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Films et documentaires

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mercredi 3 mars 2010

Festival d’écologie urbaine et populaire

Deuxième édition du Festival d’écologie urbaine et populaire
Vendredi 5, samedi 6 et dimanche 7 mars 2010
Centre culturel Jean Vilar – 3 rue Lénine – L’Île -Saint-Denis
Prix de l'entrée : 3 € le Pass pour les 3 jours de festival

Qu’ont-ils laissé au Sahara, les essais nucléaires français ? Des civils algériens et des soldats français irradiés.
Comment les riches détruisent-ils la planète ? En se goinfrant.
Cette goujaterie est-elle stupide ? Criminelle aussi.
Laisserons-nous nos enfants nous accuser ? Non, non, jamais.
Malbouffe et maltraitance sont-elles évitables ? C’est souhaitable.
L’économie peut-elle être au service du bien commun. C’est ce qu’on pense.
Que veulent altermondialistes, faucheurs volontaires, casseurs de pub, Yes-men et autres activistes ? Paix et fraternité.

Le Festival Effet de C.E.R. (Cinéma, Ecologie, Résistances) peut-il aider ?
C’est ce qu’il propose.

LES THEMATIQUES 2010

- L’économie verte et la production des richesses.
- L’implication de l’Etat et des collectivités territoriales dans les combats écologiques.
- Les nouvelles formes de militantismes.

ILS PARRAINENT

Claude Bartolone, président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, Marie-Christine Blandin, sénatrice du Nord, Patrick Braouezec, député, président de Plaine-commune, Camille, compositeur-interprète, Pascal Canfin, député européen, Denis Cheissoux, producteur-animateur de "CO2 mon amour" sur France-Inter, Karima Delli, députée européenne, Pierre Khalfa, Union syndicale Solidaires, Noël Mamère, député-maire de Bègles, Danielle Mitterrand, présidente de France-Libertés, Stéphane Peu, président de Plaine commune habitat, Xavier Renou, activiste non-violent, Ruth Stegassy, productrice animatrice de "Terre à Terre" sur France-Culture, Aurélie Trouvé, co-présidente d’ATTAC

LES PARTENAIRES

Accueil paysan, Altertour, AMAP Île-de-France, Les Amis d’Accueil paysan, Attac, AVEN, BastaMag, Confédération paysanne, Conseil général de Seine-Saint-Denis, Courrier International, CRIIRAD, Dubrac TP, Eau de Paris, EcoRev, Les Faucheurs volontaires, Librairie Folies d’encre (Saint-Ouen), Fondation France-Libertés, Greenpeace, Halage, ICE, Idemu, Inf’OGM, Plaine commune, Plaine commune habitat, Politis, PRIARTEM, Réseau Action Climat, Les Sans-terre (Brésil), Sortir du nucléaire, Union syndicale Solidaires

LE PROGRAMME

Le programme et toutes les infos, c'est ici.

Mon avis

Un très bon programme.
Débats en présence des réalisateurs et de Denis Cheissoux, Pascal Canfin, Karima Delli, Patrick Braouezec, Pierre Khalfa, Aurélie Trouvé, Xavier Renou…

vendredi 12 février 2010

Océans

J'ai préféré voir le dernier film de Jacques Perrin, avant de vous en parler.
Je suis allé le voir confiant. J'aime vraiment ce que fait ce grand Monsieur du cinéma.
Cela vaut pour ses talents d'acteur, dans Cinéma Paradiso par exemple, que comme réalisateur, dans le Peuple migrateur qui est un film formidable.

Je vous le dis tout de suite : j'ai adoré Océans.

Techniquement, le film est excellent.
Il est clair que certaines scènes ont nécessité une technique innovante.
On voit les animaux marins de situation réelle sans que l'image ne soit affectée par les vagues.
Si vous n'y prêtez pas attention, réalisez que ces images n'ont pas été tournées en studio et ne sont pas virtuelles.
Cela vaut tant pour les dauphins qui bondissent hors de l'eau, que pour les poissons qui nagent vers la caméra.

Mon avis

Allez voir ce film au moins pour ce qu'il nous communique sur la vie et l'avenir des animaux.
Laissez tomber la technique et attachez vous au sens profond des images.
Ayez bien en tête que les animaux ne demandent rien à l'homme, surtout pas leur destruction...

J'ai particulièrement aimé les images de dauphins bondissant hors de l'eau en contre jour.

Et plus généralement toutes les séquences sur les cétacés, les baleines en particulier.

L'ours qui court sur la banquise fondante nous interpelle : pourra-t-il le faire à l'avenir ?.

L'éléphant de mer qui tient dans ses nageoires son bébé est tout à fait craquant....

Reste que le film a certains sponsors pour le moins encombrants, plusieurs personnes me l'ont fait remarquer :
- Esa (Agence spatiale européenne)
- Veolia
- EDF
- Principauté de Monaco - Fondation Bettencourt Schueller (liée à la propriétaire de L’Oréal, Liliane Bettencourt, mécène parmi les mécènes) - Fondation Total
- Crédit Agricole (principal bailleur de fonds des grandes exploitations agricoles parmi les moins respectueuses d’écologie) - Alfred P.Sloan Foundation
- Census of Marine Life
En effet, certains d'entre eux ne sont pas très recommandables sur le plan de l'environnement, d'aucuns diront que c'est peu dire...
Un film comme cela est une bonne occasion d'essayer de se forger une image de défenseur ou amis de l'environnement.
Qui en est dupe ?

mercredi 10 février 2010

Vive la bombe !

Arte, 10 février 2010 à 20h35

Algérie, 1er mai 1962. La guerre est finie depuis moins de deux mois, mais, en vertu d'accords secrets avec le FLN, De Gaulle poursuit les essais atomiques français dans le Sahara. Philippe, un jeune lieutenant, et trois appelés du contingent, Fred, Jojo et Javiez, font partie de l'une des compagnies chargées d'assurer la sécurité autour de la montagne du Taourirt, où va s'effectuer un tir nucléaire souterrain.
Mais au cours de l'essai, le Taourirt se fissure ; un nuage atomique s'échappe de la montagne et se déploie au-dessus des jeunes soldats.
Exposés tout l'après-midi aux radiations, ils attendent un ordre de repli qui ne vient pas...

Prix du Meilleur téléfilm au Festival de la fiction TV de Saint-Tropez en 2006.
Selon la presse : un témoignage bouleversant sur une page méconnue de l'Histoire.

Mon avis

Un sujet traité par un excellent documentaire : Gerboise bleue
Une déplorable page d'histoire de France .
A connaitre et ne pas oublier !

jeudi 28 janvier 2010

Cent mille cercueils : le scandale de l'amiante


Jeudi 28 janvier 2010 22h50 à 00h05

Réalisé par : José Bourgarel

Selon les études, les négligences et le manque de prévention au sujet de l'amiante sont susceptibles de générer de très nombreuses victimes.

On estime que 100 000 personnes - peut-être plus - décéderont d'ici 2025 à cause de l'amiante.
Cette hécatombe aurait pu être évitée.
La toxicité de l'amiante est connue depuis le début du XXe siècle. Pourtant, en France, on a laissé, voire encouragé, les industriels à utiliser ce minéral apprécié pour sa résistance à la chaleur, aux chocs électriques et chimiques.

L'inhalation de fibres d'amiante génère des cancers broncho-pulmonaires, ainsi que de cancers de la plèvre. Aujourd'hui, ils sont très nombreux à tenter de faire reconnaître leur calvaire devant les tribunaux. Ce scandale est loin de relever du passé.

Mon avis

Je n'ai pas encore vu ce reportage. Son sujet, d'importance majeure, doit nous faire réfléchir au principe de précaution et à la question des lanceurs d'alerte.
Des concepts pas forcément bien traduits dans la réalité concrète de la politique, du commerce, de notre vie quotidienne, de notre vie quoi...

mardi 12 janvier 2010

La malédiction du plastique : Arte 12 janvier 20h30

Ce soir sur Arte à 20h30 :

La malédiction du plastique

Documentaire : Allemagne, 2007, 85mn, réalisé par : Ian Connacher

Villes et campagnes, montagnes et déserts, rivières et fonds sous-marins : les déchets de plastique ont tout envahi.
Alors que ce matériau n'existe que depuis un siècle, il polluera encore l'environnement dans plusieurs milliers d'années.
Le constat est alarmant, mais une prise de conscience commence à se faire à l'échelle mondiale.
Non seulement il importe de fabriquer moins d'objets, contenants et emballages en plastique, mais leur recyclage pourrait être amélioré.
Des entreprises proposent désormais des solutions alternatives. Les stylistes s'y mettent et proposent des éléments de décoration, des robes et des accessoires en plastique recyclé ! Il serait aussi possible de fabriquer des matériaux ayant les mêmes vertus que le plastique mais biodégradables, en utilisant des végétaux. Du bioplastique, en quelque sorte...

Selon Arte : Un passionnant périple où alternent images choc (le garbage patch dans l'océan Pacifique, les décharges indiennes à ciel ouvert, les plages de Hawaii...) et paroles d'experts.

Rediffusion sur Arte : 14.01.2010 à 10h15

Mon avis

Un documentaire dont certains aspects font froid dans le dos.
En particulier sur la quantité de plastique que l'on trouve dans les océans et sur l'impact sur les animaux.
Les impacts humains sont bien sûr eux aussi effrayants. Il n'est que de voir les hommes, femmes et enfants qui vivent dans les décharges avec un revenu de moins d'un dollar par jour !
La partie du documentaire sur les bioplastiques semble un peu trop idylique.
Ils sont maintenant controversés : http://www.guardian.co.uk/environment/2008/apr/26/waste.pollution

Si vous l'avez manqué

Le documentaire est visible ici :
http://www.wat.tv/video/malediction-plastique-4-250uv_15q6q_.html
http://www.wat.tv/video/malediction-plastique-4-250q7_15q6q_.html
http://www.wat.tv/video/malediction-plastique-4-250kb_15q6q_.html
http://www.wat.tv/video/malediction-plastique-4-250el_15q6q_.html

mardi 8 décembre 2009

Enfumés, enquête de Paul Moreira, sera diffusé sur France 4

Enfumés
Sur France 4
Mercredi 09 décembre à 22h10
Rediffusions : Samedi 12 décembre à 18h05, Lundi 14 décembre à 00h40
Documentaire Inédit de Paul Moreira
France • (2009)• 50'

KYOTO, décembre 1997
Pour la première fois 160 nations envisagent de réduire leurs émissions de CO2. Parmi elles, les Etats-Unis d’Amérique sans lesquels aucune politique mondiale n’est possible. Le vice-président Al Gore prononce une phrase qui sonne comme une déclaration de guerre : « Dans mon pays, nous nous souvenons des industriels du tabac qui nous expliquaient que fumer n’était pas mauvais pour la santé. A ceux qui vont chercher à faire obstruction à notre démarche nous disons : nous ne vous laisserons pas mettre des intérêts privés étroits au dessus de ceux de toute l’espèce humaine…» Certaines industries vont se battre contre les décisions prises à Kyoto car pour elles, réduire les émissions de CO2 signifie réduire la consommation et donc leurs chiffres d’affaires. Un lobby aussi implacable que discret va tout faire pour freiner ce processus. Les lobbyistes vont infiltrer l’appareil d’état, séduire, menacer les politiques, modifier les lois. Ils vont financer une extraordinaire machine de guerre visant à nier l’urgence climatique.

2001 : George W. Bush est élu. L’enquête montre comment les industriels du pétrole, du charbon et de l’automobile vont placer leurs agents d’influence au cour même de son administration.
L’un de ces lobbyistes, Philip Cooney, va devenir l’interface entre la communauté scientifique du climat et la présidence des Etats-Unis. Il a travaillé pendant 15 ans pour l’institut du pétrole américain et son infiltration au cœur de la Maison Blanche en tant que chargé du climat au Conseil de la Qualité Environnementale aurait dû rester secrète. C’était sans compter sur Rick Piltz, un modeste fonctionnaire chargé d’éditer les travaux des scientifiques sur le climat. Piltz va être témoin des pressions exercées par Philip Cooney sur la recherche. Il va découvrir que les rapports des scientifiques sont massivement modifiés, amendés, tronqués par Cooney. En y injectant le doute, il va en altérer le sens … Là où les scientifiques avaient mentionné des certitudes, il glisse des « peut-être »…Rick Piltz décide de quitter son travail avec les documents qui établissent l’infiltration du lobby pétrolier. Il donne l’alerte, devient un « whistle blower ». L’information fait la UNE du New York Times. En 2007, les parlementaires démocrates demandent une commission d’enquête. Ils veulent entendre Philip Cooney et lui faire avouer qu’il n’était pas un simple fonctionnaire au service du bien public mais un agent du lobby pétrolier. Paul Moreira a obtenu l’autorisation de filmer les auditions devant le Congrès. Dans une dramaturgie évoquant un moment de cinéma, l’agent d’influence est passé sur le grill. Les auditions vont révéler les méthodes très particulières du gouvernement Bush et ses liens organiques avec l’industrie pétrolière. Ainsi, un document destiné à rester secret est produit : c’est un plan d’action élaboré par le lobby pétrolier, une feuille de route pour manipuler l’opinion publique et retarder les décisions. Un climat d’intimidation qui touchait non seulement l’administration mais aussi les institutions comme la NASA. A cause des manœuvres des lobbies industriels et des blocages du gouvernement Bush, un temps précieux a été perdu. Les spécialistes disent une dizaine d’années.
Après l’élection de Barack Obama, la position des climatologues et des écologistes va être entendue. L'objectif de la nouvelle administration américaine, bien disposée à lutter contre le réchauffement climatique est le suivant : ramener les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis à leur niveau de 1990 d'ici 2020.

Selon Paul Moreira :

Le documentaire met en lumière l’action des négationnistes climatiques. Il s’intéresse principalement à des gens qui ne sont pas des scientifiques mais des avocats au service d’industries qui n’ont aucun intérêt aux mesures contre le réchauffement climatique. Je ne remets pas en cause la nécessité du doute. A condition qu’elle soit motivée par des principes vraiment scientifiques et pas des intérêts financiers. Or ces gens ont fait prendre dix ans de retard à la planète. Pour cela, ils ont infiltré l’appareil d’état au plus haut niveau. C’est une histoire incroyable de manipulation d’une politique publique par des hommes que je n’arrive pas à qualifier autrement que d’agents secrets au service du pétrole... Au départ, j’avais réalisé pour Canal plus, il y a deux ans, un documentaire sur la voiture : "Mourir pour la voiture ?". Pendant cette enquête, je suis tombé sur ce réseau d’agents d’influence au service de l’industrie pétrolière, automobile et charbonnière. Ceux que les écologistes appellent le "Carbon Club". Leurs activités étaient discrètes, jusqu’à ce qu’un lanceur d’alertes, un whistle blower, les dénonce à la presse. Et brusquement, les voilà convoqués devant une commission d’enquête au Congrès. Tout s’est fait très vite. Les lobbyistes publics sont faciles à rencontrer. C’est leur job de parler à la presse. Ceux qui sont impossible à coincer sont ceux qui réussissent à acquérir une position au sein de l’appareil d’état. Je pense notamment à Philip Cooney. Pour mémoire, Al Gore dans son film mondialement célèbre, "An unconvenient truth", signale son existence mais il n’a aucune photo du bonhomme. Alors il se contente d’écrire en grand son nom sur l’écran de sa conférence. Si nous avons pu filmer Cooney, c’est grâce aux auditions du Congrès. Il était obligé de venir.

mardi 1 décembre 2009

Vincent Munier - Summer Variations

Un magnifique film court en haute qualité, vraiment à voir...
On oublie la pub pour Nikon, quoique c'est du beau matériel, on admire ces 4 min 23 d'images et cette nature sans les humains qui trop souvent la détruisent...

vendredi 13 novembre 2009

Festival international du film d'environnement 2009

La 27e édition du Festival international du film d'environnement se déroulera du 18 au 24 novembre prochain. Cette année encore, nous vous accueillerons au cinéma "la Pagode" situé au cœur de Paris.

Cette année encore le Festival propose une programmation internationale et principalement inédite, accompagnée de nombreuses rencontres avec les équipes de films, d’avant-premières et d’évènements ainsi que deux débats : Déchets et modèles de consommation et Déchets et santé : que savons nous?.

Parrains et membres de jury s’engagent chaque année pour impliquer spectateurs et citoyens.

Erik Orsenna, Yann Arthus-Bertrand, Alice Audoin, Patrice Franceschi, Allain Bougrain-Dubourg, Jacques Perrin, Irène Frain, Jean-Michel Jarre, Humbert Balsan, Jean Becker… se sont ainsi succédé dans les rôles de parrains ou de membres du jury.

Cette 27e édition est parrainée par le réalisateur, Nicolas Vanier qui présentera en avant-première son film Loup.

L'entrée à l'ensemble des séances et débats est gratuite, dans la limite des places disponibles - pas de réservation (sauf pour les groupes scolaires)

Le 27ème Fife vous propose de voyager, découvrir, questionner et échanger autour de l’environnement. Le festival propose 104 films –la plupart inédits- venus de 36 pays : documentaires, fictions, courts métrages…à partir de 4 ans !

Durant une semaine, à travers les films, de nombreuses rencontres, des évènements, des programmations spéciales et deux débats, venez découvrir une planète forte mais menacée, toujours étonnante !

Téléchargez le guide en cliquant sur ce lien

Pour plus d’information

Plan d'accès et réservation pour les groupes scolaires
Site internet du festival


samedi 10 octobre 2009

Déchets, le cauchemard du nucléaire

Rendez-vous le mardi 13 octobre à 20h45 sur Arte.

DÉCHETS, LE CAUCHEMAR DU NUCLÉAIRE

Réalisation Éric Guéret
Une enquête de Laure Noualhat et Éric Guéret
2009
98 mn

Un film qui lève le voile sur un sujet où la désinformation prévaut, avec la participation du laboratoire de la CRIIRAD.

Les déchets radioactifs apparaissent comme le talon d’Achille du nucléaire, son « pire cauchemar ». Le film de Laure Noualhat et Eric Guéret nous entraîne dans une enquête internationale, des fûts radioactifs immergés au large des côtes françaises au site contaminé de fabrication des bombes américaines de Hanford, des villages touchés par la première catastrophe nucléaire russe de Mayak à l’usine de retraitement de La Hague en passant par le site d’enfouissement des déchets de Bure…

Le laboratoire de la CRIIRAD a accompagné l’équipe du film pour assurer la coordination scientifique, effectuer des mesures et des prélèvements et interpréter les résultats d’analyses.

Pour découvrir l’interview des auteurs, Eric Guéret et Laure Noualhat, qui racontent la genèse du film, et l’importance de la contribution de la CRIIRAD :
http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/2770704.html

Le livre Déchets, le cauchemar du nucléaire de Laure Noualhat , journaliste à Libération depuis dix ans, sortira librairies, le 3 octobre 2009. Consultez son sommaire :
http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/2766956.html

lundi 28 septembre 2009

La magie des haies


La magie des haies

Film documentaire de 78mn.
Ecrit et réalisé par Sébastien Bradu et Marie-Odile Laulanie
Production: Association Salangane

Les haies ont une importance capitale dans le paysage : biodiversité, protection des cultures, des animaux, des nappes phréatiques, et également le bois de chauffage issu de leur entretien et plus récemment découvert :le bois fertile (BRF).
Une vingtaine d'intervenants racontent leur expérience : agriculteurs, éleveurs, scientifiques, vignerons, boulangers, etc
Un documentaire qui parle des Haies, de la Biodiversité, d'Agroforesterie, de Bois Raméaux Fragmentés, des Trognes, et de l'intérêt agro-économique des l'arbres hors forêts.

Le film est terminé et sera présenté aux 3èmes rencontres nationales arbres et haies champêtres les 21 et 22 octobre 2009 à Fourmies (59) - dans le Parc Naturel Régional de l'Avesnois et bientôt disponible en DVD.

Pour plus d’information

http://www.lamagiedeshaies.com/page0/page0.html
http://www.salangane.org/

mardi 22 septembre 2009

Soirée environnement ce soir 22 sept sur Arte

Ce soir, Arte nous propose une soirée environnement :

20h50 à 21h30
Quand Obama se met au vert
Réalisé par : Stéphanie Kaïm


Dès son élection à la Maison-Blanche, en novembre 2008, Barack Obama met en place le «Green New Deal», un colossal plan de relance verte.
Les ventes de voitures hybrides décollent, les éoliennes et les panneaux solaires fleurissent.
L'Amérique, plus gros consommateur mondial d'énergie et premier pollueur de la planète, est-elle entrée dans une nouvelle ère ?
Si la crise brutale de 2008 et l'arrivée au pouvoir d'Obama ont vraiment donné un coup d'accélérateur, cette prise de conscience ne date pas d'hier.
Dès 1997, au lendemain du sommet de Kyoto, que l'administration Bush a toujours refusé de ratifier, de nombreux gouverneurs ont pris des mesures au niveau de leur Etat.
Désormais, des groupes influents, allant des démocrates aux militaires, ont adopté la devise : «sauvons la planète, puisque c'est rentable».

La critique (par Fabien Gruhier, de Téléobs)
Barack Obama va-t-il repeindre l'Amérique en vert alors que, du temps de George Bush, elle était noire comme du charbon ? C'est la première question que pose cette soirée «Planète verte», et le pari ne semble pas gagné. Bien sûr, le nouveau président affiche une volonté sans faille, et il s'est doté d'une prestigieuse «green team», une équipe de conseillers écolos dirigée par Steven Chu, prix Nobel de physique.

Mais cette équipe, toute vouée aux énergies renouvelables, aura bien du mal à contrecarrer le puissant lobby des énergies polluantes, qui continue à se battre à coups de millions de dollars, pour édulcorer la future loi sur le climat en cours de préparation. N'empêche, avec des moyens à la mesure des Etats-Unis, un effort de recherches sans précédent se développe. En faveur des énergies douces, des éoliennes, des panneaux solaires et du formidable déf de la «séquestration» du CO2 - la récupération de ce gaz au sortir des cheminées d'usines et son stockage «à long terme» dans des couches géologiques.

Cette technique permettrait de continuer à brûler pétrole et charbon sans conséquence néfaste pour l'effet de serre. Elle est loin d'être au point, et risque - si elle voit le jour - de se révéler fort coûteuse. Mais comme d'habitude, l'Amérique a confiance dans les vertus du business : un jour, c'est sûr, une start-up déposera un brevet génial, et ses actionnaires empocheront le jackpot. Il suffit d'avoir la foi, et le ralliement d'une partie des évangélistes devrait faciliter les choses. Désormais, l'écologie est prêchée dans les églises, à partir de ce précepte trouvé dans la Bible, et un peu arrangé pour la bonne cause : «Prenez soin de la Terre et protégez-la.»

Seconde question posée ce soir : le nucléaire est-il une énergie verte ? Sachant que les centrales ne produisent pas de CO2, l'atome civil connaît presque partout un regain de faveur. En Angleterre, en Allemagne, en Finlande, d'anciens opposants purs et durs ont retourné leur veste... au nom de l'écologie. Ils avaient jadis manifesté contre le nucléaire, mais nous expliquent qu'ils s'en repentent. Que leur haine de l'atome «n'était pas à la base une question écologique» : elle était antimilitariste - à une époque où le problème du réchauffement ne se posait pas. Résultat, à les en croire : une tragique erreur d'aiguillage. Mais tous les écolos ne sont pas d'accord...

21h30 à 22h15
Nucléaire : la fin du tabou ?
Réalisé par : Barbara Necek, Anna Kwak


A l'heure où la France prétend répandre le nucléaire civil dans les pays du Sud, et où l'Italie, la Suède, l'Angleterre ou la République tchèque misent à nouveau sur le fissile pour pallier au déclin des énergies fossiles, peut-on parler pour autant d'une énergie «propre» ? Quels sont les risques ? Comment retraiter les déchets et que devient la bataille pour les énergies renouvelables ?

Selon l'Humanité :
Dès le titre, on sent que le point de vue des auteurs sera partial. Et le téléspectateur n’est pas trompé sur la marchandise. La star du documentaire ? Anne Lauvergeon, présidente d’Areva, plus gros acteur du nucléaire en Europe, et sans doute dans le monde. Que dit-elle ? Que les écologistes ont tourné casaque, réclamant plus de nucléaire. Car l’éolien est inefficace, le solaire, science-fiction, quant aux économies d’énergie, inutile de compter sur les bonnes volontés… Bref, que l’avenir, c’est le nucléaire. Pour étayer leur thèse, Barbara Necek et Anna Kwak donnent la parole aux responsables de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), quitte à opportunément oublier les questions qui fâchent…

22h15 à 22h45
Planète verte ? Présenté par : Daniel Leconte

Invités : Claude Allègre (physicien et ancien ministre)
«Sauvons la planète, c'est rentable», clame la nouvelle administration Obama.
Au-delà des effets d'annonce, Daniel Leconte passe au crible la croissance verte censée vaincre la crise.
Va-t-elle réellement permettre de redresser les économies et créer des emplois ?

Mon avis

A voir avec son sens critique en éveil ! Surtout pour les 2èeme et 3ème reportages.
Qu'on se le dise : la technologie "verte" est l'argument à la mode pour faire perdurer le système capitaliste destructeur mondial actuel ...
Je ne suis pas sûr de tenir jusqu'à la fin... Surtout sur le troisième sujet avec Claude Allegre...


Nucléaire : la fin du tabou ?
Autopsie d'une manipulation pronucléaire
Décryptage par le Réseau "Sortir du nucléaire"v

Le 22 septembre 2009 a diffusé un documentaire en annonçant que "Sans essayer de trancher, ce document tente d'ouvrir le débat à partir d'un état des lieux.". On pouvait donc s'attendre à une information équilibrée, présentant correctement les points de vue des uns et des autres.

En réalité, il s'agit d'un documentaire si radicalement pronucléaire qu'on le croirait produit par Areva ou EDF. En s'appuyant sur de nombreuses affirmations fausses ou présentées de façon trompeuse, les réalisatrices ont lourdement soutenu une thèse très contestable, celle du supposé "grand retour du nucléaire".

Cette thèse avance que, face au réchauffement climatique, et du fait que l'industrie nucléaire produit moins de co2 que les énergies comme le charbon, le pétrole et le gaz, l'énergie nucléaire représenterait une solution et serait de fait en pleine expansion. Le narrateur va jusqu'à affirmer que, chez Areva, "les commandes affluent du monde entier", ce qui est totalement faux (voir plus loin).

Or, cette thèse du "grand retour" n'existe que dans les publicités des entreprises du nucléaire, dans les discours des politiques pronucléaires (Sarkozy, Berlusconi, Poutine, etc…) mais pas dans la réalité. Au contraire, la part du nucléaire dans l'énergie mondiale baisse tous les ans et ce processus va continuer inexorablement.

Vous trouverez à la fin de cette analyse un résumé de la situation actuelle de l'industrie nucléaire mondiale, confrontée à de nombreuses annulations de projets.

Etudions d'abord un certain nombre d'affirmations gratuites, trompeuses, ou carrément fausses avancées dans le reportage :

"Pas sûr que les énergies renouvelables et les économies d'énergie suffiront d'ici 2030 à relever le défi. C'est pourquoi les experts planchent discrètement sur un autre scénario : le retour du nucléaire"

Les "experts" ? Il s'agit d'un terme flou, qui laisse penser que des gens compétents, et sans positions idéologiques, préparent l'avenir pour notre bien. Mais de tels "experts" n'existent pas. Ce sont les représentants de l'industrie nucléaire qui tentent d'influer sur les politiques publiques par un lobbying incessant et sur les opinions par des campagnes permanentes de publicité.

"Le nucléaire produit beaucoup plus d'électricité que les énergies renouvelables"

MENSONGE : une énergie renouvelable à elle seule, l'hydroélectricité, produit d'ailleurs plus que le nucléaire. Ainsi, sur Terre, en 2007 (dernières statistiques disponibles), les barrages ont produit 3162 Twh contre 2719 Twh produits par les 440 réacteurs nucléaires en service. (cf http://www.iea.org/textbase/nppdf/free/2009/key_stats_2009.pdf , pages 16 et 18). Depuis, en 2008, la production nucléaire a baissé pour la troisième année consécutive. Il faut ajouter à l'hydroélectricité les productions électriques issues de la biomasse, et les productions éolienne et solaire, encore faibles mais en augmentation exponentielle…

"Et si demain on décidait de faire plus de nucléaire pour sauver la planète ?"

IMPOSSIBLE. Sans même discuter du caractère absurde et irresponsable d'une telle idée (vu les dangers causés par le nucléaire), cette hypothèse est impossible à mettre en œuvre : la plupart des réacteurs actuellement en service sont anciens et ont commencé à fermer : la production nucléaire mondiale décroît depuis 3 ans. Le rêve de l'industrie nucléaire n'est pas d'augmenter sa production mais seulement d'arriver à construire assez de réacteurs pour remplacer ceux qui ferment. Mais les belles déclarations ne font pas pousser les réacteurs (voir plus bas) alors que les fermetures sont bien réelles, elles…

"Les premiers à sauter le pas sont les Finlandais. En 2006, le pays relance sont programme nucléaire avec la construction d'un nouveau réacteur."

TROMPERIE : les journalistes ont commis une très grave faute déontologique en occultant dans leur reportage le véritable désastre industriel que constitue ce chantier. En effet, les finlandais ont acheté un réacteur français EPR et s'en mordent aujourd'hui les doigts : plus de 3 ans de retard, un coût à ce jour (en attendant pire) de 5,5 milliards au lieu des 3 milliards annoncés au départ, et des procédures en justice internationale entre les finlandais et la français. Qui plus est, les finlandais ont été obligés de construire en toute hâte une centrale thermique (gaz) pour remplacer l'électricité qui devrait être produite par l'EPR. Le comble du ridicule pour des gens qui prétendaient investir dans le nucléaire "pour lutter contre le changement climatique". Mais le reportage n'en dit mot et ne donne la parole qu'à des gens qui se félicitent de l'option nucléaire… (cf http://www.romandie.com/infos/news2/090924064312.d3g3pumr.asp )

"Partout en Europe, le front antinucléaire semble se fissurer"

RIDICULE : On notera la formule "partout en Europe", aussi gratuite que fausse, qui est utilisée pour masquer la vacuité de la "démonstration"… Pour accréditer cette thèse, les réalisatrices présentent en tout et pour tout deux "verts" britanniques et deux "antinucléaires" allemands dont une qui demande "un vrai débat" et un autre qui reconnaît lui-même, dans le reportage, qu'il ne savait pas pourquoi il manifestait. Le sait-il plus aujourd'hui ?

Par contre aucune référence au très grand succès de la manifestation antinucléaire de Berlin du 5 septembre dernier (http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/28310993).

La parole est aussi donnée longuement à Mme Lauvergeon, PDG d'Areva, qui prétend que "en privé", des écologistes de renom lui avouent être pour le nucléaire. Mais, bien sûr, aucun nom n'est avancé…

"En Europe ce discours se répand : trois pays construisent de nouveaux réacteurs : la France, la Finlande, et la Bulgarie."

MENSONGE : les réacteurs annoncés en Bulgarie ne sont absolument pas en chantier, et ce projet absurde est même quasiment abandonné (cf http://www.romandie.com/infos/news2/090807132754.tk5u7r8l.asp )

Quant à la France et la Finlande, elle sont confrontées aux désastres industriels et financiers des chantiers engagés : commencé deux ans après celui de Finlande, l'EPR français suit la même voie avec déjà un an de retard et un milliard de surcoût. (http://www.lexpress.fr/actualite/economie/retard-en-vue-pour-l-epr-a-flamanville_648621.html )

"La République Tchèque, la Grande-Bretagne, l'Italie, la Roumaine et la Hongrie envisagent aussi de relancer leurs programmes nucléaires"

AFFIRMATION GRATUITE. En effet, il est très facile pour un chef de gouvernement de déclarer que son pays va construire des réacteurs nucléaires. Il est d'ailleurs possible de faire une liste beaucoup plus longue de pays qui "envisagent" de construire des réacteurs, en Europe ou au-delà. Mais la plupart de ces annonces resteront lettres mortes, d'autant que divers projets, pourtant parmi les moins improbables, ont déjà été annulés (voir en fin de document)

"En Allemagne, on envisage sérieusement de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires. C'est la preuve que les esprits évoluent, même chez les militants"

FAUX et MEPRISANT. FAUX : en Allemagne, il est au pire envisagé de laisser les réacteurs fonctionner jusqu'à leur date théorique de fin de vie (au lieu de les fermer de façon anticipée dans le cadre du plan de sortie du nucléaire). MEPRISANT : il faut donc croire que, pour avoir un esprit qui "évolue", il faut se convertir au nucléaire. Et la formule "même chez les militants" relève du pire mépris. On n'est plus dans le journaliste mais dans l'invective…

"Les manifestations contre les centrales nucléaires se terminent souvent en affrontement violents avec la police"

PARTIALITE. La vérité est que, partout où des centrales nucléaires ont été construites, de grandes manifestations populaires et pacifiques ont été réprimées violemment par les forces de police et autres gendarmes mobiles. La formulation utilisée dans le commentaire laisse au contraire croire que ce sont les manifestants qui étaient violents…

"La critique du nucléaire est avant tout idéologique"

PARTIALITE : les réalisatrices se permettent de (dis)qualifier l'engagement pronucléaire en en faisant une sorte d'aveuglement idéologique. Comme si le risque d'accident, les déchets radioactifs, la prolifération n'étaient pas des problèmes bien réels...

"Au siège d'Areva, on se frotte les mains : les commandes affluent du monde entier"

ARCHIFAUX. En réalité, à part les deux EPR péniblement en chantier en Finlande et en France, il n'existe qu'un dossier solide : la Chine a commandé en 2007 deux EPR dont la construction… aurait dû commencer en août dernier à Taishan, ce qui n'est pas le cas. Les Chinois ont peut-être annulé le contrat. Mais, même si ces réacteurs sont réellement mis en chantier, ce sont bien les seuls. Tous les autres dossiers évoqués relèvent de la seule communication. Au contraire, des projets d'EPR sont déjà annulés : Afrique du Sud, Missouri, Ontario, etc…

Le documentaire est clairement devenu un instrument de propagande au service de l'industrie nucléaire française : accréditer la thèse du "grand retour" pour justifier la construction de nouveaux réacteurs… en France !

Mme Lauvergeon (Areva) : "Aujourd'hui, on sait recycler 96% du combustible nucléaire"
Narrateur : "On extrait l'uranium et le plutonium, ces matières seront recyclées et utilisées à nouveau dans les réacteurs nucléaires"

TROMPERIE. D'abord, ce qui n'est pas dit, c'est que les 4% restants contiennent 95% de la radioactivité. Le supposé "recyclage" d'Areva ne règle donc rien sur le plan des déchets radioactifs, ce qui n'empêche pas le documentaire de donner la parole à des techniciens d'Areva qui prétendent avoir une activité "clairement écologique".

Ce qui n'est pas dit non plus, c'est que le plutonium et l'uranium sont théoriquement réutilisables mais, dans la réalité, divers problèmes techniques se posent. Résultat : l'uranium, qui représente plus de 90% de total, n'est PAS réutilisé. Et seule une partie de plutonium est réutilisée une seule fois.

Certes, le reportage concède que "seules 20% des centrales nucléaires françaises fonctionnent avec des matières recyclées", mais cela reste trompeur. Il fallait dire "20% des centrales fonctionnent avec un tout petit peu de matières recyclées". Au final, environ 98% du combustible utilisé dans les centrales françaises provient des mines d'uranium détenues par Areva… à l'étranger. De quoi compromettre le mythe de la supposée "indépendance énergétique" apportée par le nucléaire mais, bien sûr, ce "détail" n'est pas mentionné…

"L'essentiel de ce qui est recyclé à la Hague est stocké pour une raison simple : les ingénieurs du nucléaire en auront besoin pour démarrer les réacteurs du futur, ces réacteurs dits de "génération 4"

DOUBLE TROMPERIE :
1) au lieu d'évoquer les expériences infructueuses (comme à la centrale nucléaire de Cruas) de faire fonctionner des réacteurs avec de l'uranium retraité, le documentaire laisse au contraire croire qu'il y a une stratégie derrière cette non utilisation des matières prétendument "recyclées".

2) Le documentaire reprend la terminologie du lobby nucléaire et oublie de dire que les réacteurs dits "de 4ème génération" ne sont rien d'autres que les surgénérateurs que l'industrie nucléaire échoue à mettre au point depuis 50 ans. En France, on se souvient de l'échec fracassant du réacteur Superphénix. On est donc clairement dans une affaire "du passé" et pourtant le narrateur utilise l'expression trompeuse "réacteurs du futur".

"Un calcul remis en question par les experts proches de Greenpeace"

MANIPULATION. Il est exact que l'expert en question, Benjamin Dessus, est très critique vis-à-vis de l'industrie nucléaire. Mais le problème est ailleurs. Rappelez-vous, un peu plus tôt dans le documentaire, il est affirmé que la renaissance du nucléaire est préparée par "les experts" (tout court), donc à priori neutres et objectifs. Là, par contre, il s'agit d'un expert "proche de Greenpeace". Pour les réalisatrices, il y a donc deux catégories d'experts : les "vrais", et ceux qui sont "proches de Greenpeace".

"Aujourd'hui, la véritable épine dans le pied de l'industrie nucléaire, ce sont les déchets radioactifs"

TROMPERIE. Oui, bien sûr, les déchets radioactifs constituent un problème dramatique et insoluble. Mais c'est loin d'être le seul : les risques de catastrophe, les rejets radioactifs et chimiques continuels des centrales dans leur environnement, les incroyables surcoûts de construction des réacteurs, la prolifération (qui permet à des pays d'accéder à l'arme atomique), etc.

Alors, pourquoi réduire le problème à la seule question des déchets ? Tout simplement parce que, dès lors, il suffit d'une "solution" pour les déchets pour pouvoir décréter que tous les problèmes du nucléaire sont résolus. Et, justement, cette "solution" a été trouvé par les réalisatrices. Certes, dans un premier temps, il est fait mention de l'accumulation inquiétante des déchets, et des pratiques injustifiables qui ont eu lieu (comme jeter les déchets nucléaires dans l'océan). Mais c'est pour mieux prétendre que, désormais, tout va pour le mieux. Le narrateur annonce d'ailleurs "Aujourd'hui, les temps ont changé"…

"Est-il dangereux de vivre près d'une centrale nucléaire ou d'un site de stockage de déchets radioactifs ?"

GRAVE OMISSION : le documentaire donne la parole à des personnes qui expliquent qu'il y a certes un "débat scientifique", mais que rien n'est prouvé. Il est incroyable que ne soit pas citée l'étude publiée fin 2007 par l'Université de Mayence (Allemagne) qui montre un excès de cancers et de leucémies, détectable jusqu'à 50km autour des installations nucléaires, et touchant en particulier les jeunes enfants. ( Cf "Les leucémies infantiles plus fréquentes près des centrales nucléaires", Le Monde, 12 Décembre 2007)

"Le véritable problème provient des 1% de déchets les plus radioactifs, ceux qui proviennent des cœurs des réacteurs (…) Alors pour essayer de trouver une solution, le gouvernement a créé en 1999 un laboratoire unique au monde. Le but : tester les entrailles de la Terre pour y enfouir les déchets"

MULTIPLES TROMPERIES :
1) il est faux de prétendre que les autres déchets ne posent pas de problèmes, à commencer par les résidus d'extraction de l'uranium, jusqu'aux déchets issus du démantèlement des installations, par exemple des pièces géantes (les générateurs de vapeur) extrêmement radioactives.

2) Pourquoi prétendre que le laboratoire de Bure est "unique au monde", si ce n'est pour magnifier la procédure ? Or, des expériences équivalentes sont ou ont été menées ailleurs (USA, Suède, etc) : il n'y a hélas pas qu'en France que l'option criminelle d'enfouissement des déchets radioactifs est envisagée !

3) Suit alors une longue partie où les "experts" de l'Andra ont toute latitude pour expliquer leur démarche. Le narrateur soutien cet "effort" en ajoutant que 400 millions d'euros ont déjà été dépensés… comme si cela augmentait les chances d'arriver à une option acceptable.

Pire : une animation montre de façon parfaitement idéalisée le fonctionnement présumé du centre d'enfouissement s'il entre un jour en service. Puis des militants anti-enfouissement sont piégés, mis en cause pour montrer des images de fûts à moitié enterrés, ce qui ne correspond effectivement pas à l'animation idéalisée… mais ressemble pourtant de près à ce qui se passe dans la mine de sel de Asse (Allemagne) ou un véritable désastre est en cours ( cf "Déchets nucléaires : la contamination d'une mine de sel empoisonne Berlin", AFP, 26 juin 2008; http://bit.ly/3UamCx ).

CONCLUSION :

La conclusion du documentaire est limpide : "Si l'on veut diminuer les émissions de gaz à effet de serre, faudra-t-il quand même laisser sa place au nucléaire, à côté des éoliennes des panneaux solaires et des économies d'énergie ? Alors, le nucléaire pour sauver la planète, un choix par défaut ? Sans doute, encore faudra-t-il en parler, sans tabou"

Les réalisatrices ont tranché : bien que "par défaut", le nucléaire doit être utilisé "pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre". Ce film est donc clairement une promotion de l'industrie nucléaire comme "solution" pour la planète. Tout juste est-il concédé qu'il faudra en parler "sans tabou". Cela fait certainement référence à ces pseudos "concertations" et autres "débats publics", où il est effectivement possible de dire tout le mal que l'on pense du nucléaire, mais… sans qu'il ne soit jamais possible de remettre en cause les décisions imposées par le pouvoir. Des défouloirs "sans tabou" mais parfaitement inutiles… sauf pour les autorités.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" est bien entendu favorable à ce que la question du nucléaire soit traitée dans les médias, à condition toutefois que cela se fasse de façon juste et équilibrée, et que les arguments des uns et des autres soient présentés de façon correcte et intelligible.

Loin de cela, Arte a diffusé ce 22 septembre un film de pure propagande pronucléaire, donnant longuement la parole aux promoteurs de l'atome, relayant et soutenant leurs thèses les plus contestables, tronquant et occultant les véritables informations. C'est d'autant plus choquant que le site web d'Arte annonçait "Sans essayer de trancher, ce document tente d'ouvrir le débat à partir d'un état des lieux." De toute évidence, la personne qui a écrit ça n'a pas vu le documentaire…

Stéphane Lhomme
Réseau "Sortir du nucléaire"

lundi 21 septembre 2009

La guerre de l'eau

Ce soir, France 5 diffuse à 23h30 le premier volet d'une série de 3 documentaires : La guerre de l'eau.
Aujourd'hui : L'age de l'eau
Réalisateur : TAYLOR LARSEN ANDERS
Production : TVEDT TERJE,PANOPTICON


©Nordic World

France 5 nous présente le documentaire :

Un tour du monde des problématiques autour de l'eau.
L'avenir de l'humanité dépend de cette richesse naturelle.
L'homme a toujours cherché à contrôler l'eau en fonction de ses besoins, mais cette ressource demeure inégalement répartie.
Les conflits à venir semblent inévitables.

Cette série présente les différents enjeux de cette guerre de l'eau, les difficultés historiques rencontrées par de nombreux pays, les intérêts des uns aux dépens des autres et les solutions proposées pour vivre en symbiose avec l'environnement.
L'âge de l'eau. Depuis l'Egypte ancienne, les hommes ont toujours utilisé la puissance de l'eau pour bâtir des civilisations riches et prospères.
Au XXe siècle, différents projets ont vu le jour visant à lutter contre la pénurie d'eau et mieux la répartir sur les territoires.
C'est le but de la station de pompage du lac Nasser ou encore du projet russe pour restaurer la mer d'Aral.
En Chine aussi, les ingénieurs créent deux rivières artificielles puisées depuis le fleuve Yang Tsé pour alimenter notamment la capitale Pékin. Des ressources d'eau pure restent à découvrir sous le sol océanique mais les expériences menées en Islande pour exploiter ses richesses nous ouvrent les portes d'un monde plus sain et respectueux de l'environnement...

Salvatrice ou dévastatrice, jaillissant du sol ou tombant du ciel, l'eau organise la géopolitique de la planète. De sa gestion dépend l'avenir de l'humanité. En cinquante-deux minutes, l'auteur met en évidence les ambitions de projets historiques, souligne l'inégale répartition d'un liquide qui dessine les territoires et conditionne la vie des hommes.

Pour comprendre les enjeux d'une guerre de l'eau, cette série sans compromis présente le renouveau de grands projets hydrologiques visant à lutter contre la pénurie. Elle s'arrête d'abord sur la station de pompage du lac Nasser, en Egypte. Son objectif : irriguer de nouvelles villes et cultures implantées dans le désert, au risque de gaspiller l'or bleu. Puis en Russie, où l'on souhaite voir renaître la mer d'Aral. Ou encore en Chine, avec la création de trois fleuves artificiels destinés à alimenter Pékin. Un choix contesté dont dépend le développement de l'empire du Milieu.

Si les plus importantes réserves d'eau douce sont contenues dans les glaces et glaciers, il est désormais acquis que les sous-sols regorgent d'eau. Un lac souterrain de 100 milliards de mètres cubes et d'une superficie égale à celle de l'Espagne, la France et l'Angleterre, situé sous le Brésil et l'Argentine, aiguise toutes les convoitises. A lui seul, il pourrait satisfaire les besoins de 6 milliards d'individus pendant deux cents ans. Enfin, expériences en Amérique du Nord, explorations sous-marines et autres forages en Islande laissent espérer que le monde de demain débouchera sur un meilleur équilibre écologique où l'eau remplacera les énergies fossiles.

Les 2 documentaires suivants seront diffusés les 2 prochains lundis à 23h30 sur France 5.

Pour plus d’information

Consultez le wiki France 5.

Mon avis

Je n'ai pas encore vu ce documentaire.
L'importance de son sujet me pousse à le regarder.
Je vais le faire avec une conviction de départ : les grands projet et ouvrages sont généralement destructeurs des écosystèmes, de la biodiversité et portent atteinte aux populations humaines, animales et végétales.
La promesse annoncée dans la description du documentaire, d'un monde plus sain et respectueux de l'environnement me laisse pour le moins septique. La rareté de plus en plus grande de l'eau risque plutôt, si son exploitation est trop largement laissée aux mains des entreprises et intérêts privés, de provoquer une exploitation qui fera peu de cas de l'environnement.
Les états et populations sauront-elles garder le contrôle et protéger leur environnement et leurs ressources naturelles dans un contexte mondial de crises ?

mardi 26 mai 2009

La rançon de la fraise

Ce soir à 20h35 sur France 5.

Il était une fois, une fraise qui venait de Californie. Brevetée aux Etats-Unis, elle a traversé l'océan il y a un demi-siècle pour devenir l'or rouge du sud de l'Espagne.

Cette fraise qui fit, et fait encore, la fortune d'une partie de l'Andalousie, c'est celle qu'il est aujourd'hui naturel de trouver dans nos marchés et supermarchés dès février. Ces grosses fraises, bien brillantes, qui viennent narguer nos papilles en plein hiver. Papilles souvent déçues, mais les distributeurs n'en ont cure : la fraise hors saison, ça marche !

La réalisatrice Béatrice Limare donne la parole aux deux camps : les ardents défenseurs qui en vivent et les non moins ardents détracteurs qui dénoncent le prix exorbitant à payer pour produire cette fraise contre nature. Pour les premiers, qu'ils soient agriculteurs, producteurs, pépiniéristes, importateurs, grossistes, dispatcheurs, tous assument ce mode de production comme s'il s'agissait là de l'agriculture du futur.

Pour les seconds, médecins chercheurs, écologistes, défenseurs des droits de l'homme, toute cette industrie, car c'en est une, est une addition de catastrophes : sanitaire, humaine, sociale et environnementale. Au-delà des propos, les images sont saisissantes et révèlent tous les artifices obligatoires pour tromper la nature, les tonnes de plastique et tous les additifs chimiques souvent douteux, parfois illégaux, mais nécessaires aux taux de rendement. Elles nous montrent aussi les agressions sur l'environnement comme sur la couche d'ozone. Enfin, nous découvrons les conditions de vie des saisonnières qui viennent de Roumanie, de Pologne, et de plus en plus du Maroc. Elles témoignent des nécessités économiques qui les poussent à accepter ces conditions déplorables.

Mais, la fraise espagnole ne va plus aussi bien. Elle est maintenant concurrencée par la fraise marocaine. Il fallait s'y attendre : le soleil y est plus chaud en hiver qu'en Andalousie, la main d'œuvre est sur place et les règlements sont moins contraignants. Ce qui n'est pas pour réjouir les opposants à la fraise hors saison. Jusqu'ici, entre les pépiniéristes du Nord de l'Espagne, les producteurs andalous et les marchés européens, chaque fraise devait parcourir près de 4 000 km. Avec les Marocains, le chemin risque d'être encore un peu plus long. On n'arrête pas le progrès !

Pour plus d’information

Lire le l'article sur le wiki France 5.

Mon avis

Je suis clairement dans le camp des opposants !
Voir mon article sur le blog.
Un film que je n'ai pas encore vu et qui semble bien documenté.

samedi 23 mai 2009

RAS nucléaire, rien à signaler

RAS nucléaire, rien à signaler
Un film de Alain De Halleux

Des ouvriers du nucléaire sortent de l'ombre pour dresser un tableau inquiétant de leurs conditions de travail et de sécurité. Une enquête exemplaire.

On les appelle les "jumpers", ils sont chargés d'entrer dans le générateur de vapeur pour obturer les tuyaux qui le relient au réacteur nucléaire.
Séjour maximum autorisé : de 90 à 120 secondes, sous peine de surdosage radioactif ! Ils font partie de la masse des ouvriers intérimaires et sous-payés, chargés de maintenance dans les centrales nucléaires (décontamineurs, mécaniciens, contrôleurs...).
Des travailleurs de l'ombre qui, avec ce film, sortent pour la première fois du silence pour dresser un tableau inquiétant d'un des fleurons de l'industrie européenne.
Depuis la libéralisation des marchés et la privatisation des groupes énergétiques, les conditions de travail semblent en effet se dégrader, au mépris de la santé des ouvriers et de la sécurité. Au nom de la rentabilité, EDF/GDF-Suez, Areva et les autres recourent de plus en plus à la sous-traitance, rognent sur les effectifs et la maintenance, font pression sur les employés...

Urgent à signaler
Malgré les efforts déployés pour alerter l'opinion (souvent sanctionnés par des licenciements), les autorités font la sourde oreille.
Un malaise que dénoncent des ouvriers principalement belges et français, éclairé par des experts-chercheurs, une sociologue et un ancien président d'EDF, Marcel Boiteux... "Du risque 0, nous sommes passés au risque calculé", affirme un employé.
Les "petits" incidents se sont multipliés, avec une centaine d'alertes de niveau 1 chaque année : en 2006, après un court-circuit, une centrale suédoise frôle la catastrophe à 7 minutes près ; en 2008, une fuite d'uranium contamine cent ouvriers à Tricastin.
Contrôleurs priés d'ignorer les dysfonctionnements, employés cachant les incidents par peur des sanctions, grands groupes déresponsabilisés par l'externalisation des tâches : ce constat édifiant montre combien la sécurité collective est en jeu.

Diffusions sur Arte

lundi, 25 mai 2009 à 05:00

Rediffusions :
28.05.2009 à 09:55
03.06.2009 à 05:00

Mon avis

Je n'ai pas encore vu ce film qui a déjà été diffusé sur Arte le 12 mai.
Un sujet important et inquiétant...
Les accidents n'arrivent pas qu'aux autres... chez les autres...

mardi 19 mai 2009

Equitable à tout prix

Un documentaire de Hubert Dubois

Longtemps confinés aux ventes de charité et aux boutiques " bobo ", les produits du commerce équitable sont devenus en quelques années des produits grand public.
Les voici désormais disponibles en grande surface. Toutes les enseignes s'y sont mises, avec un boom inespéré : 40% d'augmentation des ventes par an. Après le café et le chocolat, la gamme s'est largement diversifiée pour s'installer dans tous les rayons, des cosmétiques aux fleurs, des bananes aux jeans.
Le consommateur citoyen peut donc à priori se féliciter de cette percée militante dans le monde du business.
En toute logique, plus les riches consommeront équitables, plus des paysans pauvres, payés enfin à un prix juste, auront accès au développement. Ce n'est malheureusement pas si simple.
Certes, l'augmentation du marché de l'équitable permet à des petites coopératives de développer leur production et de s'agrandir. Mais à quel prix ? Deux mondes, deux logiques tentent de coexister.
D'un côté, la nécessité de faire du volume, de l'autre la volonté de produire à échelle humaine, en respectant l'Homme et la nature.
Pour comprendre à qui profite cette coexistence, voici l'histoire comparée de trois tablettes de chocolat fabriquées à partir de fèves de cacao équatoriennes.
Elle révèle bien des contradictions entre grande distribution et commerce équitable car finalement, quelle que soit la profession de foi des grandes enseignes, il ne s'agit pour elles que de gagner de l'argent.

Ce nouveau mode de consommation, que l'on assure respectueux, tient-il vraiment ses promesses pour les petits producteurs des pays du Sud ? Hubert Dubois est allé mener l'enquête, dans la grande distribution en France et en Equateur.

Les produits équitables ne représentent que 0,01 % du commerce mondial. Un chiffre dérisoire qui témoigne de manière encore bien marginale de leur progression dans les pays développés, principalement en Europe et en Amérique du Nord. Rien que pour la France, leur consommation a ainsi fait un bond de 27 % (*) en 2007 ! Estampillés notamment Max Havelaar et vendus environ 20 % plus chers que les produits classiques, jus de fruits, café, chocolat, thé, bananes ou fleurs conquièrent en effet une place de plus en plus large dans les linéaires de la grande distribution.

Plébiscité par les consommateurs, cet appétit de citoyenneté, qui ne représente encore que 1 % du chiffre d'affaires des enseignes hexagonales, progresse sans relâche. Une chance, assure Tristan Lecomte, le président d'Alter Eco, qui se souvient : « J'ai démarré en ouvrant une boutique, qui n'a pas marché. Puis une seconde, qui n'a pas marché. J'ai ensuite ouvert un site Internet : il n'a pas marché. Je suis donc allé en grande distribution parce que c'est là que l'on peut réussir en commerce équitable. En atteignant des volumes de vente très significatifs, on a amélioré notre fonctionnement et, aujourd'hui, nous payons significativement plus les producteurs. » Une meilleure rétribution des producteurs des pays du Sud, tel est en effet le credo du commerce équitable, sorti du circuit exclusif des associations solidaires et des magasins spécialisés.

Certains, pourtant, comme Artisans du monde, tiennent à rester en retrait, rétifs aux risques contre-productifs de cette exposition grand public : « On voit aujourd'hui, note ainsi Laurent Levard, le délégué général de son réseau de 160 boutiques, que les acteurs de la grande distribution ont en fin de compte le même type de comportement avec leurs fournisseurs de commerce équitable qu'avec leurs autres fournisseurs : ils font des pressions pour que les prix baissent », observe-t-il.

L’équité à petits pas
Car, derrière la façade des bonnes pratiques, qu'en est-il vraiment ? Pour en avoir le cœur net, Hubert Dubois s'est rendu en Equateur. Dans ce petit pays des Andes, les coopératives agricoles sont une bénédiction pour un acheteur comme Stéphane Bloch.

Directeur cacao d'un groupe d'import-export suisse, ce dernier parcourt l'Amérique latine pour fournir ses clients : « Le commerce équitable ne veut pas dire que l'on se fait des cadeaux l'un à l'autre. Nous sommes une société, nous avons des salaires à payer, des obligations, nous voulons gagner de l'argent. Nous voulons faire des affaires bénéfiques pour nous et pour les producteurs. » Des affaires, malgré son label, la coopérative Fedecade, un temps en contrat avec l'importateur, n'en fait plus. De mauvaises conditions climatiques ont retardé les récoltes et stoppé net ses commandes : « Le commerce équitable ? Je ne sais pas si j'ai bien compris ou si je me trompe, mais ici on vend à un intermédiaire et après cela tout fiche le camp, lâche, amer, un petit producteur. Pour nous, les pauvres qui travaillons, il ne reste que des miettes. »

Le son de cloche est cependant tout autre à la coopérative Fortaleza, qui l'a supplantée. Une fois payés les 3 500 euros annuels de la certification FLO-Cert du label Max Havelaar, les 235 euros de prime versés par tonne de fèves de cacao y font germer le rêve d'une modernisation de l'exploitation. Outre un tarif minimal garanti de leurs récoltes quelles que soient les fluctuations du marché, ce qu'ont gagné les membres de la coopérative est un droit à deux consultations médicales par an ainsi qu'une réduction de 20 % sur l'achat de leurs médicaments. Pas négligeable, mais pas encore le Pérou…

Interrogée par le journaliste, Veronica Andino, conseillère du ministre de la Politique économique de l'Equateur, met, elle, bien en perspective les limites du système : « On ne peut pas critiquer le commerce équitable en tant que pratique, mais cela n'est pas suffisant. Si le consommateur achète un produit du commerce équitable, cela va certes aider une petite communauté paysanne, avoir un impact positif sur des petits groupes de la population. Mais les mauvaises actions des politiques de l'Union européenne vont annihiler ces bonnes intentions (**). Si nous ne pouvons pas mettre en œuvre une politique interne d'achats publics qui supporte le renforcement des initiatives d'économie solidaire parce qu'un traité de commerce avec l'Europe nous l'interdit, comment dire alors que l'Europe est en train de promouvoir un développement différent, plus juste ? » Une juste interrogation, qui, elle aussi, n'a pas de prix.

Mon avis

Un excellent documentaire qui démontre clairement l'incompatibilité entre la grande distribution et le commerce équitable.
L'exemple du chocolat est édifiant.
Après avoir poussé une petite société spécialisée dans le café équitable à se lancer dans le chocolat, les grandes surfaces l'on écartée en s'approvisionnant directement après de son producteur.

Le cas des fleurs est un bon exemple de ce qu'il ne faut pas faire en matière de commerce équitable et d'environnement.
Carrefour commercialise à 1 € des fleurs payées quelques centimes à une grosse entreprise labellisée Max Havelaar. Elles proviennes d'Equateur.
Premièrement il s'agit d'une très grosse entreprise, donc le bénéfice pour les producteurs est faible.
Deuxièmement le bilan environnemental est désastreux car les fleurs font un voyage considérable pour se retrouver dans notre vase.

L'objectif de la grande distribution est d'augmenter le volume de vente et pour cela, de réduire le prix. La mécanique se met en marche en faisant pression sur toute la chaine d'approvisionnement, de la distribution jusqu'à la production.

Une question est posée par le documentaire : entre les 3 types de produits équitables, lequel choisir ?
- marques de distributeurs (carrefour et autres...)
- grandes marques spécialisées (Alter Eco, ...)
- petites marques "rebelles" (Andines,...)

Pour moi, il est clair qu'il faut exclure le premier : les marques de distributeurs.
Le second, les marques spécialisées ont l'avantage de se trouver assez facilement et à un prix moyen.
Le troisième est celui qui correspond le mieux à l'esprit du commerce équitable, c'est clair. Son inconvénient en est le prix plus élevé (peut atteindre 40%) et l'accès moins facile.

N'oublions pas que notre pays ainsi que l'Europe elle même possède des petits producteurs (pas assez d'ailleurs) qu'il est important de soutenir et développer. Le commerce équitable devrait les prendre en compte, ce qui n'est pas le cas.
Consommons équitable, mais aussi local.

Pour plus d’information

Le site de la marque Alter Eco
Le site de la SCOP ANDINES
Artisans du Monde

Ce très bon documentaire a déjà été diffusé deux fois sur France 5.
Je n'ai pas trouvé de date de nouvelle diffusion, ni d'accès VOD.

dimanche 17 mai 2009

Les ailes pourpres - The Cinematic Orchestra

Un film et une musique que j’adore.
Alors je ne résiste pas vous faire partager ces deux vidéos.

The Cinematic Orchestra - To Build a Home

Les ailes pourpres.

vendredi 8 mai 2009

Le tour du monde du commerce équitable sur www.ethiquable.tv

Samedi 9 mai 2009 de 14h à 18H
Entrez dans les coulisses du commerce équitable avec le TOUR DU MONDE DU COMMERCE EQUITABLE sur www.ethiquable.tv
4 HEURES DE DIRECT AVEC CEUX QUI FONT LE COMMERCE EQUITABLE AUX QUATRE COINS DE LA PLANETE

Aujourd’hui, le commerce équitable est à la croisée des chemins : d’un côté, il fait désormais partie de notre paysage quotidien, de l’autre, il doit faire face à des interrogations, voire des doutes.
Pour répondre à ces questionnements, ETHIQUABLE – entreprise coopérative spécialiste du commerce équitable ‐ lance une web TV en ouverture de la Quinzaine du commerce équitable et à l’occasion de la Journée mondiale du commerce équitable.

Le samedi 9 mai 2009 à partir de 14H00, www.ethiquable.tv invite les consommateurscitoyens à entrer dans les coulisses du commerce équitable avec une émission spéciale intitulée « Le Tour du Monde du Commerce Equitable ».

Ce programme de 4 heures embarque les internautes à la rencontre de ceux qui font le commerce équitable : producteurs, ONG, entreprises spécialisées... L’émission en direct propose des duplex sur chaque continent, dont une liaison spéciale de 30 minutes avec les producteurs d’Equateur. Elle s’articule autour de 3 grandes questions :
- Coopératives du commerce équitable : comment les producteurs arrivent‐ils à vendre sur ce marché ?
- Croissance du commerce équitable : comment concilier business et valeurs ?
- Le prix équitable : que payent les consommateurs ?

Sous le regard de deux grands témoins (un producteur de République Dominicaine et une productrice de Colombie), avec l’analyse d’experts et les messages des internautes, Ethiquable.tv propose un espace ‐ unique et inédit sur le web ‐ de débats enrichis par de nombreux reportages, témoignages, chiffres‐clé et forum.

N’hésitez pas à poser vos questions dès maintenant sur www.ethiquable.tv, suivez l’émission en direct le 9 mai, ou retrouvez‐la en VOD (video on demand) dans la semaine qui suit l'événement.
Bonne émission et bon voyage !
L’équipe ETHIQUABLE.

Consultez le programme

Consultez le programme des 4 heures d'émission ici.

jeudi 23 avril 2009

Nous resterons sur terre

Il y a quelques jours, avant sa sortie en salle, je vous signalais ce film de Pierre Barougier : Nous resterons sur terre ».

C’est évidemment le genre de film que je ne laisse pas passer sans le voir.

Comme souvent, dès lors que l’on s’intéresse au sujet d’un documentaire de « vulgarisation », on n’y apprend pas grand-chose.
Mais l’objectif de sortir un tel film dans le circuit classique n’a pas pour objectif de prêcher des convaincus.

Je pense que ce documentaire est très bon car il peut toucher, sensibiliser un public plus large que les seuls « écolos ». Ceci même dans une période où le message écologiste, du moins sur certains aspects comme le réchauffement climatique et l’impact des activités humaines est assez largement diffusé.

Pour rester bref, je dirais que la caractéristique principale qui ressort du film est sa construction basée sur une alternance entre :
- des images de notre société
- des images sur les milieux naturels
- et de brefs monologues de 4 personnalités : l'environnementaliste James Lovelock, le philosophe Edgar Morin et les Prix Nobel de la Paix Mikhaïl Gorbatchev et Wangari Maathai.

Les images de notre société, souvent basées sur un découpage de l’écran en plusieurs zones ou des approches, des images complémentaires accentuent le message.
Le rythme souvent accéléré renforce la notion de pression, de masse humaine.
Pour ma part cela ma souvent donné une impression de malaise. L’effet recherché a clairement été atteint avec moi…

Les images des milieux naturels ou d’animaux donnent une idée de ce que nous détruisions, de la perte que nous infligeons à notre environnement, au patrimoine commun.
Évidemment, le grand contraste entre le calme de la nature et la folie des activités humaines est saisissant.

Les monologues des quatre personnalités apportent portent sur la mauvaise direction que prend la société et les conséquences qui en découlent, qui en découleront.
Pas de complaisance dans le discours. Pas de catastrophisme non plus, ni d’exagération.
C’était bien sur indispensable pour la crédibilité du message.
A titre personnel, je les ai appréciés dans l’ordre décroissant :
1- Edgar Morin
2- James Lovelock
3- Wangari Maathai
4- Mikhaïl Gorbatchev
Je suis même plutôt réservé au niveau du dernier de ma liste… mais je ne connais pas tout de lui, loin s’en faut. Peut être est-ce de l’à priori…

Ma conclusion

Un très bon film qui mérite une large audience pour faire avancer la prise de conscience. Mais cela sera-t-il ? Nous n’étions que trois dans la salle… et au moins deux convaincus. Probablement trois…
La construction du film peut dérouter car elle n’est pas didactique, pédagogique.
On fait un constat choc des conséquences de l’activité humaine et l’on n’a pas ou peu de voies de solutions qui nous sont fournies.
L‘homme saura-t-il inverser la tendance et se sauver lui-même avec la planète ? Pas si sûr…

mardi 7 avril 2009

Nous resterons sur terre

SORTIE NATIONALE
Le 8 Avril 2009

Les changements climatiques inquiètent, les espèces et les ressources sépuisent, les villes s'étendent .

A travers un jeu de miroirs et de contrastes entre cette nature miraculeuse et l4obsession de lhomme à vouloir la dompter, "Nous resterons sur Terre" regarde la planète daujourdhui dans les yeux et dresse létat des lieux dune harmonie qui vacille.

Pouvons-nous inverser le cours des choses ? Le voulons-nous vraiment ? Avec lenvironnementaliste James Lovelock, le philosophe Edgar Morin et les Prix Nobel de la Paix Mikhaïl Gorbatchev et Wangari Maathai, le film laisse à chacun la liberté dévaluer le degré durgence sur une seule certitude : "Nous resterons sur Terre".

Nous resterons sur Terre. Évidemment. Notre futur est ici.
Mais comment ?
La question brûle toutes les lèvres.

Les pollutions, les catastrophes industrielles et les changements climatiques ont brusquement révélé la question de la survie de notre planète et avec elle, celle de notre espèce. Nous sommes en passe d’être rattrapés par nos besoins les plus élémentaires : d’air pur pour respirer, d’eau pour boire, de sols pour s’alimenter, d’un climat stable pour vivre en sécurité.

Depuis des décennies, l’homme moderne et la nature vivent sur la même Terre mais n’appartiennent plus à la même planète. D’un côté, le progrès et son appétit croissant pour alimenter les demandes urbaines, de l’autre une biodiversité qui s’assèche progressivement et une planète qui s’asphyxie de nos propres inventions.

Au-delà des problématiques environnementales, c’est notre modèle de société dans son ensemble que Nous resterons sur Terre remet en question, tout en laissant le spectateur à ses émotions, à ses intuitions et à son jugement sur ce qui est juste ou non.

Quelle société souhaitons-nous transmettre aux générations futures et surtout quelles explications donnerons-nous à notre descendance lorsque celle-ci nous posera la question : Pourquoi ?

mercredi 1 avril 2009

Enquête exclusive - Les jusqu'au-boutistes de la lutte écolo

M6 ce mercredi 1 avril 22:45

A ce que l’on peut en lire sur les programmes TV, cette émission montre de petits groupes de «jusqu'au-boutistes» qui mènent de plus en plus ouvertement de spectaculaires actions contre des cibles privées ou publiques sur les questions d’environnement.

Qui sont ces jusqu'au-boutistes ? Stages de formation aux manifestations, cours de désobéissance civique, réunions ultrasecrètes, comment préparent-ils leurs actions ?

Mon avis

Les présentations parlent d’excès et de dérapages. Il faut voir comment le sujet sera amené, sous quel angle, quelle analyse. Pour avoir côtoyé quels personnes ayant participé à ce type d’actions, j’attend de voir en craignant un peu la déception qui viendrait si le reportage était très tourné vers le caractère forcément marginal, voire illégal de ces activistes.

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