant que, me considérant écologiste, j'apprécie l'engagement et les écrits de Fabrice Nicolino, non sans réserves toutefois.
Un livre, cinq parties, cinq sujets pour lesquels le journaliste écrivain doit nous présenter ses idées pour sortir du ou des problèmes posés.

Et si les paysans et les grenouilles revenaient
Beau programme il est vrai pour ce premier thème dont la structure se retrouve dans les parties suivantes. Le tableau est tout d'abord dressé. En l'occurrence ici, la paysannerie meure et la biodiversité s'effondre. Tableau noir, très noir et ce sera le cas de tous les sujets suivants.
FNSEA, Hypermarchés, agrocarburants, gabegie de subventions, gagner 100 pour perdre plus. D'un style et des tournures travaillés Nicolino nous le dit, la crise en peut aller qu'en s'aggravant. La piste de sortie ? Se détourner des produits industriels et conclure un accord historique entre la société et les agriculteurs. Un accord en 10 articles privilégiant la vie à la mort par la chimie. Simple clair, net et essentiel.

Restaurer l'antique beauté du monde
Si le titre m'a laissé perplexe, la criticité du sujet ne fait aucun doute. Il est question ici de la dégradation des écosystèmes mondiaux et des impacts observés et prévisible sur l'humanité. Rien que cela ! Zoom sur le Nil, surexploité, maltraité, le fleuve meut. Il fait vivre 85 millions d'âmes et personne ne bronche. Le changement climatique, lui, submergerait des régions peuplées de 157 millions de pauvres. Imaginons les conséquences ! Non sans dénoncer la responsabilité de nos pays occidentaux, colonisateurs et exploiteurs sous couvert d'objectifs civilisateurs lorsqu'ils ne sont pas salvateurs, Nicolino invite à dépasser tout esprit de repentance et de culpabilité et propose un brin d'espoir. Un bien mince espoir illustré par quelques exemples ressemblant fort à une tête d'épingle, oasis dans un désert moribond. Tel couple qui fait revivre la ferme parentale en région forestière brésilienne. Tel amoureux des oiseaux réussit à préserver 22 hectares à Montreuil et à y faire revenir 120 espèces d'oiseaux. Telle ferme normande démontre que l'on peut faire des miracles en maraichage sur 1000 m2. Aux yeux de l'écrivain journaliste, ces cas très ponctuels démontrent que l'on peut restaurer et faire prospérer des espaces dégradés. Alors que le monde a su mobiliser et dépenser des milliers de milliards d'euros pour "sauver" le système financier lors de la crise de 2008, il serait concevable qu'une mobilisation mondiale des milliards d'êtres humains, pauvres pour la plupart, pour engager une gigantesque entreprise de restauration de l'état écologique de la planète. Démentiel ? Indispensable ? Impératif ?

Ce qu'est un seul siècle pour la mer
La pêche industrielle vie les mers et océans, les tue, les as tués. Un des écosystèmes les plus importants de la planète est mort pour nourrir humains, animaux d'élevage et domestiques, dans une gabegie où sans doute plus de 10% des prises sont rejetées mortes car non commercialisables. L'air du large sent décidément bien mauvais, irrespirable. A problème incommensurable, solution simple : n'autoriser que la pêche artisanale.

Ces si nombreuses larmes d'eau douce
De haute lutte, la Loire est restée sauvage face aux bétonneurs des années 90. Une bien belle victoire alors que nos rivières, les rivières du monde entier sont la proie des pollueurs menteurs. Menteurs lorsqu'ils essaient de nous faire croire que tous leurs traitements physico-chimiques nous la rendent potable. Ils transforment l'eau en or qu'ils se mettent en poche et nous buvons un épouvantable cocktail de pesticides, plastiques, médicaments, j'en passe et des pires. Fabrice Nicolino dénonce sans détour le scandale de la gestion privée de l'eau. Alors que dans certains pays, les zones de captage sont protégées par les collectivités publiques, la France, ici aussi est à la traine. Le bref tour d'horizon ici proposé est édifiant. Entre grands barrages en Chine ou en Espagne, golfs, marinas, puits, irrigation intensive, dizaines de milliers de rivières disparues, milliers de captages abandonnés aux nitrates, comment résumer le tableau ? L'horreur absolue, tant l'eau est vitale.
Après quelques pages disons, poétiques, qui m'ont laissé à la dérive, vient la piste de "solution" : ne plus polluer aucune source d'eau sur terre, douce ou salée. Une évidence qui aurait gagné quelques éléments plus concrets ou opérationnels. Nicolino laisse son lecteur à la barre…

Vivre enfin avec nos frères lointains
Les anciens, entendez il y a très, très longtemps, dans l'antiquité plaçaient les animaux en bonne place à nos côtés et les respectaient. Fabrice Nicolino considère que c'est au XVII siècle français que "le grand schisme", comme il dit, débuta. On connait les conditions pitoyables des animaux d'élevage industriel. Le sort des animaux sauvages n'est pas en reste. Celui des abeilles à la mortalité dramatique du fait des produits chimiques nous fait courir un risque de famine générale par l'arrêt de leur activité polinisatrice. Rien de nouveau dans le domaine. Un petit détour par Notre Dame des Landes au bocage et espèces rares sont menacé par cet insensé projet d'aéroport.
Les chasseurs ne sont évidemment et bien justement pas à la fête chez Nicolino. Loup, éléphants et quelques autres sont au menu de ce dernier chapitre où je cherchais en vain quelque piste de solution. Sauvegarder la biodiversité ? Evidemment, mais encore ? Ici aussi le sombre tableau est fort à propos dressé mais les promesses annoncées bien en peine d'être tenues…

Une déclaration universelle des devoirs de l'homme
L'espoir d'une conclusion éclairante serait fort déçu si deux "petites" choses en avaient été absentes.
Deux choses fondamentales en fait. Le besoin "d'accélérateurs de conscience" tout d'abord. J'adore la notion qui n'a nul besoin de commentaire. L'encyclique du Pape François ensuite. Pour en avoir lu une bonne partie, je rejoins l'éloge qu'en fait Nicolino. Comme je fus surpris d'une telle prise de position antimondialiste et anticapitaliste de notre pape actuel !
En guise de conclusion Fabrice Nicolino appelle à abandonner la consommation de masse d'objets inutiles, à un changement des valeurs et à une "insurrection des consciences", à une véritable rupture mentale avec ce monde et ses innombrables colifichets, à l'élaboration d'une déclaration universelle des devoirs de l'homme, à très vite rentrer en dissidence avec la société des objets, à travailler tous ensemble vite et sans violence pour sauver que peut l'être encore.

L'ouvrage porte bien son titre tant les cinq thèmes pris en exemple sont les fondamentaux de notre monde qui s'effondre. Il peine cependant à tracer clairement le chemin, les pistes à prendre pour limiter les dégâts. Bien sûr les grands principes du nécessaire changement de valeurs sont là mais en restant sur un plan très général et sur les bases, Le livre risque de décevoir au regard des ambitions affichées.

mercredi 22 février 2017

Mon petit jardin en permaculture


Auteur : Joseph Chauffrey
Editeur : Terre Vivante
ISBN : 236098279

La permaculture, c'est quoi ?
Si vous cherchez une "bible", un document de référence sur le sujet, passez votre chemin.
Joseph Chauffrey veut nous donner envie de jardiner au naturel en mettant en oeuvre les principes de la permaculture, sans même le savoir. Une vraie prose, quoi...
En fait, loin de toute théorie, c'est à partir de sa propre expérience de jardinage sur petite surface en milieu urbain que l'auteur nous présente de manière très concrète comment obtenir une haute productivité d'un petit jardin diversifié, esthétique et durable.

Il serait peu dire que le livre est abondamment illustré. Les pages de pur texte sont rares, ce sont entre 1 et 4 photographies qui occupent l'espace de la centaine de pages de l'ouvrage.
Joseph Chauffrey présente donc la mise en oeuvre des principes de base de la permaculture qui se veut une approche globale, holistique comme on dit.
Il s'agit d'abord d'améliorer l'écosystème de notre petit jardin en y développant la biodiversité, en favorisant les interactions qui s'y opèrent, en utilisant au mieux les ressources, lumière, eau et végétaux, et surtout en prenant soin du sol.

Qui dit petite surface dit optimisation. Joseph Chauffrey plante serré et associe les végétaux afin d'utiliser au maximum l'espace disponible. Il choisit les espèces les mieux adaptées et cultive même hors sol ainsi que dans les trois dimensions. Tuteurs, pergolas, treillages, grillages, treillis soudés et fils suspendus sont les alliés du jardinier urbain.

Densifier n'est pas suffisant pour devenir autonome en fruits et légumes avec un petit jardin. Il faut aussi accélérer les cultures en semant hors sol et en chevauchant les cultures. Il faut ainsi planifier précisément ses cultures , débuter tôt eu printemps et même jardiner l'hiver sous tunnel et sous serre.

J'ai apprécié l’humilité de l'auteur qui fait part de ses difficultés et de ses échecs. Il nous incite à expérimenter et à nous forger notre propre expérience. En la matière il n'est aucune théorie valable en toute circonstance et chaque jardin a ses particularités qui nécessitent des pratiques adaptées. Joseph Chauffrey nous indique les principes de base et nous incite à l'expérimentation et à l'observation.

Le pari est réussi. Simplicité, concision et illustrations marchent à merveille et donnent pleinement envie de réussir un aussi beau jardin que celui de Joseph Chauffrey.

Cette fois encore, Terre vivante nous offre un beau moment de lecture et de rêve !

Pour consulter le sommaire de l'ouvrage

http://boutique.terrevivante.org/librairie/livres/307/jardin-bio/facile-et-bio/458-mon-petit-jardin-en-permaculture.htm

Pour feuilleter quelques pages

http://fr.calameo.com/read/00040054780d487c465fc

mardi 21 février 2017

Tout est prêt pour que tout empire - 12 leçons pour éviter la catastrophe


Auteur : Hervé Kempf
Editeur : Seuil
EAN : 978-2021349016
ISBN : 2021349012

Dans la lignée de ses précédents ouvrages (comment les riches détruisent la planète, Fin de l'occident, naissance d'un monde), Hervé Kempf poursuit son analyse et la mise en lumière des causes des crises qui secouent l'humanité. Avec "Tout est prêt pour que tout empire" le journaliste fondateur du site engagé "Reporterre" vise à montrer que la crise écologique, le terrorisme et le néolibéralisme sont les conséquences liées à l'évolution de la société mondiale de ces dernières dizaines d'années.

Kempf débute sa leçon d'histoire fort intéressante dans les années 70, point culminant de la guerre froide, qui ont vu le régime communiste de l'URSS s'effondrer avec l'emblématique chute du mur de Berlin en 1989, proclamant la victoire du capitalisme, le triomphe du néolibéralisme et des classes dirigeantes de l'Ouest. N'ayant plus de modèle alternatif pour entraver leur course à la richesse, celles-ci ont alors pu laisser pleinement s'épanouir leurs aspirations dévastatrices. Rien ne faisait plus face à l'idéologie capitaliste mais l'Islam se propageait dans le monde arabe puis africain et asiatique. En Europe, il trouvait un terrain favorable dans la frustration des fils d'immigrés dont les parents avaient servis de chair à canon durant les deux guerres mondiales et qui maintenant grossissaient les chiffre du chômage et étaient reléguées dans les banlieues. Le pétrole enrichissait les pays du moyen orient alors de le FMI et la banque mondiale plongeaient les habitants des pays du sud dans la misère à grand coups de politiques d'ajustement structurel.

La mondialisation économique permettait la relance et permettait de faire pression sur les travailleurs des pays riches par le faible coût du travail en Chine, pays qui inondait le monde de produits bon marché, permettant une augmentation assez globale du niveau de vie matériel.
La coalition des USA et de l'Arabie Saoudite pour faire chuter le prix du pétrole eut pour double effet d'affaiblir l'URSS et de faire baisser le prix des produits manufacturés. La machine infernale du capitalisme asservissait l'homme et détruisait la planète. Ce dernier point prenait de l'importance et de l'ampleur au fil du temps. Il conduisait un premier rapport du GIEC sur le climat en 1990, au sommet de la terre à Rio en 1992 et à la signature du protocole de Kyoto en 1997.

En parallèle les inégalités mondiales s'accroissaient durant les 20 années suivant les années 80.
En 2001 l'attentat détruisait le World Trade Center et choquait les USA et le monde.
En 2003 les Etats Unis envahissaient l'Irak pour sécuriser la production pétrolière, faisait s'effondrer en deux mois le régime de Saddam Hussein, provoquait plus de 200 000 morts en huit ans et laissaient sans ressource 400 000 soldats irakiens dont un bon nombre rejoignaient les troupes de l'état islamique en Irak et de Daesh qui se constituait en 2006. Bush avait déstabilisé et fragilisé le moyen orient, et ainsi créé une bombe à retardement aux effet ravageurs.

Hervé Kempf poursuit son analyse implacable, détaillée et argumentées du machiavélisme et de la responsabilité du néolibéralisme et de l'oligarchie mondiale dans la dégradation de l'environnement mondial, dans la perte de valeur pour la très grande majorité des populations, créant le terreau d'un terrorisme en pleine croissance argument de politiques de plus en plus liberticides.
Crises économiques et récession mondiale après 2009, planches à billets tournant à plein régime pour sauver le régime néolibéral et les banques, conférences climats aux échecs répétés, tsunami au japon en 2011 et catastrophe nucléaire de Fukushima s'ajoutant à celle de Tchernobyl, protestations dans le monde arabe et ailleurs, émeutes face à la misère et aux dictatures, USA et Chine se moquant des problèmes écologiques et climatiques ne voulant qu'une chose : sortir de la crise économique, explosion Syrienne, montée de Daesh, France en guerre en Lybie, au Mali, Trump élu aux USA, Hervé Kempf esquisse dans son ouvrage le tableau réaliste de ces quelques dizaines d'années si marquantes dans la dégradation de la situation mondiale.

Son constat est que la dégradation de l'écosystème planétaire représente le principal enjeu politique de ces prochaines années, alors que depuis 2000 se développe la contestation anticapitaliste ainsi qu'un mouvement recourant à la violence inspirée par la religion. Kempf considère qu'en matière d'écologie le pire est à venir, c'est une certitude, la société humaine ayant dépassé les limites écologiques de la planète alors que la population mondiale ne cesse de croître contrairement aux prévisions qui escomptaient sur une stabilisation.
Au niveau social, l'acceptation des inégalités croissantes est facilitée par l'abondance de biens manufacturés bon marché venant de Chine.
Le décalage entre les aspirations des classes populaires abandonnées et leur situation objective entraîne la violence. Frustrations, vide de sens et ressentiment conduisent à la violence, que ce soit dans les pays arabes comme dans nos banlieues.

La combinaison de la crise écologique et de celle des ressources entraîné un plafonnement de la croissance économique, plafonnement que l'oligarchie cherche à éviter car il fait stagner le niveau de vie, rendant les inégalités insupportables ce qui risque d’entraîner des troubles sociaux.
La création de monnaie ( de singe) par les banques centrales crée une bulle économique qui risque d'éclater.
Combien de temps la situation actuelle, relativement calme, va-t-elle durer ?

Face à ce sombre constat, Hervé Kempf a voulu donner à son livre une fin porteuse d'espoir. Il liste pour cela 12 leçons pour éviter la catastrophe. Le maître nous enjoint d'observer notre époque et d'en comprendre les enjeux et de mesurer les chances qui nous restent pour relever le défi qui nous est donné. Le chemin qu'il propose une fois encore est de sortir du capitalisme sans tomber dans le collectivisme et de fonder une société post-capitaliste en déverrouillant le système actuel sans nous donner de recette magique… Quelques pistes cependant : être radicaux, porteurs de paix et d'amour, diviser l'oligarchie sans déserter le terrain des institutions actuelles et surtout en donnant un sens à la vie.

Un livre un peu redondant avec les précédents mais qui éclaire l'histoire contemporaine de ces quelques dernières dizaines d'années pour nous en révéler les mécanismes destructeurs de l'environnement, du climat et de la paix. Les 12 leçons peinent à convaincre même si le bon sens qui les régit est évident.

dimanche 5 février 2017

Ce qui compte vraiment - Le nouveau livre de Fabrice Nicolino

Dans quelques jours, vers le 20 février, sortira le nouveau livre de Fabrice Nicolino.



Fabrice annonce cette parution ici : http://fabrice-nicolino.com/?p=2551

Evidement je ferai partie des premiers lecteurs et vous en parlerai ici prochainement...

Son'engagement ainsi que les qualités de journaliste et d'écrivain de Fabrice me font vous recommander cette lecture avant même que je ne l'aie lu moi même.

samedi 28 janvier 2017

Se soigner avec les plantes


Auteur : Sophie Bartczak
Éditeur : TERRE VIVANTE
ISBN : 2360982346

Sophie Bartczak est journaliste spécialisée dans la santé et les médecines douces. Son guide "se soigner avec les plantes" aide à pratiquer l'automédication pour soulager ou soigner une trentaine de soucis de santé très courants.
Un bref et digeste historique rappelle que les plantes sont utilisées depuis les temps très anciens de l'humanité. Les égyptiens s'en servaient il y a 4000 ans, il semble même possible que l'homme préhistorique aussi. Le savoir sur les "simples" est ainsi ancien, Sophie Bartczak s'est basée sur des études approfondies et solidement étayées, elle a rencontré des spécialises et a rassemblé en ce petit ouvrage de nombreux conseils, indications et précautions d'usage. Loin d'être inoffensives, les plantes peuvent s'avérer dangereuses lorsqu'elles sont mal utilisées. Il est important de suivre scrupuleusement les indications de l'auteure qui ne manque pas de rappeler que l'automédication a ses limites au-delà desquels il faut bien évidemment consulter un médecin.

Illustré de superbes photographies et dessins, le guide comprends cinq chapitres couvrant bon nombre d'affections banales mais aussi quelques pathologies lourdes qu'il s'agit alors de soulager.
Les plates adaptées sont présentées avec leur propriétés, les différentes formes utilisables (tisanes, gélules, crèmes, huiles essentielles,…) avec bien sûr la posologie à respecter rigoureusement. La multiplicité des remèdes permet à chaque fois d'alterner les plantes afin de ne pas prendre un même remède sur le long terme.

Le premier thème est d'actualité en cet hiver où sévissent rhumes, maux de gorge, toux, sinusites et grippes. Les simples s'avèrent de précieux alliés pour renforcer nos défenses immunitaires et c'est bien par là qu'il faut débuter. Mais lorsque l'infection se déclare, les plantes sont là aussi efficaces.
Le second chapitre aborde le stress, la fatigue, la dépression saisonnière et les problèmes de thyroïde. Sophie Bartczak propose un programme antifatigue ainsi que de nombreux conseils en faveur d'un sommeil réparateur. Les petits maux du quotidien font l'objet du chapitre trois. Troubles de la digestion, maux de tête, allergies saisonnières, mais aussi aide aux sportifs, aux adolescents et aux animaux sont adressés. Une large palette donc ! Les femmes seront particulièrement concernées par le chapitre trois qui aborde beauté, poids, cellulite, difficultés circulatoires, jambes et problèmes de peau. Les mamans y trouveront les soins aux enfants et aux adolescents.
Pour finir et dans un ordre des plus logiques, le guide se termine en abordant la vieillesse, ses rhumatismes, affections cardiaques, soucis de tension, de prostate et même des affections bien plus invalidantes ou graves comme le déclin cognitif, la maladie d'Alzheimer et le cancer. Il ne s'agit pour ces derniers, bien évidemment pas de les soigner, mais de les soulager et d'accompagner des traitements nécessairement plus lourds.

Agréable à regarder et simple à utiliser, ce guide sera certainement d'un renfort appréciable pour combattre les affections bénignes qui nous gâche trop souvent notre quotidien. Nul doute qu'il sera un bon compagnon pour les adeptes de l'automédication qui veilleront cependant à consulter lorsque nécessaire.

Pour plus d’information

Visitez le site de Terre vivante-20170112-MALPL--20170112080000&xtdt=24760328]

samedi 24 décembre 2016

Quel pain voulons-nous ?


Auteur : Marie Astier
Editeur : Seuil/Reporterre
EAN 9782021331127

Journaliste dans l’équipe de l’excellent quotidien en ligne « Reporterre », Marie Astier nous entraine dans le monde du pain. A journaliste engagée, livre engagé. « Quel pain voulons-nous ? » présente une enquête approfondie de la filière, des semences au produit fini, en passant par les agriculteurs, les meuniers et, bien sûr, par les boulangers.

De sa plume alerte et vivante, Marie nous fait découvrir comment le pain, aliment de base que l’on pourrait croire simple et naturel, est de plus en plus fabriqué de manière industrielle et contient bien souvent des additifs et enzymes dont les impacts sur notre santé ne sont pas forcément bien connus.
A l’origine de sa démarche, une question rarement posée à notre boulanger : d’où vient la farine ?
Je me rappelle, amusé, la question que je posais quelques 20 ans en arrière dans la boulangerie d’une petite ville du Loiret cherchant du pain bio : « avec quoi votre pain est-il fait ? ». La réponse de la boulangère nous surprit : « avec de la farine ! ». A cette époque pourtant, la filière pain n’était pas autant industrialisée…
Devant la réponse embarrassée qu’elle a obtenu, Marie a voulu en savoir plus et a commencé à « tirer le fil ».

Pour faire le tour de la question, la journaliste a visité les fournils, de la chaine aux plus de 300 boutiques jusqu’à l’artisan passionné qui vit à peine de sa production. Cachés derrière l’artisan, les meuniers. Peu nombreux, leurs catalogues se ressemblent. De plus en plus la filière farine se resserre et les meuniers deviennent des industriels. Heureusement ce n’est pas le cas de tous et certains visent la qualité. Marie n’a pas rencontré les plus gros, et pour cause, ils n’ont pas répondu à ses invitations d’interview. Comme quoi les vampires de la farine, eux aussi, n’aiment pas que la lumière soit faite sur leurs activités…
Quant aux boulangers, nombreux ceux qui ne peuvent se passer d’une farine « améliorée » dont les additifs accélèrent le travail et facilitent la constance d’une production de (piètre) qualité. Résultat, dans le pain aussi, la diversité se réduit et la banalisation progresse.

Au fil des pages, Marie nous fait partager ses rencontres avec des passionnés, des résistants encore peu nombreux à promouvoir et à proposer des produits de qualité réellement artisanaux. Parmi eux, mon fils Rémi sensibilise et alerte les boulangers depuis plusieurs années avec son blog « painrisien.com ».
La conclusion de l’ouvrage nous interroge : quel pain voulons-nous ? Marie Astier l’affirme, la boulangerie, comme l’agriculture, s’industrialise et est à la croisée des chemins. Le pain symbolise un choix de société. Le fournil est, lui aussi un creuset d’inégalités sociales. Certains font le pain des riches, d’autres celui des pauvres. Voulons-nous un monde dirigé par quelques grands industriels ? Un monde uniformisé sans diversité ? Des produits de piètre qualité ?

Saurons-nous entendre ces lanceurs d’alerte que sont Marie, Rémi, l’équipe de Reporterre et bien d’autres ? Les boulangers choisirons-t-ils de bons meuniers où cèderont-ils à la facilité des « améliorants » ? Nous, consommateurs, saurons-nous, pourrons-nous choisir un bon pain, naturel, fait par de vrais artisans ?
Marie, pas plus que quiconque ne sait répondre. Son excellent livre nous apporte les éléments clé pour comprendre et réfléchir au pain d’aujourd’hui et à celui que nous voudrions demain.
Il n’est pas sorti du four juste hier. Paru il y a quelques mois, il se conserve bien et je n’en ai fait qu’une bouchée. Quel délice !

jeudi 1 décembre 2016

Se libérer du superflu (vers une économie de post-croissance)


Auteur : Niko Paech
Editeur : Rue de l’échiquier
Collection : Initial(es) DD
ISBN : 978-2-37425-057-1

Quatre ans après sa parution en Allemagne, Rue de l’échiquier nous propose la traduction française de l’ouvrage de Nico Paech, sous le titre « Se libérer du superflu (vers une économie de post-croissance) ».
Paech, économiste enseignant le développement durable à Berlin, y analyse la société occidentale consumériste et en démontre le caractère insoutenable.
L’intention est posée dès la première page : faciliter la rupture avec un modèle de développement mondialisé qui dépend de la croissance économique, où la consommation et la mobilité pillent les ressources naturelles de notre planète dont l’écosphère est à bout.
Alors que l’effondrement guette la population mondiale toujours insatisfaite de sa vaine quête du bonheur par la possession matérielle, Paech esquisse les contours d’une société post-croissance.

L’Europe et la croissance
Par un constat sans appel, l’économiste explique que la politique européenne pousse à un mode de vie sans frontières, à la mobilité des personnes et des biens et à la suppression de toutes les barrières institutionnelles et géographiques. La consommation accrue de bien matériels entraine l’endettement individuel comme celui des nations, créant un cercle vicieux où la croissance appelle elle-même à la croissance. La machine infernale de la croissance matérielle nous alimente en objets et en mobilité dans une société d’abondance basée sur le pillage des ressources.

Un modèle de société destructeur
Ce bien sombre tableau, si pourra paraitre bien connu au militant écologiste, est remarquablement analysé par Niko Paech qui démonte les rouages destructeurs de notre « ère de progrès indéfini » et infini. Marchés financiers, division mondiale du travail (spécialisation des tâches et délocalisation), illimitation physique, innovation et progrès technique, consommation croissante d’énergie sont les moteurs de notre vie occidentale qui se voudrait toujours plus facile et dénuée d’effort physique. Le travail humain s’y trouve de plus en plus virtuel et symbolique. Sa valeur est de plus en plus abstraite. Notre modèle de richesse dévalorise le travail manuel et pille les ressources en tous lieux de la planète dans sa course aux objets et « prestations de haute intensité en savoir » qui ne manqueraient à personnes si elles n’avaient pas été inventées.

Quelles limites acceptables ?
Face à cette situation déplorable, l’auteur pose la question des limites matérielles au sein desquelles un individu peut s’épanouir de manière responsable. Ramenant la problématique au réchauffement climatique qui en résulte, Niko Paech fait sienne la limite de 2,7 tonnes de CO2 par habitant et par an qui devrait, s’il peut encore l’être limiter le réchauffement 2°C. Pour y parvenir, les solutions proposées ont pour but de revenir à une dimension humaine et de ré-encastrer le système économique dans l’écosphère en délaissant les technologies high-tech, en réduisant la mobilité e la dépendance à l’argent en faisant d’avantage les choses par nous même.
Alors qu’un citoyen allemand émet en moyenne 11 tonnes de CO2 par an, on mesure l’ampleur de la tâche à accomplir…

La croissance verte, notre sauveur ?
Détracteur du marketing et de la croissance verte, Paech en démontre les effets rebonds matériels, financier, psychologiques et politiques ; il dénonce avec force d’arguments la duperie que constituent les fausses solutions technologiques que l’industrie nous propos pour faire perdurer son business en le verdissant.

La croissance appelle la croissance
Si, comme moi, vous avez lu (dans la même collection) l’ouvrage de Denis Meadows, « les limites à la croissance dans un monde fini », (lire ici), vous aussi êtes probablement convaincus qu’une croissance perpétuelle est impossible. Le livre de Niko Paech apporte un éclairage théorique intéressant comme dans ce court et chapitre de cinq pages qui expliquent de manière évidente les contraintes structurelles et culturelles de la croissance. Prenant un exemple très simple, Niko Paech nous montre comment la croissance appelle à la croissance dans une société basée sur l’argent, qui, pour perdurer, nécessite un profit en perpétuelle augmentation.

En quête du bonheur
A ce stade du livre, le moins que je puisse dire est que le moral est bas. Il y a de quoi être désemparé face à l’exposé et à l’analyse de notre mode de vie occidental présenté par Paech où bon nombre d’entre nous se retrouveront. Paech ne caricature pas, ou peu : « nous passons notre vie à rechercher des biens, les identifier, les comparer, les vérifier, les acheter, les recevoir et les stocker – sans parfois même avoir l’occasion de les utiliser. » « Nous ne connaissons plus le calme… l’extrême superficialité des activités qui ne rend personne heureux… nous sommes libres… Mais c’est justement cette liberté qui devient facteur de stress - quelle ironie. »
Il cite la question du philosophe Pascal Bruckner : « Comment savoir si l’on est heureux ? Qui fixe la norme ? » Paech ne répond pas mais nous oriente vers la libération du superflu pour nous délester de ce fardeau qui nous vole du temps en nous rapportant si peu. Ainsi nous empruntons une voie plus sûre se jouant du pick-oil et de la crise financière à venir en nous préparons à une économie de post-croissance très largement démondialisée.

Des pistes vers une économie de post-croissance
Le livre poursuit et se termine comme il se doit par une partie bien plus positive et revigorante. Les pistes vers la post-croissance sont esquissées. Elles ne sont pas nouvelles mais bien résumées : il s’agit de désindustrialiser et de développer des pratiques de subsistance. De quoi retrouver le goût des choses simples et le temps de les apprécier avec une qualité de vie accrue.
S’il dresse les contours d’une politique post-croissance, Paech nous enjoint à agir à notre niveau afin de mettre en route le changement social indispensable préalable à tout changement politique. En d’autres mots, n’attendons rien de nos élus tant que nous n’aurons pas nous même changé la société.

Alors qu’attendons-nous ?
Dans sa conclusion résolument optimiste, Paech nous promet un « bonheur éclairé au bout du chemin de la post-croissance et termine sur ces trois mots « Alors qu’attendons-nous ? » Mon sentiment personnel n’est pas de toute gaité, suscité par l’équipe Meadows dont les travaux, dans leur dernière actualisation, annoncent de gros chocs dans l’effondrement à venir. Paech et Meadows partagent le point de vue qu’il n’est pas trop tard, nous avons (encore) le choix pour en limiter la rudesse. Nul doute que de bifurquer vers la post croissance constitue la bonne voie. Puisse l’excellent ouvrage de Niko Paech éveiller suffisamment de consciences et nous amener à changer nos comportements.

Avec ce livre, Rue de l’échiquier renforce sa prestigieuse collection « Initial(es) DD » qui me procure titre après titre, de beaux moments de lecture.

Pour aller plus loin

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samedi 7 mai 2016

250 remèdes naturels à faire soi-même


Auteur : Claudine Luu
Editeur : Terre Vivante
Collection : Conseils D'experts
ISBN : 2360982036

Si vous êtes adepte des médecines « douces », des soins naturels à base de plantes et si vous souhaitez préparer vous-même vos remèdes naturels, ce livre vous enchantera et vous guidera dans votre activité de pharmacien amateur.
L’auteure, Claudine Luu nous fait partager son amour des plantes et nous fait bénéficier de ses compétences pour nous permettre de les identifier, d’en connaitre les propriétés, leur histoire et, c’est le but, nous guider dans la confection de tisanes, huiles, crèmes et autres élixirs si bénéfiques à notre santé.

La nature est à l’origine de la quasi-totalité des médicaments. Les plantes y figurent en bonne place tant leurs propriétés sont multiples et leur efficacité bien connue et prouvée. Il n’est pas question d’en faire un usage inconsidéré, les plantes peuvent être dangereuses, d’où la nécessité d’un tel ouvrage. Aucune plante toxique n’y figure et certaines contre indications sont signalées. Il ne s’agit aucunement ici de remplacer le médecin ou le pharmacien qui restent nécessaires pour établir le diagnostic. Claudine Luu , Docteur en pharmacie et Docteur ès-sciences naturelles nous sensibilise à ces points importants.

Pour faire nos remèdes à base de plantes, il nous faut tout d’abord… des plantes.
Au fil des pages l’auteure donne envie de parcourir campagne et jardins pour y faire notre récolte. Mais attention, où, quand et comment dépendent de la plante et même de la partie de la plante à récolter. Récolter soi même n’est pas forcément à la portée de tous. Heureusement certaines plantes sont communes et l’on peut s’en procurer dans le commerce, le plus souvent séchées.
Les différentes et multiples préparations nous sont exposées en détail, il n’y a qu’à suivre les explications. Infusions, tisanes et décoctions sont à la portée de tous. Les sirops, vinaigres, lotions, vins et liqueurs, bains, miels, cataplasmes, baumes et crèmes sont assez simples à réaliser. Les huiles solarisées, les huiles de macération à froids et les macérats glycérinés demandent déjà un certain savoir faire Teintures mères et préparation homéopathiques sont déjà plus complexes et demandent probablement davantage de savoir faire.

La plus grande partie de l’ouvrage et naturellement consacrée aux plantes et à leur utilisation.
52 plantes médicinales sont illustrées d’une ou deux photographies et présentées sous différents aspects : description botanique, histoire, contre-indications (le cas échéant), principes actifs et propriétés. Pour chaque plante, Claudine Luu nous présente comment préparer chaque type de préparation et nous indique comment les utiliser et quels en sont les bienfaits.
Les annexes renferment de précieuses informations. Calendrier et lieux des récoltes mais surtout un bien utile tableau des propriétés et indications qui permet de trouver facilement quelle plante utiliser selon notre besoin du moment.

Tel un bon livre de cuisine qui nous donne faim et envie de préparer de bons plats, ce guide incite à la cueillette et à se lancer dans la fabrication maison de remèdes naturels. La passion et l’amour de plantes de l’auteur y sont pour quelque chose. C’est évident à chaque page. Jean-Marie Pelt ne s’y est pas trompé et nous offre sans doute un de ces derniers textes puisqu’il rédigea la préface du livre de Claudine Luu le jour précédent de son décès. Sa plume qui a touché si juste et cette circonstance particulière renforcent notre émotion à la lecture de cette jolie préface.

jeudi 10 décembre 2015

A la conquête de mon bien être


Fabrice Lacombe
Editeur : Gereso Eds
Date de parution : 15/11/2015
ISBN : F034212825

Avec son titre accrocheur et son sous-titre explicite, cet ouvrage se veut une aide pour prendre soi de nous. L’approche de Fabrice Lacombe est originale, il se déclare ne pas être propriétaire de ses livres, il les écrit puis ils vivent leur vie avec plus ou moins de bonheur. C‘est ainsi que c’est le livre et non l’auteur qui s’adresse à nous et nous accompagne à la recherche de notre bien être.

Ce livre ne se lit pas, il se vit et se pratique. C’est un support, un guide pour travailler sur soi avec les difficultés que cela comporte, notamment de se livrer, même si c’est uniquement à soi même. Concrétiser ses pensées, ses émotions, en les écrivant n’est pas chose facile. L’évident inconvénient de l’auto-coaching est l’impossibilité d’obtenir des réponses aux inévitables questions que notre réflexion fera surgir. En déboursant une petite vingtaine d’euros nous ne pouvons prétendre bénéficier d’un coach en chair et en os ! Ni même de papier d’ailleurs car en fait le coach c’est nous. Le livre nous guide et nous donne certaines pistes de réflexion, des informations et des clés pour mieux nous connaître.

Chaque chapitre de l’ouvrage constitue une étape dans notre meilleure connaissance de nous même pour nous sentir mieux. Notre guide nous propose tout d’abord de réfléchir sur un thème en répondant à des questions ou en faisant un exercice afin de bien intégrer la notion proposée. Un pause nous offre l’occasion de faire le point sur nos pensées et émotions du moment, à regarder ce qui c’est passé durant la première partie de l’étape. Ensuite, Thomas et Julie nous font part de leurs réponses personnelles aux questions et exercice de la première partie, ce qui constitue des repères et une aide dans notre travail. Pour conclure l’étape, une réflexion complémentaire nous est proposée par l’apport d’éléments de réflexion complémentaires, permettant de mieux comprendre le thème abordé.

Alors que j’écris ces lignes, j’ai parcouru 5 des 15 étapes que comporte l’ouvrage, ce ci en environ une semaine entrecoupée d’interruption. Le rythme qui me semble adapté est d’une étape par jour à réaliser d’une seule traite sans coupure. Le principe est assez bluffant comparé à une formation présentielle en développement personnel. Bien évidemment l’absence de contact humain réduit notoirement le ressenti émotionnel et affectif, en comparaison avec un travail en groupe sous l’égide d’un formateur. C’est indéniable de même que la voie sans issue auxquelles nos questions sont confrontées, voie dans laquelle seule notre présence et notre réflexion peuvent agir. Le gros avantage, par contre est la facilité de revenir et travailler à nouveau tout point sur lequel il serait nécessaire d’insister. Le livre enrichi de nos annotations est un excellent support facile à ressortir lorsque nous prenons conscience que nous revenons dans nos anciens schémas et modes de fonctionnement. Cela arrive très vite tant il est difficile de changer et de s’améliorer dans certains domaines, surtout sur nos points faibles et difficultés.

Il n’est pas forcément courant de penser à soi et à son bien être. Cet ouvrage bien conçu a le mérite de nous y aider. Comme pour toute formation dans ce genre de domaine, s’il n’était même qu’un seul enseignement, un seul point d’amélioration sur lequel nous pourrons, grâce à lui, capitaliser dans la durée, ce serait déjà une belle réussite.

mardi 17 novembre 2015

Le monde à vol d’oiseaux


Auteur : Christian MOULLEC
Editeur : ÉDITIONS DE LA FLANDONNIÈRE paru en oct 2015
ISBN 10 : 2918098264
ISBN 13 : 9782918098263

Christian Moullec vole en ULM depuis 20 ans avec les oiseaux. Il nous fait partager sa passion avec ce magnifique ouvrage qui nous émerveille par ses superbes images, vues aériennes de superbes paysages de France et d’ailleurs. Des images rares. Peu nombreux sont les photographes en mesure d’accompagner les oiseaux migrateurs dans leur vol.

Bernaches à col roux, bernaches nonettes, bernaches cravants, cygnes de Bewick, oies naines, oies cendrées, grues naines, grues demoiselles sont les compagnes e vol de Christian Moullec.
Il les connait bien car il les élève dans sa ferme de Caluche dans les hauteurs du Cantal. C’est ainsi qu’il les habitue à voler avec son engin, lui permettant de réaliser photographies et documentaires.

La passion du photographe est évidente à la lecture de ses textes qui présentent chaque espèce dans le livre. S’il fait commerce de son amitié pour ses oiseaux en proposant des vols payants avec eux en ULM ou montgolfière, son intérêt pour ses amis ailés est manifestement sincère. Son « voyage initiatique » avec les oies naines, comme il le nomme, en est une belle illustration.

Autrefois l’oie naine hivernait autour de la mer noire en Laponie suédoise et finlandaise. En quelques dizaines d’années, la chasse organisée dans les pays du sud-est de l’Europe par des tours opérators décima quasiment l’espèce. S’il savait que la meilleure solution aurait été de protéger les l=oisaux là où ils passaient l’hiver, Christian Moullec savait bien qu’il se serait pas possible d’y parvenir par un dialogue avec le lobby des chasseurs. C’est pourquoi, en 1999 il décidait d’organiser une intervention humaine, artificielle et médiatique. Il s’agissait d’enseigner une nouvelle voie de migration chaque année à une centaine d’oies, pour leur permettre d’hiverner dans des sites protégés aux Pays bas et en Allemagne. Il récoltât des œufs chez des éleveurs pour les faire incuber chez lui dans le Cantal où il éleva les poussins durant 4 semaines. Les oies doivent découvrir leur aptitude à voler à l’endroit où elles devront revenir se reproduire, elles furent emmenées en Suède en juillet/aout dans une réserve naturelle protégée près de Stockholm. Le voyage de migration dirigé par Christian Moullec prit 5 semaines pour rejoindre les riches plaines du Rhin. Nous n’en sauront gère plus, ce n’est pas l’objet du livre, si ce n’est qu’il semble que l’opération fut une réussite vu que la plupart des oiseaux revint se reproduire dans la réserve naturelle de départ.
L’aventure est belle et j’aimerai bien avoir l’avis d’ornithologues, de la LPO notamment. Si vous en êtes, n’hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez par un commentaire ou par un message. Une telle intervention humaine est-elle souhaitable et utile dans un tel cas d’espèce en danger ? Je me plais à penser que oui…

Les défenseurs de la nature disent souvent que l’on ne protège que ce que l’on aime. En nous offrant ces magnifiques images d’oiseaux dans leur vol, Christian Moullec nous les fait aimer. Sa démarche est tend à nous faire prendre conscience de la beauté de la nature et aussi de sa fragilité. Ces dernières pages nous alertent sur la dramatique perte de 420 millions d’oiseaux en quelques décennies. Le photographe écologiste élargit son propos et veut nous sensibiliser à l’urgente nécessité de changer notre mode de vie et notre empreinte écologique. Son livre est un très bel outil de sensibilisation, je lui souhaite le beau succès qu’il mérite et témoigne qu’il donne une sacrée envie d’aller partager quelques instants de bonheur dans les airs avec Christian et ses oiseaux. Mais ce n’est ni pour toutes les bourses, ni très écologique… et restera pour moi un beau rêve en feuilletant ce beau livre.

Quelques images pour vous faire envie...






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