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vendredi 9 décembre 2016

Trashed, la terre n'est pas une poubelle


Vu de l’espace, tout à l’air beau sur notre planète. Il faut se rapprocher pour se rndre compte de la réalité. Des monceaux de déchets en un tas gigantesque de plusieurs dizaines de mètres de haut ont remplacé les baigneurs sur la plage.
Les premières images du film « Trashed » présentent les déchets Libyens qui se déversent dans la mer. Une séquence choc qui me rappelle quasiment les mêmes dans un documentaires datant lui aussi d’il y a quelques années, tourné sur les côtes espagnoles.

« Trashed » nous montre la situation catastrophique et les dangers que les déchets de notre civilisation consumériste fait peser sur notre santé et plus largement celle du monde vivant. Déplaçant sa caméra un peu partout de par le monde, Candida Brady nous montre des images terribles de pays où il n’existe aucune gestion publique des ordures, où en certains endroits les habitants vivent sur leurs déchets, se lavent et boivent une eau qu’ils ont eux-mêmes polluée.
Le documentaire aborde uniquement la question des déchets ménagers, ceux que nous produisons au quotidien, peut être pour mieux nous sensibiliser. Nos pays occidentaux figurent en bonne place dans le film qui traite longuement des incinérateurs et des nombreux toxiques qu’ils relâchent, avec en particulier les bien connues dioxines. Dioxines qui, comme d’autres produits chimiques (dont certains furent volontairement répandus, comme l’agent orange…), sont responsables de malformations dont soufrent de nombreux enfants. Les images en sont difficilement supportables.

La terrible et généralisée pollution des océans pas nos plastiques est abordée en détail. J’y suis particulièrement sensible et les images m’en sont familières comme celles du ramassage-nettoyage des plages, activité incontournable de nos balades familiales sur le sable de notre littoral atlantique. Là bas, les plages regorgent d’un plastique qui échappe à l’attention de la grande majorité des occupants, enduits de crème solaire, allongés sur leur serviette… Oiseaux et animaux marins en pâtissent directement par ingestion ou étouffement mais aussi, de manière plus insidieuse, à cause des polluants chimiques relâchés et, pire encore, par ceux qui sont attirés par l’énorme quantité de plastique contenue dans l’eau. Certaines parties de l’océan, là où les courants sont circulaires, voient se créer un 8ème continent de plastique. Ces eaux contiennent davantage de plastique que de plancton. L’océan se meurt. Nous en sommes responsables.

D’une approche classique pour ce genre de documentaire qui se veut sensibiliser, aux images choc succèdent d’autres qui se veulent porteuses d’espoir. Elles nous montrent des solutions mises en place localement, comme cette boutique qui vend des produits en vrac ou à faible emballage et qui ne produit qu’un petit sac de déchets non recyclables chaque année.
Il est clair que des solutions existent pour réduire notre production de déchets de manière plus ou moins importante et pour développer le recyclage.
Candida Brady occulte malheureusement la voie qui devrait être privilégiée, celle de la nécessaire décroissance de la production matérielle et donc de la consommation. Mieux consommer est nécessaire, moins consommer est indispensable. Ce n’est sans doute pas l’idée avec laquelle le spectateur sort de la salle de projection. Je ne doute cependant pas des qualités éducatives de ce film britannique, nécessaire et fort bien fait, aux images choc et à la musique composée par Vangélis. Il aura quand même fallu attendre 4 ans pour le voir diffusé dans nos salles françaises.

Pour plus d’information

http://www.trashedfilm.com/

mardi 2 octobre 2012

Tous cobayes ?


OGM et nucléaire ont en commun la capacité d’altérer notre monde sur le long terme.
Ces technologies sont irréversibles et provoquent une contamination omniprésente.
C’est ainsi que le nouveau film de Jean-Paul JAUD, « Tous cobayes ? » relie ces deux sujets dont il nous expose les dangers et les conséquences humaines.

Dans la lignée de « Nos enfants nous accuseront » et de « Severn », JAUD nous offre un film militant qui colle à l’actualité de la publication récente de l’étude de Gilles-Eric SERALINI, résultat d’une expérience menée pendant deux ans sur 200 rats nourris avec un maïs OGM et du pesticide Roundup. Une première mondiale dont le film « Tous cobayes » nous dévoile quelques aspects et images inédites tournées dans le laboratoire.
Deux sujets s'entremêlent, OGM et nucléaire, avec pour chacun une personnalité en première ligne.

Corine LEPAGE pour les OGM, fondatrice du CRIIGEM avec Gilles-Eric SERALINI. On comprend bien pourquoi cette association a été particulièrement impliquée dans cette expérience inédite dont l’objectif était de mettre en évidence les effets à long terme des OGM sur la santé, alors que les expérimentations menées par les semenciers n’excèdent pas deux mois. Une durée bien évidemment insuffisante, ce que démontre l’étude de SERALINI et son équipe qui ont observé les premiers signes de maladie chez les animaux dès 3 mois après le début du protocole.
JAUD nous montre les conditions de secret et de rigueur dans lesquelles une telle expérimentation a dû être menée. Les images des animaux atteints de tumeurs allant jusqu’à 20% de leur poids sont très difficiles. Et encore que ce sont des animaux. Imaginez une femme ayant une tumeur au sein faisant 20% du poids de son corps…
Les faucheurs d’OGM que nous voyons en action auraient donc raison. Nous assistons aux manifestations en leur soutien, en particulier à Versailles où 58 faucheurs passaient en jugement. Une belle solidarité face au lobby des semenciers, son opacité et son mensonge que Jean-Paul JAUD considère comme de son devoir de dénoncer.

Comme dans « Nos enfants nous accuseront », les conséquences des pesticides sur les agriculteurs sont rapportées par des agriculteurs eux-mêmes. Tel avoue son impuissance résultant de son exposition aux produits phytosanitaires, tel autre confie son inquiétude de l’avenir pour ses enfants du fait du cancer qui le ronge. Il décédait trois mois après le tournage.
Les témoignages de dockers révèlent leur exposition moins connue aux OGM. JAUD nous les montre aux commandes de bulldozers décharger les cales des navires qui nous acheminent chaque année des centaines de milliers de tonnes de soja transgénique, aliment du bétail qui finira dans nos assiettes. Incroyable est la vision de ces engins, de ces hommes qui évoluent dans ces cales immenses, au milieu d’une poussière incommensurable de soja OGM. Les masques qu’ils portent peut-il suffire à leur protection ? Comment le croire…


Soutes d’un bateau transportant du soja OGM - Photo : anonyme
©Photo J+B Séquences

Michèle RIVASI nous accompagne dans les parties du film consacrées au nucléaire. Parlementaire européenne, elle s’est déplacée au Japon, évidemment en rapport à la catastrophe nucléaire de Fukushima. Certains aspects de manifestations japonaises antinucléaires ressemblent aux nôtres. Des spécificités culturelles sont cependant marquantes, comme cet homme qui supplie le gouvernement de protéger les enfants. Le rôle de la Police aussi peut surprendre un occidental par les ordres prodigués quant à la direction à prendre ou pour demander la dispersion de la manifestation.


Tokyo - Japon- 11 juin 2011 - Photo : Béatrice Camurat Jaud
©Photo J+B Séquences

Comme à son habitude JAUD donne la parole. Notre gorge se serre en voyant les paysans japonais désespérer de ne plus jamais pouvoir cultiver normalement, en écoutant la femme de cet agriculteur qui s’est suicidé dans la plus pure tradition japonaise pour montrer son désaccord face aux évènements et conséquences de la catastrophe nucléaire de Fukushima.
Michèle RIVASI présente à une jeune japonaise le film d’une réunion où des japonais expriment leur mécontentement concernant le relèvement du seuil de dose de radioactivité acceptable 1msV à 20msV. Le nouveau seuil correspond dans notre pays à celui de travailleurs du nucléaire. Il permet de ne pas évacuer de nombreuses zones contaminées. Les responsables politiques se montrent incapables de leur apporter une réponse valable. Michèle RIVASI referme l’écran de son ordinateur et nous découvrons que la jeune japonaise est enceinte. Elle nous fait part de ses inquiétudes.


Iitate - Michèle Rivasi et des habitants de la ville d’Iitate - Préfecture de Fukushima - Japon - 13 juin 2011 - Photo : Jean-Paul Jaud - ©Photo J+B Séquences

Radiamètre à ma main, revêtue d'une combinaison de protection, Michèle RIVASI montre que certains zones encore habitées devraient être évacuées.
La population le sait. Inutile de se protéger se sachant irradiés. Un responsable laisse l'équipe filmer alors qu'il devrait l'interdire. Le drame d’un accident nucléaire c’est cela aussi.

La mise en image des cartes réalisées par Greenpeace pour montrer l'énorme étendue du territoire français qui serait contaminé en cas d'accident nucléaire fait froid dans le dos.

La bande son ravira les amateurs de percussions. Deux groupes de talent, un africain et un japonais renforcent magnifiquement la puissance des images de celle de leur musique. La colère que semble exprimer l’artiste japonaise qui mène le groupe semble bien mêlée de désespoir. Deux sentiments que l’on retrouve dans les témoignages de la population sinistrée de Fukushima. Musique et images se marient avec excellence pour transmettre au spectateur l’émotion de la population japonaise.

Un excellent film malgré quelques rares longueurs, qui renforcera le militant dans ses convictions, et qui pourra l’oppresser aussi tant il excite notre sensibilité aux problèmes humains et environnementaux que posent nucléaire et OGM. Hors de toute technique, le film est accessible à tous et est adapté à une grande audience. Espérons une diffusion élargie à des salles hors circuit spécialisé et militant, seule à même de sensibiliser et motiver un plus large public. Il y a urgence tant à voir le film qu’à se mobiliser !

Pour plus d’information

http://touscobayes.tumblr.com/

mardi 20 mars 2012

Retour aux sources

Avec Retour aux sources, Bernard Blancan devient réalisateur. Le double sens du titre de son documentaire entretien le doute quant au sujet principal de son premier film. Est-ce l'histoire familiale qu'il raconte avec pudeur et sensibilité ou bien est-ce ces dons de sourcier et de guérisseur dont il nous montre la mise en pratique par le biais de quelques expériences ?
Les deux sujets sont entremêlés et aucun des deux ne prévaut.

Cette histoire de famille, la sienne, qu'il nous raconte ici est touchante. Élevé par une nourrice pendant ses premières années, c'est à l'âge de quatre ans qu'elle lui annonce son départ pour aller vivre avec sa famille, sa mère Vivette, son père et son frère.
Alors qu'il a quatorze ans, Vivette lui apprend que son père n'est pas son père biologique. Ce secret étant partagé, elle lui demande de ne pas en parler.

En 2006, à l'approche de ses cinquante ans, son père malade n'ayant plus toute sa tête, Bernard recherche André, son géniteur. Un retour aux sources qui s'accompagne bien vite d'un second, tout autre, car André est sourcier et lui fait découvrir les baguettes.
Bernard nous fait partager ses rencontres avec André, les fils de ce dernier et ses propres fils à qui il fait découvrir André et la sourcellerie. Des moments consacrés à la recherche de l'eau, baguettes en main. Tous ne sont pas aussi doués en la matière. André et Bernard pratiquent avec succès la recherche de l'eau et ont tous deux des capacités de guérison qu'ils n'ont pas poussées bien loin.
Le grand-père d'André lui aussi était guérisseur. Cela tient clairement de famille.


André et Bernard

Bernard a besoin de preuves. Il doute. La réaction des baguettes et des autres accessoires qu'il utilise ne suffit pas. Il réalise plusieurs expériences avec André et un autre sourcier rencontré par un forum internet. Nous assistons à des résultats assez concluants. Ayant un temps exercé comme sourcier professionnel, Bernard effectue une recherche pour un client. Le forage qui s'ensuit révèle bien la présence d'eau à l'endroit indiqué par les baguettes mais, déception, le débit est bien plus faible que celui estimé et est insuffisant pour le matériel approvisionné par le client. Un échec.

Revenons à l'histoire de Bernard. A leur première rencontre, André ne croyait pas voir en lui son fils. Il ne connaissait pas son existence ne pensait pas être le père de l'enfant que sa proche voisine, Vivette, attendait alors qu'elle avait quinze ans et que lui, partait pour la guerre d'Algérie. Le secret étant levé, l'histoire se raconte dans les familles concernées. Le film de Bernard a provoqué des remous et des insomnies. Certains pensent qu'il aurait encore dû attendre, d'autres que c'est bien ainsi, l'histoire n'étant pas dramatique. Une séquence pleine d'émotion montre Vivette et son mari, de dos, alors qu'ils entrent dans leur maison. Ce sont les seules images que nous verrons de ce père malade avec celle, touchantes, de ses mains en gros plan.

Lorsqu'il a apprit le magnétisme, Bernard a essayé d'agir sur la maladie de son père mais il était trop tard. Il n'a rien dit à sa mère qui nous livre sa pensée en quelques images : elle ne croit pas trop à ces trucs là, peut être même pas du tout…

Bernard Blancan conclue son film sur une interrogation. Comment le magnétisme agit-il ? Il ne le sait pas, mais la science elle-même démontre certains phénomènes sans savoir les expliquer, en physique quantique par exemple avec la propriété d'intrication. Bernard va continuer ses expériences pour essayer de comprendre les phénomènes parapsychologiques mais, sourcier, il arrête… du moins c'est moins nécessaire…

Un documentaire touchant de par cette histoire très personnelle qui nous est livrée avec simplicité et sincérité. Les membres de la famille de Bernard interviennent avec naturel et spontanéité. L'alternance et l'imbrication des deux sujets, l'histoire de famille et le don de sourcier donne au film son rythme et contribue largement au caractère sympathique du documentaire dont un des mérites est de démystifier l'art des sourciers et des guérisseurs. Une réalisation de qualité qui mérite amplement, et c'est ce que je lui souhaite, une bonne diffusion dans des festivals, en salle et à la télévision.

France / 2011 / 52 min / couleur
Réalisation : Bernard Blancan.
Directeur de la photographie : Olivier Chambon.
Son : Jean-Jacques Vogelbach.
Montage : Barbara Bascou.
Production: TS Productions.

samedi 18 février 2012

Tous au Larzac


C'est en octobre 1971 que le ministre de la défense Michel Debré annonce la décision d'étendre le camp militaire du Larzac, plateau aride du Massif Central. La centaine de paysans installés là n'en croient pas leurs oreilles et sont d'un coup abattus : on veut leur prendre leur terre, leur vie. Le premier coup au moral passé, quelques uns se réunissent alors qu'ils se connaissaient peu, afin de réfléchir à ce qu'il serait possible de faire contre ce projet. C'est le début d'une lutte incroyable qui dura dix ans.

Le cinéaste Christian Rouaud a réussi un documentaire remarquable de simplicité, de force, d'émotion, avec des moments drôles aussi. Les acteurs de l'époque, les paysans, nous racontent la chronologie des évènements. Leurs visages et leur témoignage émouvant se succèdent, entrecoupés d'images de ce paysage magnifique et rude.

Cette formidable aventure rassembla des acteurs si différents, paysans "pur porc" éleveurs de brebis, maoïstes, hippies, objecteurs de conscience, syndicalistes, ouvriers qu'il est à peine croyable que tout se monde ait réussi à s'unir pour avancer vers la victoire. Car en effet, la victoire fut au rendez-vous, marquant le terme de cette dizaine d'années de combat. La victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1981 mit au pouvoir le candidat qui s'était engagé à abandonner le projet d'extension du camp militaire.

L'aventure fut manifestement énorme. Cette centaine de familles qui pour nombre d'entre elles connaissaient peu du monde extérieur à la terre a réussi à garder le pilotage des actions qu'il fallait pour l'essentiel inventer, des manifestations en convoi de tracteurs, invasion de brebis jusqu'au Champs de Mars à Paris où une ferme commençait à être installée, en passant par de gigantesques rassemblements sur le plateau qui s'est vu constellé de sacs de couchage oranges et bleu… Ces gens qui luttaient pour leur vie ont réussi le pari incroyable, aujourd'hui encore, de garder la main sur leur combat sans se faire récupérer ni dévier de leur idéal de non violence. Mai 68 n'est pas si loin et son souffle a sans doute contribué à chasser les vilains nuages que les militaires et politiques accumulaient sur les terres sèches du plateau.

Le film nous montre quelques images d'époque, trop peu à mon goût. Il laisse brièvement la parole à Michel Debré et Valérie Giscard D'Estaing. Des interventions qui transpirent la froideur et le mensonge. Quel contraste avec l'humanité évidente des paysans qui nous racontent pendant deux heures vite passées, ces moments qui ont marqué leur vie à jamais. Dix ans émaillés de difficultés, de peine avec des coups dur comme le plasticage de la ferme qui aurait pu tuer cette famille avec ses sept enfants, mais aussi de joie et d'intense émotion comme lors des rassemblements ou la construction de cette merveilleuse bergerie de pierre qui témoignera bien longtemps cette formidable entraide.

Pour un militant, ce film fait chaud au cœur. Le GRATE, association écologiste locale de Boussy-Saint-Antoine (91) nous invitait à sa projection jeudi dernier. Une belle occasion de se retrouver entre personnes qui essaient, même modestement, de faire bouger les choses et qui ont souvent besoin de voir que de beaux succès sont possibles !

mercredi 25 mai 2011

Deux visions apocalyptiques

Un titre fort mais qui me semble adapté à ces deux situations que j'ai découvertes par des reportages télévisés.
Je n'en avais jamais entendu parler et ai reçu un certain choc dans les deux cas.

Vu dans envoyé spécial (France 2) le 12 mai : "BTP, le scandale des décharges illégales", des particuliers en France acceptent des quantités considérables de matériaux divers (gravas, déchets etc...) et remblaient leurs terrains jusqu'à en changer complètement le paysage. Des vallons sont complétement comblés.


Ce commerce illégal arrange à la fois le propriétaire qui rentabilise ses terrains inconstructibles et les entreprises du BTP, qui se débarrassent de leurs déchets ou gravats à moindre frais.
L'environnement subit et pas seulement au niveau paysage car les dépôts peuvent contenir des produits toxiques. Tout cela sans aucun contrôle ni mesure de précaution et en toute illégalité y compris dans des zones protégées, Natura 2000 par exemple.
Les pouvoirs publics essaient de lutter contre ces pratiques par des observations aériennes mais leurs résultats semblent bien maigres. De plus, même des collectivités publiques peuvent être impliquées dans de telles pratiques pour certains travaux ! De manière involontaire ?

Pire encore, Thalassa a diffusé le documentaire "Le sang du Nigéria". On y voit notamment de véritables scènes d'apocalypse dans des territoires ravagés par le raffinage "pirate" du pétrole.


Moyennant quelques milliers d'euros, d'anciens employés de l'industrie pétrolière réalisent des piquages illégaux sur des pipelines transportant le pétrole brut à travers des zones de mangroves. Des fuites rendent l'eau noire de pétrole sur des étendues considérables.
Le pétrole brut est convoyé à l'air libre dans des barques de bois jusqu'aux sires de raffinage où des hommes sans protection aucune, pieds et mains nus, déversent avec des récipients de fortune le pétrole dans des alambics improvisés faits de tonneaux métalliques chauffés au bois. Ils récupèrent ensuite les produits pétroliers, de nature différente (kérosène, gaz oil, essence), selon le stade du raffinage. Je suis resté pantois de voir ces pratiques ainsi effectuées avec les conséquences évidentes et inévitables sur la santé de ces travailleurs démunis, dans un environnement de fumée noire et épaisse généralisée, où les arbres temporairement rescapés du déboisement nécessaire au chauffage des alambics sont mourants et complètement noirs.
Lorsqu'un endroit devient inutilisable, les hommes déplacent le site de raffinage un peu plus loin.
L'essence ainsi produite est ensuite vendue "à la sauvette", transvasée depuis des bidons jusqu'aux réservoirs des clients avec un tuyau plastique en siphonnant à la bouche. Le film montre une femme enceinte pratiquer cette activité ! Quelles sont les conséquences pour elle et le bébé ?! Effarant et affligeant. Le pays ne colporte qu'une seule raffinerie, c'est insuffisant explique un "raffineur" qui doit bien se débrouiller pour vivre. Quelle vie !

Deux exemples frappants parmi combien d'autres ?
Le monde va bien mal et peu nombreux sont ceux qui luttent...
De tels reportages servent-ils cette lutte ? Il me semble que oui, la lutte ne pouvant exister qu'après information et prise de conscience. Ils ne sont aucunement suffisants mais sont un des vecteurs d'information.
A saluer donc.

Pour plus d’information

Voir le reportage BTP, le scandale des décharges illégales
Visitez le site Thalassa sur le reportage Le sang du Nigeria

mercredi 23 mars 2011

Water makes money


Réalisation: Leslie Franke & Herdolor Lorenz
Production: KernFilm
Documentaire – 82 min
Allemagne/France – 2010

Tout comme l’air que nous respirons, l’eau est un élément indispensable à la vie. Ainsi, le 27 juillet 2010, l’accès à l’eau potable a été intégré à la Déclaration des Droits de l’Homme par l’Assemblée Générale des Nations Unies. Malgré tout, l’eau reste en proie aux intérêts économiques des entreprises multinationales obsédées par leurs profits. Cette mainmise sur l’or bleu touche aussi bien les pays en voie de développement que les riches pays industrialisés…

Dès qu’une commune cherche à remanier sa gestion de l’eau, les deux plus importants groupes mondiaux de l’eau pointent leur museau. Ensemble, ils constituent un oligopole qui pèse sur toute la surface du globe. En France, par exemple, ils approvisionnent près de 80% de la population. Conséquences : hausse vertigineuse des prix à la consommation, baisse de la qualité de l’eau, manque de transparence souvent lié à un climat de corruption… Même s’il ne s’agit plus de privatisation à proprement parler, mais de partenariat public-privé, le résultat est le même : les profits sont privatisés et les pertes collectivisées.

En France, Veolia et Suez gèrent 80 % de l'approvisionnement en eau dans le cadre de partenariats public-privé (PPP) qui voient les communes rester propriétaires des infrastructures et déléguer l'exploitation aux entreprises privées. Mais alors que ce modèle rencontre un indéniable succès à l'étranger, de plus en plus de municipalités tentent de reprendre le contrôle de l'eau dans l'Hexagone.

Le documentaire Water Makes Money explique comment les entreprises multinationales s’accaparent la distribution de cet élément vital et créent ainsi une alchimie déroutante : elles transforment l’eau en argent ! L’analyse de ce phénomène par des experts est agrémentée par plusieurs exemples de communes, allemandes et françaises, en proie à la domination de ces entreprises peu soucieuses d’offrir un service de qualité. Mais, à l’instar de Paris, des collectivités se soulèvent pour passer en régie publique. Le contrôle citoyen de l’eau est nécessaire et possible…

Water Makes Money a été financé à hauteur de 120 000 € grâce aux donations de différentes municipalités et de citoyens qui se battent pour leur eau. Chaque donateur (de plus de 20 €) est « copropriétaire » du film. Le but était non seulement de financer ce documentaire, mais aussi de réunir un grand nombre de « coproducteurs » qui se font ses porte-parole : l’eau doit rester dans le domaine public !


Mon avis

Un excellent documentaire qui dénonce le scandaleux profit fait par les entreprises privées de gestion de l'eau à qui les communes abandonnent leur responsabilité de gestion de cet irremplaçable et vital bien public.
Dans un registre très proche, voir aussi le film "Flow Pour l'amour de l'eau".

Pour plus d’information et pour voir le film

Pour en savoir plus, pour acheter le film ou organiser des projections : http://www.lamare.org/water-makes-money

Pour voir le film gratuitement pendant 7 jours sur Arte.tv : http://videos.arte.tv/fr/videos/water_makes_money-3775756.html

Water makes money sort au cinéma La Clef, Paris 5e, le mercredi 23 mars 2011.

lundi 21 mars 2011

The idiot cycle

Documentaire de Emmanuelle Schick Garcia


The idiot cycle décrit le cercle “infernal” créé par les firmes productrices de produits chimiques responsables de nombreuses maladies comme le cancer et qui par ailleurs produisent les médicaments destinés à soigner ces maladies.
Ces mêmes entreprises produisent des OGM pour couronner le tout.
Vous connaissez ces sociétés : Bayer, Dupont, Monsanto, Dow Chemical, BSF, Astrazeneca ...

Ce cycle "idiot" ne l'est pas pour tout le monde. Les produits chimiques nous rendent malades, les firmes gagnent beaucoup d'argent en les produisant ainsi que les médicaments sensés nous soigner !
Et rien ne les encombre, ne les arrête et les moyens qu'elles emploient sont détestables . Spoliation des peuples autochtones, pression sur les chercheurs indépendants, conflits d'intérêts envers les responsables politiques ou publics...

Des études scientifiques donnent des éléments qui montrent le lien entre les maladies et les produits chimiques.
Des associations de défense de l'environnement et certains films comme The idiot cycle et Notre poison quotidien nous alertent sur ce problème majeur de santé publique.

Peu, voire pas soutenue dans sa démarche, Emmanuelle Schick Garcia a confié son projet à la productrice Laila Tahhar, seule à avoir soutenu le projet depuis le départ.
Afin de pouvoir réaliser ce projet de manière totalement indépendante, la société JPS Films a été fondée en 2006.
Après trois ans de recherches, puis un an entre le tournage et la post-production, le film s’est finalement trouvé confronté aux refus des compagnies d'assurance américaines et canadiennes d'assurer le film, leur fermant ainsi les portes des chaînes de télévision outre-atlantique.
Emmanuelle et Laila se sont donc naturellement tournées vers une diffusion «indépendante» partout dans le monde, aux Etats-Unis, au Canada, en France, en Italie... en s'appuyant sur des cinémas indépendants, des réseaux associatifs, des universités...

Pour voir le film

Le film est disponible en streaming VOD pour le grand public en version anglaise et version française.
Toutes les instructions pour le téléchargement du film se trouvent sur le site : www.japanesepopsongs.com/films.php
Le prix de location est de 4,99 €

Mon avis

Un film révélateur de situations scandaleuses.
J'apprécie énormément le travail effectué surtout dans de telles conditions d'absence de soutien.
Une belle performance.
J'ai cependant trouvé certains passages un peu fastidieux et ai eu du mal à suivre.
Du coup je m'y suis pris à plusieurs fois pour voir l'ensemble.
A moins que vous ne soyez très bon en anglais, je vous conseille la version française (sous titrée en anglais) à la version en anglais sous titrée en français.

mercredi 16 mars 2011

Notre poison quotidien


Marie-Monique Robin a réussi son nouveau documentaire. Ce n'était pas évident.
Soit, l'opinion est déjà sensibilisée et informée par la presse et certains films récents qui ont percé au niveau du grand public. Nos enfants nous accuseront en est un exemple.

Nous sommes donc en permanence confrontés à de multiples produits chimiques dont l'immense majorité n'a pas fait l'objet d'études approfondies quant à leur impact sur la santé. Les données les concernant proviennent des firmes qui les produisent et sont couvertes par le secret industriel. Les études indépendantes sont très peu nombreuses et les chercheurs non liés aux firmes font l'objet de pressions pour biaiser leur appréciation.

Les organismes chargés d'établir la dose journalière admissible (DJA) peuvent voir certains de leurs membres travaillant pour le Entreprises qui produise t les substances à évaluer. Les conflits d'intérêts ne sont pas rares. Les lins entre hommes politiques et industrie sont très étroits et certaines personnalités passent d'un domaine à l'autre, influant les décisions en fonction de leur intérêt et non pas de l'intérêt public.
Les méthodes d'établissement de la DJA reposent sur des principes très anciens arbitraires dont la validité est contestable comme la relation dose-effet (la dose fait le poison).
Les impacts des faibles doses ne sont pas pris en compte et surtout les interactions entre les produits ne sont qu'extrêmement peu connus et étudiés et ne sont pas pris en compte dans le calcul des doses induisant un risque acceptable.

Le film nous démontre tout cela avec une solide argumentation scientifique sans trop nous assommer de chiffres et explications complexes.
Un constat qui devrait nous alarmer Bien plus que ce n'est le cas pour que nous exigions des études indépendantes en quantité suffisante, la publication des données connues mais inaccessibles par de secret industriel, et surtout l'interdiction de nombre de produits dont la dangerosité est démontrée mais non prise en compte à cause du lobbying pratiqué par les entreprises de l'industrie chimique (BPA et autres perturbateurs endocriniens, aspartame...).

Un excellent film qui devrait contribuer à augmenter la prise de conscience du public.
Le consommateur, le citoyen dispose d'un pouvoir fort qui n'est pas mis en œuvre , résultat de l'endoctrinement publicitaire, de l'individualisme poussé par la société productiviste et nombre de média instruments de ce jeu où les gagnants sont les entreprises au détriment de la santé du public. Fabriquer des produits plus sains est possible, c'est une question de volonté et de choix des valeurs. Environnement, santé, qualité doivent être privilégiés, pas de bénéfice ni les actionnaires. Exigeons le de nos responsables politiques et par nos achats.

Pour plus d’information

http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Notre-poison-quotidien/3673748.html


Pour voir ou revoir le documentaire

Arte +7 (visible pendant 7 jours après le 15/03) : http://videos.arte.tv/fr/videos/notre_poison_quotidien-3761854.html
Projection à Natureparif à Paris le 17mars à 18h : http://www.natureparif.fr/en/manifestations/conferences/616-notre-poison-quotidien