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dimanche 5 février 2017

Ce qui compte vraiment - Le nouveau livre de Fabrice Nicolino

Dans quelques jours, vers le 20 février, sortira le nouveau livre de Fabrice Nicolino.



Fabrice annonce cette parution ici : http://fabrice-nicolino.com/?p=2551

Evidement je ferai partie des premiers lecteurs et vous en parlerai ici prochainement...

Son'engagement ainsi que les qualités de journaliste et d'écrivain de Fabrice me font vous recommander cette lecture avant même que je ne l'aie lu moi même.

samedi 28 janvier 2017

Se soigner avec les plantes


Auteur : Sophie Bartczak
Éditeur : TERRE VIVANTE
ISBN : 2360982346

Sophie Bartczak est journaliste spécialisée dans la santé et les médecines douces. Son guide "se soigner avec les plantes" aide à pratiquer l'automédication pour soulager ou soigner une trentaine de soucis de santé très courants.
Un bref et digeste historique rappelle que les plantes sont utilisées depuis les temps très anciens de l'humanité. Les égyptiens s'en servaient il y a 4000 ans, il semble même possible que l'homme préhistorique aussi. Le savoir sur les "simples" est ainsi ancien, Sophie Bartczak s'est basée sur des études approfondies et solidement étayées, elle a rencontré des spécialises et a rassemblé en ce petit ouvrage de nombreux conseils, indications et précautions d'usage. Loin d'être inoffensives, les plantes peuvent s'avérer dangereuses lorsqu'elles sont mal utilisées. Il est important de suivre scrupuleusement les indications de l'auteure qui ne manque pas de rappeler que l'automédication a ses limites au-delà desquels il faut bien évidemment consulter un médecin.

Illustré de superbes photographies et dessins, le guide comprends cinq chapitres couvrant bon nombre d'affections banales mais aussi quelques pathologies lourdes qu'il s'agit alors de soulager.
Les plates adaptées sont présentées avec leur propriétés, les différentes formes utilisables (tisanes, gélules, crèmes, huiles essentielles,…) avec bien sûr la posologie à respecter rigoureusement. La multiplicité des remèdes permet à chaque fois d'alterner les plantes afin de ne pas prendre un même remède sur le long terme.

Le premier thème est d'actualité en cet hiver où sévissent rhumes, maux de gorge, toux, sinusites et grippes. Les simples s'avèrent de précieux alliés pour renforcer nos défenses immunitaires et c'est bien par là qu'il faut débuter. Mais lorsque l'infection se déclare, les plantes sont là aussi efficaces.
Le second chapitre aborde le stress, la fatigue, la dépression saisonnière et les problèmes de thyroïde. Sophie Bartczak propose un programme antifatigue ainsi que de nombreux conseils en faveur d'un sommeil réparateur. Les petits maux du quotidien font l'objet du chapitre trois. Troubles de la digestion, maux de tête, allergies saisonnières, mais aussi aide aux sportifs, aux adolescents et aux animaux sont adressés. Une large palette donc ! Les femmes seront particulièrement concernées par le chapitre trois qui aborde beauté, poids, cellulite, difficultés circulatoires, jambes et problèmes de peau. Les mamans y trouveront les soins aux enfants et aux adolescents.
Pour finir et dans un ordre des plus logiques, le guide se termine en abordant la vieillesse, ses rhumatismes, affections cardiaques, soucis de tension, de prostate et même des affections bien plus invalidantes ou graves comme le déclin cognitif, la maladie d'Alzheimer et le cancer. Il ne s'agit pour ces derniers, bien évidemment pas de les soigner, mais de les soulager et d'accompagner des traitements nécessairement plus lourds.

Agréable à regarder et simple à utiliser, ce guide sera certainement d'un renfort appréciable pour combattre les affections bénignes qui nous gâche trop souvent notre quotidien. Nul doute qu'il sera un bon compagnon pour les adeptes de l'automédication qui veilleront cependant à consulter lorsque nécessaire.

Pour plus d’information

Visitez le site de Terre vivante-20170112-MALPL--20170112080000&xtdt=24760328]

samedi 24 décembre 2016

Quel pain voulons-nous ?


Auteur : Marie Astier
Editeur : Seuil/Reporterre
EAN 9782021331127

Journaliste dans l’équipe de l’excellent quotidien en ligne « Reporterre », Marie Astier nous entraine dans le monde du pain. A journaliste engagée, livre engagé. « Quel pain voulons-nous ? » présente une enquête approfondie de la filière, des semences au produit fini, en passant par les agriculteurs, les meuniers et, bien sûr, par les boulangers.

De sa plume alerte et vivante, Marie nous fait découvrir comment le pain, aliment de base que l’on pourrait croire simple et naturel, est de plus en plus fabriqué de manière industrielle et contient bien souvent des additifs et enzymes dont les impacts sur notre santé ne sont pas forcément bien connus.
A l’origine de sa démarche, une question rarement posée à notre boulanger : d’où vient la farine ?
Je me rappelle, amusé, la question que je posais quelques 20 ans en arrière dans la boulangerie d’une petite ville du Loiret cherchant du pain bio : « avec quoi votre pain est-il fait ? ». La réponse de la boulangère nous surprit : « avec de la farine ! ». A cette époque pourtant, la filière pain n’était pas autant industrialisée…
Devant la réponse embarrassée qu’elle a obtenu, Marie a voulu en savoir plus et a commencé à « tirer le fil ».

Pour faire le tour de la question, la journaliste a visité les fournils, de la chaine aux plus de 300 boutiques jusqu’à l’artisan passionné qui vit à peine de sa production. Cachés derrière l’artisan, les meuniers. Peu nombreux, leurs catalogues se ressemblent. De plus en plus la filière farine se resserre et les meuniers deviennent des industriels. Heureusement ce n’est pas le cas de tous et certains visent la qualité. Marie n’a pas rencontré les plus gros, et pour cause, ils n’ont pas répondu à ses invitations d’interview. Comme quoi les vampires de la farine, eux aussi, n’aiment pas que la lumière soit faite sur leurs activités…
Quant aux boulangers, nombreux ceux qui ne peuvent se passer d’une farine « améliorée » dont les additifs accélèrent le travail et facilitent la constance d’une production de (piètre) qualité. Résultat, dans le pain aussi, la diversité se réduit et la banalisation progresse.

Au fil des pages, Marie nous fait partager ses rencontres avec des passionnés, des résistants encore peu nombreux à promouvoir et à proposer des produits de qualité réellement artisanaux. Parmi eux, mon fils Rémi sensibilise et alerte les boulangers depuis plusieurs années avec son blog « painrisien.com ».
La conclusion de l’ouvrage nous interroge : quel pain voulons-nous ? Marie Astier l’affirme, la boulangerie, comme l’agriculture, s’industrialise et est à la croisée des chemins. Le pain symbolise un choix de société. Le fournil est, lui aussi un creuset d’inégalités sociales. Certains font le pain des riches, d’autres celui des pauvres. Voulons-nous un monde dirigé par quelques grands industriels ? Un monde uniformisé sans diversité ? Des produits de piètre qualité ?

Saurons-nous entendre ces lanceurs d’alerte que sont Marie, Rémi, l’équipe de Reporterre et bien d’autres ? Les boulangers choisirons-t-ils de bons meuniers où cèderont-ils à la facilité des « améliorants » ? Nous, consommateurs, saurons-nous, pourrons-nous choisir un bon pain, naturel, fait par de vrais artisans ?
Marie, pas plus que quiconque ne sait répondre. Son excellent livre nous apporte les éléments clé pour comprendre et réfléchir au pain d’aujourd’hui et à celui que nous voudrions demain.
Il n’est pas sorti du four juste hier. Paru il y a quelques mois, il se conserve bien et je n’en ai fait qu’une bouchée. Quel délice !

jeudi 1 décembre 2016

Se libérer du superflu (vers une économie de post-croissance)


Auteur : Niko Paech
Editeur : Rue de l’échiquier
Collection : Initial(es) DD
ISBN : 978-2-37425-057-1

Quatre ans après sa parution en Allemagne, Rue de l’échiquier nous propose la traduction française de l’ouvrage de Nico Paech, sous le titre « Se libérer du superflu (vers une économie de post-croissance) ».
Paech, économiste enseignant le développement durable à Berlin, y analyse la société occidentale consumériste et en démontre le caractère insoutenable.
L’intention est posée dès la première page : faciliter la rupture avec un modèle de développement mondialisé qui dépend de la croissance économique, où la consommation et la mobilité pillent les ressources naturelles de notre planète dont l’écosphère est à bout.
Alors que l’effondrement guette la population mondiale toujours insatisfaite de sa vaine quête du bonheur par la possession matérielle, Paech esquisse les contours d’une société post-croissance.

L’Europe et la croissance
Par un constat sans appel, l’économiste explique que la politique européenne pousse à un mode de vie sans frontières, à la mobilité des personnes et des biens et à la suppression de toutes les barrières institutionnelles et géographiques. La consommation accrue de bien matériels entraine l’endettement individuel comme celui des nations, créant un cercle vicieux où la croissance appelle elle-même à la croissance. La machine infernale de la croissance matérielle nous alimente en objets et en mobilité dans une société d’abondance basée sur le pillage des ressources.

Un modèle de société destructeur
Ce bien sombre tableau, si pourra paraitre bien connu au militant écologiste, est remarquablement analysé par Niko Paech qui démonte les rouages destructeurs de notre « ère de progrès indéfini » et infini. Marchés financiers, division mondiale du travail (spécialisation des tâches et délocalisation), illimitation physique, innovation et progrès technique, consommation croissante d’énergie sont les moteurs de notre vie occidentale qui se voudrait toujours plus facile et dénuée d’effort physique. Le travail humain s’y trouve de plus en plus virtuel et symbolique. Sa valeur est de plus en plus abstraite. Notre modèle de richesse dévalorise le travail manuel et pille les ressources en tous lieux de la planète dans sa course aux objets et « prestations de haute intensité en savoir » qui ne manqueraient à personnes si elles n’avaient pas été inventées.

Quelles limites acceptables ?
Face à cette situation déplorable, l’auteur pose la question des limites matérielles au sein desquelles un individu peut s’épanouir de manière responsable. Ramenant la problématique au réchauffement climatique qui en résulte, Niko Paech fait sienne la limite de 2,7 tonnes de CO2 par habitant et par an qui devrait, s’il peut encore l’être limiter le réchauffement 2°C. Pour y parvenir, les solutions proposées ont pour but de revenir à une dimension humaine et de ré-encastrer le système économique dans l’écosphère en délaissant les technologies high-tech, en réduisant la mobilité e la dépendance à l’argent en faisant d’avantage les choses par nous même.
Alors qu’un citoyen allemand émet en moyenne 11 tonnes de CO2 par an, on mesure l’ampleur de la tâche à accomplir…

La croissance verte, notre sauveur ?
Détracteur du marketing et de la croissance verte, Paech en démontre les effets rebonds matériels, financier, psychologiques et politiques ; il dénonce avec force d’arguments la duperie que constituent les fausses solutions technologiques que l’industrie nous propos pour faire perdurer son business en le verdissant.

La croissance appelle la croissance
Si, comme moi, vous avez lu (dans la même collection) l’ouvrage de Denis Meadows, « les limites à la croissance dans un monde fini », (lire ici), vous aussi êtes probablement convaincus qu’une croissance perpétuelle est impossible. Le livre de Niko Paech apporte un éclairage théorique intéressant comme dans ce court et chapitre de cinq pages qui expliquent de manière évidente les contraintes structurelles et culturelles de la croissance. Prenant un exemple très simple, Niko Paech nous montre comment la croissance appelle à la croissance dans une société basée sur l’argent, qui, pour perdurer, nécessite un profit en perpétuelle augmentation.

En quête du bonheur
A ce stade du livre, le moins que je puisse dire est que le moral est bas. Il y a de quoi être désemparé face à l’exposé et à l’analyse de notre mode de vie occidental présenté par Paech où bon nombre d’entre nous se retrouveront. Paech ne caricature pas, ou peu : « nous passons notre vie à rechercher des biens, les identifier, les comparer, les vérifier, les acheter, les recevoir et les stocker – sans parfois même avoir l’occasion de les utiliser. » « Nous ne connaissons plus le calme… l’extrême superficialité des activités qui ne rend personne heureux… nous sommes libres… Mais c’est justement cette liberté qui devient facteur de stress - quelle ironie. »
Il cite la question du philosophe Pascal Bruckner : « Comment savoir si l’on est heureux ? Qui fixe la norme ? » Paech ne répond pas mais nous oriente vers la libération du superflu pour nous délester de ce fardeau qui nous vole du temps en nous rapportant si peu. Ainsi nous empruntons une voie plus sûre se jouant du pick-oil et de la crise financière à venir en nous préparons à une économie de post-croissance très largement démondialisée.

Des pistes vers une économie de post-croissance
Le livre poursuit et se termine comme il se doit par une partie bien plus positive et revigorante. Les pistes vers la post-croissance sont esquissées. Elles ne sont pas nouvelles mais bien résumées : il s’agit de désindustrialiser et de développer des pratiques de subsistance. De quoi retrouver le goût des choses simples et le temps de les apprécier avec une qualité de vie accrue.
S’il dresse les contours d’une politique post-croissance, Paech nous enjoint à agir à notre niveau afin de mettre en route le changement social indispensable préalable à tout changement politique. En d’autres mots, n’attendons rien de nos élus tant que nous n’aurons pas nous même changé la société.

Alors qu’attendons-nous ?
Dans sa conclusion résolument optimiste, Paech nous promet un « bonheur éclairé au bout du chemin de la post-croissance et termine sur ces trois mots « Alors qu’attendons-nous ? » Mon sentiment personnel n’est pas de toute gaité, suscité par l’équipe Meadows dont les travaux, dans leur dernière actualisation, annoncent de gros chocs dans l’effondrement à venir. Paech et Meadows partagent le point de vue qu’il n’est pas trop tard, nous avons (encore) le choix pour en limiter la rudesse. Nul doute que de bifurquer vers la post croissance constitue la bonne voie. Puisse l’excellent ouvrage de Niko Paech éveiller suffisamment de consciences et nous amener à changer nos comportements.

Avec ce livre, Rue de l’échiquier renforce sa prestigieuse collection « Initial(es) DD » qui me procure titre après titre, de beaux moments de lecture.

Pour aller plus loin

Lire le quatrième de couverture
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samedi 7 mai 2016

250 remèdes naturels à faire soi-même


Auteur : Claudine Luu
Editeur : Terre Vivante
Collection : Conseils D'experts
ISBN : 2360982036

Si vous êtes adepte des médecines « douces », des soins naturels à base de plantes et si vous souhaitez préparer vous-même vos remèdes naturels, ce livre vous enchantera et vous guidera dans votre activité de pharmacien amateur.
L’auteure, Claudine Luu nous fait partager son amour des plantes et nous fait bénéficier de ses compétences pour nous permettre de les identifier, d’en connaitre les propriétés, leur histoire et, c’est le but, nous guider dans la confection de tisanes, huiles, crèmes et autres élixirs si bénéfiques à notre santé.

La nature est à l’origine de la quasi-totalité des médicaments. Les plantes y figurent en bonne place tant leurs propriétés sont multiples et leur efficacité bien connue et prouvée. Il n’est pas question d’en faire un usage inconsidéré, les plantes peuvent être dangereuses, d’où la nécessité d’un tel ouvrage. Aucune plante toxique n’y figure et certaines contre indications sont signalées. Il ne s’agit aucunement ici de remplacer le médecin ou le pharmacien qui restent nécessaires pour établir le diagnostic. Claudine Luu , Docteur en pharmacie et Docteur ès-sciences naturelles nous sensibilise à ces points importants.

Pour faire nos remèdes à base de plantes, il nous faut tout d’abord… des plantes.
Au fil des pages l’auteure donne envie de parcourir campagne et jardins pour y faire notre récolte. Mais attention, où, quand et comment dépendent de la plante et même de la partie de la plante à récolter. Récolter soi même n’est pas forcément à la portée de tous. Heureusement certaines plantes sont communes et l’on peut s’en procurer dans le commerce, le plus souvent séchées.
Les différentes et multiples préparations nous sont exposées en détail, il n’y a qu’à suivre les explications. Infusions, tisanes et décoctions sont à la portée de tous. Les sirops, vinaigres, lotions, vins et liqueurs, bains, miels, cataplasmes, baumes et crèmes sont assez simples à réaliser. Les huiles solarisées, les huiles de macération à froids et les macérats glycérinés demandent déjà un certain savoir faire Teintures mères et préparation homéopathiques sont déjà plus complexes et demandent probablement davantage de savoir faire.

La plus grande partie de l’ouvrage et naturellement consacrée aux plantes et à leur utilisation.
52 plantes médicinales sont illustrées d’une ou deux photographies et présentées sous différents aspects : description botanique, histoire, contre-indications (le cas échéant), principes actifs et propriétés. Pour chaque plante, Claudine Luu nous présente comment préparer chaque type de préparation et nous indique comment les utiliser et quels en sont les bienfaits.
Les annexes renferment de précieuses informations. Calendrier et lieux des récoltes mais surtout un bien utile tableau des propriétés et indications qui permet de trouver facilement quelle plante utiliser selon notre besoin du moment.

Tel un bon livre de cuisine qui nous donne faim et envie de préparer de bons plats, ce guide incite à la cueillette et à se lancer dans la fabrication maison de remèdes naturels. La passion et l’amour de plantes de l’auteur y sont pour quelque chose. C’est évident à chaque page. Jean-Marie Pelt ne s’y est pas trompé et nous offre sans doute un de ces derniers textes puisqu’il rédigea la préface du livre de Claudine Luu le jour précédent de son décès. Sa plume qui a touché si juste et cette circonstance particulière renforcent notre émotion à la lecture de cette jolie préface.

jeudi 10 décembre 2015

A la conquête de mon bien être


Fabrice Lacombe
Editeur : Gereso Eds
Date de parution : 15/11/2015
ISBN : F034212825

Avec son titre accrocheur et son sous-titre explicite, cet ouvrage se veut une aide pour prendre soi de nous. L’approche de Fabrice Lacombe est originale, il se déclare ne pas être propriétaire de ses livres, il les écrit puis ils vivent leur vie avec plus ou moins de bonheur. C‘est ainsi que c’est le livre et non l’auteur qui s’adresse à nous et nous accompagne à la recherche de notre bien être.

Ce livre ne se lit pas, il se vit et se pratique. C’est un support, un guide pour travailler sur soi avec les difficultés que cela comporte, notamment de se livrer, même si c’est uniquement à soi même. Concrétiser ses pensées, ses émotions, en les écrivant n’est pas chose facile. L’évident inconvénient de l’auto-coaching est l’impossibilité d’obtenir des réponses aux inévitables questions que notre réflexion fera surgir. En déboursant une petite vingtaine d’euros nous ne pouvons prétendre bénéficier d’un coach en chair et en os ! Ni même de papier d’ailleurs car en fait le coach c’est nous. Le livre nous guide et nous donne certaines pistes de réflexion, des informations et des clés pour mieux nous connaître.

Chaque chapitre de l’ouvrage constitue une étape dans notre meilleure connaissance de nous même pour nous sentir mieux. Notre guide nous propose tout d’abord de réfléchir sur un thème en répondant à des questions ou en faisant un exercice afin de bien intégrer la notion proposée. Un pause nous offre l’occasion de faire le point sur nos pensées et émotions du moment, à regarder ce qui c’est passé durant la première partie de l’étape. Ensuite, Thomas et Julie nous font part de leurs réponses personnelles aux questions et exercice de la première partie, ce qui constitue des repères et une aide dans notre travail. Pour conclure l’étape, une réflexion complémentaire nous est proposée par l’apport d’éléments de réflexion complémentaires, permettant de mieux comprendre le thème abordé.

Alors que j’écris ces lignes, j’ai parcouru 5 des 15 étapes que comporte l’ouvrage, ce ci en environ une semaine entrecoupée d’interruption. Le rythme qui me semble adapté est d’une étape par jour à réaliser d’une seule traite sans coupure. Le principe est assez bluffant comparé à une formation présentielle en développement personnel. Bien évidemment l’absence de contact humain réduit notoirement le ressenti émotionnel et affectif, en comparaison avec un travail en groupe sous l’égide d’un formateur. C’est indéniable de même que la voie sans issue auxquelles nos questions sont confrontées, voie dans laquelle seule notre présence et notre réflexion peuvent agir. Le gros avantage, par contre est la facilité de revenir et travailler à nouveau tout point sur lequel il serait nécessaire d’insister. Le livre enrichi de nos annotations est un excellent support facile à ressortir lorsque nous prenons conscience que nous revenons dans nos anciens schémas et modes de fonctionnement. Cela arrive très vite tant il est difficile de changer et de s’améliorer dans certains domaines, surtout sur nos points faibles et difficultés.

Il n’est pas forcément courant de penser à soi et à son bien être. Cet ouvrage bien conçu a le mérite de nous y aider. Comme pour toute formation dans ce genre de domaine, s’il n’était même qu’un seul enseignement, un seul point d’amélioration sur lequel nous pourrons, grâce à lui, capitaliser dans la durée, ce serait déjà une belle réussite.

mardi 17 novembre 2015

Le monde à vol d’oiseaux


Auteur : Christian MOULLEC
Editeur : ÉDITIONS DE LA FLANDONNIÈRE paru en oct 2015
ISBN 10 : 2918098264
ISBN 13 : 9782918098263

Christian Moullec vole en ULM depuis 20 ans avec les oiseaux. Il nous fait partager sa passion avec ce magnifique ouvrage qui nous émerveille par ses superbes images, vues aériennes de superbes paysages de France et d’ailleurs. Des images rares. Peu nombreux sont les photographes en mesure d’accompagner les oiseaux migrateurs dans leur vol.

Bernaches à col roux, bernaches nonettes, bernaches cravants, cygnes de Bewick, oies naines, oies cendrées, grues naines, grues demoiselles sont les compagnes e vol de Christian Moullec.
Il les connait bien car il les élève dans sa ferme de Caluche dans les hauteurs du Cantal. C’est ainsi qu’il les habitue à voler avec son engin, lui permettant de réaliser photographies et documentaires.

La passion du photographe est évidente à la lecture de ses textes qui présentent chaque espèce dans le livre. S’il fait commerce de son amitié pour ses oiseaux en proposant des vols payants avec eux en ULM ou montgolfière, son intérêt pour ses amis ailés est manifestement sincère. Son « voyage initiatique » avec les oies naines, comme il le nomme, en est une belle illustration.

Autrefois l’oie naine hivernait autour de la mer noire en Laponie suédoise et finlandaise. En quelques dizaines d’années, la chasse organisée dans les pays du sud-est de l’Europe par des tours opérators décima quasiment l’espèce. S’il savait que la meilleure solution aurait été de protéger les l=oisaux là où ils passaient l’hiver, Christian Moullec savait bien qu’il se serait pas possible d’y parvenir par un dialogue avec le lobby des chasseurs. C’est pourquoi, en 1999 il décidait d’organiser une intervention humaine, artificielle et médiatique. Il s’agissait d’enseigner une nouvelle voie de migration chaque année à une centaine d’oies, pour leur permettre d’hiverner dans des sites protégés aux Pays bas et en Allemagne. Il récoltât des œufs chez des éleveurs pour les faire incuber chez lui dans le Cantal où il éleva les poussins durant 4 semaines. Les oies doivent découvrir leur aptitude à voler à l’endroit où elles devront revenir se reproduire, elles furent emmenées en Suède en juillet/aout dans une réserve naturelle protégée près de Stockholm. Le voyage de migration dirigé par Christian Moullec prit 5 semaines pour rejoindre les riches plaines du Rhin. Nous n’en sauront gère plus, ce n’est pas l’objet du livre, si ce n’est qu’il semble que l’opération fut une réussite vu que la plupart des oiseaux revint se reproduire dans la réserve naturelle de départ.
L’aventure est belle et j’aimerai bien avoir l’avis d’ornithologues, de la LPO notamment. Si vous en êtes, n’hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez par un commentaire ou par un message. Une telle intervention humaine est-elle souhaitable et utile dans un tel cas d’espèce en danger ? Je me plais à penser que oui…

Les défenseurs de la nature disent souvent que l’on ne protège que ce que l’on aime. En nous offrant ces magnifiques images d’oiseaux dans leur vol, Christian Moullec nous les fait aimer. Sa démarche est tend à nous faire prendre conscience de la beauté de la nature et aussi de sa fragilité. Ces dernières pages nous alertent sur la dramatique perte de 420 millions d’oiseaux en quelques décennies. Le photographe écologiste élargit son propos et veut nous sensibiliser à l’urgente nécessité de changer notre mode de vie et notre empreinte écologique. Son livre est un très bel outil de sensibilisation, je lui souhaite le beau succès qu’il mérite et témoigne qu’il donne une sacrée envie d’aller partager quelques instants de bonheur dans les airs avec Christian et ses oiseaux. Mais ce n’est ni pour toutes les bourses, ni très écologique… et restera pour moi un beau rêve en feuilletant ce beau livre.

Quelques images pour vous faire envie...






dimanche 11 octobre 2015

Climat : la guerre de l’ombre

Yannick Jadot – Léo Quievreux
Editions Le passager clandestin
ISBN : 978-2-36935-045-3
Date de parution : septembre 2015


Au moment où la société civile, les organisations politiques, les gouvernements, mais aussi l’immense lobby financier et industriel travaillent à préparer la COP21 de décembre prochain à Paris, Yannick Jadot nous livre un ouvrage résolument optimiste sur la capacité d’influence des citoyens. Selon lui, la bataille qui oppose les uns aux autres n’arrêtera pas la société civile qui s’empare d’ores et déjà de son destin et trouve plaisir à faire et à vivre ensemble. Le ton est donné !

Pour situer le contexte et les enjeux de la conférence climat de décembre 2015, Yannick Jadot nous ramène 6 ans en arrière et dresse le constat de l’échec de la COP15 de Copenhague. Il résume assez bien l’énorme écart entre l’accord bidon résultat de cette mascarade et ce qui était tant attendu et espéré par la société. Que faudrait-il en retenir selon Jadot ? Qu’en 2009 nous en étions à espérer que les responsables politiques prendraient leurs responsabilités et s’engageraient à la mesure de la catastrophe climatique annoncée, qu’il n’en fut rien et qu’ensuite la société civile s’est prise en main et est maintenant en train de transformer le monde par le bas sans s’illusionner sur ce qui sortira de la CP21 de Paris.
Vient ensuite la fameuse question du négationnisme climatique. Yannick Jadot présente de travail de sape que financèrent par millions les entreprises de l’énergie, un crime presque parfait comme le qualifie l’excellent titre d’une partie développée en quelques belles pages qui montrent comment ces salauds tentèrent de faire capoter les efforts des lanceurs d’alerte. Heureusement, ils échouèrent mais sans désarmer, gardons-le en mémoire.

Les textes de Jadot sont entrecoupés des illustrations de Léo Quievreux. Dans le premier tiers de l’ouvrage celles-ci m’ont réellement déçu. A la manière d’une BD, nombre d’entre elles représentent des « personnalités » s’exprimant à la tribune, les bulles reprennent à priori fidèlement leurs propos et comme le texte de Jadot fait exactement la même chose nous avons là un pénible doublon. Le graphisme n’étant pas à mon goût, j’ai sauté les pages illustrées avec rapidité et une pointe d’énervement.
Il en aurait fallu davantage pour m’arrêter dans la lecture. Davantage aussi que le style de Jadot que je trouve un peu trop « léché, recherché et parfois pompeux.
Je continue donc et aborde la seconde partie « la grande bataille de l’énergie ». Dès quatre parties, c’est le gros morceau indigeste de ce livre. Les nombreux chiffres et détails techniques intéresseront sans doute les porteurs de projets qui envisagent de se lancer dans le genre d’aventures ici relatées par des exemples concrets de réalisations de citoyens et de collectivités. Ces pages prouvent, s’il le fallait encore, que des alternatives existent, mais en cela Jadot n’est en rien un précurseur. C’est déjà vu mais peut être pas sur ces exemples précis. En tout cas, ici aussi je suis passé en mode lecture rapide. Mon plaisir fut bien réel avec « l’agriculture, face cachée du dérèglement climatique ». Il n’est que le titre que je n’ai pas bien compris. Pourquoi cachée ? Peut-être n’est ce que peu connu de lecteurs ? Toujours est-il que Yannick Jadot se montre ici clair et simple pour expliquer que l’agriculture industrielle et la déforestation ont une grande responsabilité dans le changement climatique. Je partage évidemment pleinement. Il faut développer l’agroforesterie et l’agriculture paysanne.

Cinq pages concluent l’ouvrage : « Paris 2015 : les états rejoindront-ils la révolution climatique ? ».
Le mouvement Alternatiba y tient bonne place. Concours de circonstances, je lisais ces lignes au lendemain de ma participation à Alternatiba Paris, évènement qui fut un beau succès. Yannick Jadot nous dit que la COP21 de Paris ne ressemblera pas à Copenhague, les opinions publiques n’attendant maintenant plus que les états et les responsables politiques pressent le leadership de la lutte contre le dérèglement climatique. La société civile fait elle-même sa révolution climatique.
Jadot avertit. S’il n’est pas question que la société civile bloque le sommet de Paris en décembre, au regard de l’état d’urgence climatique actuelle, l’inaction, l’échec du sommet, constituerait un crime contre l’humanité dont les dirigeants des états seraient responsables. Un tel échec légitimerait un « Seattle du climat ».

Avec son ton résolument militant, sa critique appuyée des responsables des états et des lobbys, Jadot se positionne avec cet ouvrage clairement du côté de la société civile. Son style souvent très enthousiaste à l’égard de cette dernière tourne parfois à l’emphase. Il en fait trop et cela ne me fait pas oublier son engagement politique chez EELV dont il arbore les couleurs en tant que député européen, et encore moins le soutien qu’il apporta à la campagne présidentielle de Ségolène Royal, une des pires ministres de l’environnement que j’ai vus.
Soit, Yannick Jadot s’est investit dans la société civile jusqu’à de grosses organisations comme Greenpeace mais il a choisi depuis un parcours politique. Est-il si proche de la société civile que son ouvrage semble le laisser penser ?

Un livre qui apportera certainement au profane une vision bien réelle du rapport de forces qui s’exerce autour des questions climatiques. Le militant n’y trouvera qu’une redite des livres qui l’ont précédé et des arguments développés par les organisations citoyennes et militantes.

dimanche 16 août 2015

Jardins secs


Auteurs : Serge Lapouge - Brigitte Lapouge-Déjean
Editeur : Terre vivante
Collection : Conseils d'expert
ISBN : 978-2-36098-060-4

Les jardiniers sont de ceux qui vivent concrètement les conséquences des changements climatiques. Le livre dont je vais vous parler ici ne concerne pas les réfugiés du climat, le propos est heureusement plus léger sans pour autant être futile. La question de la disponibilité de la ressource en eau se pose effectivement de manière de plus en plus fortement au fil des ans. Le temps des jardins abondamment arrosés est probablement révolu. Avec la sècheresse particulièrement sévère de cet été 2015, les restrictions d’utilisation de l’eau se sont généralisées en de nombreuses régions françaises. Les jardins secs, titre de l’ouvrage de Brigitte et Serge Lapouge résultent de pratiques très recommandables pour le porte monnaie du jardinier mais surtout sur le plan écologique.
Serge et Brigitte Lapouge parlent (ou plutôt écrivent) d’expérience. Ils jardinent en effet « à sec » depuis des décennies dans leurs « Jardins de l’Albarède » en Dordogne mais ce n’est pas seulement leurs propres pratiques qu’ils nous font partager, nous entraînant dans 12 jardins secs. Elle journaliste et écrivain, lui entrepreneur paysagiste, ils ont visité ces jardins et nous font partager partagé l’expérience de leurs auteurs.

L’ouvrage n’est pas un classique manuel de jardinage, il aborde les différents aspects et contraintes de la création de jardins dans des conditions parfois extrêmes. De manière très concrète chaque chapitre nous raconte tout d’abord l’histoire d’un jardin, les difficultés rencontrées par ses créateurs, les solutions et pratiques qu’ils ont mis en œuvre pour faire sortir de petits paradis d’une terre aride, là où rares sont ceux auraient parié sur leur réussite. Brigitte et Serge excellent à nous relater ainsi ces histoires et la réussite de passionnés dont on peut visiter les jardins magnifiques comme en témoignent les très belles et nombreuses photographies illustrant le livre.
Cette vivante première partie est suivie par la présentation des solutions et des gestes techniques expliqués de manière claire et didactique, le tout émaillé de nombreux pas à pas. La palette du jardinier conclue chaque sujet, joli titre bien choisi pour nous conseiller les plantes adaptées aux difficultés et conditions extrêmes traitées dans le chapitre.

Même s’il n’est pas dans ses projets de créer un jardin là où seules pierres et herbes sauvages prospèrent, le jardinier trouvera sans conteste idées, pratiques et informations bien utiles à son jardin d’agrément ou potager. Il ne sera pas inutile de lire avec attention le premier chapitre qui nous engage à apprivoiser le sol par l’utilisation du compost, d’engrais verts et par le paillage. S’adapter au rocher et jardiner en terre sablonneuse intéresseront sans doute un nombre plus restreint de lecteurs. Il en est de même pour le chapitre suivant consacré à la gestion des conditions extrêmes. Se protéger du vent et du soleil s’applique partout alors que la résistance aux sel et embruns concernera les jardiniers du littoral. Cultiver mieux avec moins d’eau constitue à mon sens le cœur de l’ouvrage. C’est bien la pratique reine au jardin qu’il sec ou pas. Arrosage minimal au potager, sobriété au verger, récupération d e l’eau et gestion de l’arrosage constituent ce chapitre essentiel.
Alors que l’interdiction d’arroser les pelouses est de règle en de nombreuses régions, le paragraphe « oublier le gazon » nous offre plusieurs pistes, idées et conseils des plus utiles.

Auteure de plusieurs livres chez Terre vivante, Brigitte Lapouge nous propose, avec Serge cette fois, un bel ouvrage riche d’idées, conseil et d’explications dont la lecture se révèle agréable et utile au lecteur jardinier expérimenté.

Pour feuilleter quelques pages

http://fr.calameo.com/read/0004005479b67a312c64b

samedi 11 avril 2015

J’associe mes cultures… et ça marche !


Editeur : Terre Vivante
Auteur : Claude Aubert
Collection : Facile et Bio
ISBN : 978-2-36098-168-7

L’association des cultures, tout jardinier en a entendu parler mais combien la pratiquent ?
Nous sommes probablement loin de la majorité alors que ce n’est pas bien compliqué. Encore faut-il quelques informations et conseils.
C’est bien plus qu’avec ce livre de Claude Aubert que les éditions Terre vivante nous apportent.

Très peu de théorie, beaucoup de pratique, c’est ce qui m’importe en sur ce sujet et c’est tout à fait ce que renferment les 120 pages de cet ouvrage très simple, pragmatique, clair, abondamment et agréablement illustré.
Claude Aubert commence avec quelques mots sur les critères de choix en matière d’association des plantes, en particulier des légumes, objet principal de notre intérêt pour le potager. Pour améliorer sa production et la préserver des maladies, on évitera tout d’abord d’associer des plantes de même famille. Ensuite, ce sont les caractéristiques physiques (système racinaire, rythme de croissance, hauteur, besoin en fertilisants, occupation de l’espace, qui guideront notre choix. Claude Aubert livre ces éléments sans verbiage inutile.

Ce sont ensuite 36 espèces, pour la plupart des légumes, qui nous sont présentés avec, pour chacune les principales caractéristiques physiques, les associations favorables et défavorables ainsi que les associations proposées par la science. Une science qui n’est qu’une des sources de l’ouvrage, l’autre étant l’expérience des jardiniers et la pratique qui ne rejoint pas toujours la théorie scientifique.

Nous arrivons à la seconde moitié du livre qui se révèle riche en conseils et qui constitue tout l’intérêt de l’ouvrage. Le jardinier y trouvera tout d’abord l’essentiel pour constituer son potager. En planches traditionnelles, en carré, en buttes et même en lasagne, il faudra d’abord faire le choix de base du type de jardin souhaité. Les techniques de culture ne sont pas détaillées, une page seulement leur est consacrée. Si vous voulez en savoir plus sur la fertilisation, les semis et la plantation et surtout sur la rotation des cultures, il vous faudra chercher un autre livre tel le Guide Terre vivante du potager bio.
La vraie valeur ajoutée de ce livre réside ici : la présentation de 25 mariages réussis avec les principaux conseils pour les mettre en œuvre. Pour les débutants ou pour le jardinier recherchant un coach total en association d’espèces, la grande originalité du livre est de proposer un plan et un calendrier des cultures pour des jardins de différentes tailles : mini-jardin de 10m2, potager de 20m2, de 50m2, 100m2 et même 200m2 et plus. Tout, ou presque pour s’y mettre et probablement réussir.
Impossible de résister, je m’y mets cette année et vais essayer quatre des associations décrites par Claude Aubert.

Voici un petit guide bien fait et facile à utiliser. Si, comme moi vous avez depuis longtemps envie de vous mettre aux cultures associées mais n’avez pas encore franchi le pas, vous ne regretterez pas l’investissement modique que constitue ce livre.

Pour en savoir plus

Consultez le sommaire .
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dimanche 8 mars 2015

Le nouveau régime méditerranéen


Auteur : Dr Michel de Lorgeril
Editeur : TERRE VIVANTE
ISBN-10: 236098148X
ISBN-13: 978-2360981489

Première source de santé, notre alimentation se doit aussi d’être financièrement abordable et respectueuse de la planète. Dès le début de son nouveau livre, le Dr Michel de Lorgeril annonce son intension : nous aider à choisir nos aliments selon trois critères : santé, environnement et budget.
Médecin chercheur en nutrition, il adopte une démarche résolument scientifique et reste très prudent sur les limites de cette science qu’il pratique depuis 40 ans.
Souvent les études fiables manquent, c’est alors vers l’empirisme et la tradition du régime alimentaire pratiqué de longue date par les peuples méditerranéens que l’auteur se tourne. Pourquoi donc ? Parce-que selon lui c’est le seul régime alimentaire assez documenté pour servir de modèle nutritionnel et parce que c’est le seul régime qui rassemble autant d’études scientifiques en montrant les bénéfices. Des bénéfices pour le moins séduisants : protection des maladies cardiovasculaires et réduction des risques de cancers, de maladies métaboliques (diabète de type 2, obésité,…), du tube digestif et nerveuses, d’asthme et de maladies oculaires.

Voici donc un volumineux livre sur la nutrition, disciple médicale toute jeune. Rançon de cette jeunesse, souvent les avis divergent. Avis de spécialistes formés et expérimentés mais aussi avis de nutritionnistes ou de naturopathes aux connaissances et compétences douteuses. Face à une telle situation, pourquoi se fier et suivre l’avis et les conseils du Dr Michel de Lorgeril. Son argument est simple et, somme toutes, désarmant : il nous engage à lui faire confiance. Une confiance basée sur son expérience pratique de plusieurs décennies, quatre au total, qui lui ont toujours donné raison, nous dit-il. D’un style simple abordable par tous, dynamique, vivant et agrémenté d’une pointe d’humour, l’auteur traite son sujet avec méthode. Chaque thème est d’abord présenté par les données scientifiques disponibles et toujours Michel de Lorgeril nous livre son avis personnel et ses conseils.

Mais quel est donc ce régime méditerranéen, mode de vie protecteur qui confère à la zone méditerranéenne une espérance de vie parmi les meilleures au monde ?
L’auteur présente la tradition alimentaire des méditerranéens en cinq points :
1- Les végétaux sont le noyau central de leur repas ;
2- Ils ne sont pas végétariens, consomment des produits animaux de façon modérée ;
3- Leurs habitudes alimentaires sont d’une extraordinaire diversité ;
4- Ils mangent des aliments de saison ;
5- Ils mangent beaucoup de céréales, de légumes secs et de fruits.

Michel de Lorgeril se montre un fervent partisan de l’agriculture biologique, de l’utilisation de produits simples, le moins transformés possible et surtout de produits de qualité que l’industrie alimentaire n’est pas en mesure de fournir. Il insiste sur cela à maintes reprises dans les différents chapitres de son ouvrage, chacun dédié à un type d’aliments de la diète méditerranéenne modernisée. Une modernisation que l’auteur considère indispensable à notre époque où bien des choses ont changé depuis le temps maintenant révolu des méditerranéens d’antan. Cette modernisation consiste ici à choisir des types de céréales bien spécifiques et ailleurs à consommer des produits plus exotiques que typiquement méditerranéens.

Produits animaux et de la ferme, du potager et du verger, légumineuses, produits céréaliers, produits de la mer et des eaux douces sont abordés au fils de cet ouvrage de référence et truffé de précieux conseils. Ce sont ensuite la question des lipides et des matières grasses, celle des sucres, sucreries et des édulcorants, du thé, café et chocolat, du sel, poivre et épices et aussi des boissons alcoolisées qui sont traités, toujours sous l’angle des données et études scientifiques disponibles, mais aussi par la tradition alimentaires méditerranéenne et le bon sens. Les aspects économiques et environnementaux possèdent leurs propres chapitres mais se trouvent toujours en filigrane de chaque page. Michel de Lorgeril se révèle d’une nature foncièrement écologiste, promouvant l’agriculture biologique et dénonçant OGM et pilage des océans par la pèche industrielle.

Comme toujours, Terre vivante nous offre ici un ouvrage de grande qualité. Le contenu uniquement textuel de cet ouvrage nous change du livre abondamment et magnifiquement illustré auquel nous a habitué l’éditeur. Le catalogue Terre vivante s’en trouve enrichi d’un ouvrage qui fera probablement référence dans son domaine.

Pour plus d’information

Regardez la présentation de son livre par l'auteur :

Feuilletez quelques pages : http://fr.calameo.com/read/0004005470790e17ad1cd

Consultez le sommaire du livre : http://boutique.terrevivante.org/uploads/Externe/83/LIV_SOMMAIREPDF_246_1419328326.pdf

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mercredi 14 janvier 2015

Catapulte, essai transformé


Auteur : Bernard Blancan
Editeur : Persée (Editions)
ISBN : 978-2-8231-1007-4

Je connaissais Bernard Blancan comme acteur, réalisateur, essayiste et comme blogueur.
Avec « Catapulte », voici l’occasion de découvrir le romancier.

Blanche et glacée, la couverture est à l’image de l’ouvrage, sobre et efficace.
Bien positionné selon le nombre d’or, le titre évoque le sang par sa couleur et sa calligraphie.

Si la mort est au rendez-vous, elle arrive assez tard dans ce polar, laissant une large place à deux thèmes que Bernard connait bien, la sourcellerie et le magnétisme.
Pour autant ce roman appartient-il au genre fantastique ? Une réponse spontanée pourrait être affirmative, ce qui serait cohérent avec la présentation du livre en quatrième de couverture. Pour autant, les pratiques de Ludo le sourcier et de Brochet le guérisseur sont bien ancrées dans le réel comme en attestent les deux essais publiés par Bernard, « Secrets de sourcier » et « Si j’étais guérisseur ». A vous lecteurs de voir… et finalement peu importe.

Des personnages attachants, une atmosphère lourde et légère à la fois, le roman s’avère très prenant tout en restant simple, vrai, émaillé de situations que le lecteur se rappellera avoir côtoyé ou vécu telle la balade à la FNAC pour voir les derniers produits high-tech.
En passant Bernard livre quelques points de vue personnels comme son résumé en une page (bel exploit !) de l’évolution de la société depuis les temps où la religion prédominait jusqu’à la période actuelle où la finance a pris le dessus, en passant par l’industrialisation et le rapport au travail et à la consommation.

Son écriture dynamique, son atmosphère étrange, le caractère un peu magique des sourciers et des guérisseurs, l’intrigue du polar font aussi de ce court roman un beau moment de lecture et un accélérateur de temps qui fait arriver trop vite la dernière page.

En seconde page comme dans l’avant dernière, apparaît un personnage annexe, un second rôle en somme. « Il pourrait être acteur. Il ressemble à un gars qu’on voit parfois dans les téléfilms et qui joue souvent les méchants ou des suspects. ». Tient, ça me rappelle quelqu’un, pas vous ? C’est un écrivain qualifié de scribouillard, alors non, ce n’est pas lui !

Vous avez compris, j’ai beaucoup aimé.
Catapulte : un essai transformé.

jeudi 23 octobre 2014

Silence

Dirais-je que "Silence" est ma revue écologiste préférée ? J'aime aussi beaucoup "L'Ecologiste", mais Silence est quand même mon coup de cœur dans le domaine.
Cela tient certainement à son caractère ouvertement engagé et à sa gestion associative, indépendante, sans subvention ni publicité. Silence n'est pas de toute jeunesse comme en témoignent ses 427 numéros publiés depuis 1982. Au programme, écologie, alternatives et non violence.

Chaque numéro comporte un dossier, des articles, des chroniques et des brèves.
Ces dernières nous informent avec le recul que confère la périodicité mensuelle de cette publication papier.
Silence se révèle être une publication à réelle valeur ajoutée face à la profusion d’information accessible sur l’internet. Silence sélectionne, trie et synthétise l’information. Sa mise en page soignée et dynamique présente de multiples thématiques : alternatives, agriculture biologique, santé, nucléaire, énergies, vélo(rution), OGM, environnement, paix, femmes, hommes, climat, politique, Nord/Sud, Société…

Engagée, la revue l’est assurément et elle le revendique. La tendance est ouvertement antinucléaire, antiOGM, décroissante… rien d’ambigu dans les positions et les points de vue s’avèrent réalistes. Un réalisme qui n’appelle pas toujours l’optimisme tant les sujets abordés sont grave et important et la situation souvent difficile voire catastrophique. Point d’alarmisme cependant et qui plus est, de très nombreuses initiatives positives nous sont relatées. Des initiatives qui viennent d’individus, le plus souvent regroupés en structures de type associatif ou coopératif. Des initiatives salutaires qui font des brèves ou des articles propres à nous remonter le moral !

Bien sûr, Silence n’est pas parfait et ne saurait plaire à tous en tout temps. Le courrier des lecteurs en témoigne, Silence publie aussi les lettres de critiques qui portent souvent sur des points bien ciblés par des lecteurs exigeants. Certaines sont bien dures, bravo pour cette transparence !

Vous l’aurez compris, je ne saurais trop vous conseiller la lecture de Silence que je lisais occasionnellement il y a bien longtemps et auquel je suis abonné maintenant. Après 6 mois de lecture, je repars pour 2 ans d’abonnement à cette presse dont l’indépendance forcément difficile à assumer financièrement. Alors, pourquoi pas la soutenir vous aussi ?

Pour plus d’information

http://www.revuesilence.net/

samedi 11 octobre 2014

Le défi climatique

Par Jean Jouzel et Anne Debroise
Editeur Dunod
Collection Quai des sciences
ISBN 210070527X
EAN 978-2100705276

Par ce nouvel ouvrage consacré au réchauffement climatique Jean Jouzel et Anne Debroise se veulent faire le point sur ce problème en se basant sur le cinquième rapport du GIEC.

Membre du GIEC, Jouzel connait bien le sujet qu’il nous présente avec nombre de références techniques et de chiffres. Son poste de directeur de recherches au Commissariat à l’Energie Atomique est bien loin de lui conférer une position de chercheur indépendant, nous le verrons dans les lignes qui suivent. Très médiatique, on ne compte plus ses conférences et prestations télévisées.
Anne Debroise est journaliste et collabore entre autres à Sciences et Vie.

L’ouvrage commence par reprendre les conclusions du GIEC : le réchauffement climatique est une certitude. Si vous êtes réfractaires aux chiffres, sautez le premier chapitre et allez directement au second qui présente les méthodes d’investigation qui permettent aux experts de connaitre et comprendre les évolutions passées du climat terrestre. Dans la foulée ces évolutions nous sont exposées. Si vous n’aimez pas la technique, passez le chapitre 2 et rendez vous sur le 3. Là c’est un piège, je y n’ai rien compris aux leçons du passé. Par contre, l’effet de serre est très bien expliqué, c’est toujours ça de pris…

C’est certain à 95% : l’homme est responsable du changement climatique, mais rassurons nous rien n’est perdu. En effet, souvenez-vous de la lutte contre le trou dans la couche d’ozone. Hé bien cette lutte fut gagnée par l’élimination de l’usage des gaz CFC. De plus, maintenant le GIEC existe et a obtenu le prix Nobel de la paix en 2007. Jouzel est ainsi co-détenteur de ce prix et il s’insurge que tant de gens aient glossé sur cette attribution. N’est-il pas que les scientifiques du GIEC ont mené une coopération d’idées, Jouzel espère que l’avenir verra surgir une coopération d’actions… En effet c’est éminemment souhaitable mais c’est mal parti et là, les auteurs vont va tourner autour du pot et nous mener en bateau sur les vagues de la bonne conscience et du politiquement correct.
De bien faibles vagues en vérité, le livre est extrêmement loin d’être contestataire, vous l’aurez compris.

Les climato-sceptiques sont décriés à juste titre sans plus insister qu’il ne faut. Hé oui le livre a aussi du bon, j’y reviendrai. Les auteurs en viennent à envisager l’avenir climatique et nous disent que l’effet de serre va continuer à croître car le changement climatique est maintenant inéluctable. Banquises, glaciers, mers, eau, vie marie, biodiversité sont et seront touchés, c’est affigeant.
L’homme ne sera pas épargné : maladies, réfugiés climatiques, pics de chaleur, conséquences sur l’agriculture etc… Mais l’industrie s’adaptera nous dit le livre. Je n’en doute pas, elle surfe déjà sur la vague, bien rentable celle là, du développement durable.

La France ne sera pas épargnée. Les impacts probable que nous subirons du réchauffement climatique seront canicules, rivières instables, les paysages agricoles seront bouleversés et les forêts plus vulnérables. Notre pays sera l’un des plus exposés à l’augmentation du niveau des mers.
Révélation de l’ouvrage : l’avenir sera décarboné. Si vous n’étiez pas au courant, lisez. Ce sont les combustibles fossiles qui posent problème et le GIEC l’a dit, il faut agir et réduire les émissions de dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre (GES).
Bonne nouvelle, les gouvernements s’occupent du climat (si si !) et cela au niveau international. Le livre leur rappelle les moyens qui sont à leur disposition et résume les différentes grandes conférences internationales (COP) qui se sont tenues jusqu’ici.
Il est affligeant de lire que la lutte contre le réchauffement climatique se trouve dans une situation étrange. Vous avez dit étrange ? Hé bien oui, les auteurs se demandent pourquoi les émissions (de CO2 et autres) continuent d’augmenter alors que le diagnostic scientifique est clair et semble accepté par les politiques ! Naïveté ? Malhonnêteté ? Position politiquement correcte ? Écœurant mais classique dans la position de Jouzel, impliqué dans l’industrie nucléaire et référent scientifique des gouvernements.
Jouzel constate que les objectifs fixés par le protocole de Kyoto pour la période 2008-2012 n’ont pas été atteints et que le marché du carbone est en panne. Ne cherchez pas une critique de ce système de quotation du carbone, il n’y en a point dans ce livre qui ne remet surtout pas en question le système qui est à l’origine du problème. Pas de vague.
Dans la même veine, les auteurs nous disent que la crise économique tombe mal, qu’elle rend la transition énergétique plus chère et qu’elle affecte le progrès technologique nécessaire à l’amélioration de l’efficacité énergétique. Evidemment il n’y a pas un mot sur le fait que toutes les crises sont liées et causées par le système productiviste et capitaliste. La position affichée est aux antipodes de la réalité qui est que la technologie ne résoudra pas le problème climatique, que les solutions existent et que ce qu’il manque c’est la volonté politique des les mettre en œuvre. Pire encore, Jouzel fait la promotion des agrocarburants dont il liste pourtant les méfaits (concurrence avec les productions alimentaires, déforestation, engrais, pesticides) mais qui, pour lui, constituent un mieux par apport aux carburants fossiles !

Forcément tout n’est pas critiquable dans ces pages qui reconnaissent l’impossibilité d’une croissance infinie, qui critiquent la technologie qui repousse la raréfaction des énergies fossiles et qui concèdent que la croissance économique n’est pas forcément synonyme de bien être accru. Des positions toujours sur le fil du rasoir et qui tentent d’impossibles compromis, prenant bien soin de ne pas mettre le système en cause. Citons par exemple : « soyons clairs, la lutte indispensable du point de vue du climat ne freine en rien le développement économique, au contraire ». Je traduis : messieurs les chefs d’entreprise, spéculateurs, financiers, ne vous inquiétez pas, on va faire durer le système, il y a de quoi faire du business et faire rentrer de l’argent « vert ».
Du fil du rasoir on tombe dans l’enfer pro-nucléaire en décernant le titre de bon élève à la France dont chaque habitant émet en moyenne 5 tonnes de CO2 « seulement » chaque année, nous lisons : « grâce à un choix énergétique contesté par certains : celui de l’énergie nucléaire ». Hé oui, monsieur Jouzel travaille bien au CEA ; cela apparaît de manière claire lorsque il appelle au développement du nucléaire comme faisant partie des nombreuses solutions pour rendre le secteur énergétique moins émetteur (de GES) ! Le GIEC affiche lui aussi des positions pro-nucléaires comme le regroupement des énergies renouvelables, des énergies émettrices de CO2 mais équipées d’un système de capture et aussi du nucléaire sous le vocable «énergies bas-carbones et décarbonées». Terrible amalgame !

A l’évidence, Jouzel préfère le nucléaire aux pétrole et gaz non conventionnel qu’il qualifie de «mauvaise nouvelle pour le climatologue». Une critique bien gentillette même s’il affirme que la perspective d’extraire jusqu’à la dernière goutte de combustible fossile n’a aucun sens. C’est peu dire ! Revenant aux «carburants verts », comprenons les agrocarburants, la critique est légère ici aussi puisque limitée à la concurrence qu’ils font en terme de surface aux productions agricoles alimentaires et à l’usage de pesticides qu’ils encouragent.
Les auteurs en viennent à manier les contres vérités en abordant la nécessité d’une production continue d’électricité assortie d’un ajustement à la demande. Selon eux, en France, la production de base est assurée par le nucléaire (c’est vrai) et l’ajustement par l’hydroélectricité. C’est oublier la mise en route des centrales thermiques et l’importation entre autres d’Allemagne qui fait tourner ses centrales à charbon. Ailleurs Jouzel endosse un autre costume, celui de promoteur des barrages, leur attribuant la qualité d’être une solution de stockage d’énergie simple et propre ! C’est ignorer tous les impacts néfastes des barrages sur l’environnement et les populations !
Manipulation ou mensonge par omission sont au rendez-vous en reconnaissant aux énergies renouvelables l’avantage, par rapport aux énergies fossiles, d’être produites par de petites unités proches de l’endroit où elles seront utilisées. Monsieur Jouzel, le nucléaire n’est elle pas une énergie hyper centralisée ?

Un chapitre entier est consacré à « la question de l’énergie nucléaire ».
Là aussi les omissions vont bon train. Exemple : « la production (d’électricité nucléaire) émet peu de GES ». Evidemment Jouzel ne parle pas de tout le reste de la filière nucléaire, de l’extraction du minerai au démantèlement et au traitement des déchets, en passant par toute la fabrication du combustible et des multiples transports nécessaires à tout cela. Le rapport du GIEC auquel les auteurs se rapportent sans cesse, est cité pour noter que les problèmes posés par le nucléaire sont les risques. C’est bien le moins, et là encore beaucoup de problèmes manquent à l’appel, pour ne citer que les pollutions radioactives et chimiques, l’absence de démocratie, les déchets, le démantèlement... Pire, le rapport soulignerait que les nouveaux cycles du combustible et les nouvelles technologies vont résoudre des problèmes liés à la sécurité et aux déchets. Et encore, ITER devrait être opérationnel en 2020 mais la phase de production débuterait… à la fin du siècle, donc trop tard pour résoudre le problème des énergies fossiles !
Si les positions sont bien pro-nucléaires, la nécessité d’un changement de vie colossal est malgré-tout affirmée. Ne serait-ce pas contradictoire ?
Bien dans le moule nucléocrate et politique, les auteurs dressent le tableau d’une France aux avants postes de la lutte climatique ! Nos gouvernements agissent ! Notons l’absence de parti-pris, ni droite ni gauche, ni autre. De quoi encore ménager la prochaine majorité à accéder aux commandes.

Nous arrivons, enfin, à la conclusion en forme de plaidoyer à agir pour relever le défi climatique. Rien qui ne puisse inquiéter l’oligarchie ni même le citoyen : « une société sobre en carbone est tout à fait à même d’assurer un développement harmonieux »… pour peu qu’il soit fixé un prix unique au carbone… qu’une organisation mondiale de l’environnement voie le jour… et que la conférence Paris climat de 2015 soit à la hauteur de ce défit de civilisation qu’est la préservation d’un climat à la température modérément augmentée.

jeudi 2 octobre 2014

Un empoisonnement universel - Comment les produits chimiques ont envahi la planète, la lecture...

Il y a quelques temps je vous annonçais la sortie du nouveau livre de Fabrice Nicolino, c'est ici.


Evidemment j’en ai débuté la lecture, le jour même où il prenait place sur les étagères des libraires.
Je ne lis pas vite. Faute de temps. Par contre, il n’est pas question de faire un résumé suite à une lecture rapide ou, pire encore, une synthèse des articles largement disponibles sur internet.

Nicolino a pour objectif rien moins que d’expliquer comment nous sommes arrivés à une pollution chimique mondiale de l’environnement et du corps humain, comment, pourquoi et qui sont les responsables.
A ce, un quart de l’ouvrage, je dois dire qu’il est passionnant. Nicolino tient ses promesses avec une plume affutée, allègre et fort bien documentée, un style posé qui éclaire les faits sans polémique.

L'histoire commence avecl’alchimie, somme toute assez sympathique qui cède vite à une horreur grandissante à la noirceur humaine. 45 ans suffirent pour qu’entre 1900 et 1945 les grandes entreprises de la chimie mondiale (essentiellement allemande au début), se constituent et alimentent l’holocauste et fassent mourir des hommes par million. Explosifs, colorants, engrais azotés, pesticides et gaz de combats sont créés par les mêmes sociétés et les mêmes chimistes. Après avoir habillés les jambes féminines de Nylon, ces mêmes hommes ont, avec les physiciens, conçu, développé et produit les bombes atomiques qui déchirèrent le ciel d’Hiroshima et Nagasaki en Aout 1945. Naviguant avec aisance entre nazisme, armée et industrie, la plupart des chimistes coupables ne furent que peu inquiétés, obtinrent des postes de haut niveau dans leurs sociétés et moururent dans leur lit.

Les 2 grandes horreurs que furent l’holocauste et les premières bombes nucléaires ne furent que les prémices de nombreux, bien que d’ampleur plus modeste, autres crimes contre l’humanité perpétrés un peu partout sur la planète. Quelques pages nous en résument l’horreur. Alors que je referme livre à l’issue de ses 2 premières parties pour écrire ces lignes, Nicolino a prévenu que l’impunité restera de mise dans les époques suivantes qui ne s’annoncent pas meilleures… Je poursuis avidement, sachant bien que les pages à venir montreront la nature humaine dans sa terrible réalité. Bien sur je vous en reparlerai ici très prochainement.

Merci Fabrice de formidable travail et de l'éclairage donné sur cette sombre face de l'humanité.
Un livre fondamental, à lire, faire lire et une vision du monde à partager aussi plus largement que possible.

mardi 16 septembre 2014

La santé naturelle avec l’apithérapie


Auteur : Dr guy Avri
Editeur : Terre vivante

L’abeille et l’homme sont des amis de longue date et les effets thérapeutiques de ses produits sont scientifiquement étudiés et reconnus par la médecine.
Le Dr Guy Avril, convaincu des bienfaits de la naturopathie a publié plusieurs livres chez Terre vivante et s'intéresse, avec son tout dernier, à l'utilisation des produits récoltés, transformés ou sécrétés par l’abeille - le miel, la propolis, le pollen, la gelée royale et le venin - à des fins diététiques et thérapeutiques..

L'ouvrage commence par un peu d’histoire pour rappeler que les civilisations anciennes avaient déjà bien compris que les abeilles et leur miel sont source de bienfaits. Il y a 5000 ans déjà, l’homme élevait les abeilles pour récupérer le fameux produit. L’organisation de la ruche ne fait l’objet que de quelques mots, ce n’est pas l’objet.
Le cœur du sujet, et donc de l’ouvrage est structuré par produit : miel, pollen, propolis, gelée royale, venin et cire d’abeille, chacun est longuement détaillé. Vous en saurez tout, ou presque, sur sa composition, ses différentes propriétés, ses indications et dans certains cas, les différentes formes et usages. Cela répond à la question : « que puis-je soigner avec… ». Au passage, nombre d’astuces et de conseils nous sont donnés. Chaque sorte de miel est présentée, du plus commun jusqu’à celui dont vous ignoriez peut être l’existence, nous en donnant les propriétés spécifiques.
Mais bien souvent notre problème n’est pas de savoir ce que l’on peut faire avec tel produit qui se trouve dans notre armoire. Cela est encore plus vrai dans l’urgence, la question sera souvent : « comment soigner telle pathologie ? ». Pour nous aider dans ces circonstances l’auteur liste plus d’une trentaine de symptômes et nous indique pour chacun comment le traiter avec miel, propolis, gelée royale, pollen ou encore venin Peut-être, comme moi serez-vous surpris des nombreuses indications des produits offerts par les abeilles, qui vont dé l’acné au cancer, en passant par nombre de désagréments aussi communs que fréquents.
Deux conditions pour profiter au mieux des produits de l’apiculture : se procurer des produits de bonne qualité et les utiliser sans les chauffer. Quelques recettes gourmandes au miel cru sont complétées par celle de l’incontournable pain d’épices qui, si elle cuit le miel, a l’intérêt d’être proche du savoir faire traditionnel et de n’utiliser ni œuf ni lait, donnant ainsi un pain de longue conservation. Où acheter son miel ? Guy Avril conseille de se fournir auprès des apiculteurs, sur les marchés ou dans les salons bio, dans les magasins bio ou de produits naturels ou par correspondance chez quelques fournisseurs qu’il nous conseille dans son petit carnet d’adresses.
Voici donc un ouvrage pratique, sérieux et complet a avoir dans sa bibliothèque « naturelle ».
Il vous convaincra sans doute d’éviter les médicaments allopathiques à chaque fois que cela est possible, au profit de ces fabuleux produits aux multiples bienfaits. Des produits qui risquent fort de disparaître avec les abeilles dont le déclin est malheureusement bien connu, dont les causes assez bien identifiées avec en particulier l’utilisation de certains insecticides par l’agriculture. Un déclin que pour le moment que rien ne vient contrarier. A tel point qu’il est d’ores et déjà difficile de trouver du miel bio français. De bonnes raisons pour militer et aider ceux qui militent contre l’utilisation des pesticides.

Pour plus d’information

Lisez la présentation et le sommaire sur le site Terre vivante
Feuilletez quelques pages : http://fr.calameo.com/read/000400547fc155c6f9c3d

dimanche 14 septembre 2014

Pour une philosophie politique écologiste


Auteur : Fabrice Flipo
Editeur : textuel
Collection : petite encyclopédie critique
ISBN : 978-2-84597-491-3

Peu versé dans la philosophie dont les prises de tête souvent me dépassent, la curiosité m’a poussé lire ce livre à la foi pour voir si j’allais comprendre… et parce qu’il me semble bon toutefois de prendre un peu de hauteur vis-à-vis des actions concrètes, j’entends ici en matière d’écologie et protection de l’environnement. Le quatrième de couverture m’y a d’autant incité qu’il annonce « ce livre constitue une boussole utile au sein de la masse des écrits écologistes depuis les années 1970 ».
Une boussole de 130 pages, ce n’est pas conséquent, cela aurait dû me convenir.
Hé bien non.
Pourtant, l’introduction ne laissait présager que du bon. L’auteur pose l’urgence de la question écologique, affirme qu’il est urgent de comprendre pourquoi tant de gens ont pu dire tant de choses contradictoires et qu’il va expliquer pourquoi l’écologie politique met en cause la critique sociale classique, que ce qui est en jeu n’est rien de moins que la civilisation.
Evidemment je partage, parfait.
Le premier des 3 chapitres aborde la naissance de l’écologie et les critiques qu’ont subis ses précurseurs. Il dresse le constat que malgré le courant écologiste, les acquis de la société en matière environnementale sont loin d’être à la hauteur des enjeux, ce qui risque d’entrainer la mise en place d’un éco-fascisme abusant de la peur qu’il provoque. Arrivé à ce tiers de l’ouvrage, j’apprécie la plume accessible de Fabrice Flipo, regrettant seulement qu’il confonde réacteur et centrale nucléaire lorsqu’il avance que les TIC consomment en France 8 centrales nucléaires. Hé non, 15% de l’électricité française correspondent à 8 réacteurs sur les 52 réacteurs installés, une centrale comportant plusieurs réacteurs. Passons sur ce détail trop matérialiste sans doute.
Plus guère de concrets ans les chapitres suivants qui m’ont laissé dépité sur le côté tant je n’ai rien compris, ou presque. Encore que l’explication de la théorie marxiste aurait pu passer mais la suite théorise ferme. Trop pour ma part et le jargon savant en rebutera plus d’un citoyen moyen s’il n’a pas un dictionnaire sous la main. Je serai bien incapable de vous résumer en quoi la critique marxiste est prise de court, pourquoi la critique sociale est embarrassée et en quoi l’appel à la nature remet en cause la modernité occidentale. Ho que ces titres de sous-chapitre 2 sont obscurs en tant que tels ! Le troisième et (ouf !) dernier chapitre m’a achevé, sensé me donner des repères pour une philosophe écologiste. La boussole s’affole et me perd dans le désert philosophique ! Espérons que d’autres que moi trouveront leur chemin dans ces pages.

Je ressors de cette lecture d’autant plus frustré que nombre de points suscitent l’intérêt. Par exemple, Sartre développerait des idées écologistes dans ses écrits, je n’ai pas capté en quoi.
Je m’interroge, la philosophie est-elle réservée à certains ? Intellectuels ? Elite ? Penseurs ? En quoi ce genre d’ouvrage peut-il faire avancer, progresser concrètement les choses ?
Ce livre ne met pas la philosophie en matière d’écologie politique à la portée de tous, de cela je suis sûr. Dommage car je reste convaincu de la justesse de vue de Fabrice Flipo sur le fond de l’urgence écologique et sur la responsabilité du couple capitalisme-productivisme. Il est membre du Conseil scientifique d’ATTAC et aussi chroniqueur au mensuel « la décroissance », qui n’est pas toujours non plus d’une simplicité extrême…

mardi 9 septembre 2014

L’agenda des Jardins de Cocagne 2015


Pour la quatrième année consécutive, les éditions Rue de l’Echiquier publient l’agenda des Jardins de Cocagne, contribuant ainsi à lutter contre l’exclusion et la précarité et à mettre en place une économie solidaire et responsable tout en respectant l’environnement. Le réseau Cocagne anime 120 jardins cultivés en agriculture biologique et fourni un panier bio chaque semaine à quelques 22 000 familles adhérentes.
L’agenda présente chaque semaine sur une double page dont la couleur écru évoque le passé. Tout nous ramène au temps de nos grands parents : couleurs, mise en page, illustrations, mais sur tut la belle qualité générale et l’épaisse et solide couverture qui protégera l’agenda dans son utilisation quotidienne.
A chaque semaine sa recette comme l’annonce le titre du cru 2015 : « 52 recettes pour réveiller nos souvenir gourmands ». Joli titre qui fonctionne à merveille. Des recette simples qui donnent envie de se mettre au fourneau aux côtés de nos grand-mères…
Quelques exemples : crêpes Suzette, bugnes, crumble rhubarbe fraise, pâtes de fruits, madeleines au miel, brioche maison pour les desserts ; poulet du dimanche frittes de céleri, endives au jambon, paillasson de pommes de terre au maïs frais, magrets de canard aux figues rôties en plat principal, mais aussi toutes sortes de soupes : soupe à l’oignon, soupe de pissenlits, cresson au bouillon de gingembre etc… Appétissant, non ?

Un bien bel agenda 2015 ! Les 12 € qu’il vous en coûtera seront bien investis et c’est avec plaisir que vous construirez et consulterez votre planning journalier et il ne fait aucun doute que nombre de recette vous régaleront, peut être même sans attendre l’année prochaine…


Editeur :Rue De L'echiquier
Date de parution: 21/08/2014
ISBN : 2917770651
EAN : 978-2917770658

mercredi 6 août 2014

La sérénité de l’instant


La sérénité de l’instant est un des nombreux ouvrages de Thich Nhaht Hanh, moine bouddhiste et maître zen mondialement connu.
J’ai parlé ici à plusieurs reprises de livres consacrés à la méditation, à la pleine conscience. Celui-ci est celui que j’aime le plus. Les raisons en sont nombreuses. Les mots simples de Thich Nhaht Hanh nous éclairent sur l’essentiel et nous montrent la voie d’une pratique de la méditation dans tous les instants de notre vie. Les exemples et conseils concrets sont nombreux, ils font de ce livre un outil précieux pour transformer sa vie. Faire la vaisselle, couper des carottes, conduire, téléphoner, marcher, respirer, entendre une cloche tinter sont autant d’activités où nous pouvons pratiquer la pleine conscience.

Vietnamien engagé pour la paix au moment où la guerre ravageait on pays, son action non violente lui a valu se devoir s’exiler en France où il a fondé le village des Pruniers en Dordogne. Thich Nhaht Hanh prône une pratique de la méditation engagée. Il nous pousse à agir quand il faut changer les choses amenées à notre conscience par la méditation pratiquée à tous les moments du quotidien pour voir les choses telles qu’elles sont.
Voir les choses, l’homme tels qu’ils sont, l’auteur voit tout autant leur noirceur (destruction de l’environnement, société de consommation et du profit, guerres, famines, armement nucléaire, camps de concentration, chambres à gaz…) que leur beauté (enfants, fleurs, amitié, amour, nature,..). Clairement écologiste, Thich Nhaht Hanh nous parle de compost, explique comment la feuille nourrit l’arbre tant lorsqu’elle est sur sa branche, que lorsqu’elle retourne au sol et se décompose.
Fleurs, herbe, arbres, océan, bourgeon, branche, feuille, oiseau, chenille, laitue, compost, terre, ciel, nuage et bien d’autres sont nos compagnons, nos guides dans cette lecture revigorante et qui donne du sens avec subtilité.

Dans ses dernières pages, Thich Nhaht Hanh incite à agir pour que les nombreuses souffrances du passé et du présent deviennent le terreau dans lequel nous ferons pousser les fleurs du XXI siècle. Son livre nous montre le chemin. Sera-t-il emprunté par suffisamment d’hommes et de femmes pour que le monde de demain soit largement fleuri ?

mardi 15 juillet 2014

La croissance selon Le 1


Jeune hebdomadaire né il y a un peu plus de trois mois, Le 1 aborde chaque semaine une question d’actualité qu’il éclaire par de courts articles issus de la plume d’analystes de différentes sensibilités.
Son numéro 14 « La croissance, pourquoi il ne faut pas y croire » a piqué ma curiosité.
L’originalité du format est apparait très vite. Sa feuille de papier épais de un mètre au carré est liée en trois pour se présenter en un classique format A4 sur les présentoirs.

L’habile mise en page guide la lecture. C’est évidemment la couverture, très réussie, qui est l’objet de la première attention. Un encadré présente quelques lignes édifiantes écrites par Jean Fourastié en 1979 dans un ouvrage consacré aux 30 glorieuses. Il réduit ici les détracteurs de la société de consommation à « quelques adolescents mal informés » qui devraient s’estimer heureux de France, pays ayant si rapidement et nettement extrait son peuple de la pauvreté et de la misère au cours du 3ème quart du XXème siècle. De quoi faire regretter son achat…

Heureusement le premier dépliage fait découvrir un excellent résumé de la vision de Pierre Rabhi, synthétisée par Eric Fottorino à partir d’un entretien avec le paysan philosophe. Ce texte m’a beaucoup plu et je précise au passage que je ne suis pas un fan absolu de Rabhi.
Le second dépliage offre de belles surprises aussi. Gilbert Rist considère la croissance comme un faux dieu au cout exorbitant qui nous conduit à la catastrophe écologique. Autant dire que j’adhère à 200% !
Le dialogue philosophique de Ollivier Pourriol est surprenant par sa forme, curieux dialogue quelque peu surréaliste par ses allusions au monde des super-héros américains qui nécessite un décodage plus aisé sur sa fin abordant la disproportion entre le corps et l’âme.
Les surprises ne sont pas que bonnes… Jean Perelevade, polytechnicien, fait un bien triste et consternant amalgame entre services publics, économie de la gratuité et prestations non marchandes qui constitueraient un luxe que la marché consent à financer pour construire du collectif. La recette de Perelevade pour augmenter le PIB est d’augmenter la durée du travail et la productivité. Un productiviste pur jus !
Des articles brefs et faciles à lire, un format original, pas forcément très pratique, une belle mise en page, LE 1 tente un pari un peu risqué. Seule une petite dizaine d’articles seulement nous sont proposés pour 2,8 €.

Pour plus d’information

http://www.le1hebdo.fr/


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