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vendredi 26 février 2010

Les grandes infrastructures de transport devraient être compatibles avec la Trame Verte et Bleue

Le mercredi 10 février, la Commission du développement durable de l'Assemblée Nationale étudiait les dispositions de la Trame verte et bleue du projet de la loi Grenelle 2.

France Nature Environnement, La Ligue ROC, la LPO et la Fondation Nicolas Hulot ont salué le vote par les députés d'un amendement précisant que les infrastructures linéaires de transport de l’Etat devront être compatibles avec la Trame Verte et Bleue (TVB).

La trame verte et bleue est un des outils-clés du Grenelle de l'environnement sur la biodiversité. Elle doit notamment permettre la préservation d’un maillage d’espaces et de milieux nécessaires au fonctionnement des habitats naturels et aux cycles de vie des espèces. L’une des clés de la réussite de la trame verte et bleue sera le poids juridique qui lui sera reconnu.

Cet amendement prévoit ainsi que les grandes infrastructures linéaires de l’Etat devront être compatibles avec le Schéma régional de cohérence écologique, document qui définit la trame verte et bleue au niveau régional. Concrètement, cela signifie que la construction d’une ligne à grande vitesse ou d’une autoroute devra respecter les continuités écologiques. Par l’adoption de cet amendement, les députés ont marqué leur souci de revenir à l'engagement du Grenelle et leur volonté de lutter contre la fragmentation du territoire.

Nos organisations saluent le travail des députés et de la Secrétaire d'État à l’Ecologie sur cette question. Elles espèrent que cette mobilisation se poursuivra tout au long de l’examen du texte et que cette disposition sera définitivement adoptée par le Parlement.

Mon avis

L'intention semble bonne mais attention !
Tout d'abord, encore faut-il que ceci soit bien inclus au texte qui sera finalement voté.
Ensuite et surtout, la notion de compatibilité est souvent difficile à apprécier et laisse une certaine latitude d'appréciation. Ce qu'il aurait fallu c'est une conformité. Là cela aurait été bien plus clair et net à apprécier en cas de contestation.
Noter aussi que deux autres amendements proposés par les associations écologistes n’ont pas été adoptés. Le premier visait à rendre les plans locaux d’urbanisme, et les schémas de cohérence territoriale eux aussi compatibles avec la trame verte et bleue. Le second proposait de créer un « espace de continuité écologique » dans le droit de l’urbanisme permettant aux communes de “classer” certains éléments de paysage pour les préserver.
Tout cela est bien dommage. Je vous laisse apprécier l'intérêt concret du Grenelle de l'environnement...

mercredi 11 novembre 2009

Procès en appel de l’Erika : plaidoyer pour une reconnaissance définitive du préjudice écologique

Dans le procès en appel de la catastrophe de l’Erika, qui a débuté le 5 octobre à Paris, les avocats de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), Maîtres François-Xavier Kélidjian et Eric-Denis Ferré, ont présenté leurs plaidoiries lundi 9 novembre. La LPO souhaite, comme en première instance, la reconnaissance du vivant non-commercial. Pour justifier ce préjudice écologique, la LPO s’est notamment appuyée sur une méthode inédite en France qui vise à déterminer combien nos concitoyens seraient prêts à payer pour compenser les dégâts causés par l’Erika.

"Rien n’arrête une idée en marche dont le temps est venu." C’est avec cette citation de Victor Hugo que François-Xavier Kélidjian ouvrait sa plaidoirie devant le Tribunal de Paris dans le procès en première instance du procès de l’Erika, le 16 janvier 2008.

Le temps était alors venu pour le droit et la jurisprudence de se faire l’écho d’une société qui se préoccupe beaucoup d’environnement. Le temps était donc venu pour la justice d’envoyer un signal fort et dissuasif à ceux qui foulent du pied la nature.

C’est pourquoi, l’avocat de la LPO a plaidé pour la reconnaissance des trois préjudices (moral, matériel et écologique) obtenus en première instance.

C’est parce qu’elle est délégataire et interlocuteur privilégié de l’Etat en ce qui concerne les oiseaux, qu’il est légitime que la LPO demande des réparations au titre de l’Erika, notamment la reconnaissance du préjudice écologique. Elle gère, en effet de nombreuses réserves naturelles, agit en région au travers de ses 35 délégations, de ses nombreux salariés et bénévoles et participe, par exemple, au Grenelle de l’Environnement et de la Mer. Sans oublier, bien sûr, son engagement pendant la catastrophe de l’Erika.

Ainsi, dès le lendemain de la marée noire, elle a dû mettre entre parenthèses son activité statutaire (programmes, études, partenariats…) et mobiliser de nombreux salariés pour faire face à la catastrophe. C’est pourquoi la LPO a obtenu 100 000 euros, au titre du préjudice moral, en première instance et réitère sa demande sur ce point.

Elle a également demandé une confirmation des 300 000 euros obtenus en première instance au titre du préjudice matériel. Ce préjudice découle des frais résultants de l’ouverture et de la gestion de 10 centres de soins ou de collecte pour les oiseaux et de ceux engagés pour dresser un inventaire quotidien pour l’Etat des oiseaux touchés par la marée noire, qui n’ont pas été remboursés par le Fipol (qui joue le rôle d’assureur dans ce type de catastrophe). Ce dernier a, en effet, estimé que les dons des particuliers à la LPO, c’est-à-dire la solidarité nationale, pouvait le remplacer !

La LPO a surtout plaidé pour la reconnaissance de ce qu’il est convenu d’appeler le "préjudice écologique", qu’elle avait obtenu en première instance, en s’appuyant sur des données chiffrées et scientifiques. Pour le calculer, Maître Kelidjian s’est référé à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), qui, tous les deux ans publie un barème de la valeur unitaire d’une espèce en fonction de sa capacité à être réintroduite et sur le barème de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) qui diffuse une liste rouge fixant le coefficient de santé d’une espèce et sa rareté en France et en Europe.

L’avocat de la LPO a également utilisé une méthode complètement inédite, qui n’a jamais été présentée devant une cour française ou européenne, la méthode dite "contingente". Cette dernière est mise en évidence par le rapport de Bernard Chevassus-au-Louis, commandé par l’Etat. Cette méthode vise à déterminer combien les concitoyens seraient prêts à payer pour compenser les dégâts causés par l’Erika.

Pour appuyer son propos, Maître Kelidjian a rappelé qu’en 1998, une pétition européenne, soutenue par la LPO, dans le cadre de la Directive oiseau présentée au parlement français avait recueilli 2, 2 millions de signatures dont 1,7 millions du côté français. En se fondant sur le baromètre de la générosité des Français, édité par la Fondation de France, il a constaté que 8% du ticket moyen affecté à un don (106 euros) l’était pour l’environnement (condition animale et protection de la nature confondues), soit 8,48 euros par personne. Dans cette approche, le bilan financier se montre comparable à l’indemnité demandée par la LPO au titre du préjudice écologique, en première instance le 16 janvier 2008 et en appel, le 9 novembre 2009.

Une fois plus lors de ce procès, la LPO a démontré son engagement considérable au quotidien pour protéger les oiseaux, car comme le dit Maître Kélidjian, citant Saint Augustin : "On perd moins à se perdre dans la passion qu’à perdre sa passion."

Quelle qu’elle soit, la décision de la Cour sera historique pour la justice de notre pays et sera, comme en première instance, commentée bien au-delà de nos frontières.

Source : communiqué LPO.

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mercredi 21 octobre 2009

Projet de loi de finances 2010 : cadeau à la route en perspective

La partie infrastructures de transport du projet de loi de Finances pour 2010 sera jeudi 22 octobre discutée à l'Assemblée Nationale.

J'y vois une fois de plus un énorme cadeau à la route avec :
- Un super bonus de 5000 euros qui a été créé pour les véhicules électriques.
- L’Etat qui propose le remboursement total de la taxe carbone sur le gasoil pour les entreprises de transports routiers (450 Millions).
- Les financements routiers qui y sont encore très importants (38% du budget).

Comment peut-on encore aller dans ce sens particulièrement favorable au transport routier avec tous les problèmes écologiques qui y sont lié !

Voir aussi

Le communiqué de FNE.

dimanche 13 septembre 2009

L’interdiction du Purin d’Ortie a la peau dure !

La loi Grenelle II doit être débattue en première lecture au Sénat ce mardi 15 septembre.
Surprise : les Pnpp (Préparations Naturelles Peu Préoccupantes) prises en compte dans la loi Grenelle I, ne figurent plus dans le texte loi Grenelle II .

Alors que le ministère de l’Agriculture a sorti, le 23 juin, un décret formulé de telle sorte que les Pnpp sont encore interdites à ce jour et pour longtemps, la loi Grenelle II fait l’impasse sur ces alternatives aux pesticides pourtant validées à deux reprises par les élu(e)s des deux assemblées.

Les familles politiques de tous bords se découvrent une fibre écologique qui grandi à l’approche des élections Régionales.
Aspro-Pnpp propose à chacun(e) d’interpeller au moins les sénateurs (trices) de son département avant mardi pour qu’il soutienne l’amendement Blandin.

Cette cyber @ction est signable en ligne :
http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre_dep.php?id=433

En voici le texte :

Madame, Monsieur,

Les sénateurs comme les députés ont voté un amendement dit PNPP (Préparations Naturelles Peu Préoccupantes) à la loi sur l’eau en décembre 2006 pour corriger la L.O.A (Loi d’Orientation Agricole) de janvier 2006, cette dernière posant un interdit sur les produits non homologués de type « purin d’ortie ». Trois ans plus tard, contrairement à de nombreux Etats européens, les PNPP restent interdites en France. Un décret demande, comme pour les pesticides de synthèse, l’inscription des matières actives utilisées sur une liste européenne selon une procédure inadaptée, très coûteuse et complexe. Financé par le ministère de l’agriculture, l’ITAB (institut technique de l’agro biologie) avec l’aide de l’Afssa, a fait une tentative pour le dossier de la prêle. Echec complet après trois mois de travail… pour plus de 50 000 euros…

Ceci est en totale contradiction avec l’amendement voté en 2006 qui indiquait « Ces dispositions (concernant la mise sur le marché, l’utilisation et la détention des produits phytopharmaceutiques) ne s’appliquent pas aux préparations naturelles peu préoccupantes … ». La contradiction est encore plus grande avec la loi Grenelle I qui dit : Amendement n°294 rectifié /bis/,
Compléter la troisième phrase du septième alinéa (c) de cet article par les mots :
"et en facilitant les procédures d'autorisation de mise sur le marché des préparations naturelles peu préoccupantes"
L’objectif de réduire de 50% la quantité de pesticides employés à l’horizon 2018 prendra tout son sens si les producteurs, les jardiniers et les collectivités locales ont accès à ces alternatives que représentent les PNPP.

Je vous demande donc de faire en sorte que la reconnaissance des PNPP soit intégrée à la loi Grenelle II pour en favoriser le développement en tant qu’alternatives aux pesticides et de soutenir l’amendement de MC Blandin : Après l’article 40, insérer un article additionnel ainsi rédigé : « Le ou les éléments naturels non génétiquement modifiés, à partir desquels sont élaborés les préparations naturelles peu préoccupantes, sont inscrits dans une liste tenue à jour et publiée par le ministre de l’agriculture. Sont inscrites de droit sur cette liste, les plantes visées par les articles D. 4211-11 et L. 5121-14-1 du code de la santé publique. « Les préparations naturelles peu préoccupantes ne sont pas des produits phytopharmaceutiques au sens de la directive 91/414/CE »
Je vous prie de me tenir au courant de la suite que vous donnerez à mon courrier que nous puissions connaître la position de nos élus sur ce point.

je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations citoyennes.


Mon avis

A signer d'urgence !

jeudi 27 août 2009

Une demi taxe carbone ?

Le gouvernement prévoirait de taxer la tonne de CO2 à 15 euros alors que la commission Rocard conseillait d'en fixer le montant à 32 euros.

Pour France Nature Environnement
« Une taxe carbone à 15 euros mais sans redistribution de son produit pèsera bien plus sur le pouvoir d’achat qu’une taxe à 32 euros mais avec redistribution. N’enterrons pas la Contribution climat énergie au profit d’une taxe carbone avec un simple vernis vert ». De plus ce taux de 32 euros correspond au taux d’une taxe carbone qui ne porterait pas sur l’électricité, ce qui est également une erreur. Il faut donc un taux qui garantisse le signal prix pour le consommateur, une assiette qui garantisse la baisse de la consommation d’énergie et un mécanisme de redistribution socialement incontestable. Il faut également que le Gouvernement précise sa position sur l’augmentation progressive dans le temps du taux de la taxe. C’est sur ces sujets que nous attendons le Gouvernement. »

FNE s’oppose à la création d’une taxe carbone qui ne serait pas, à la fois, un facteur de progrès et social et environnemental.

Le Gouvernement ne parle plus que de taux, et à peine de redistribution. C’est pourtant là un point central si on veut une CCE qui soit socialement équitable et n’accable pas les plus défavorisés.

Plutôt que de tenter de faire passer la pilule en baissant le taux d’imposition, ce qui aura comme effet principal de diminuer l’efficacité environnementale de la CCE, le gouvernement ferait mieux de se concentrer sur la mise au point d’un mode de redistribution qui permette le soutien aux plus faibles et l’aide à la transition vers une économie sobre en carbone ! C’est comme cela qu’on fera de la CCE un facteur de progrès social, pas en la vidant de sa substance.

Pour plus d’information

Voir le communiqué de presse de FNE.
Relire mon billet : http://www.centpourcentnaturel.fr/post/2009/07/08/La-taxe-carbone-sera-t-elle-compensee

Mon avis

L'objectif du gouvernement est certainement de limiter l'impact financier de cette taxe carbone sur les particuliers.
Cela laisse présager, comme je le crains, une compensation faible ou inexistante pour les ménages.
Quant aux entreprises, la fin de la taxe professionnelle pourrait être une réelle compensation, au détriment des collectivités locales.

jeudi 30 juillet 2009

La loi Grenelle 1 adoptée

Jeudi 23 juillet 2009, après un ultime vote de l’Assemblée nationale puis du Sénat, le projet de loi de programmation relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement (dit «Grenelle I») a été définitivement adopté.

Pour France nature environnement, impliquée dès les premiers débats du Grenelle, «son adoption est loin de marquer la fin du processus: la direction générale est désormais fixée mais la traduction réelle, dans notre quotidien, de la majorité des engagements du Grenelle devra attendre l’adoption d’autres textes législatifs (Grenelle II en particulier) et surtout réglementaires déclinant concrètement les grands objectifs».

Si la fédération d’associations environnementales note que de nombreux chantiers ont avancé en parallèle de l’élaboration du projet de loi (création de parcs nationaux, crédit d’impôt pour l’agriculture biologique ou encore étude sur la Contribution climat énergie), elle estime cependant que le processus a été lent. Le texte continue de ne pas satisfaire totalement. Outre l’exclusion du nucléaire dès le début des débats, en partie responsable de l’abstention des Verts et source de nombreuses critiques de certaines associations, des amendements inquiètent encore. FNE dénonce par exemple la remise «au goût du jour d’un vieux projet scandaleux d’un canal entre le Rhin et le Rhône», une taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) trop faible sur l’incinération, une disposition qui vise la finalisation « dans les meilleurs délais » des « grands itinéraires autoroutiers ».

Après plus d’un an passé au Parlement. France Nature Environnement et ses associations membres, la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) et la Ligue ROC ainsi que la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, qui se sont impliquées tout au long du processus législatif en proposant des amendements aux parlementaires, dressent aujourd’hui un premier bilan non exhaustif du processus.
En voici la synthèse.

Le renversement de la charge de la preuve
Il revient aujourd’hui aux autorités publiques ou aux acteurs de la société civile de prouver qu’un projet porte atteinte à l’environnement pour empêcher sa mise en œuvre. Le renversement de la charge de la preuve se manifesterait par le fait que ce serait désormais à l’initiateur d’un projet de démontrer que celui-ci n’a pas d’impact négatif. Ce principe essentiel, absent du projet de loi transmis par le gouvernement, a été introduit par les parlementaires à l’article 1.

La pérennisation du dialogue environnemental
Afin de poursuivre le dialogue à 5, le gouvernement a créé début 2008 le comité de suivi du Grenelle rassemblant les représentants des acteurs ayant participé aux travaux de l’été 2007. FNE souhaitait que ce comité de suivi soit institutionnalisé. Sur cette question, les parlementaires ont amélioré la loi en mentionnant dès l’article 1 ce comité de suivi, ouvrant ainsi la voie à son institutionnalisation.

La fiscalité écologique
La loi Grenelle 1 est timide sur la Contribution Climat Energie (CCE), mesure visant à réguler la consommation de l’énergie. La loi ne prévoit que la réalisation d’une étude à remettre dans les 6 mois. Notons, cependant, que sur ce point la loi Grenelle 1 est déjà dépassée : l’étude a été réalisée et une conférence d’experts présidée par Michel Rocard va rendre ses conclusions avant la fin du mois de juillet. Cet exemple et les récents développements montrent assez bien le fait qu’il est difficile d’analyser la loi en s’extrayant du processus général.

Le chantier du bâtiment
Un seuil maximal de consommation énergétique des bâtiments est défini à 50 kwh / m2 dès 2012. Ce seuil peut être modulé en fonction du contenu en CO2 des énergies utilisées. Il y a donc un risque de voir les constructeurs se tourner davantage vers des énergies peu émettrices (nucléaire ou renouvelable) que vers une l’isolation la plus performante possible du bâtiment.

Un premier pas important dans le domaine des transports: l'adoption d'une taxe kilométrique poids lourds, enfin !
L'adoption par le Parlement d'une taxe kilométrique poids lourds, et malgré toutes les inquiétudes sur sa mise en œuvre dans les années à venir, est une avancée considérable. Rappelons qu'en Europe, seules la Suisse, l'Allemagne, l'Autriche et la République Tchèque bénéficient de systèmes tarifaires identiques. Dans un contexte socioéconomique difficile, il s'agit d'un premier pas important vers un report modal de la route vers des modes de transports alternatifs comme le rail ou le fluvial.

Agriculture
La loi Grenelle 1 ouvre trois perspectives ambitieuses pour l’agriculture : la réduction de moitié de l’usage des pesticides, le développement de l’agriculture biologique, la certification environnementale des exploitations agricoles.

Biodiversité : de bonnes intentions à concrétiser
La principale mesure en matière de biodiversité de la loi Grenelle 1 est l’objectif de création d’une trame verte et bleue (TVB) d’ici 2012. La loi acte la TVB comme outil d’aménagement du territoire ce dont nous nous félicitons. Elle reste par contre imprécise sur la question de l’opposabilité de la TVB, notamment vis à vis des infrastructures de transports, alors que ce point était acté dans l’engagement 73. La loi est par ailleurs insuffisante au sujet de l’effort à accomplir en matière de connaissance du patrimoine naturel.

Déchets
La grande avancée de la loi Grenelle 1 est d’avoir enfin donné la priorité à la prévention des déchets. Le meilleur des déchets est en effet celui que l’on ne produit pas.

Santé
La mise en place d’un carnet de santé du travailleur permettra la prise en compte d’un meilleur suivi des salariés dans leur exposition aux substances classées cancérigènes, mutagènes ou toxiques. La loi Grenelle 1 ouvre aussi la voie à un encadrement des risques émergents que constituent les nanoparticules et les ondes électromagnétiques. Enfin, le nouveau Plan National Santé Environnement prévu à l’article 32 de la loi Grenelle 1 a déjà été adopté le 26 juin 2009

Mon avis

Évidemment l'intention semble bonne.
Des avancées sont indéniables
Comment ne pas rester dans l'attente d'une concrétisation de tous ces points ?
Ais-je raison d'être méfiant, voire suspicieux ?

mercredi 8 juillet 2009

La taxe carbone sera-t-elle compensée ?

Le 3 juillet je vous disais : Et vous, vous y croyez à la compensation via un « chèque vert » ? Moi je doute…

En ce début de semaine, c’est la cacophonie au gouvernement.

Jean Louis Borloo propose l’instauration du chèque vert destiné à compenser le coût de la taxe carbone pour les ménages.

Eric Woerth n’y est pas favorable car, dit-il "voilà 30 ans que l'Etat fait des chèques". "Faut-il redistribuer le produit (de la taxe carbone) ? C'est une autre question", a-t-il même souligné, précisant que rien n'était "encore arbitré". Le gouvernement avait assuré jusque là que la taxe carbone ne serait pas un impôt de plus et que ses fruits seront donc redistribués pour que la mesure soit "neutre".

"Le gouvernement n'a pas arrêté sa position sur le sujet", a indiqué Mme Lagarde, sans donner de calendrier.

Mon avis

Les associations environnementales favorables à la taxe carbone feraient bien d’être très vigilantes à ce que ce ne soient pas encore les consommateurs qui soient les seuls payeurs. En effet, les mesure de compensation envers les entreprises ont été apparemment bien plus travaillées que celles envers les ménages… Et les fournisseurs d’énergie, eux, en particulier les pétroliers, font des profits énormes… Evidemment je ne mets pas en cause la nécessité de réduire la consommation d’énergies fossiles et émettrices de gaz à effet de serre. Seulement cette taxe risque d’être très injuste et son bénéfice environnemental incertain.

lundi 22 juin 2009

Grenelle de l'environnement : où en sommes nous concrètement ?

Le projet de loi de mise en œuvre du Grenelle de l'environnement dit « Grenelle 1 » a été adopté par l’Assemblée nationale le mercredi 17 juin en seconde lecture.

Si le gouvernement s'est félicité de ce vote quasi unanime (quatre cent soixante-six voix contre cinq et vingt et une abstention), les réserves sont de mise...

Yves Cochet (Verts) a déploré, au moment du vote, l'adoption d'amendements qui "ont consisté à raboter et à réduire l'ambition initiale du texte". "Les niveaux de performance exigés pour la rénovation thermique et la construction des logements ont été nettement abaissés. La taxe poids-lourds est affaiblie, les centrales à charbon sont relancées, les pesticides bénéficient de dérogations pour échapper aux objectifs de réduction, les projets d'autoroute sont confirmés", a-t-il dénoncé.

La fédération France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) et la Ligue Roc tiennent à saluer ce vote quasi-unanime des députés, mais elles s’interrogent sur la lenteur du processus.

Le projet de loi Grenelle 1 a été présenté par le gouvernement il y a plus d’un an et devra encore passer en seconde lecture au Sénat. Il s’agit, de plus, seulement d’une première étape. La loi Grenelle 1 est une loi de programmation. Elle entérine des objectifs, donne un statut juridique au processus du Grenelle et retranscrit les principales mesures adoptées à l’issue des tables rondes d’octobre 2007. Elle ne détaille pas les modalités concrètes de mise en œuvre de ces mesures. C’est l’objet de la loi portant engagement national pour l'environnement dite « Grenelle 2 » actuellement en discussion au sein de la commission des affaires économiques du Sénat. Deux ans après le lancement du Grenelle, la majorité des engagements est encore loin d’être déclinée concrètement sur le terrain. Dans le même temps, les indicateurs environnementaux n’ont cessé de s’aggraver.

Il faut ainsi à faire adopter le Grenelle 1 au plus vite par le Sénat, à modifier le projet de loi Grenelle 2 à la hausse.

Les association appellent les sénateurs à amender le projet de loi sur les aspects suivants : - porter à 80 kw/h au lieu de 150 kw/h les consommations moyennes d’énergie par mètre carré et par an pour la rénovation du parc de logements.
- remplacer l'appellation « biocarburants » par « agrocarburants » concernant les productions agricoles à vocation énergétique car elle peut induire le consommateur en erreur.
- supprimer la procédure de révision simplifiée des plans d’occupation des sols en matière d’urbanisme.

Pour le cniid, la loi Grenelle 1 pousse à une fiscalité incitative à l'incinération des déchets.

Mon avis

Soutenons les associations pour obtenir un texte de loi réellement utile en faveur de l'environnement.
Je trouve qu'elle ne poussent pas assez sur les points relevés par Yves Cochet : les pesticides, les poids lourds, les centrales à charbon...
Le temps passe, certaines mauvaises décisions sont prises (EPR, automobile...), l'environnement continue à se dégrader...

jeudi 18 juin 2009

Risques industriels : régression du droit de l'environnement

France Nature Environnement (FNE) adresse un appel solennel aux parlementaires

Le Gouvernement vient de valider la réforme du « troisième régime ». FNE désapprouve vivement cette réforme qui allège les obligations pesant sur certaines installations industrielles. La fédération étudie les possibilités de recours juridique et lance un appel solennel aux parlementaires pour que ceux-ci rejettent unanimement ce symbole de la relance grise !

Une ordonnance relative à l’enregistrement de certaines Installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE). Cette ordonnance a été publiée le 11 juin au Journal Officiel. Elle assouplit les conditions d’autorisation des activités industrielles, réduit la concertation et baisse le niveau des garanties environnementales. Au nom de la relance économique, c’est un retour en arrière pour le droit de l’environnement.

Appel aux parlementaires contre la politique du chèque en blanc. Le Parlement a été appelé, lors du vote de la loi du 17 février 2009 à voter en urgence une simple habilitation du Gouvernement à créer une nouvelle procédure d’autorisation allégée des installations industrielles à risque.

Fort de ce chèque en blanc, le Gouvernement a publié une ordonnance créant un 3ème régime d’autorisation des installations industrielles. Le Parlement devra ratifier cette ordonnance avant le mois d’octobre 2009. FNE leur adresse un appel solennel pour refuser cette ratification. C’est notre dernier espoir de voir cette réforme inutile et dangereuse disparaître.

FNE boycotte un symbole de relance grise. Pour FNE, cette réforme véhicule un message dangereux puisqu’elle oppose économie et écologie. C’est pourquoi nous la dénonçons.

FNE ne quittera pas la Table ronde sur les risques industriels car certains partisans de la relance grise n’attendent que ça. Mais nous ne participerons plus à aucune réunion qui concernera le « 3e régime ».

Des propositions constructives. France Nature Environnement a formulé de très nombreuses propositions pour prévenir les risques industriels. Nous demandons notamment :

• Le renforcement des moyens humains et financiers de l’inspection : le nombre de «gendarmes de l’industrie » doit être doublé.
• Que la prévention des risques industriels fasse l’objet d’une gouvernance environnementale, sur le modèle Grenelle, où tous les participants ont une représentation et une voix égales.
• Le renforcement des sanctions envers les entreprises polluantes.
• L’extension des garanties financières pour assurer la remise en état des sites lors de leur fermeture.
• L’amélioration des débats et de l’information des citoyens, avec par exemple la mise en ligne des documents relatifs aux installations. • L’indépendance des acteurs face à la prévention du risque industriel. Il faut casser le lien financier entre l’industriel qui a l’obligation de faire une étude d’impact et le bureau d’études directement payé par l’industriel.
• La simplification des réglementations obsolètes

FNE sera particulièrement attentive aux résultats de la Table ronde sur les risques industriels qui seront annoncés à la fin de la première phase, le 3 juillet.

Mon avis

La législation sur les installations classées, les activités polluantes n'est pas simple ni parfaite. Évidemment elle apporte des contraintes aux entreprises. Elle est cependant indispensable pour la protection de l'environnement, du cadre de vie, des hommes quoi...
Son utilité, son efficacité sont à maintenir et à développer, non le contraire.

C'est bien dans les faits concrets, et non pas dans des belles paroles où Grenelle de l'environnement que l'on se rend compte des intentions réelles de nos dirigeants.
Encore un exemple malheureux qu'il faut combattre.

vendredi 10 avril 2009

L’écolabel européen évolue

Le Parlement européen a adopté début avril le projet de règlement portant sur la «fleur de l’UE», le label écologique européen.
Pour le promouvoir, l’Europe mise sur une réduction des charges administratives et du coût pour les entreprises.


Objectif de cette révision: promouvoir l’écolabel de manière plus efficace.
La petite fleur bleue et verte peine en effet à trouver des produits où s’afficher.
En 2008, à peine 800 entreprises avaient mis sur le marché un produit certifié Ecolabel européen, alors que ce label existe depuis 16 ans déjà.

L’écolabel européen s’adresse à «des produits ayant une incidence moindre sur l’environnement pendant tout leur cycle de vie» et peut s’appliquer aujourd’hui sur une trentaine de catégories de produits ou service, allant du vêtement au savon, en passant par les téléviseurs et les services de camping.
Sont par contre exclus du champ d’application les produits pharmaceutiques, agroalimentaires, et le secteur automobile.

Au départ, ce projet de nouveau règlement visait à étendre le champ d’application de l’écolabel.
La Commission voulait inclure les boissons, les denrées alimentaires transformées et les produits de la pêche. Mais les députés ont ajourné cette extension et soumise à condition.
Ces produits n’intégreront le champ de l’écolabel qu’à la condition que la Commission démontre, au plus tard le 31 décembre 2011, qu’il est possible «d’établir des critères fiables couvrant la performance environnementale pendant tout le cycle de vie des produits». Un point qui inquiète les associations environnementales: «rien ne précise pour l’instant que l’éventuelle attribution de l’écolabel aux produits alimentaires sera limitée aux produits labellisés bio», regrette Nathalie Cliquot, chargée de la politique sur les déchets au Bureau européen de l’environnement (BEE). Les eurodéputés ont également exclu les produits pharmaceutiques type matériel médical. Au final, il n’est donc pas dit que de nouvelles catégories de produits pourront demander la certification.

Par contre, certains ne pourront plus l’obtenir. C’est le cas des «produits ou substances suscitant des préoccupations sérieuses (toxiques ou carcinogènes, par exemple)». «C’est une amélioration particulièrement satisfaisante, car elle promeut la substitution», se félicite cette fois Nathalie Cliquot. En bref, les substances très préoccupantes sont interdites, sauf pour certaines catégories spécifiques, pour lesquelles des dérogations sont accordées. «On peut avoir des traces de substances dangereuses si l’on prouve que le bilan environnemental global reste bien supérieur à celui d’un produit classique. On ne voulait pas pénaliser les lampes basse consommation, par exemple, même si leur production fait intervenir des traces de métaux lourds», explique Sylvain Chevassus, chargé de mission Europe à l’Afnor.

«Ce texte est satisfaisant. Grâce à l’exigence de substitution des produits dangereux, le maintien d’une tierce partie indépendante pour la vérification, etc., le label va rester une marque d’excellence environnementale», estime Nathalie Cliquot. «Le texte doit encore être affiné au niveau juridique, puis traduit. Il pourrait être publié au Journal officiel de l’Union d’ici 2 à 3 mois», estime Sylvain Chevassus.
Sitôt sa parution il entrera en vigueur dans tous les Etats membres.
2010 sera-t-elle l’année du Power Flower ?

Source : Journal De L'Environnement.

vendredi 13 février 2009

Le Grenelle 1 voté à la quasi unanimité au Sénat

Le projet de loi Grenelle 1 a été adopté le 10,février à la quasi unanimité par le Sénat, 312 voix contre 341. L'essentiel des orientations du Grenelle de l'environnement a été maintenu et validé.

"Ce texte essentiel pour l’avenir, pour préparer la transition énergétique et la mutation durable de notre société, est un grand texte et nous remercions tous les sénateurs qui ont travaillé sans relâche à sa rédaction" a déclaré le ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo, très enthousiaste de ce vote quasi unanime.

260 amendements ont été acceptés sur les 825 proposés, et les grandes lignes du Grenelle ont été respectées. Certaines avancées ont même été effectuées en matière de sauvegarde de la biodiversité, avec l'adoption d'amendements favorables aux préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP) comme le purin d’ortie, ainsi qu'à la préservation des prairies et des terres agricoles face à l’urbanisation.

Des reculs cependant sont à déplorer, notamment sur l’assouplissement de l’utilisation des pesticides dans les cultures dites mineures, comme la culture maraîchère ou l’arboriculture fruitière. Pour France Nature Environnement, "il est inadmissible que certaines productions puissent déroger à la règle". La Fédération des associations de protection de l'environnement rappelle que "l’objectif de réduction de 50% des usages de pesticides est l’un des acquis les plus structurants du Grenelle", et qu'il concerne tout le monde : "agriculteurs toutes productions confondues, collectivités, jardiniers, agents de la voirie, etc".

Le Réseau Action Climat regrette "un bilan amer sur les transports et le bâtiment", avec un recul sur les projets autoroutiers, qui seront menés à leur fin, et sur les objectifs "médiocres" de rénovation énergétique des bâtiments anciens et des logements sociaux.

Le Grenelle 1 doit être soumis en seconde lecture à l'Assemblée nationale, et reviendra ensuite au Sénat.
L'examen du Grenelle 2, "boite à outil" du Grenelle 1 aura lieu en mars, l'ensemble des projets de loi du Grenelle devant être voté avant le mois de juin.

dimanche 18 janvier 2009

Le projet de loi « Grenelle 2 »

Si vous ne supportez plus d’entendre parler du Grenelle de l’Environnement et de continuer à voir les choses se dégrader. Si vous êtes déçus, irrités, exaspérés par tous ces discours et que vous attendez du concret et pas des paroles, peut être ne lirez-vous pas ce billet…

S’il vous reste quelque espoir qu’il en sorte quelque chose, peut être serez-vous intéressé par ce résumé de ce qu’est le projet de loi « Grenelle 2 »

Sensé décliner les engagements du Grenelle en mesures concrètes, ce projet de loi a été présenté le mercredi 07 janvier 2009 en conseil des ministres.

Selon Jean-Louis Borloo le projet de loi « Grenelle 2 », ou projet de loi d’engagement national pour l’environnement, constitue

« la boîte à outils juridiques du Grenelle de l’environnement ».

Pour Sébastien Genest, Président de France Nature Environnement, le projet de loi « Grenelle 2 » est une

« boite à outils intéressante pour appliquer les engagements du Grenelle de l'environnement et rattraper le retard de la France dans le respect du droit européen. Mais c'est une boite à outils incomplète pour une relance vraiment verte. A titre d'exemple, il faut revoir notamment les dispositions relatives à la gouvernance verte des entreprises : bilans carbone, information environnementale, responsabilité des sociétés mères, lutte contre le « greenwashing ».

Après l’intervention d’un premier projet de loi de programme adopté en conseil des ministres le 11 juin 2008 et voté en première lecture à l’Assemblée nationale, puis de la loi de finances pour 2009, le projet de loi « Grenelle 2 », projet de loi d’engagement national pour l’environnement « constitue le troisième pilier de la mise en œuvre législative du Grenelle de l’environnement », estime le ministre de l’écologie. Le projet de loi « Grenelle 2 » « offre ainsi de nouveaux outils juridiques et techniques aux acteurs de terrain, à commencer par les collectivités locales. »

Voici, la présentation des principaux points du projet de loi « Grenelle 2 », comme le ministre de l’écologie les a présentés au Conseil des ministres, avec ensuite l’avis de FNE.

Habitat et urbanisme

Pour Jean-Louis Borloo, le projet de loi « Grenelle 2 » renforce l’exigence de diagnostic de performance énergétique et entame une modification importante du code de l’urbanisme pour l’adapter aux enjeux du développement urbain durable. Pour Christian Garnier, vice président de FNE, « ce texte contribuera aux économies d'énergie des bâtiments, même si l'on pouvait aller plus loin et plus vite, notamment dans le tertiaire. Côté urbanisme, il comporte des avancées tout à fait intéressantes en fixant des objectifs environnementaux et énergétiques à la planification territoriale. Autres points positifs : la création des plans climats territoriaux, des schémas de cohérence écologique, l'économie de la consommation d'espace. Au passif : l'absence d'encadrement sérieux pour de très nombreuses communes soumises à de fortes pression d'urbanisation (résidentielle, commerciale ou tertiaire). La lutte pour un aménagement du territoire vert continue ! »

Transports

Le projet de loi « Grenelle 2 » adapte la législation actuelle afin de privilégier des modes de transport durables et d’en réduire les nuisances.

Pour Michel Dubromel, pilote du réseau Transports de FNE : « Ce projet de loi permet de transposer la directive « Eurovignette » et la mise en place d'une redevance Poids Lourds. Mais au-delà de ces dispositions du Grenelle 2 doivent, il reste à mieux financer les modes alternatifs de déplacements par l'instauration d'un surpéage en zones sensibles (zones de montagne ou zones urbaines) et par l'instauration de droits régulateurs dans les zones à forte pollution ».

Energie

Le projet de loi « Grenelle 2 » renforce la planification des énergies renouvelables dans le respect des enjeux de qualité de l’air et de prise en compte du changement climatique. Le projet de loi « Grenelle 2 » étend le dispositif des certificats d’économie d’énergie et il encadre le développement des dispositifs expérimentaux de stockage de CO2.

Pour Christian Garnier, « tout en regrettant que les entreprises de moins de 500 salariés ne soient pas assujetties à un bilan carbone, on doit aussi se féliciter de ce que les agglomérations de plus de 50 000 habitants soient tenues d'adopter un plan territorial pour le climat pour le 31 décembre 2012, comme FNE l'avait demandé lors du Grenelle ».

Biodiversité

Le projet de loi « Grenelle 2 » instaure pour la première fois la notion de continuité écologique des territoires par la création de la « trame verte » et de la « trame bleue ». Il instaure une certification de la qualité environnementale des exploitations agricoles et des produits de la pêche. Il renforce la protection des zones humides et de la qualité des eaux. Enfin il reconnaît au travers d’une stratégie nationale de la mer l’importance de la biodiversité marine dont la France est dépositaire.

Pour Christophe Aubel, pilote du Pôle nature de FNE, « la trame verte et bleue est le sujet phare du Grenelle en matière de biodiversité, nous saluons donc le fait que la loi 2 introduise la TVB dans le droit de l'urbanisme, c'est le seul moyen d'être réellement efficace et c'est donc un acquis important. Mais la TVB ne sera pas faite par la seule loi 2, or nous restons inquiets de la façon dont elle sera concrètement élaborée et gérée: un gros effort d'inventaire de terrain est nécessaire, la question de la gestion et de son financement reste posée, surtout nous serons très vigilants sur la façon dont la TVB devra être prise en compte par les infrastructures". La loi Grenelle 2 s'inscrit dans la dynamique positive instauré par le Grenelle en matière de Biodiversité, mais cette dynamique doit aussi exister hors l'élaboration des lois".

Santé, environnement et gestion des déchets

Le projet de loi « Grenelle 2 » renforce les dispositifs de protection des habitants face aux diverses nuisances sonores, radioélectriques et lumineuses. Il améliore le cadre juridique applicable aux circuits de valorisation et d’élimination des déchets.

Pour José Cambou, pilote du réseau Santé Environnement de FNE : « En ce qui concerne la téléphonie mobile et les équipements radioélectriques (doudous communicants par exemple), nous trouvons ce texte positif car son objectif est clairement la protection de personnes très vulnérables que sont les enfants jeunes. Nous saluons une avancée : que le contrôle régulier des champs électromagnétiques induits par les lignes de transport d'électricité devienne obligatoire avec les résultats rendus publics, mais nous aurions voulu plus dans la mesure où les effets sanitaires des lignes à très haute tension restent objets de controverses.

Gouvernance et information

Le projet de loi « Grenelle 2 » introduit l’obligation d’un bilan d’émission de gaz à effet de serre (GES) pour les grandes entités publiques ou privées, il complète les dispositifs de responsabilité environnementale des entreprises et prévoit, à terme, l’information des consommateurs sur le bilan d’émissions de GES des produits mis sur le marché. Il confirme le choix des partenaires du Grenelle de l’environnement de privilégier une concertation élargie avant les décisions publiques dès qu’un impact significatif sur l’environnement est en jeu. Il simplifie et unifie les procédures d’étude d’impact et d’enquête publique.

Raymond Léost, vice président de FNE précise que « nos associations regrettent que tout le discours publicitaire ou de développement durable irresponsable ou trompeur ne soit pas sanctionné. Autrement, l'extension bienvenue du rapport sociétal et environnemental à tous les établissements financiers et aux collectivités territoriales reste un vœu pieux ».

Marc Sénant, chargé de mission Risques industriels à FNE précise que « le Grenelle n'a pas permis de beaucoup avancer sur la prévention des risques industriels et le Projet de loi Grenelle 2 s'en ressent. Les dispositions sur la responsabilité des sociétés mères ou l'obligation d'information des acheteurs de terrain n'apportent rien de révolutionnaire. Sans compter qu'au même moment, l'Assemblée nationale va débattre d'un projet de simplification de la procédure d'autorisation des installations classées qui ne simplifie pas la vie des associations ! »

Source : www.actualites-news-environnement.com

Au dela de l’avis de FNE

L’Alliance pour la planète salue de nombreuses dispositions de la loi Grenelle 2 mais pointe aussi les multiples contradictions avec les objectifs du Grenelle, considère que le gouvernement a déjà reculé sur plusieurs points et aussi qu’il il manque toujours des mesures structurantes. Pour l’Alliance, le Grenelle 2 n’est toujours pas la grande rupture annoncée.

Pour plus d’information

Lire le communiqué de FNE.
Voir le communiqué de l’Alliance pour la planète.
Plus de détail sur le contenu du projet de loi sur Cdurable.info

Et la suite ?

Le texte dit "Grenelle 1" donne les objectifs à long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre et définit des objectifs à moyen terme sur les secteurs-clés que sont le logement, les transports ou encore l'énergie. Il a été voté le 21 octobre 2008 en première lecture à l'Assemblée Nationale mais n’a pas encore été voté par le Sénat qui l’examinera à partir du 27 janvier 2009.

Jean-Louis Borloo, a dit espérer que le « Grenelle 2 » sera discuté en mars au Parlement afin de "tout boucler avant l'été".

Mon avis

Peut-on espérer voir rapidement une traduction concrète dans les faits nationaux, régionaux, locaux ?
A la hauteur de ce qui est nécessaire pour infléchir la tendance actuellement dramatique d’évolution des problèmes majeurs en matière d’environnement ?
Quand je vois certains projets, certaines décisions, je peux en douter…
Bien sur, certaines dispositions iront dans le bon sens…

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jeudi 16 octobre 2008

16 octobre : mauvaise fête à Edvige 2 !

Nous sommes le jour de la sainte Edvige !

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Évidemment c’est aujourd’hui que le collectif « Non à EDVIGE » a choisi pour manifester son opposition à la seconde mouture du projet de loi relatif au fichier EDVIGE. Si vous n’avez pas suivi le premier épisode, je vous engage à lire notre billet.

Suite au tollé provoqué par ce projet, le gouvernement a sorti une seconde version. Certains points ont été retirés, à savoir l’orientation sexuelle et le droit à l’oubli pour les mineurs dont les informations seront effacées à leur majorité sauf si un élément nouveau est intervenu.

Mais que reproche le collectif « Non à EDVIGE » à Edvige 2 ?

Deux finalités très différentes sont toujours amalgamées : enquêtes administratives et suspicion de risques pour la sécurité publique. Par ailleurs rien n’indique que le fichage départemental des « personnalités » sera dénué de tout danger puisque aucun texte n’est encore paru à ce sujet.

Les enfants sont toujours fichés, dès 13 ans, avec un « droit à l’oubli » en trompe l’oil.

Les enfants comme les adultes sont toujours fichés sur de simples suspicions, sans avoir commis aucune infraction.

Des données extrêmement sensibles sont toujours collectées et traitées : origines « raciales » ou ethniques, opinions philosophiques, politiques ou religieuses et appartenance syndicale.

A ce qu’il semble :

Les représentants syndicaux, les responsables associatifs et élus sortent tous quant à eux du nouveau fichier. Ils vont entrer dans un « répertoire de personnalités » qui sera consigné dans chaque préfecture. Ce répertoire ne devrait contenir « que des informations publiques », guère plus que le Who’sWho…

Les données ne seront plus collectées que dans la mesure où elles concernent des personnes « dont l’activité individuelle ou collective indique qu’elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique » ainsi que les personnes entretenant ou ayant entretenu des relations non fortuites avec elles. Le fichier Edvige concernera également des personnes travaillant dans des « secteurs ou des domaines sensibles ». Une notion qui contient une réelle part de subjectivité selon le gouvernement qui la manie.

1 500 policiers (et non plus 4 000) pourront consulter Edvige. Ils disposeront d’une habilitation écrite émanant de la Direction de la sécurité publique. Toute consultation du fichier sera traçable.

Pour plus d’information sur les manifestations du 16 octobre et la position du collectif : http://nonaedvige.ras.eu.org/

mercredi 8 octobre 2008

La loi Grenelle 1 en discussion à l'assemblée Nationale

Un an après le Grenelle de l'environnement, un premier projet de loi, dit Grenelle 1, est soumis aux députés. Cette loi d'orientation est chargée de traduire au plan législatif les 268 engagements adoptés au terme des tables-rondes de la fin octobre 2007.

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Les avis sont très partagés, même au sein des associations.

France Nature Environnement et les autres membres de l’Alliance pour la planète souhaitent que les députés votent ce texte massivement :

Pour Sébastien Genest, président de FNE : « Nous sommes convaincus que les parlementaires peuvent faire converger leurs positions : les acteurs du Grenelle de l’environnement ont, eux, réussi à trouver un compromis. Un vote massif voire unanime du projet de loi Grenelle I, qui peut encore être amélioré, serait un signal formidable, pour donner le départ d’une vraie transformation de notre société ».

Pour Allain Bougrain-Dubourg : « Nous prenons acte de certaines avancées du texte en Commission, laquelle a notamment enrichi les dispositions du projet de loi relatives à la biodiversité notamment. Ainsi, le projet de loi engage le débat sur le prix du vivant ou la compensation de la biodiversité. Il est encore possible de donner plus de souffle à ce projet de loi et un vote massif des parlementaires sera la meilleure garantie pour qu’il ne demeure pas un chiffon de papier, comme tant de lois restées inappliquées ! »

Christophe Aubel, directeur de la Ligue ROC ajoute : « En Commission, les députés ont fait progresser la prise en compte de la biodiversité en introduisant le respect des continuités écologiques dans le droit de l’urbanisme. Nous espérons que les débats permettront de poursuivre sur cet élan favorable en plaçant les sciences naturelles à tous les niveaux de l’éducation et de la formation. Permettre à tous d’appréhender que la biodiversité conditionne notre avenir et celui de nos enfants est vital ».

FNE a suivi avec attention les débats au sein de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Depuis la récente révision de la constitution, c’est en effet la copie de la Commission et non celle du Gouvernement qui sera débattue en séance publique par les députés.

Les points noirs qui demeurent dans le texte : > - Le privilège accordé à l’énergie, essentiellement nucléaire, dans la recherche de l’objectif de 50kwh/an - Le principe d’une compensation de l’éco-taxe acquittée par les poids lourds - La priorité donnée à la valorisation énergétique des déchets, par manque de précisions, ouvre la porte à plus d’incinération

Les avancées du texte en Commission : > - Le principe du renversement de la charge de la preuve. - L’interdiction de la vente des lampes à incandescence fin 2010. - Une définition des sources d’énergie renouvelable qui ne comprend pas le nucléaire. - La politique durable des transports donne la priorité en matière ferroviaire au réseau existant (art.10), avec un objectif ambitieux : faire évoluer la part de marché du non routier en transport de marchandises de 14 à 25 % à l’échéance 2022. - Le principe de préservation des continuités écologiques dans le droit de l’urbanisme.

Greenpeace est bien plus réservé :

Nous allons voir dès demain si la majorité UMP s'apprête à nous faire le même coup que sur les OGM : réduire un texte qui est déjà en recul par rapport au consensus d'octobre 2007. »

La mort du fameux « dialogue à cinq » Le Grenelle de l'environnement a avant tout été un exercice inédit de démocratie participative grâce au « dialogue à cinq ». Ce processus, garantie de la qualité et de la nature résolument moderne des décisions issues du Grenelle, est mort dès octobre 2007. Le projet de loi Grenelle 1 a ainsi été arbitré sans que les acteurs du Grenelle n'aient jamais été consultés

Un projet de loi déjà en recul par rapport au Grenelle Le traitement de dossiers comme la contribution climat/énergie et le schéma national des infrastructures de transport n'a toujours pas débuté, alors que des projets autoroutiers continuent d'être mis en œuvre. La décision unilatérale de construire un 2e réacteur nucléaire EPR est une trahison totale de la feuille de route énergétique du Grenelle, qui faisait de l'efficacité et des renouvelables les deux priorités absolues.

Par ailleurs, le projet de loi déjà délavé menace d'être réduit à peau de chagrin part certains amendements, en particulier celui proposé par Patrick Ollier, qui favorise le chauffage électrique dans les constructions neuves. « Voilà une tentative d'affaiblir la réglementation sur l'isolation des bâtiments, qui est un des points forts du projet de loi, affirme Pascal Husting. Cet amendement impliquerait un seuil de consommation d'énergie de 140 % plus élevé que celui décidé à l'issu du Grenelle. Voilà qui alourdirait considérablement la facture énergétique des ménages. »

Greenpeace appelle députés et sénateurs à redresser le tir !
Greenpeace appelle donc les parlementaires à amender le projet de loi pour qu'il retrouve l'ambition des conclusions du Grenelle. En particulier, ils doivent soutenir trois amendements déposés en commission des Affaires économiques : - l'engagement de la France à développer les renouvelables d'ici à 2020 à hauteur de 23 % de la consommation d'énergie, au lieu des 20 % proposés par le gouvernement ; - l'interdiction des ampoules à incandescence en 2010, mesure décidée lors du Grenelle, puis tombée aux oubliettes, qui permettrait à la France d'économiser près de 11 tWh par an, l'équivalent de la production du futur EPR; - la réaffirmation que la France doit soutenir un objectif de 120 g de CO2/km d'ici à 2012 dans le cadre des discussions sur la législation visant à limiter les émissions de CO2 des voitures, qui doit être bouclée sous peu par l'Union européenne.

« Avec le projet de loi Grenelle 1 se joue une partie de la crédibilité de la France, présidente de l'UE jusqu'en décembre, conclut Pascal Husting. Les députés devront se souvenir demain des mots prononcés par Nicolas Sarkozy le 25 octobre 2007, en clôture du Grenelle : “La France ne peut pas espérer que son appel sera entendu si elle ne s'impose pas à elle-même l'exigence la plus forte. Comment devenir un exemple, si on n'est pas capable de s'appliquer à soi les règles que l'on voudrait voir retenues par les autres ?" »

Mon avis

Je dois dire que les travaux du Grenelle en 2007 m’ont déjà laissés perplexe quand à la volonté du pouvoir en place de vouloir vraiment prendre les problèmes à bras le corps. J’ai pensé en pense encore que certaines associations où leurs représentants se sont laissés prendre au jeu de la reconnaissance par les instances dirigeantes et y ont laissé un peu d’eux-mêmes.

Évidemment dans toute discussion, tous travaux de ce genre comportent leur part de négociation et donc de concession. Un résultat moindre que celui espéré, des avancées mêmes imparfaites ou faibles sont-ils mieux que rien ? Sommes nous dans une situation (écologique locale, nationale, mondiale) où nous pouvons accepter de faire les choses à moitié ?

Maintenant l’heure est à la concrétisation des « engagements » de 2007. A la législation et au financement des mesures.

Parmi les principaux reculs ou risques résultant de l’action de certains lobbys peut être… - Le recul de la norme de pollution automobile par le CO2 (130g en 2015 alors que les associations militent pour un objectif raisonnable de 120g / km en moyenne pour 2012 et 80g pour 2020). - Le recul de l’objectif de réduction de consommation énergétique des bâtiments en faveur de l’énergie électrique (nucléaire ?) par l’amendement Ollier. - Une trop belle part donnée à l’incinération pour le traitement des déchets.

Alors, la loi Grenelle 1, c’est mieux que rien ?
On prend tel quel où l’on exige la tenue des engagements initiaux ?
Allez, quitte à avoir perdu un peu d’âme dans la négociation l’année dernier, gardons tout ce qui nous reste en n’en lâchant pas plus…

vendredi 27 juin 2008

Un air qui tue

Fin juin 2008 le gouvernement français rendra public son « plan particules » issu du « Grenelle de l’environnement » et qui pourrait être mis en vigueur en 2009.

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Les particules contenues dans l’air sont classées en 3 catégories :

- les grosses particules, de diamètre supérieur à 10 micromètres (1 micromètre = 0, 000 001 mètre)
- les particules grossières de diamètre compris entre 10 et 2,5 micromètres (PM 2,5-10)
- les particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètre (PM2,5)

Une étude vient d’être publiée par l’Institut de Veille Sanitaire, elle montre que la pollution par les particules dans l’air ambiant augmente le risque de mortalité en France. Sur l’ensemble des neuf villes françaises étudiées, le nombre journalier de décès est significativement associé aux niveaux de polluants gazeux ou particulaires le jour et la veille. L’excès de risque de décès est de 2,2% pour une augmentation de 10µg/m3 des niveaux de PM 2,5 et de PM 2,5-10, ainsi que de 0,9% pour l’ozone. Il est plus marqué chez les personnes de plus de 65 ans et pour la mortalité cardiovasculaire et cardiaque.

Ces résultats sont cohérents avec ceux obtenus dans les études internationales. Il s’agit des premiers résultats français qui quantifient le lien entre la pollution par les particules fines et grossières, et le risque de mortalité. Cette étude confirme donc que pour les niveaux de pollution atmosphérique couramment rencontrés en milieu urbain, la qualité de l’air présente une menace pour la santé des populations.

La dangerosité des particules fines

Les particules fines sont particulièrement dangereuses pour la santé car elles pénètrent dans l’appareil respiratoire plus profondément que les particules plus larges. Les PM2,5 ont surtout pour origine des réactions chimiques dans l’atmosphère et la combustion de carburant (gaz d’échappement des véhicules, production énergétique, installations industrielles, foyers domestiques, brûlage agricole).

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Quels objectifs viser ?

Le groupe « Grenelle santé et environnement » a demandé que soit fixé pour les particules fines, un objectif à terme de 10 microgrammes/m3, avec comme première étape, dont la date est à fixer, 15 microgrammes/m3. D’après l’AFP, des actions seront menées sur les chauffages domestiques, les industries, les transports et l'agriculture. Alors qu’une nouvelle directive européenne sur l’air impose aux Etats membres une valeur cible de 25 µg/m3 pour les PM 2,5 à atteindre d’ici 2010, la France s’est fixé une valeur cible de 15 µg/m3 pour 2010, qui sera obligatoire en 2015, «avec l'idée à terme de se conformer aux 10 µg/m3 préconisés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS)», a précisé Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les prochains règlements et lois nous garantiront-ils un air sain ?

mercredi 11 juin 2008

Adoption par le Sénat du projet de loi sur la responsabilité environnementale

Le texte de loi transposant la directive européenne sur la responsabilité environnementale, et l'application du principe pollueur-payeur, devrait être adopté par le parlement d'ici fin juin.

Cette loi s'appuie sur le principe "pollueur-payeur" et prévoit qu'une entreprise reconnue responsable de dommages graves causés aux espèces faune et flore et aux habitats naturel, à la qualité des eaux et à l'état des sols, doit désormais financer les mesures de prévention et/ou de réparation des dégâts, jusqu'à présent à la charge de l'État.

Cette loi sur la responsabilité environnementale reconnaît le préjudice écologique, et ouvre la possibilité de demander réparation pour ce préjudice qui concerne la nature, et pas seulement la santé humaine.

La responsabilité des entreprises en matière d'environnement sera accrue. Le principe pollueur-payeur devrait être appliqué, mais il dépendra des moyens attribués par l'État français, notamment aux inspecteurs des installations classées par exemple.

Une réparation du préjudice de pollution pourra être demandée par les collectivités locales aux entreprises.

Mais la transposition française de la directive européenne reste limitée : les personnes physiques et morales ne peuvent pas saisir l'administration pour un dommage environnemental en France. De plus, la version française n'oblige pas les entreprises à provisionner le financement des dommages environnementaux.

Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement a déclaré qu'il était "frustré d’un débat". Ce projet de loi avait été déposé en 2007 par Nelly Olin, alors ministre de l'écologie, et a traîné pendant une année.

La précipitation soudaine à transposer plusieurs directives européennes relatives à la protection de l'environnement, sur lesquelles la France avait pris beaucoup de retard, juste avant la présidence française de l'Union, précipite également les débats. Une méthode «pas très satisfaisante dans l’optique du Grenelle», selon Arnaud Gossement.

Le Sénat a adopté le projet de loi le 28 mai.

France Nature Environnement, la Ligue pour la Protection des Oiseaux et la Fondation Nicolas Hulot demandent au gouvernement de décaler la date d’examen du projet de loi sur la responsabilité environnementale, si celui-ci doit en effet intégrer la transposition d’un paquet de directives, et de ne pas déclarer l’urgence sur le texte, limitant son examen à une seule lecture par chambre.

FNE, la LPO et la FNH ont des propositions d’amendements sur ce texte, qui sont consultables à l’adresse suivante : http://www.fne.asso.fr/GP/actualite/PL_RE_amendements.pdf

Novetic a publié une interview d’Arnaud Gossement sur ce sujet.