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vendredi 25 mars 2011

Marée noire en eaux douces


L'association Robin des Bois a publié son Atlas 2008-2010 des pollutions aux hydrocarbures dans les cours d'eaux français. Robin des Bois recense 643 pollutions aux hydrocarbures (moyenne annuelle de 214), contre 561 (moyenne de 140) dans sa précédente édition portant sur la période 2004-2007.

Robin des Bois estime à 5.735.000 de litres le volume d'hydrocarbures rejetés dans les eaux douces sur les trois dernières années". L'organisation dénonce de véritables "marées noires" qui se déroulent dans "l'indifférence des pouvoirs publics".
"L'une des explications est sans doute que les pollutions en rivière sont emportées par le courant vers l'aval. Le fleuve est un lieu de transit et n'appartient à personne. La plage est un terminal pour la marée noire et elle est considérée comme un bien public".

La première cause de ces pollutions sont les poids lourds dont la citerne ou le réservoir se percent, le carburant se répandant jusqu'à des cours d'eau.


Poids lourd dans l'Ariège. Photo C. Gasc/la Dépêche du Midi

La deuxième cause est la "maintenance dégradée, la vétusté ou l'abandon des cuves à fioul de chauffage". En troisième place viennent les pollutions d'origine agricole comme les vidanges intempestives de cuves à fioul ou à gazole et ensuite le dégazage lié au transport et tourisme fluvial.


Pour plus d’information

Consultez l'Atlas Robin des Bois des marées noires dans les eaux intérieures

jeudi 3 mars 2011

Un insecticide dangereux pour démoustiquer la Camargue

En Camargue, la Région et le Département dépensent deux millions d'euros par an pour lutter contre les moustiques.

Non seulement ils utilisent avions, 4x4 et quads pour pulvériser des insecticides dans les milieux naturels, leurs animaux et en particulier les oiseaux et même les habitants, mais en plus le préfet a pris un arrêté qui autorise, sans l'avis du Parc Naturel Régional, l'utilisation d'un nouveau produit, la deltaméthrine, pourtant très nocif pour l'environnement, les abeilles et les milieux aquatiques.
Cette décision a été prise sans attendre la fin des études d'incidences, qui mettent en évidence l'impact néfaste du BTI sur les populations d'oiseaux.
Le préfet s'est contenté de consulter une étude simplifiée produite par l'EID (Entente interdépartementale pour la Démoustication) dans laquelle la Camargue est évoquée sur...une seule page.
Le Parc naturel régional, qui coordonne en Camargue Natura 2000 , n'a même pas été consulté.


La réglementation au sein du Parc Naturel Régional de Camargue, classé Natura 2000, est pourtant claire : la démoustication doit se faire dans un cadre particulier et après qu’une étude d’impact complète ait été réalisée. Les associations NACICCA, l'URVN, l'UDVN 13 et la LPO ont attaqué cet arrêté autribunal administratif.

Des études écologiques menées par la Tour du Valat ont mis en évidence les contradictions et les conséquences désastreuse d'une démoustication sur les populations d'oiseaux, et notamment les hirondelles de fenêtre, dont on sait que 50 % de la population à disparu en 20 ans.
Les études ne sont pas terminées, et l'utilisation d'un nouveau produit va forcément perturber les résultats de scientifiques selon les associations.

Le produit qui inquiète les associations est la deltaméthrine, un insecticide non sélectif aux propriétés neurotoxiques, utilisé dans la lutte contre les insectes et les serpents. Cette molécule étant susceptible d'inhiber la capacité de filtration des bivalves tels que les moules, son usage en milieu aquatique est déconseillé. Il est également impactant pour les abeilles. Le syndicat d'apiculteurs du 13 se dit très inquiet des expérimentations en plein champs. L'inhalation et le contact avec la peau et les yeux peuvent d’autre part provoquer de nombreux symptômes tels que rougeurs et brûlures.
Enfin, il est potentiellement cancérigène pour les mammifères.



Mon avis

Une véritable honte, d'autant que la deltamethrine est classée perturbateur endocrinien selon l'Union Européenne. (Source : MDRGF)
Je rejoins les associations pour condamner cette opération, et plus largement l'arsenal de lutte anti-écologique qui est déployé au lieu de mettre en œuvre des moyens de lutte raisonnée.

vendredi 21 janvier 2011

Deux décrets néfastes pour l'environnement

Cadeau de Nicolas Sarkozi aux agriculteurs en guise de vœux : la publication de deux décrets nocifs pour l'environnement !

Le premier décret exonère les regroupements d’élevages d’enquête publique et d’étude d’impact.
France Nature Environnement (FNE) rappelle que, sur le territoire qui reçoit l’élevage regroupé, l’impact environnemental peut être considérable, du fait de l’augmentation de la quantité d’effluents.


Le second décret autorise la mise en circulation des 44 tonnes pour les transports agricoles et alimentaires.
Cette mesure va favoriser une nouvelle fois la compétitivité du transport routier de marchandise au détriment des autres modes transports alternatifs en générant un report du fluvial et du ferroviaire vers la route.
FNE indique que l’impact de ces camions sur l’infrastructure est 180 fois supérieur à celle d’un camion de tonnage moyen (7,5 tonnes).


Mon avis

Je vous ai présenté ces projets depuis plusieurs mois. Les projets sont maintenant bien concrets.
Ici encore, le gouvernement persiste dans des prises de décisions négatives pour l'environnement.
Une fois de plus il nous faut déplorer cette politique néfaste qui contraste avec les beaux discours d'autrefois, pardon, du Grenelle de l'E...

mardi 11 janvier 2011

Le "syndrome de Quirra" un drame écologique et sanitaire en Italie

Le polygone de Salto di Quirra est situé près de la ville de Perdasdefogu au sud-est de la Sardaigne, dans une zone montagneuse. Il s'agit d'un polygone interarmées, placé actuellement sous l'autorité de l'Etat Major de l'Aéronautique italienne.


Quirra - Italie

Ici le secret militaire est doublé du secret industriel. Seul polygone italien dédié aux essais aéronautiques et missilistiques de l'OTAN, il est utilisé par l'Aèronautique, l'Armée et la Marine militaire, et par l'Industrie pour les essais de nouvelles armes.

La question sanitaire est au centre de la contestation, à cause des pathologies anormales qui frappent militaires et civils de la région, dénoncées déjà en 2001 par le médecin local. A Escalapano - 2.600 habitant-e-s - huit enfants nés avec des malformations génétiques en 1988: à Quirra - 150 habitant-e-s - douze morts de leucémie en 2002... des données incomplètes, mais alarmantes. "Pourquoi ici et maintenant? Est-ce dû à l'uranium appauvri ou à d'autres composants d'armes testées dans la base ?"


Le polygone militaire Salto di Quirra - Sardaigne - Italie

Une enquête conduite par les vétérinaires des Asl (Azienda sanitaria locale) de Cagliari et Lanusei, pour contrôler l'impact sur l'environnement et sur la santé dans la zone voisine du polygone a été publiée le 4 janvier dans "L'unione Sarda". Son résultat est atterrant !

40 civils et 23 militaires. Diagnostic: leucémie.
Uranium appauvri, tumeurs, agneaux difformes. 65% des bergers qui vivent aux alentours de l'installation militaire ont le cancer.

Dans presque toutes les bergeries, écrit Paolo Carta sur "L'unione Sarda", naissent des agneaux atteints de malformations et les bergers souffrent de tumeur. Les enquêtes des vétérinaires des Asl de Cagliari, sur demande du Comité d'adresse territoriale qui suit le contrôle environnemental du polygone, sont arrivés à un résultat choquant. Les données recueillies à coté de la zone militaire sont absolument hors normes. Selon la vérification des vétérinaires Giorgio Melis et Sandro Lorrai, il existe tout simplement une liaison entre les déformations congénitales génétiques des agneaux et les tumeurs qui ont frappé les bergers.

Une alarme qui devient horreur: l'enquête des vétérinaires qui ont parcouru la campagne de Quirra finit par créer une équation meurtrière entre les tumeurs des éleveurs et les difformités des troupeaux: agneaux nés avec deux têtes ou six pattes ou carrément éventrés.

Tout cela a un nom : le "syndrome de Quirra".

Sources :
http://www.libreidee.org/fr/2011/01/la-chernobyl-italiana-strage-di-pastori-e-agnelli-deformi/
http://www.saba.fateback.com/articoli/claramagsardaigne.html
http://staff.polito.it/massimo.zucchetti/Quirra_JEPE.pdf

Mon avis

Une véritable horreur trop peu connue !

Que de choses sympathiques...

lundi 10 janvier 2011

Neige et routes : le sel dégrade l'environnement

Avec les récents épisodes de neige, une importante quantité de sel et autres fondants routiers ont été déversés sur nos routes.


En France, le sel, chlorure de sodium (NaCl), est le fondant routier le plus utilisé car le plus économique et le plus rentable en ce qui concerne le rapport coût-efficacité.
Selon les conditions et le contexte, d’autres fondants sont employés : Alcools et glycols, chlorure de calcium (CaCl2), sulfates et nitrates... Ces fondants routiers ont un impact considérable sur l’environnement. L’accumulation de sel peut aboutir à la disparition d’espèces végétales et animales : « en ce qui concerne les impacts sur la faune et la flore, ils sont immédiats mais peuvent également se prolonger après la saison hivernale » explique Benoît Hartmann, porte parole de France Nature Environnement (FNE).

Pour FNE, les fondants routiers, par l’action de leurs composés chimiques dont le sel, permettent d’abaisser le point de congélation de l’eau. Outres les traces de métaux lourds présents dans ces fondants, s’ajoutent ceux piégés et accumulés sur et autour des routes (2) . Il s’agit notamment du plomb (Pb), zinc (Zn), aluminium (Al)...

Ces métaux, extrêmement nocifs, sont libérés par réaction chimique au contact du sel et se répandent dans les milieux naturels et sur les terres agricoles (via l’irrigation et le ruissèlement). « La sécurité routière est capitale mais elle ne peut pas être un prétexte à une dispersion sans contrôle de produits chimiques toxiques dans le milieu naturel » commente Michel Dubromel, responsable Transports de FNE.

Pour France Nature Environnement : « Il est vain de vouloir s’opposer frontalement aux phénomènes naturels. La nature n’est pas notre ennemie. Nous devons faire avec elle et pas contre elle, en privilégiant l’adaptation voire une approche mécanique plutôt que se limiter a une approche chimique dont les dégâts collatéraux peuvent être très importants. »

Source : communiqué FNE.

jeudi 6 janvier 2011

Ports : des boues de draguage toxiques

Le dragage des ports et des les estuaires, certains travaux d’équipement côtiers et en mer sont la source de boues toxiques.
Elles sont généralement rejetées en mer, non sans effets sur l'environnement et sans risques sanitaires.


Depuis quelques mois, certains projets ont fait monter les associations environnementales au créneau.

Plusieurs bassins bretons sont concernés, c'est le cas, par exemple, d'un projet à Lorient.
Une enquête publique sur le projet d'immerger au large de Groix 150 000 m3 de sédiments qui seront dragués dans les fonds du pôle course au large, installé sur le site de l'ancienne base de sous-marins, doit normalement s'achever le 13 janvier.
Une bonne vingtaine d'associations de pêcheurs plaisanciers, plongeurs, organisations environnementales qui regrettent que l'agglomération n'ait pas encore développé un projet de traitement des sédiments à terre.
Ils craignent que ces boues entassées sur l'ancien site militaire ne contiennent des substances, dont des métaux lourds, avec les conséquences que l'on peut imaginer sur la flore et la faune marines.
Selon l'association Robin des Bois, « au vu des analyses disponibles actuellement, l'immersion des boues engendrerait un flux de 5 500 tonnes d'aluminium, 14,6 tonnes de zinc, 5 tonnes de chrome, 2,9 tonnes de plomb, 2 tonnes de nickel, 1, 3 tonne d'arsenic et plusieurs dizaines de kilos de mercure et de cadmium. ».

Chaque année, en moyenne, 40 millions de mètres cubes de sédiments dragués dans les ports ou les estuaires sont rejetés en mer. Une pratique qui remonte à la nuit des temps. « Certes, mais aujourd'hui, ces boues sont loin d'être inoffensives », souligne Jacky Bonnemains, président de Robin des bois. « Après le dragage du port de La Trinité-sur-Mer (65 000 t), dans le Morbihan, on a constaté une élévation de la concentration de certains métaux lourds dans les coquillages », indique André Dorso, de France Nature Environnement (FNE).

FNE exprime son inquiétude sur les répercussions écologiques qu’a l’immersion en catimini et en quantités croissantes de ces déchets, mais aussi pour la santé et pour les professionnels de la pêche et de l’aquaculture, en particulier dans la perspective de la mise en place prochaine d’une éco-labellisation de ces activités.

Pour plus d’information

Lire le communiqué de FNE.
Lire le communiqué de Robin des bois sur le projet de draguage à La Rochelle. Voir les articles de Ouest France, ici et .

Mon avis

Comme le dit Robin des bois, les dragages des ports et la gestion des boues de dragage sont un enjeu majeur pour l’environnement marin.

mardi 4 janvier 2011

Éoliennes marines : quels risques pour l'environnement ?

L'Union Européenne a décidé de produire 20 % de son électricité en énergie renouvelable, propre et sûre d’ici 2020.
Des fermes éoliennes en mer sont envisagées partout dans le monde.
Une étude annonce qu'en 2035, la puissance éolienne en mer cumulée en Europe dépassera celle de l’éolien terrestre.

Alors que la France annonce l'implantation de 600 éoliennes au large des côtes françaises d'ici à 2020 en promettant d'y investir 15 milliards d'euros, que sait-on de leur impact sur l'environnement ?


Des travaux qui perturbent l'environnement

Entre la phase de la construction, celle de l'exploitation et enfin de démantèlement, c'est la première qui semble poser le plus de problème pour l'environnement.
Les prospections géophysiques, les activités de forage, les va-et-vient des bateaux perturbent le milieu naturel mais aussi les tranchées creusées lors du chantier pour passer les câbles électriques. Tous ces travaux génèrent de la turbidité selon des spécialistes comme Paul Neau, directeur du bureau d'études Abies, et qui confie : « Après les travaux, il faut plusieurs années pour que le milieu retrouve son équilibre ».


Le raccordement électrique du projet des Deux Côtes (France)

Pour Michel André, directeur du Laboratoire d'application bioacoustique (LAB) à l'Université Polytechnique de Catalogne, « les sons diffusés lors du forage peuvent endommager l'oreille interne de certains mammifères et l'augmentation du trafic des bateaux perturbe le comportement de certaines espèces ».
C'est le cas du marsouin ou du phoque gris, des mammifères marins particulièrement sensibles aux sons.
L'Allemagne considère, par exemple, que le niveau sonore émis dans l'eau lors de la phase de construction, excède les limites fixées par le ministère de l'Environnement. Et les constructeurs sont obligés, dans ce pays, d'utiliser des techniques de réduction des sons comme des rideaux de bulles. Pendant la période de production, puisque la machine est relativement autonome, la maintenance est réduite. Le niveau de nuisance de l'éolienne est donc limité, du coup, les impacts également. Paul Neau considère que « la partie immergée ne génère que peu ou pas d'impact. Une éolienne, en soi, n'est pas un équipement bruyant ».


Installation d'une éolienne en mer

Et pendant leur fonctionnement ?

Michel André est moins formel : « Pendant la phase de fonctionnement, si les sons émis par les pales et les turbines ne sont pas mortels pour les mammifères marins, les sons qui se propagent dans l'eau et à travers le sol peuvent masquer les signaux que les animaux émettent pour naviguer, s'orienter, communiquer entre eux. Les fréquences les plus dangereuses sont les basses fréquences qui se propagent loin. Elles peuvent avoir des effets chroniques sur la santé des animaux et cela dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres autour de l'éolienne. »

Une étude pour mesure l'impact en Allemagne

En Allemagne, le programme de recherche RAVE (Research at Alpha Ventus), initié par le ministère de l'Environnement, a pour but d'étudier l'impact écologique des éoliennes au niveau du site Alpha Ventus : 12 éoliennes construites en 2009 qui alimentent environ 50 000 foyers.

Sur le site d'Alpha Ventus, les colonies de marsouins ont fait l'objet d'une surveillance avant, pendant et après la phase de chantier. Les sons ont été enregistrés jusqu'à une distance de 20 km. Avant la phase de forage, les mammifères ont été maintenus à distance de la zone de chantier pour limiter l'exposition aux bruits de forage. Le suivi des oiseaux s'est fait à l'aide d'une caméra vidéo, de cameras infrarouges pour les enregistrements de nuit et d'un système radar pour enregistrer les collisions des oiseaux avec les pales des éoliennes, collisions dépendantes de la direction des vents.

« L'aménagement d'un parc éolien n'est pas très dense. Généralement la distance entre deux éoliennes est de 600 à 700 mètres. Selon des modélisations réalisées sur certains parcs éoliens danois, l'impact de ces aménagements sur les courants est extrêmement localisé », explique le directeur du bureau d'études Abies. « Le creusement du fond de la mer pour implanter les fondations est source de turbidité, mais ces phénomènes restent localisés. »

En ce qui concerne le parc allemand, Alpha Ventus, les recherches menées sur les courants marins et la géologie continuent. Selon Kristin Blasche, coordinatrice de la recherche scientifique sur ce site, « en matière d'impact des éoliennes sur la sédimentologie. Nos mesures ont été réalisées l'été dernier. Il est donc trop tôt pour conclure. Nous avons simplement pu constater une érosion des fondations plus importante que prévue, due à l'action des courants ».

Et en France ?

La France, quant à elle, ne dispose d'aucune plateforme de recherche installée en mer. Pour Marion Lettry, déléguée général adjointe au Syndicat des énergies renouvelables, « ce serait très instructif d'avoir des plateformes d'expérimentation dans notre pays qui est très en retard dans ce domaine. Mais nous profitons du retour d'expérience des Danois et des Allemands. En ce qui concerne les oiseaux, nous savons, grâce aux études réalisées sur les éoliennes terrestres, qu'il ne faut pas installer de mats dans les couloirs de migration des oiseaux. Par contre, pour les poissons et les mammifères marins, nous souffrons cruellement d'un déficit d'études approfondies ».

Avec plus de 5 000 kilomètres de côtes, la France métropolitaine possède le deuxième potentiel éolien marin d'Europe après la Grande-Bretagne. Une dizaine de sites localisés en mer du Nord, en Manche, au large des Pays de la Loire et de la région Languedoc-Roussillon ont été pressentis pour accueillir des parcs offshore. Le projet de parc éolien des Deux-Côtes au large du Tréport – 140 éoliennes de 5 mégawatts (MW) réparties sur 75 km2 – est actuellement controversé, plus d'ailleurs pour son impact sur le paysage et les activités de pêche que pour son impact environnemental.

Le projet du parc des Deux-Côtes a récemment fait l'objet d'un débat public. La cohabitation avec la pêche et la plaisance pose problème. L'impact paysager des éoliennes est également sujet à polémique. Il faut dire qu'en matière d'implantation d'éoliennes marines, la réglementation française ne fixe aucune distance minimale avec la côte. Pourtant, pour des raisons techniques et de rentabilité, les parcs éoliens ne peuvent s'implanter n'importe où.

Ces zones dépendent de la profondeur des eaux – si elle est trop importante, l'implantation est techniquement impossible – et de la nature des fonds marins qui doivent pouvoir supporter les fondations – le sol ne doit pas être trop meuble. Autre élément clé, la région doit être suffisamment ventée. Au sud de l'estuaire de la Gironde, par exemple, le potentiel éolien est trop faible. Autre condition et non des moindres, la proximité du réseau électrique joue un rôle primordial car il influe sur le coût de raccordement. Enfin, la zone où s'installe un parc doit être compatible avec les autres usages.


Vue d'artiste du parc des Deux-Côtes

Malgré les craintes des pêcheurs et des riverains, les premières zones de développement éolien (ZDE) sont en cours de définition. Avant la fin de l'année 2010, le premier appel d'offres sera lancé. Il permettra de construire la moitié des 6000 MW d'éolien offshore prévus pour 2020. Nul doute, alors, que d'ici là, la côte française aura alors commencé sa métamorphose…


Projets d'installations d'éoliennes en Manche

Source : cite-sciences.fr (23.11.10)

Mon avis

L'impact de telles installations n'est pas négligeable, loin s'en faut.
Le milieu marin subit déjà maintes attaques, la prolifération de parcs éoliens serait insoutenable.
Bien entendu je préfère des énergies renouvelables au nucléaire, mais à condition que leur impact environnemental soit supportable car aussi faible que possible, et aussi que leur bilan énergétique soit largement positif.
N'oublions pas que la toute première chose à faire est d'économiser l'énergie. Et là il y a fort à faire !


samedi 18 décembre 2010

La convention Ramsar

Les zones humides sont parmi les milieux les plus productifs du monde. Elles sont le berceau de la diversité biologique et fournissent l’eau et la productivité primaire dont un nombre incalculable d’espèces de plantes et d’animaux dépendent pour leur survie. Elles entretiennent de fortes concentrations d’oiseaux, de mammifères, de reptiles, d’amphibiens, de poissons et d’invertébrés et sont aussi des greniers importants de matériel génétique végétal. Le riz, par exemple, qui est une plante commune des zones humides, est à la base de l’alimentation de plus de la moitié de l’humanité.



La Convention sur les zones humides d’importance internationale, appelée Convention de Ramsar, est un traité intergouvernemental qui sert de cadre à l’action nationale et à la coopération internationale pour la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources.

La Convention de Ramsar est le seul traité mondial du domaine de l’environnement qui porte sur un écosystème particulier et les pays membres de la Convention couvrent toutes les régions géographiques de la planète.

La Convention a pour mission: « La conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier ».


La convention Ramsar, signée en 1971 par 18 pays, reste le premier traité international portant l'engagement. Aujourd'hui, plus de 1 800 sites ont été inscrits dans la démarche, ce qui représente quelque 150 millions de km2 sous haute surveillance. La France, qui a adhéré en 1986, abrite 36 sites couvrant près de 800 000 hectares.

Près de quarante ans après sa signature, la convention de Ramsar compte 158 états membres répartis dans le monde entier. À l'heure actuelle, 1 822 zones humides sont concernées par le texte. On en compte 36 en France métropolitaine et outre-mer, parmi lesquelles le Fier d'Ars sur l'île de Ré, mais aussi la baie du Mont Saint-Michel, les marais salants de Guérande et du Més, la baie de Somme, le Rhin supérieur, la Brenne, les rives du lac Léman, la Camargue, les salins d'Hyères... Le Fier d'Ars, désigné zone Natura 2000, est le seul site Ramsar de la région Poitou-Charentes.

Pour plus d’information

Consultez le site de la convention de Ramsar.

Étudiez la carte des sites Ramsar français.



Marais salants de Guérande - Batz-sur-Mer
Photo : Huiskamergeleerde at nl.wikipedia

mardi 23 novembre 2010

Développons le jardin en ville

Depuis une dizaine d’années, les jardins partagés fleurissent dans les grandes villes françaises. Leur but est simple : faire revenir la nature en ville. Ras-le bol du bitume et des voitures ? Il est temps de faire place aux plantes, à la terre, aux arbres et aux fleurs ! Les jardins partagés arrivent en ville pour vous permettre de renouer avec la nature et créer des espaces d’échange et de rencontre dans votre quartier.

Enfin une opportunité de s’échapper du cadre urbain tout en restant dans la ville.

Vous êtes sensible à la nature, à la préservation de la biodiversité, et vous êtes intéressé(e) par la création de jardins partagés, ou par la présence d’un peu plus de verdure en ville ? C’est plus simple que vous ne l'imaginez ! Ce guide est là pour vous accompagner et vous aider dans chacune de vos démarches. Gardez- le bien avec vous, il vous sera utile…

Cliquez ici pour télécharger le Guide "Faire son Jardin en ville"

L'association AVA - Action Vert l'Avenir

Pour plus d’information

http://www.actionvertlavenir.com

dimanche 14 novembre 2010

Les huitres manipulées meurent aussi

Mises au point en 1997, des huitres , doit on les qualifier de "génétiquement modifiées" ?, les huitres triploïdes, ont été introduites afin de permettre la commercialisation toute l'année des huitres. En 2008, selon Inf'OGM, elles représentaient environ 30% des huîtres vendues en France.

Avec la triploïde, exit la règle des mois en r ! Et surtout : à la différence de l’huître normale, elle pousse beaucoup plus vite. Deux ans seulement pour arriver à maturité contre trois pour ses pauvres concurrentes attachées aux traditions…

Mais voilà, le Comité National de la Conchyliculture (CNC) vient de demander la suspension d'un plan de réensemencement censé pallier la surmortalité des jeunes huîtres, les naissains présentés comme "résistants" (les triploïdes) étant également décimés, a-t-on appris auprès du CNC jeudi 5 novembre.

"Le plan de sauvegarde doit être suspendu par l'Etat et les scientifiques", a déclaré son président, Goulven Brest, résumant une recommandation prise par les présidents des comités régionaux.
Le programme de réensemencement de sauvegarde avec des huîtres dites "R" (comme Résistantes) élaboré avec l'Ifremer et les écloserie était jusqu'à récemment considéré comme une des principales solutions à la surmortalité des naissains observée depuis trois ans.
"Les études scientifiques étaient encourageantes mais en pratique on observe des mortalités très importantes, de l'ordre de 50%, et allant même jusqu'à 100% sur certains lots", a indiqué Goulven Brest.
"On ne peut plus conseiller aux professionnels de continuer" ce plan, qui s'appuie sur des huîtres stériles triploïdes, a-t-il ajouté.v Le CNC a indiqué avoir demandé au ministère de l'Agriculture "de lancer au plus vite des investigations sur les écloseries, nurseries et concessions où sont produites et stockées les huîtres issues du protocole du plan de sauvegarde".

L'Ifremer étudie désormais comme alternative une souche d'huîtres japonaises, mais leur arrivée sur les étals nécessitera au moins cinq ans, selon le CNC.
L'hiver 2010-11 marque l'arrivée à maturité des premières générations d'huîtres affectées par la surmortalité apparue il y a trois ans et toujours mal expliquée. Selon le Comité de survie, un tiers des producteurs sont menacés de disparition.


Inquiétude dans le paysage ostréicole (PHOTO ARCHIVES SO)

Sources :
[ Inf'OGM.|http://www.infogm.org/spip.php?article3767]
Haute Saintonge Ecologie.

Mon avis

Je crains que toutes ces manipulations destinées à maintenir la profession sous perfusion, ne soient que vaines, à moyen ou long terme.
Reste que ce n'est pas demain la veille que l'on me verra consommer, en toute connaissance de cause, des produits génétiquement modifiés.

vendredi 12 novembre 2010

La loi de finances 2011 rabotte l'environnement


La fédération France Nature Environnement (FNE) s'insurge contre le projet de loi de finances 2011.

Les députés examinaient en effet mardi 9/11 la mission Ecologie du projet de loi de finances pour 2011.
FNE avait déjà exprimé sa déception devant un projet de loi de finances (PLF) sans souffle environnemental, loin du New Deal écologique promis par le Grenelle de l'Environnement.

Pour FNE, le budget écologique qui se réduit comme une « peau de chagrin »:

  • Un crédit d’impôt pour les installations photovoltaïques toujours raboté,
  • Pareil pour les travaux d’amélioration de la performance énergétique des bâtiments,
  • Un budget pour les associations en baisse
  • De même, ce sont toujours les particuliers riverains des sites Seveso qui doivent supporter l’essentiel du coût des travaux qu’ils sont tenus de faire dans leurs maisons pour se protéger, dans le cadre des plans de prévention des risques technologiques. La seule aide qui leur était apportée jusque là, le crédit d’impôt finançant 40% de ces travaux, est même rabotée !

Une aggravation considérable : le problème de la recherche sur la biodiversité
Le transfert lors de l’examen en commission des Finances de 3,7 millions d’euros du programme « Recherche dans le domaine de la gestion des milieux et des ressources » vers le programme « Enseignement supérieur et recherche agricoles » est incompréhensible et inadmissible au moment où le Ministère de l’Agriculture vient d’annoncer qu’il va débloquer 11,4 millions d’euros pour les producteurs de tabac.

Pour Christian Garnier, vice-président de FNE :

Nous savons bien que la part des crédits de recherche consacrée à la véritable agronomie, celle qui s’intéresse à la qualité biologique des sols et aux agro-écosystèmes, demeure misérable au regard de ce qui est dépensé au service de l’agrochimie et des biotechnologies. Ce n’est pas sur le dos de la recherche qui s’intéresse enfin au fonctionnement des écosystèmes que l’on doit rectifier le tir. La vraie question aujourd’hui est de mettre fin à une situation complètement déséquilibrée, et d’amplifier l’effort de recherche au profit des sciences du milieu, l’une des vraies voies de l’avenir.»

FNE se demande si d’autres aggravations sont prévues...
Autre mauvais signal, une baisse de la prime pour le bonus malus écologique, de 500 à 100 euros, serait à l’ordre du jour lui faisant perdre ainsi l’essentiel de son attractivité. C’est le 3ème dispositif pour lequel le Gouvernement réduit les aides au prétexte qu’il fonctionne « trop bien ». Il y aurait « surchauffe ».
Pour Gaël Virlouvet, responsable de la mission économie à France Nature Environnement : « le bonus-malus automobile a montré son succès. Les Français ont répondu avec dynamisme à ce dispositif incitatif écologique. Au lieu de raboter le bonus-malus, il serait de bonne logique de le rééquilibrer au bénéfice des véhicules les plus économes en se rapprochant de la neutralité fiscale pour accompagner et amplifier la mutation souhaitée. »

FNE demande donc aux députés de doter aujourd’hui un budget à la hauteur des ambitions affichées pour le New Deal écologique, notamment en :

  • Préservant les crédits d’impôt pour le photovoltaïque et la performance énergétique des bâtiments
  • Remédiant au problème de financement des PPRT
  • Soutenant la recherche sur la gestion des milieux naturels
  • Ne portant pas atteinte au bonus malus écologique

Source : Communiqué de France Nature Environnement.

Europe Ecologie est favorable à des villes plus denses !

Dans sa communication écrite, Europe Écologie s'insurge contre le blocage actuel que subit le Schéma Directeur Régional de l'Ile de France (SDRIF).

Ce document qui fixe les grandes orientations retenues pour la région a en effet été l'objet d'un avis du Conseil d’Etat qui le juge incompatible avec la loi sur le Grand Paris.

Europe Ecologie a déclaré :

Le Conseil d’Etat a rendu cette semaine un avis surprenant sur le projet de Schéma directeur d’Ile-de-France, préalable au décret d’approbation du gouvernement. Il le juge incompatible avec la loi sur le Grand Paris. Cette dernière a pourtant été votée près de deux après le SDRIF. En ne transmettant pas le schéma au Conseil d’Etat dans des délais raisonnables comme l’exige la loi, le gouvernement n’a pas joué le jeu et bloque aujourd’hui un projet élaboré et attendu par toute une région et ses habitant/es. En réponse aux défis du XXIème siècle, le schéma directeur s’attache notamment à promouvoir la solidarité territoriale et anticiper les crises environnementales et énergétique pour un développement et un aménagement durable de la région à l’horizon 2030. Il vise en particulier la création de 60.000 logements par an dans le cadre d’une ville plus dense qui permette de stopper l’étalement urbain et d’économiser l’espace et l’énergie. Les élu/es écologistes régionaux, aux cotés d’Alain Amédro vice-Président en charge de l’aménagement du territoire, demandent au gouvernement de tenir ses engagement et de permettre l'approbation rapide de ce schéma directeur.


Source : Lettre d'information du groupe Europe Ecologie Les Verts au Conseil régional d'Ile-de-France - N° 3

Mon avis

Cette position s'inscrit bien dans la tendance actuelle vis à vis des questions énergétiques et des terres agricoles.
Elle découle d'une logique qui parait à priori bien compréhensible sur le plan technique.
Moins les habitations s'étalent, moins elles rognent sur les terres et moins on a besoin de se déplacer.

Je n'adhère pas du tout avec cette position de Europe Ecologie.
Nombreuses sont les zones urbaines, en particulier en Ile de France, où la densité de construction, de population, d'automobiles dépasse déjà les limites acceptables vis à vis des conditions de vie, de quantité d'espaces verts, de pollution atmosphérique.
Poursuivre et augmenter la densité de construction, c'est accroitre ces problèmes.
La santé des populations en serait affectée ainsi que les espèces végétales et animales qui peuplent, elles aussi, nos villes.
On veut nous faire croire que densifier et améliorer l'environnement est possible...
Dans certains cas ans doute; en général, certainement pas.

L'intérêt environnemental d'une telle politique est-il démontré ?
Rien n'est moins sûr.

Prenons l'exemple du télétravail, sensé réduire les dépenses énergétiques. C'est un sujet controversé, lui aussi.
L’étude réalisée par le groupe Intelligent Transport Systems de l’université de Newcastle révèle que le télétravail possède bien des failles et des travers. Le professeur Phil Blythe déclare même : « On a beaucoup mis en avant l’intérêt pour l’environnement de travailler chez soi. A l’issue d’un examen approfondi, il apparaît que les bénéfices ne sont pas au rendez-vous. »
L’étude souligne le fait que le télétravail en réalité augmente la consommation énergétique. En effet, les employés doivent équiper leur domicile en matériel électrique et électronique qu’il partage habituellement avec les collègues (notamment imprimante, photocopieurs, etc.). La production de ces machines est particulièrement polluante ! La consommation de chauffage et de climatisation se trouve renforcée lors du travail à la maison.
Par ailleurs, il s’avère que les télétravailleurs compensent le fait de rester à la maison en sortant plus pour des activités personnelles comme faire les courses, récupérer les enfants à l’école, aller à des loisirs afin de voir du « monde ». Ainsi, les usages de la voiture se trouvent décuplés et les avantages de la réduction des gaz à effet de serre anéantis.

Arrêtons de densifier encore et encore l'Ile de France.
Améliorons l'équilibre des régions et de leurs agglomérations, plutôt que de ne concentrer (et concentrer les populations) dans certaines seulement.

Pour plus d’information

Consultez le projet de SDRIF.

lundi 1 novembre 2010

Chemins, j’aime la nature sur les bords


Dans le cadre de la campagne nationale lancée par la Fédération des clubs CPN et la LPO « Chemins, j’aime la nature sur les bords », la délégation locale CPN/LPO, l’antenne de la LPO Ile de France et la Municipalité de Breuillet vous invitent à découvrir les plantes sauvages des sentes réhabilités du bois de Folleville.

Cette sortie sera animée par Jean Guittet, Coauteur (avec Gérard Arnal) de l’Atlas de la flore sauvage de l’Essonne, ancien maître de conférences de Université Paris-Sud-Orsay (Ecologie végétale) le dimanche 07 novembre après-midi.

Rendez-vous au Centre de Loisirs de la Tuilerie à 14 Heures (accès fléché, route à gauche du magasin Carrefour Market).

Pendant 3 heures, vous découvrirez les plantes sauvages des bords de chemins, d’une clairière et celles bordant une mare.

Pour plus d’information

Visitez le site du club CPN Val de Juine.

Mon avis

Une sortie qui s'annonce sympathique et instructive.

mardi 14 septembre 2010

Brocéliande : la forêt et la démocratie sacrifiés aux déchets ??!

Un communiqué de "Danse avec les sorcières


Après six ans de mobilisation et de combat judiciaire, les associations de défenses de la forêt de Brocéliande ont obtenu par un jugement du Tribunal Administratif de Rennes du 25 mars 2010, l'annulation des autorisations d'exploiter le centre d'enfouissement et l'usine de traitement des déchets projetés à Point Clos.
Ce jugement est aujourd'hui définitif car aucun appel n'a été formé.

Un coup d'arrêt a donc été donné à ce projet dans un contexte de forte contestation.

Pourtant, malgré tous les risques environnementaux énoncés par les associations d'univers différents et en dépit de cette décision de justice, la préfecture a décidé de soutenir une politique de fait accompli en autorisant provisoirement l'exploitation du centre d'enfouissement.

La préfecture agit ainsi alors même qu'un récent rapport de la DRIRE a constaté un percement de la géomembrane, censée protéger le sol, donc l'eau, de toute pollution et que les déchets enfouis ne répondent pas à la notion de déchets ultimes et sont recyclables.

Ce n'est plus seulement l'environnement qui est en cause, mais aussi maintenant la démocratie


Pour plus d’information

Lire mes précédents billets : http://www.centpourcentnaturel.fr/?q=broceliande

Consulter le site Danse avec les Sorcières

lundi 13 septembre 2010

Suppression de niches fiscales : la fiscalité "verte" risque d'en prendre un coup !

Un communiqué de FNE

Dans un entretien publié le 9 septembre par Les Echos, François Baroin, le ministre du Budget, a annoncé que le crédit d’impôt « développement durable » et celui sur les installations photovoltaïques seront réduits. Pour FNE, supprimer ces niches fiscales "vertes" est une erreur.

Le ministre du Budget François Baroin a détaillé mercredi les niches fiscales qui seront amputées ou supprimées pour réduire le déficit public de la France. Parmi d’autres mesures, le crédit d’impôt « développement durable » sera diminué, de façon à ce que son coût pour l'Etat passe de 2,8 milliards d'euros l'an dernier à 2 milliards d'euros. Le crédit d’impôt sur les installations photovoltaïques devrait passer de 50% à 25%, a confirmé le ministre du Budget.

Une fiscalité plus verte change nos modes de vie

Bruno Genty, président de FNE : « Il existe d’autres sources d’économie. Le verdissement de la fiscalité contribue à changer les modes de production et de consommation. Nous regrettons cet avant-projet qui donnerait un coup d’arrêt à la transformation de notre économie. Sans le crédit d’impôt actuel, les panneaux solaires thermiques et photovoltaïques n’auraient pas connu un tel développement, même si certains effets pervers se sont faits jour.» Pour empêcher les fermes photovoltaïques de pousser à la place des forêts, il existe d’autres moyens que supprimer des crédits d’impôts. Les aides doivent être réorientées et mieux encadrées.

Pour Maryse Arditi, responsable du dossier climat-énergie à FNE, « Il est probable que la France n’atteindra pas ses objectifs pour 2020 et 2050 de diminution de ses émissions de gaz à effets de serre, ni tous les engagements du Grenelle. Toutes les mesures existantes aujourd'hui pour favoriser la maîtrise des consommations, les bâtiments basse consommation et les énergies renouvelables n’y suffiront pas. Les supprimer, c’est aller à l’encontre de la volonté politique affichée. »

Supprimer les dépenses polluantes

« Tant qu’à faire des économies, pourquoi ne pas en faire sur des projets inutiles et polluants comme certains projets autoroutiers ? » s’interroge Benoit Hartmann, porte-parole de FNE.

FNE ne s’oppose pas par principe à la suppression des niches fiscales. « Au moment où l’Etat cherche à faire des économies, FNE l’invite également à supprimer les trop nombreuses aides publiques encourageant la pollution », demande Bruno Genty, président de FNE. Il s’agit par exemple de la prise en charge par les contribuables du ramassage et du traitement des algues vertes.

« De même, pour Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE, le soutien aux agro-carburants est une mesure incompréhensible et a montré son absurdité environnementale et sociale. Nous encouragions pleinement la volonté de suppression de cette niche fiscale ».

Autre possibilité, pour Gaël Virlouvet, responsable de la mission économie de FNE : « De nombreux abattements de Taxe Générale pour les Activités Polluantes, notamment sur le stockage et l’incinération, devraient également être considérés comme des niches fiscales. Ils devraient donc être supprimés, lorsque leur intérêt environnemental n’est pas démontré. »

FNE demande au gouvernement de ne pas amputer et encore moins supprimer ces crédits d’impôts "verts" et de soutenir fiscalement les activités favorables à la protection de la nature et de l’environnement. N’hypothéquons pas notre avenir.

Source : le communiqué de FNE.

Mon avis

Ceux qui ont cru que le gouvernement possédait une fibre écologique et ont cru au Grenelle de l'Environnement, ont ici encore une occasion de se rendre à la réalité...

dimanche 8 août 2010

Dates de chasse : trop c'est trop !

Le conseil d'Etat vient de donner satisfaction aux associations LPO, FNE et la Ligue ROC en annulant deux arrêtés du 1er janvier 2009 relatifs à la fermeture des dates de chasse pour l'année 2008-2009 et a demandé au ministère de revoir sa copie pour faire en sorte que les prochaines fermetures de chasse en 2011 intègrent cette nouvelle jurisprudence.

Les arrêtés annulés avaient repoussé les dates de fermeture de chasse :
- la fermeture de la chasse aux canards et aux rallidés, qui depuis quelques années était fixée au 31 janvier, était, pour l'année 2008-2009, repoussée au 10 février sauf pour le colvert et le chipeau ;
- les limicoles, sauf le vanneau huppé, fermaient le 8 février 2009 au lieu du 31 janvier ;

Les associations n'avaient eu d'autre recours que de contester devant le Conseil d'Etat ces arrêtés néfastes sur le plan biologique ; en effet l'échelonnement des fermetures suivant quatre dates entraînait un important dérangement pour toutes les espèces dans la période prénuptiale où elles sont fragiles.

le Conseil d'Etat a jugé que ces dates de fermetures de la chasse n'étaient pas conformes à la loi française et à la directive européenne « Oiseaux » qui interdit notamment la chasse pendant les périodes de migration prénuptiale, et que, pour des raisons de dérangement et de confusion entre espèces, l'échelonnement des dates pour les canards n'était pas possible car il ne garantit pas la protection des espèces pour lesquelles la fermeture intervient plus tôt.

La LPO, la Ligue ROC et FNE se félicitent donc de cette décision qui rappelle que les dates de chasse doivent être adaptées au rythme biologique des oiseaux. Elles souhaitent que ce jugement mette un terme à un contentieux vieux de plus de vingt ans, en conduisant à l'adoption durable d'une date de fermeture unique, et qu'il permette enfin l'apaisement du conflit sur les dates de chasse.

Source : LPO



Mon avis

mardi 20 juillet 2010

Algues vertes, le gouvernement à la ramasse

Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, et la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, ont inauguré lundi 19 juillet une usine de traitement des algues vertes, à Binic, dans les Côtes d’Armor.

L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, dans un avis publié le 15 juillet émetait plusieurs recommandations visant à protéger le public et les travailleurs exposés aux algues vertes et aux dégagements de gaz toxiques issus des dépôts en putréfaction.
Elle recommande le ramassage d'algues vertes dites fraîches dans les 24 heures ou les 36 heures qui suivent leur arrivée sur les plages.
Lorsqu'elles sont en état de putréfaction, ces algues dégagent du sulfure d'hydrogène pouvant provoquer irritations des voies respiratoires voire, lors de concentration élevée, entraîner un arrêt cardiaque.
L'agence rappelle également aux promeneurs de ne pas pénétrer dans les zones touchées signalées par des panneaux d'information et, plus généralement, de ne pas s'approcher des dépôts d'algues.

Même si les ministres ont fini par reconnaître la responsabilité des éleveurs - tout en insistant sur leur prise de conscience, “Les agriculteurs, notamment les éleveurs, ont fait des efforts considérables au cours des dix dernières années pour réduire les taux de nitrates dans l’eau. (...) Il faut poursuivre dans ce sens là et c’est compliqué”, déclarait Bruno Le Maire, le gouvernement axe son action sur le ramassage et le retraitement des algues.

Les associations de défense de l’environnement sont navrées.
On les comprend.
“Là même où il (l’Etat) devrait cesser tout accroissement de cheptel, il laisse ses préfets autoriser des extensions d’élevage”, s’emporte Michel Guillemot, le président de "Halte aux marées vertes".

Mis en cause : l'amendement (dans le cadre de la loi sur la modernisation agricole) du député Marc Le Fur, visant à permettre, sans aucune autorisation, l'extension des porcheries de 450 à 2000 têtes (voire de 30 000 à 40 000 têtes pour les poulaillers). Cet amendement avait été rejeté après avoir provoqué des remous, pour laisser place à un compromis assez flou.

Mme Jouanno a déclaré qu’il s’agit d’un « phénomène très spécifique » à la Bretagne et qu’ « il faut aller beaucoup plus loin que les normes européennes, et réduire encore de plus de la moitié, voire diviser par trois, ces nitrates dans les eaux pour essayer de régler ce problème ». Et d’épingler l’amendement Le Fur : « On peut comprendre qu’il y ait une volonté d’avoir des règles moins compliquées, en tout cas plus claires, mais un assouplissement il en est hors de question ».

Des déclarations de bonnes attentions mais rien de concrètement efficace, pas de plan d'actions traitant le problème à sa base (l'élevage intensif) et de manière drastique.
Le gouvernement est donc "à la ramasse" (des algues) !
Un mauvais jeu de mots pour contenir l'énervement qui monte !


vendredi 9 juillet 2010

La rigueur s'attaque aux aides fiscales en faveur de l'environnement

Dans le but de réduire son déficit, le gouvernement s'attaque maintenant aux aides fiscales en faveur de l'environnement. Si l'on en croit les bruits rapportés par la presse ce matin, Jean Louis Borloo proposerait de supprimer ou réduire les aides fiscales en faveur du photovoltaïque, des pompes à chaleur, des agrocarburants.

Mon avis

Bonne nouvelle pour les agrocarburants dont les conséquences environnementales et sociales sont déplorables.
Coup dur par contre pour le solaire photovoltaïque, même si j'aurais tendance à lui préférer d'autres énergies renouvelables.
Dommage aussi pour les pompes à chaleur dont je ne suis pas non plus le plus fervent partisan....

mercredi 23 juin 2010

L'autoroute A 831 va se faire...

Il y a quelques mois je vous présentais l'étude de préservation de la biodiversité de la future autoroute A 831qui a été confiée à la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Voir mon billet ici.

La LPO a rendu un "pré-rapport" et Dominique Bussereau l'a affirmé le 21 juin :
l'autoroute A 831 reliant Fontenay-le-Comte à Rochefort va bel et bien voir le jour.

« Les conditions environnementales posées par la LPO dans son pré-rapport permettent de poursuivre le projet, assure le président du Conseil Général. L'évaluation des surcoûts liés aux aménagements préconisés n'est pas finalisée, mais s'il y en a, nous sommes prêts à les assumer avec la Vendée. Comme la déclaration d'enquête publique a déjà été signée, l'A 831 ne figurera pas dans le schéma d'infrastructure national en fin d'année, mais l'appel aux concessionnaires va pouvoir être lancé. Le directeur de cabinet du Premier ministre vient de me le confirmer : maintenant on peut le dire, l'autoroute se fera… »

Le rapport final de la LPO sera rendu début juillet. Michel Métais, directeur de la LPO précise : « Il est hors de question d'évoquer le contenu du rapport alors que sa version définitive n'a pas été rendue. Mais l'idée générale est simple : il s'agissait pour nous de travailler au respect des directives Oiseaux, Habitats, Natura 2000, et d'être en phase avec le Grenelle de l'environnement. En restant fidèles à la déclaration d'utilité publique de 2005, nous avons été force de proposition pour faire en sorte que cette autoroute constitue un corridor au sein duquel la continuité écologique soit assurée : pas de rupture de réseau naturel, qu'il s'agisse d'hydraulique, de zones boisées ou de prairies naturelles. D'un projet initial qui ne tablait que sur des déblais/remblais, nous avons ainsi, parmi un ensemble de solutions, proposé du pilotis pour certains segments ».

Nelly Verdier, Présidente de l'association "Bien vivre en Aunis" et opposante de toujours à l'A 831, est très critique au regard de la mission confiée à la LPO et facturée 100 000 euros, « marchandée en échange de la gestion de la baie de l'Aiguillon ». « Si la LPO faisait son boulot, l'autoroute ne pourrait tout simplement pas passer », lance-t-elle, fustigeant un projet « du siècle dernier », imaginé en fonction de prévisions de trafic qui sont aujourd'hui « démenties par la réalité ».

Source : Sud Ouest.

Mon avis

Je vous avais donné mon sentiment début février et je n'ai pas changé d'avis : « Nous avons là un exemple frappant de la difficulté à se situer entre force de contestation et force de proposition. A un certain point il n'est plus possible d'aller dans le sens de certains projets, même en proposant des mesures visant à en réduire les impacts.»

Le président du Conseil général se dit prêt à assumer les surcoûts liés aux aménagements préconisés, s'il y en a.
Hé bien oui, forcément il a en a.
Que faut-il comprendre avec cette annonce ?
J'ose imaginer que la LPO n'aura pas minimisé les mesures nécessaires et que les Conseil général et la région les réaliseront tous.
Allez savoir pourquoi j'ai des doutes sur tout cela !
En tout cas, en tant que bénévole LPO, une fois encore, je déplore que l'association ait accepté cette mission.
Certes la LPO est compétente pour l'assurer.
Probablement vaut-il mieux que ce soit elle qui la mène, plutôt qu'un cabinet d'études à la solde des pouvoirs publics.
Mais attention, qu'on ne me donne aucune preuve de compromission de l'association...

Je reste convaincu que tout nouvelle grande infrastructure routière représente un non sens vis à vis de l'avenir.

jeudi 3 juin 2010

Sauvons la forêt péruvienne !

Tristan Lecomte, d'Alter Eco nous invite à agir en faveur de la forêt péruvienne.

Non, ce n'est pas une blague de très mauvais goût, ceci est bien la carte des concessions d'exploration pétrolières au Pérou.

Les concessions existantes couvrent déjà 42 % de la forêt Amazonienne du Pérou (jaune), et avec celles à venir (jaune grisées), on attendra les 70 %.
Un non sens écologique (déforestation massive en perspective et pollution des rivières) mais aussi économique car les populations locales ne recevront rien ou presque en échange.
Il est possible de participer à sauver ces forêts, grâce en particulier aux mécanismes de développement propres (compensation carbone) qui prouvent qu'on peut générer plus de richesses en gardant et en valorisant ces forêts.
Mais ces méthodologies doivent être renforcées sur un plan institutionnel (peu reconnues pour l'instant) et financier.

Quand on voit cette carte, on comprend mieux l'urgence d'agir, et vite !

Source : le blog de Tristan Lecomte.


Lances disposées en croix par les Indiens isolés dans la région où opère Repsol-YPF ©Marek Wolodzko-Survival

Pour plus d’information

http://www.hns-info.net/spip.php?article22991
http://www.hns-info.net/spip.php?article23450
http://www.romandie.com/infos/news2/100507232734.wjb72jcm.asp
http://www.developpementdurablelejournal.com/spip.php?article6373

Mon avis

Tristan Lecomte indique le mécanisme de compensation carbone comme élément de solution.
Je ne suis pas d'accord. On a vu plusieurs témoignages de l'inutilité, voire de la nocivité des projets de ce type.
Les Indiens regroupés dans l'Association interethnique pour le développement de la forêt péruvienne, AIDESEP, se sont mobilisés contre la destruction et la pollution de leur cadre de vie. Il me parait bien de les soutenir.

Pour agir

Écrivez une lettre en soutien aux Indiens du Pérou : http://www.survivalfrance.org/agir/lettres/indiensperou



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